samedi 23 septembre 2017

«MORGAN FREEMAN A ÉTÉ PIÉGÉ DE LA MÊME MANIÈRE QUE COLIN POWELL»

«MORGAN FREEMAN A ÉTÉ PIÉGÉ DE LA MÊME MANIÈRE QUE COLIN POWELL»
La vidéo antirusse dans laquelle a tourné l’acteur américain Morgan Freeman a rappelé à la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, l’histoire avec le tube à essai de Colin Powell, ancien secrétaire d'État américain. Elle a ainsi déclaré que tous les deux avaient été piégés de la même manière.(*)
Courrier international

Un nouveau rôle pour Morgan Freeman : ennemi de la Russie

 COLIN POWELL : COMMENT LA CIA M'A TROMPÉ
L’acteur américain Morgan Freeman exhorte Donald Trump à mettre clairement en garde les citoyens américains contre « la menace russe ». « Nous sommes en guerre », assène-t-il.

 «MORGAN FREEMAN A ÉTÉ PIÉGÉ DE LA MÊME MANIÈRE QUE COLIN POWELL» 
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PROPAGANDE DU COMMITTEE TO INVESTIGATE RUSSIA: WAR  « La Russie fait la guerre sur les États-Unis - Morgan Freeman explique pourquoi nous devons prêter attention avant que ce ne soit trop tard. » 
Dans une vidéo publiée le 20 septembre sur YouTube, le célèbre acteur, de sa voix posée, s’adresse aux spectateurs et les enjoint d’imaginer le scénario suivant : un ancien agent du KGB, rendu furieux par l’effondrement de son pays (l’URSS), fomente des années durant un plan de revanche. Il devient président, instaure un régime autoritaire, puis dirige son regard vers son ennemi juré – les États-Unis d’Amérique :
« En bon espion qu’il est, il utilise secrètement les technologies de la cyberguerre pour attaquer les pays démocratiques à travers le monde. À l’aide des médias de masse, il diffuse de la propagande et des fausses informations, pour convaincre les citoyens des sociétés démocratiques de ne plus faire confiance à leurs propres médias, institutions politiques et même à leurs voisins. Et il y parvient.»
Morgan Freeman s’exprime ici au nom du « Comité pour une enquête sur la Russie » – Comitee to investigate Russia –, qui se définit lui-même comme une «plateforme non commerciale et non partisane ayant pour vocation d’aider les Américains à prendre conscience de la gravité des attaques incessantes de la Russie contre notre démocratie». Il a été créé par le metteur en scène et comédien hollywoodien Rob Reiner.

Pourquoi avoir choisi Freeman ? Pour “l’autorité de sa voix, pleine de dignité. Les gens plaisantent souvent en disant que c’est la voix de Dieu”, a précisé Reiner au journal américain The Daily Beast.

Morgan Freeman «piégé comme Colin Powell»

Comme le rapporte le quotidien en ligne Gazeta.ru, ce “comité” compte notamment dans son “conseil consultatif” l’ancien directeur du renseignement national (sous Obama) James Clapper, l’ancienne plume de George W. Bush, David Frum, ainsi que deux experts (d’obédience conservatrice) : l’historien Max Boot, du Council on Foreign Relations, et le politologue Norman Orstein de l’American Enterprise Institute.

La vidéo a rapidement fait le tour du net russe et les réactions ne se sont pas fait attendre. Ainsi, le journal en ligne conservateur Vzgliad ne mâche pas ses mots :
« Les propos [de Freeman] sur le fait que les États-Unis sont en guerre contre la Russie, parce que Vladimir Poutine rêve de se venger de l’effondrement de l’URSS, sont dignes d’activistes politiques détraqués, d’adeptes de la théorie du complot et autres faucons notoires du Pentagone.»
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a commenté la vidéo sur sa page Facebook, disant que Morgan Freeman avait été “piégé, comme en son temps le secrétaire d’État Colin Powell”. Elle fait ici allusion aux fausses informations sur l’existence de laboratoires secrets d’armes biologiques en Irak qui avaient servi à justifier la guerre américaine en 2003.

Côté Kremlin, on fait savoir qu’on “n’accorde aucune importance au film avec la participation de l’acteur américain Morgan Freeman”.



