vendredi 25 avril 2008

L'atelier d'art sacré de Georges Farias


Depuis trois ans et demi, Georges Farias a installé son atelier à Cherbourg. Originaire du Chili, le peintre iconographe et fresquiste a beaucoup voyagé, notamment au Liban. L'artiste n'a pas besoin d'un atelier à la dimension des fresques qu'il réalise : il dessine là ce qu'il reportera ensuite sur les murs d'une église, ou d'un hôpital. Georges Farias vient en effet d'en réaliser deux pour l'hôpital Pasteur. «Tout se passe ici, dans mon atelier : le dessin, les couleurs, l'essence de la fresque, la disposition. Chaque couleur que je compose à partir de pigments naturels, a un numéro et je la reconstitue sur place», explique l'artiste pratiquant.

Il y a cinq ans, Georges Farias, catholique, embrasse la foi orthodoxe, «dans une démarche de recherche plus spirituelle et pour le rapprochement entre le monastique et la vie ecclésiale». Georges s'est formé à la technique de la fresque auprès d'un laïc, son maître, «ma référence absolue».

«Peindre une icône est un acte de foi»

Aujourd'hui marié à une Cherbourgeoise, il dessine et peint dans son atelier au troisième étage, avenue de Paris. « J'y travaille tous les jours. J'arrive très tôt, vers 7 h. C'est très calme. J'écoute la radio et la musique liturgique grecque et slavonne ou du classique ». Une partie de l'atelier est consacrée à la bibliothèque : «Mes autres livres sont au Chili». Les ouvrages abordent l'art mural, l'iconographie, l'art contemporain, l'histoire de l'art etc.

Georges Farias réalise actuellement les fresques d'une chapelle entière au Liban, et finalise en même temps une commande pour une paroisse allemande : des icônes éthiopiennes, sur parchemin véritable : «Il vient du Chili, il est très résistant. Je l'attache à une tablette et je le peins avec des pigments, de l'eau, de la bière et de l'oeuf. Pour une icône, tous les matériaux doivent être nobles : bois précieux, beau parchemin, pinceaux en poil de martre et pigments naturels».

Peindre une icône est un acte de foi, «c'est une fenêtre vers le divin, un art sacré»

vendredi 18 avril 2008

FEMME, TU NE FORNIQUERAS POINT

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Le député José Antonio Kast, de l’Union démocratique indépendante (UDI, droite), n’avait qu’une idée en tête depuis fin 2006: empêcher le gouvernement d’autoriser la distribution de la pilule du lendemain aux jeunes filles de plus de 14 ans, avec ou sans le consentement de leurs parents. Un an plus tard, ce père de huit enfants – qui est aussi le frère de Miguel Kast, un ancien ministre de Pinochet – est parvenu à faire casser le décret de la présidente socialiste Michelle Bachelet.

Fort du soutien de 35 autres députés de l’Alliance [bloc de droite], il a présenté un recours devant le Tribunal constitutionnel, qui a annoncé sa décision le 4 avril par un communiqué. Résultat : aucune femme qui demandera cette pilule dans une consultation [du secteur public] ne pourra désormais l’obtenir.


Cette décision ramène le Chili au même niveau que l’Iran, l’Ouganda, le Costa Rica, les Philippines ou l’Equateur, où le contraceptif d’urgence est également interdit. A ceci près qu’au Chili l’interdiction ne concerne que la distribution dans le secteur public: la pilule restera en vente dans les pharmacies pour celles qui auront les moyens de la payer.


Pour s’assurer des soutiens dans sa croisade, Kast a commencé par faire du lobbying dans les couloirs du Congrès. Au début, des membres de son parti et de Rénovation nationale (RN, droite libérale) ont été séduits par son projet [de déposer un recours contre le décret du gouvernement]. Mais certains ont eu tôt fait de découvrir que l’objectif était aussi de faire interdire la distribution du stérilet, utilisé par 42,8 % des Chiliennes.