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mercredi 20 septembre 2017

CORAZON MEXIQUE


À MEXICO, MOBILISATION ET SOLIDARITÉ APRÈS LE SÉISME QUI A FAIT PLUSIEURS CENTAINES DE VICTIMES


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À l’aide de pioches, de pelles et de cordes, des centaines d’habitants se sont joints aux sauveteurs pour tenter de déblayer les décombres dans le centre et le sud de la capitale.  
Par Frédéric Saliba

LES SECOURISTES À LA RECHERCHE
DE SURVIVANTS, À MEXICO.
PHOTO PABLO RAMOS
Ambiance de chaos dans les rues de Mexico, violemment touchée, mardi 19 septembre, par un séisme de magnitude 7,1 sur l’échelle de Richter. Selon un bilan provisoire donné par Luis Felipe Puente, le coordonnateur national de la protection civile du ministère de l’intérieur, le séisme a fait au moins 216 morts : 86 dans l’agglomération de Mexico (CDMX), 71 dans l’État de Morelos, 43 dans l’État de Puebla, 12 dans l’État de Mexico (Edoméx), 3 dans l’Etat de Guerrero 1 dans l’État d’Oaxaca). La solidarité règne chez les Mexicains qui se mobilisent pour aider les secours. 

À l’aide de pioches, de pelles et de cordes, des centaines d’habitants de Mexico se sont spontanément joints aux sauveteurs pour tenter de déblayer les décombres des immeubles ravagés dans le centre et le sud de la capitale. « Silence ! », crie un des « Topos », surnom donné aux secouristes, pour parvenir à écouter la voix d’un possible survivant sous les débris d’un bâtiment de cinq étages écroulé au cœur de Mexico.

Le bilan s’alourdit d’heure en heure

Mardi à 13 h 14 (20 h 14 en France), les alertes sismiques ont retenti quelques secondes avant la première secousse. Dans la foulée, la panique a gagné les 20 millions d’habitants de Mexico, sortis de chez eux, de leurs bureaux ou de leurs voitures. L’épicentre du séisme a été localisé à 51 kilomètres de profondeur près des villes d’Axochiapan dans l’Etat de Morelos (centre) et de Chiautla dans celui voisin de Puebla, situées à 120 kilomètres de la capitale. «J’ai juste eu le temps de prendre un pantalon », soupire un sinistré couvert de poussière dans une rue de Mexico. De nombreux autres n’ont pas eu sa chance.

Selon les estimations du gouvernement, des centaines de municipalités seraient affectées dans le centre du pays. 3,8 millions de Mexicains étaient toujours victimes, mardi soir, de coupures d’électricité. « Nous avons besoin de lampes de poche ! », s’exclame un sauveteur alors que la nuit plonge les rues de Mexico dans la pénombre.

« Des enfants sont toujours bloqués sous les décombres », s’alarme une femme quinquagénaire aux abords d’une école primaire et secondaire qui compte 400 élèves au sud de la mégalopole. L’effondrement de son bâtiment a fait 22 morts, dont 20 élèves. 38 sont toujours portés disparus. La foule, qui observe avec anxiété les 500 militaires et 200 agents de la protection civile qui s’agitent sans relâche dans les gravats de l’établissement scolaire, applaudit quand des soldats sortent des ruines une civière transportant un enfant vivant.

« Le cauchemar recommence »

À quelques mètres de là, un militaire tente de réguler la circulation. « Les embouteillages monstres, provoqués par des pannes de feux rouges et des routes barrées par les débris, ralentissent les secours », déplore-t-il. 3 000 soldats ont été déployés dans la capitale pour porter main-forte aux 25 000 pompiers, policiers et membres de la protection civile, mobilisés.

Au centre de Mexico, dans le quartier de la Condesa, Rosita Ramos, 63 ans, soupire devant une voiture écrasée par une chute de pierres : « Le cauchemar recommence trente-deux ans plus tard ! » La catastrophe est survenue le jour de la commémoration du tremblement de terre de 1985 qui a fait plus de 10 000 morts. Deux heures avant la première secousse, une simulation de séisme avait été organisée par la mairie alors que douze jours plus tôt, un autre tremblement de terre d´une magnitude de 8,2 a fait 98 morts dans le sud du pays, se faisant ressentir jusqu’à la capitale.

Le séisme du 7 septembre, le plus fort depuis un siècle, était plus puissant que celui de mardi. Pourtant, le bilan à Mexico est bien plus lourd aujourd’hui. « La proximité de l’épicentre, situé à 120 kilomètres de la capitale, comparée aux 700 kilomètres de celui du tremblement de terre survenu douze jours plus tôt, explique l’ampleur des ravages », a souligné dans les médias Xyoli Pérez, à la tête du Système sismologique national (SSN). Mardi, le maire de Mexico, Miguel Angel Mancera, a déclaré l’état d’urgence. Les écoles et les universités ont immédiatement été fermées dans neuf Etats et la capitale. L’aéroport de Mexico a aussi suspendu ses activités pour vérifier l’état des pistes.

« N’allumez pas de cigarette ! »

« N’allumez pas de cigarette ! », crient les sauveteurs aux passants, amassés devant un bâtiment ravagé, par crainte des fuites de gaz dans le quartier aussi très affecté de la Roma au centre de Mexico. Deux incendies ont provoqué d’immenses colonnes de fumée avant d’être contrôlés par les pompiers. Dans la nuit de mardi à mercredi, de nombreux d’habitants restaient prostrés dans les rues par peur de retourner dans leurs immeubles fissurés. D’autres continuaient de former des chaînes humaines pour évacuer les gravats avec des seaux aux côtés des sauveteurs.

Le président, Enrique Peña Nieto, en déplacement dans l’Etat de Oaxaca (sud-ouest), violemment touché par le séisme du 7 septembre, est immédiatement rentré à Mexico à l’annonce du séisme. A bord d’un hélicoptère, il a survolé la ville pour évaluer les dégâts et coordonner les secours. « C’est une nouvelle épreuve pour notre pays », a déclaré dans la soirée le président qui a félicité « la solidarité » dont font preuve ses concitoyens, appelant les sinistrés à se rendre dans les refuges ouverts dans les régions affectées.

Quelques heures plus tôt, la mairie de Mexico annonçait l’ouverture d’une vingtaine de centres de collecte de l’aide humanitaire. « Nous avons besoin d’eau et de médicaments pour les victimes mais aussi de masques et de gants pour les volontaires », explique un sauveteur, dont la voix est vite couverte par les sirènes de deux ambulances.

Comme lui, de nombreux Mexicains craignent les répliques du séisme. Une quinzaine se sont déjà fait sentir, dont une de magnitude 4, risquant de faire d’autres victimes dans les prochaines heures, par des chutes d’immeubles déjà endommagés.

mardi 19 septembre 2017

LE VENEZUELA «S'EFFONDRE», SELON DONALD TRUMP


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DES MILLIERS DE VÉNÉZUÉLIENS PRO-MADURO MANIFESTENT
POUR DÉNONCER LA MENACE D'UNE INTERVENTION MILITAIRE
BRANDIE PAR DONALD TRUMP, LE 14 AOÛT 2017 À CARACAS 


PHOTO RONALDO SCHEMIDT 
Le président américain Donald Trump a estimé lundi que le Venezuela était en train de «s'effondrer», laissant entendre que les États-Unis pourraient prendre de nouvelles mesures pour tenter de «rétablir» la «démocratie». 
GUERRE ÉCONOMIQUE CONTRE VENEZUELA 
«Les Vénézuéliens meurent de faim. Leur pays est en train de s'effondrer », a-t-il déclaré lors d'une réunion avec plusieurs dirigeants de pays latino-américains en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro «a défié son propre peuple», a jugé Donald Trump.

LA « GUERRE ÉCONOMIQUE » POUR LES NULS (ET LES JOURNALISTES) 
Washington a déjà imposé des sanctions au Venezuela et le président américain a prévenu début août que les États-Unis étudiaient plusieurs options, y compris militaire, pour mettre fin à la crise.

Il n'a pas réitéré cette mise en garde lundi mais a assuré, sans plus de précisions, que son administration pourrait prendre de nouvelles mesures.

«Leurs institutions démocratiques sont en train d'être détruites», a-t-il insisté. «Notre objectif doit être de les aider et de rétablir leur démocratie», a ajouté Donald Trump lors de cette réunion en présence du Colombien Juan Manuel Santos, du Brésilien Michel Temer, du Panaméen Juan Carlos Varela et de la vice-présidente argentine Gabriela Michetti.

Pour Michel Temer, qui s'est exprimé devant des journalistes à l'issue de la réunion, «tous les participants ont souligné la nécessité d'une solution démocratique» à la crise au Venezuela.

LE VENEZUELA «S'EFFONDRE», SELON DONALD TRUMP 
«Tous veulent continuer à faire pression pour résoudre cette crise, mais via une pression diplomatique», a insisté le président brésilien. «Nous avons parlé de sanctions, mais il s'agissait de sanctions verbales, de langage diplomatique», a-t-il souligné.