Par ailleurs, il s’agissait de déclarer anticonstitutionnel le lévonorgestrel, un composant présent dans près de 40 % des contraceptifs vendus au Chili.
La décision du tribunal est en cours de rédaction et n’entrera en vigueur que le 22 avril. Mais déjà certains députés se plaignent de n’avoir eu connaissance que par la presse de la totalité du contenu de la requête qu’ils ont signée. “Je ne savais pas qu’il était aussi question du stérilet”, commente un député de Rénovation nationale, qui se demande aujourd’hui comment obtenir l’annulation de cette décision. “J’ai l’impression d’avoir aussi été un peu grugé sur la question de la pilule, car mon intention n’était pas de la faire interdire à toutes les femmes, mais seulement aux jeunes filles de moins de 18 ans.

Le recours faisait 50 pages, j’ai beaucoup de choses à faire et je ne l’ai pas lu en entier, alors j’ai fait confiance à ce que me disaient mes camarades du parti.”


Mais il est maintenant impossible de revenir en arrière et tous les députés signataires sont responsables du cours qu’ont pris les politiques de la natalité au Chili. Aucune juridiction ne permet de faire appel de cette décision. La seule possibilité est que le gouvernement propose un nouveau dispositif, qu’il soit débattu et que le tribunal statue de nouveau.


Ramiro Molina, directeur du Centre de médecine reproductive et intégrale de l’adolescent (CEMERA), affirme que la décision du tribunal, adoptée à 5 voix contre 4, est très discriminatoire. “Les trois cinquièmes les plus pauvres de la population ne peuvent pas avoir accès au secteur privé, souligne-t-il. Ce sont 1,9 million de femmes qui vont être interdites de contraception.” En termes de ségrégation géographique, le porte-parole du gouvernement, Francisco Vidal, résume la situation en ces termes : “Celles qui en ont les moyens pourront se procurer la pilule dans une pharmacie de La Dehesa [quartier huppé de Santiago]. Mais sans argent, pas de pilule.” Et ce n’est pas tout. Les détracteurs de la décision assurent que si l’on interdit les comprimés qui contiennent du lévonorgestrel, qui sont meilleur marché, cela incitera moins de femmes à acheter des contraceptifs. Ce qui favorisera les avortements clandestins, particulièrement meurtriers. La Démocratie chrétienne [DC] n’a pas voulu se prononcer sur la décision du tribunal alors même que c’est un démocrate-chrétien qui a fait pencher la balance du vote.

Mario Fernández, l’ancien ministre de la Défense de Ricardo Lagos et actuel membre du Tribunal constitutionnel, a voté en conscience, assure-t-on, sans céder à aucune pression extérieure, mais certains espéraient qu’il voterait en faveur de la politique du gouvernement. Il n’en a pas été ainsi.
D’aucuns estiment que la position de la DC s’explique par sa proximité avec l’Eglise catholique, dont les pressions ont été dénoncées par les centaines de manifestants qui ont protesté jeudi 3 avril. “Eloignez vos rosaires de nos ovaires !” pouvait-on lire sur des pancartes qui promettent de se multiplier dans les semaines qui viennent.

Des membres éminents de l’Eglise catholique ont influé sur la décision finale du Tribunal constitutionnel. “Ce n’est pas un hasard si Fernando ­Chomalí lui-même [membre de la commission de bioéthique de la Conférence épiscopale] a participé à l’audience assis au premier rang”, commente un ­avocat constitutionnaliste.
Même si la décision du tribunal ne peut être révoquée en appel, certains pensent qu’elle risque d’avoir un effet boomerang sur le terrain politique.

La Bolivie, 007 et la mer perdue

Plus d'infos sur ce film

Loin de toute activité humaine, l'acteur Daniel Craig, alias 007, affronte, solitaire, le tout-puissant trafiquant de drogue Dominic Greene, joué par Mathieu Amalric, qui a établi son repaire dans ce paysage lunaire. Greene tente de fomenter un coup d'Etat en Bolivie pour mettre la main sur les richesses naturelles de ce pays turbulent et vulnérable. Les deux affreux narcos, le "général Medrano" et le "lieutenant Orso", alliés de Greene, sont des ressortissants boliviens.