Le Venezuela, pays producteur de pétrole, est ruiné par la chute des cours du brut. Excédés par les pénuries alimentaires et la hausse vertigineuse des prix, des milliers de ses habitants ont manifesté de façon quasi-quotidienne, entre avril et juillet, pour exiger le départ du président socialiste Nicolas Maduro, élu en 2013 et dont le mandat s'achève début 2019.
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Le mouvement de contestation, souvent émaillé de violences, a fait 125 morts en quatre mois et le gouvernement socialiste s'est attiré les foudres de la communauté internationale, qui l'a enjoint à nouer un dialogue avec le camp adverse pour trouver une solution pacifique à la crise.


VENEZUELA : DÉSINFORMATION « HAUT DE GAMME »
Vendredi, Nicolas Maduro a assuré que, «après des semaines de conversations» entre délégués de son gouvernement et de l'opposition, les deux camps étaient «proches» d'un accord pour venir à bout de la crise qui secoue le pays.



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lundi 18 septembre 2017

CHILI: LA PRÉSIDENTE BACHELET MET LA PRESSION SUR LES TORTIONNAIRES DE L’ÈRE PINOCHET


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UN HOMME AVEC LE PORTRAIT D'UNE PERSONNE DISPARUE
DURANT LA DICTATURE DU GÉNÉRAL PINOCHET.
LE 11 SEPTEMBRE 2017.
 PHOTO RODRIGO GARRIDO
Il y a tout juste une semaine, le Chili commémorait le coup d'État militaire du 11 septembre 1973, date du début de la dictature du général Pinochet, et de la mort du président socialiste Salvador Allende. La présidente Michelle Bachelet, qui laissera son poste en mars prochain, a choisi ce moment pour demander au Sénat d'examiner en urgence un projet de loi. Ce texte permettrait de fournir à la justice chilienne des informations sur près de 30 000 cas de torture perpétrés entre 1973 et 1990, et en particulier des détails sur les tortionnaires.
L’action de la présidente Bachelet doit permettre aux tribunaux d'accéder à l'intégralité des témoignages recueillis dans le cadre de la commission Valech I, chargée d'établir la vérité sur les crimes du régime du général Pinochet. La commission avait bien publié un rapport en 2004, après avoir entendu des dizaines de milliers de personnes. Mais de nombreuses informations devaient rester secrètes pendant 50 ans, y compris les détails concernant les tortionnaires et les agents de l'État qui ont participé aux violations des droits de l'homme sous la dictature.

Aujourd'hui, plus de mille cas de torture, d'assassinats, ou de disparitions sont encore en attente dans les tribunaux chiliens. La présidente, tout comme de nombreuses associations de défense des droits de l'homme, espère pouvoir faire avancer ces dossiers en permettant à la justice d'accéder à l'intégralité des témoignages recueillis dans le cadre de cette commission.

Elle a donc demandé au Sénat d'examiner en urgence un projet de loi déposé l'an dernier en ce sens. Le texte a finalement été approuvé en commission sénatoriale il y a quelques jours, et doit être examiné en séance plénière d'ici environ deux semaines.

Le rôle de l’ancien président Lagos

En 2004, moins de 48 heures après la publication du rapport de la Commission, l'exécutif de l'époque a fait adopter par le Parlement une loi qui impose de garder secrets les détails des témoignages recueillis, et ce pour une durée de 50 ans, y compris pour la justice. Cette semaine encore, le président de l'époque, Ricardo Lagos, de centre-gauche, a expliqué que le secret a été promis aux victimes pour protéger leur vie privée, leur dignité, par exemple pour les personnes ayant subi des viols.

Pourtant des victimes ont dénoncé cette déclaration de l'ancien président. Elles expliquent qu'on ne leur a jamais dit, quand ils ont témoigné devant la commission, que leur témoignage ne serait pas transmis à la justice ni rendu public. Une ancienne prisonnière politique l'a réaffirmé cette semaine dans la presse chilienne. Une déclaration confirmée par plusieurs associations, ou encore par une avocate connue pour son travail de défense des droits de l'homme, Carmen Hertz.

Peu de condamnations de tortionnaires

Aujourd'hui Hertz, candidate communiste aux élections législatives, affirme que le silence ne sert que l'impunité des tortionnaires, et souligne que le caractère secret de ces témoignages va à l'encontre des engagements internationaux du Chili en matière de respect des droits de l'homme. Elle espère donc que ce projet de loi sera validé par le Sénat, et permettra à la justice d'avancer dans des dossiers de torture de d'arrestations politiques.

CAPTURE D'ÉCRAN TWITTER

Au Chili, plus de 25 ans après la fin de la dictature, les défenseurs des droits de l'homme soulignent qu'il y a eu peu de condamnations de tortionnaires. Le plus souvent, ils ont été condamnés à de courtes peines.