Cette dernière précision n'est pas passée inaperçue en Bolivie, où elle a suscité une réaction courroucée à l'adresse des scénaristes du 22e opus de la saga "James Bond". Dans une lettre envoyée au producteur du film, Michael Wilson, le vice-ministre du développement des cultures, Pablo Groux, s'insurge contre la "stigmatisation préoccupante" de son pays. Le fait d'identifier comme boliviens des trafiquants de drogue, ajoute le ministre, "même dans un contexte de fiction", "restera dans l'imaginaire collectif" des millions de personnes qui verront le film à partir du mois de novembre.

On peut trouver légèrement excessive l'indignation du gouvernement d'un pays classé 3e"cocalero", reste le meilleur défenseur des quelque 30 000 familles qui vivent, comme lui naguère, de cette culture. Lorsque l'ONU a demandé récemment à la Bolivie de réduire la consommation de coca, le pays a répondu à l'unisson en organisant une "Journée de mastication" de la "feuille sacrée". producteur mondial de coca, après la Colombie et le Pérou. Si la coca n'est certes pas la cocaïne, on fabrique l'une avec l'autre, et une bonne part de la production locale est transformée illégalement en poudre blanche. Le président bolivien, Evo Morales, un ancien

Aux yeux des dirigeants boliviens, l'équipe du nouveau "James Bond" a commis une autre faute : elle tourne au Chili des séquences censées se dérouler dans leur pays. Non seulement au Chili, mais, circonstance aggravante, dans la région d'Antofagasta, au coeur de ce littoral concédé par la force lors de la guerre du Pacifique (1879-1884). A l'issue de ce conflit armé entre un Chili conquérant et ses deux voisins du Nord, le Pérou et la Bolivie, cette dernière fut privée de sa souveraineté sur une bande côtière de 400 km et perdit, de ce fait, tout accès à la mer. Depuis, la Bolivie est, avec le Paraguay, le seul Etat enclavé en Amérique du Sud.

Quelque cent vingt ans plus tard, cette profonde blessure de l'Histoire reste à vif. La moindre irritation la réveille. Dans sa lettre, le vice-ministre bolivien de la culture déplore "l'ignorance""montrant Antofagasta comme si elle était encore une ville bolivienne", et ajoute : "Cette fiction ravive notre revendication maritime historique." Bien plus : le ministre regrette que le film n'ait pas été tourné en Bolivie : "Nous avons, chez nous, les paysages et les ressources qui auraient pu satisfaire les exigences du scénario." dont les producteurs du film ont fait preuve en

Les producteurs reconnaissent avoir situé cette nouvelle aventure de Bond en Bolivie dans l'intérêt même du scénario. Des acteurs portent des uniformes militaires boliviens, et le drapeau tricolore bolivien apparaît sur certains camions. "Nous savions qu'il y avait eu une guerre ici il y a plus d'un siècle, a déclaré Michael Wilson. Mais nous ne savions pas que c'était encore un problème."

Quel problème, en effet ! Comment oublier l'humiliante amputation territoriale qui exacerbe en permanence les frustrations nationales ? Chaque 23 mars, le pays commémore "le Jour de la mer". On défile dans les rues, on sort les drapeaux, on tient des propos martiaux. A La Paz, le chef de l'Etat fait un discours sur la place Abaroa, qui porte le nom du plus grand héros national.

Le 23 mars est l'anniversaire de sa mort. Lors de la première grande bataille de la guerre du Pacifique, Eduardo Abaroa refuse de se rendre aux troupes chiliennes alors qu'il défend un pont sur la rivière Topater. Blessé, encerclé, il lance à l'ennemi, avant d'être tué, une phrase désormais inscrite dans la mémoire collective : "Me rendre, moi ? C'est à ta grand-mère de se rendre, connard !"

Cette année, l'allocution d'Evo Morales fut plus conciliante et plus optimiste. Il s'est réjoui de la confiance qui règne maintenant entre la Bolivie et "la République soeur du Chili", gouvernées par deux équipes socialistes. Ce changement de ton bolivien prend acte de plusieurs gestes accomplis par la présidente chilienne, Michelle Bachelet.