INTI-ILLIMANI « CUECA DE LA C.U.T. »



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INTI-ILLIMANI « CUECA DE LA C.U.T. »
HÉCTOR PAVÉZ
 DURÉE : 00:04:27  

dimanche 17 septembre 2017

RETOUR DE BÂTON POUR LA SILICON VALLEY


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POUVOIRS NUMÉRIQUES DERRIÈRE LE TRÔNE : DONALD TRUMP ET MIKE PENCE EN DISCUSSION AVEC JEFF BEZOS PDG D'AMAZONE, LARRY PAGE PDG D'ALPHABET INC, DONT GOOGLE EST UNE FILIALE ET SHERYL SANDBERG  L'ACTUELLE DIRECTRICE DES OPÉRATIONS DE FACEBOOK. 


Il y a une dizaine d’années, la Silicon Valley se targuait d’être l’habile ambassadeur d’une toute nouvelle forme de capitalisme, plus « cool » et plus humain. Elle n’a pas tardé à devenir le chouchou des élites, des médias du monde entier et de cette tribu mythique et omnisciente qu’est la « génération numérique ». D’aucuns se risquaient à exprimer leur inquiétude concernant son manque de respect pour la vie privée ou sa froideur de geek à la limite de l’autisme, mais leurs critiques étaient balayées sous prétexte d’être formulées par des néo-luddites. En revanche, l’opinion publique se rangeait résolument du côté des entreprises technologiques.
 PHOTO TIMOTHY A. CLARY 
La Silicon Valley représentait ce que l’Amérique avait de mieux à offrir : ses entreprises occupaient et occupent encore régulièrement les premières places dans les classements des marques les plus admirées. Et il y avait de quoi : un secteur très dynamique et novateur qui a trouvé le moyen de transformer des clics et des « likes » en de nobles idéaux politiques, aidant à exporter la liberté, la démocratie et les droits de l’homme au Proche-Orient et en Afrique du Nord. Qui se doutait que le seul obstacle à une révolution démocratique mondiale fût l’incapacité du capitalisme à saisir et monétiser l’attention des étrangers ?

«Je suis là pour vous aider à réussir», a déclaré d'emblée M. Trump lors d'une rencontre au sommet dans sa tour «Trump» sur la célèbre 5e avenue à New York.«Nous voulons que vous continuiez à aller de l'avant grâce à des innovations incroyables. Il n'y a personne comme vous dans le monde», a poursuivi le milliardaire, entouré de son vice-président Mike Pence et de Peter Thiel, cofondateur de PayPal et seul grand nom du secteur technologique à l'avoir soutenu dès le début de sa campagne. * La Presse / Publié le 14 décembre 2016

Comme les choses ont changé. Un secteur autrefois salué pour sa contribution au printemps arabe se retrouve désormais accusé de complicité avec l’État islamique. Un secteur qui se faisait fort de sa diversité et sa tolérance apparaît régulièrement dans les journaux pour des cas de harcèlement sexuel ou pour les opinions controversées de ses salariés sur des sujets comme l’égalité hommes-femmes. Un secteur qui s’est fait une réputation en nous offrant des objets et services gratuits est jugé responsable de la hausse des prix dans d’autres domaines, en particulier le logement.

La Silicon Valley fait aujourd’hui l’objet d’une vive opposition. En ce moment, on ne peut pas ouvrir un journal, pas même ces torchons communistes que sont The Financial Times et The Economist, sans tomber sur des appels enflammés à endiguer le pouvoir des « Big Tech », en donnant aux plates-formes numériques le statut d’entreprises d’utilité publique, voire à les nationaliser.

Par ailleurs, le fait que les données générées par les utilisateurs des plates-formes numériques excèdent souvent la valeur des services rendus n’est plus un secret pour personne. Les réseaux sociaux gratuits, c’est bien beau, mais voulez-vous vraiment renoncer à votre vie privée pour que Mark Zuckerberg puisse diriger une fondation qui prétend libérer le monde des problèmes auxquels son entreprise contribue ? Pas sûr.

Pour une grande part, ce tollé a pris la Silicon Valley par surprise. Ses idées, comme les technologies de rupture à la demande, la transparence radicale, toute une économie à la tâche (en anglais, la gig economy) restent hégémoniques. Cependant, cette suprématie intellectuelle repose sur des fondations instables : elle puise ses racines davantage dans l’esprit volontariste post-politique des conférences TED que dans les rapports bancals des think tanks ou des lobbies.

Non pas que ces entreprises s’abstiennent de faire du lobbying. En cela Alphabet vaut bien Goldman Sachs. Elles influencent même les recherches universitaires, à tel point qu’en matière de nouvelles technologies, on aurait peine à trouver un chercheur qui n’ait pas reçu de financement des entreprises concernées. Les récalcitrants se trouvent dans des situations plutôt précaires, ainsi que l’a révélé le triste sort de du programme portant sur les marchés libres de la fondation New America, un think tank influent basé à Washington : sa position fermement hostile aux monopoles semble avoir déplu à Eric Schmidt, directeur et principal donateur de la fondation, qui est aussi président du conseil d’administration de Google. Par conséquent, il a retiré ses fonds du think tank.

Cependant, l’influence politique des géants de la technologie n’atteint pas le même niveau que Wall Street ou les grandes compagnies pétrolières. On ne peut pas dire qu’Alphabet pèse autant dans la réglementation mondiale des nouvelles technologies que Goldman Sachs dans le domaine des finances et de l’économie. Pour l’instant, des politiciens influents comme José Manuel Barroso, l’ancien président de la Commission européenne, préfèrent finir leur carrière non pas à Alphabet mais à Goldman Sachs, la seule des deux institutions à recruter des cadres supérieurs à Washington.

Cela ne devrait pas tarder à changer. De toute évidence, les moulins à paroles qui interviennent lors des conférences TED ne contribuent plus tellement à légitimer les nouvelles technologies — heureusement la bêtise humaine a ses limites. Les grandes plates-formes numériques chercheront donc à acquérir plus de poids politique, suivant le modèle des géants du tabac, du pétrole et des finances.

Deux autres facteurs permettent de comprendre les conséquences possibles de l’hostilité actuelle envers les géants de la technologie. Premièrement, à moins d’un grand accident qui porterait atteinte à la vie privée, les plates-formes numériques demeureront les marques qui inspirent le plus d’admiration et de confiance, notamment parce qu’elles offrent un contraste agréable avec l’opérateur téléphonique ou la compagnie aérienne classiques (aussi avides soient elles, les entreprises technologiques n’ont pas coutume d’expulser leurs clients hors de l’avion).

Et ce sont les entreprises technologiques, américaines mais aussi chinoises, qui donnent l’impression fallacieuse que l’économie mondiale s’est rétablie et que tout est revenu à la normale. Depuis janvier, les estimations des quatre grands groupes Alphabet, Amazon, Facebook, et Microsoft ont augmenté d’un montant supérieur au PIB de la riche Norvège. Qui a intérêt à voir cette bulle éclater ? Personne. Au contraire, les tenants du pouvoir préféreraient la voir enfler davantage.

Pour saisir l’étendue du pouvoir culturel de la Silicon Valley, il suffit de constater qu’aucun homme politique sensé n’ose aller à Wall Street pour une séance photo, alors que tous vont à Palo Alto pour annoncer leurs dernières mesures favorables à l’innovation. Emmanuel Macron veut faire de la France une start-up, non pas un fonds d’investissement. Aucun autre discours n’a cette capacité à rendre les politiques centristes néolibérales à la fois attrayantes et inévitables. Les politiciens, malgré leurs protestations face au monopole de la Silicon Valley, n’offrent pas d’alternative. Et M. Macron n’est pas le seul : de Matteo Renzi en Italie à Justin Trudeau au Canada, tous les hommes politiques de premier plan qui prétendent rompre avec le passé scellent un pacte implicite avec les géants de la technologie, ou du moins leurs idées.

Deuxièmement, en tant que quartier général des sociétés de capital-risque, la Silicon Valley sait assez vite repérer les tendances mondiales. Ses esprits brillants avaient senti le vent tourner avant nous tous. Ils ont également bien compris que le mécontentement ne serait pas apaisé avec des rapports bancals de think tanks, et que d’autres problèmes, de l’inégalité croissante au malaise provoqué par la mondialisation, finiraient par être attribués à des secteurs qui n’y sont pas pour grand-chose.

Ces mêmes esprits brillants de la Silicon Valley se sont rendu compte qu’il leur faudrait des propositions radicales, comme le revenu minimum universel, la taxe sur les robots, ou les expériences avec des villes entièrement privatisées gérées par des entreprises technologiques qui échappent à la juridiction du gouvernement, pour semer le doute dans l’esprit de ceux qui auraient autrement choisi la législation traditionnelle anti-monopole. Si les entreprises technologiques peuvent jouer un rôle constructif dans le financement du revenu minimum universel, si Alphabet ou Amazon peuvent gérer Detroit ou New-York de manière aussi efficace que leurs plates-formes, si Microsoft peut déceler des signes de cancer d’après nos recherches en ligne, alors devrions-nous vraiment leur faire obstacle ?

Avec ses vagues projets héroïques de sauver le capitalisme, la Silicon Valley pourrait bien ringardiser les conférences TED. Mais, même si elles parviennent à retarder d’une décennie la colère populaire et qu’elles permettent de gagner beaucoup d’argent à court terme, ces tentatives pourraient bien ne pas aboutir. Et ce, pour la simple et bonne raison que des entreprises axées sur le profit et des modèles commerciaux féodaux ne peuvent pas ressusciter le capitalisme mondial tout en établissant un New Deal qui limiterait l’avidité des capitalistes — lesquels représentent une bonne part des investisseurs de ces grands groupes.

La manne des données semble intarissable, mais ce n’est pas une raison pour croire que les énormes profits qu’on en tire suffiraient à effacer les multiples contradictions du système économique actuel. Auto-proclamé défenseur du capitalisme mondial, la Silicon Valley risque bien plutôt d’en devenir le fossoyeur.

Evgeny MorozovAuteur de Le mirage numérique : Pour une politique du Big Data, Les Prairies ordinaires, Paris, 2015 et Pour tout résoudre, cliquez ici, FYP, Limoges, 2014.

LA FRAISE DE PLOUGASTEL, VENUE DU CHILI!

FRANCE INFO, « L'HISTOIRE À LA CARTE »
LA FRAISE DE PLOUGASTEL, VENUE DU CHILI !
PRÉSENTÉ PAR BERNARD THOMASSON ET THIERRY MARX
DURÉE : 00:05:5 

LA FRAISE DE PLOUGASTEL, VENUE DU CHILI!

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FRANCE INFO, « L'HISTOIRE À LA CARTE »
LA FRAISE DE PLOUGASTEL, VENUE DU CHILI !
PRÉSENTÉ PAR BERNARD THOMASSON ET THIERRY MARX
DURÉE : 00:05:5 
Après avoir raconté l'histoire des grands plats, celle des grands chefs, après avoir aussi associé les événements planétaires importants à une recette, Thierry Marx vous invite, pour cette saison de L'Histoire à la Carte, à la découverte de produits qui appartiennent à certains de nos terroirs.

Ainsi, la fraise de Plougastel, une variété particulière, blanche perlée de rouge, dont la couleur étonne mais qui reste très sucrée, et venue directement du Chili au XVIIe siècle dans les cales d'un explorateur français, le bien nommé François Amédée Frézier. 

Découvrez grâce à Thierry Marx une recette de sablé aux fraises de Plougastel

Ingrédients pour 6 grands sablés:

2 jaunes d’œufs, 120 g de sucre, 120 g de beurre mou, 190 g de farine, 2 g de sel fin, 1 sachet de levure chimique ; pour la garniture 30 cl de crème liquide, 3 à 4 cuillerées de sucre glace, 1 cuillerée de vanille en poudre, 400 g de fraises de Plougastel.

Préparation

Fouetter les jaunes d’œufs et le sucre dans le bol d'un robot jusqu'à ce qu'ils blanchissent et deviennent onctueux ; ajouter le beurre mou et mélanger. Lorsque le mélange est homogène, tamiser la farine, le sel et la levure chimique ; ajouter et bien mélanger. Envelopper la pâte obtenue d'un film étirable, et la laisser reposer deux heures au réfrigérateur.

Préchauffer le four à 180°C, sortir la pâte et l'étaler au rouleau sur une feuille de papier sulfurisé légèrement farinée. A l'aide d'un cercle en métal d'une dizaine de centimètres de diamètre, tailler 6 disques et les faire cuire au four sur une plaque, et dans leur cercle. Laisser refroidir, retirer les cercles. Monter la crème liquide en Chantilly, ajouter la vanille en poudre et le sucre glace ; mettre dans une poche à douille et garnir les sablés. Équeuter les fraises, les couper en deux, et les déposer sur la crème.

vendredi 15 septembre 2017

CHILI: LA LOI DÉPÉNALISANT L'AVORTEMENT THÉRAPEUTIQUE A ÉTÉ PROMULGUÉE


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CÉRÉMONIE PROMULGATION DE LA LOI LÉGALISANT
L'INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE (IVG)
AU PALAIS PRÉSIDENTIEL DE LA MONEDA EN PRÉSENCE
DE LA PRÉSIDENTE  MICHELLE BACHELET.
PHOTO  XIMENA NAVARRO


(Belga) La présidente socialiste chilienne Michelle Bachelet a promulgué jeudi la loi emblématique dépénalisant l'avortement thérapeutique, mettant fin à près de 30 ans d'interdiction totale de l'IVG dans ce pays très conservateur. 
Rtl.be

CÉRÉMONIE PROMULGATION DE

 LA LOI LÉGALISANT L'IVG

PHOTO  XIMENA NAVARRO 
Adoptée en août au Parlement, après deux ans et demi de débats et de navette entre les deux chambres, le texte avait dû passer par le Tribunal constitutionnel, saisi par le droite conservatrice qui invoquait une atteinte au principe du droit à la vie figurant dans la Constitution. L'avortement devient possible dans trois cas précis: pour les femmes dont la vie est en danger, pour les victimes de viols et pour les femmes dont le foetus est jugé non viable.

«CÉRÉMONIE PROMULGATION DE LA LOI LÉGALISANT
L'INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE (IVG)
» 

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« Nous, les femmes chiliennes, avons conquis ou reconquis un droit de base, celui de pouvoir décider nous-mêmes dans ce type de cas extrêmes », a déclaré la dirigeante chilienne, pédiatre de formation, qui a mis l'accent sur une série de réformes sociales dans la dernière partie de son second mandat, lequel s'achève à la fin de l'année. À compter de la promulgation, le gouvernement dispose de 90 jours maximum pour publier les décrets d'application.

Cette dépénalisation, soutenue selon des sondages par 70% de la population, marque un changement de société majeur au Chili, l'un des derniers pays développés à avoir reconnu le divorce en 2004. L'Église catholique y reste très influente. Pendant plus de 50 ans, jusqu'en 1989, l'avortement était permis en cas de risque pour la mère et de fœtus non viable, mais avant de quitter le pouvoir le dictateur Augusto Pinochet (1973-1990) l'avait totalement interdit. 

mercredi 13 septembre 2017

CHILI: DES SOINS POUR LE VIOLEUR ET PAS POUR LES VIOLÉES


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DES ÉTUDIANTS ONT MANIFESTÉ DEVANT
L'HÔPITAL DE L’UNIVERSITÉ CATHOLIQUE
Des étudiants ont manifesté devant l'Hôpital de l’Université Catholique qui soigne le curé pédophile Fernando Karadima et refuse des pratiquer des IVG.
Les manifestants ont dénoncé le « double standard» de l'institution qui accueille le prêtre condamné pour abus sexuels sur mineurs, tandis que « l'Hôpital ferme ses portes » aux femmes violées qui requièrent une interruption de grossesse.
AFFICHE DU PLÉBISCITE POUR DÉFINIR
LA POSITION DE LA COMMUNAUTÉ
UNIVERSITAIRE FACE À L'IVG
Un groupe d'étudiants de l'Université Catholique et d'autres facultés ont manifesté pacifiquement devant l'Hôpital universitaire (Hospital Clínico de la Red de Salud UC Christus), où le prêtre Fernando Karadima se trouve hospitalisé, après avoir subi un infarctus. Les manifestants ont accusé le « double standard » de l'institution, puisqu'elle fournit des soins médicaux à un prêtre, condamné par Le Vatican pour abus sur mineurs, tandis qu'elle se refuse à pratiquer des avortements en cas de viol.

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« Nous croyons qu'avec cette action notre institution a fait preuve d’une inconséquence brutale, parce qu'elle est disposée à ouvrir ses portes à des agresseurs d’enfants et de jeunes, mais à les fermer à des femmes qui ont dû endurer des expériences terribles comme un viol et il ne leur est pas permis de recevoir des soins d’IVG à l'intérieur de l'institution », a affirmé la présidente de la FEUC, Sofía Barahona, qui a participé à la manifestation.


Le Chili a approuvé la possibilité de l’IVG dans trois cas : le risque pour la vie de la mère, les défauts congénitaux et mortels du fœtus, et les cas de viol.

LE PRÊTRE FERNANDO KARADIMA SE TROUVE
HOSPITALISÉ, APRÈS AVOIR SUBI UN INFARCTUS

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Elle a ajouté que « cela nous conforte dans notre conviction que l'objection de conscience à l'intérieur de l'Université Catholique ne peut pas être institutionnelle, mais qu’elle doit dépendre de la conscience personnelle de chacun des médecins et de l’équipe médicale qui travaille dans les centres de santé ». Les étudiants de l'Université Catholique réalisent cette semaine un plébiscite pour définir la position de la communauté universitaire face à l'avortement dans trois cas et l'objection de conscience institutionnelle, après que le recteur, Ignacio Sánchez, a annoncé que ces interventions ne seront pas réalisées dans l'institution.


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