Pour la première fois, le Chili accepte que l'accès à la mer fasse partie d'une négociation mutuelle. En décembre dernier, Mme Bachelet s'est rendue à La Paz alors même que les deux pays n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1978. Un accord prévoit l'ouverture fin 2009 d'une autoroute transocéanique, qui reliera le port brésilien de Santos au port chilien d'Arica, via la Bolivie. Seule la poursuite de ce rapprochement bilatéral permettra au peuple bolivien d'être moins obsédé par la nostalgie de sa mer perdue. Jean-Pierre Langellier

mercredi 16 avril 2008

"L'avenir du français"

Le réseau de chercheurs "Dynamique des langues et Francophonie" publient" L'avenir du français"
Parution du nouvel ouvrage préparé par le réseau de chercheurs Dynamique des langues et Francophonie intitulé "L'avenir du français", aux Éditions des archives comtemporaines.

Les auteurs ont cherché à évaluer les impacts à long terme de la mondialisation, de l'élargissement de l'Europe, des nouvelles technologies de l'information et des changements démographiques sur la place du français dans le monde.

L'ouvrage est co-signé notamment par Patrick Chardenet et Bruno Maurer, respectivement directeur délégué au programme "Langue française, diversité culturelle et linguistique" de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), et directeur du Bureau Océan indien de l'AUF.

Quelle place pour la langue de Molière au Chili ?

La langue de Molière

La loi LOCE (Loi Organique Constitutionnelle de l’Enseignement) de 1994, qualifiée de "réductrice" par les linguistes qui étaient présents au séminaire organisé par l’association des professeurs de français au Chili, n’oblige qu’à l’enseignement d’une seule langue vivante étrangère. Il se révèle que dans la pratique, l’anglais est choisi. C’est ainsi que Raul Navarro, recteur de l’Université Métropolitaine de Sciences de l’Education insistait sur le fait que chaque année les effectifs d’étudiants étaient inférieurs à l’offre de l’enseignement.
Selon Patrick Chardenet, directeur délégué de l’Agence Universitaire de la Francophonie et spécialiste de la question des politiques linguistiques : "Il existe entre 6.000 et 7.000 idiomes mais si le plurilinguisme n’est pas encouragé." "C’est 90 % des langues qui disparaîtraient", affirme-t-il gravement.
Il propose de réformer la politique de l’enseignement des langues en apprenant l’anglais en trois ans de manière intensives : "Nous n’avons pas besoin de plus de trois ans, pourquoi perdons-nous quatorze ans à apprendre l’anglais ?"

Vers une reconnaissance des langues autochtones

C’est dans ce contexte de développement du plurilinguisme que le séminaire plantait le problème de l’enseignement des langues au Chili. Le représentant de l’Université de Playa Ancha expliquait que "le Chili veut être connecté au monde, mais au Chili on veut sauter deux mètres et on se prépare pour un !"

Andréa Palma, représentante du ministère de l'Education a rappelé cependant que l’Etat assure un enseignement minimum et que les établissements ont ensuite la liberté de mener des programmes supplémentaires. Elle a également vanté la nouvelle mesure du gouvernement qui consistera à inclure les langues indigènes dans les programmes scolaires. En effet il en existe huit au Chili, dont quatre sont menacées : les langues mapuche, rapa nui, aymara et quechua. Elle n’a cependant pas répondu à la question de rendre une seconde langue obligatoire.

samedi 5 avril 2008

La justice chilienne fait reculer les droits de la femme

ÉLOIGNEZ VOS ROSAIRE DE NOS OVAIRES !
"Via Crucis" anticlérical Photo : Collectif Moiras

Pour permettre l'accès à cette pilule, auparavant vendue sur ordonnance en pharmacie au prix de 10 dollars, le gouvernement avait décidé de la distribuer gratuitement à toutes les femmes de plus de 14 ans.

La justice chilienne avait été saisie par des députés de l'opposition conservatrice, qui estiment que la pilule du lendemain, abortive, viole le principe du droit à la vie inscrit dans la Constitution du Chili.

Ce jugement interdit aussi la mise en place d'un dispositif de contraception intra-utérin utilisé par plus d'un million de femmes dans le pays ainsi que les consultations confidentielles visant à donner des informations aux mineurs sur les méthodes de contraception.

La sentence du tribunal a provoqué un vaste mouvement de critiques tant de la part du gouvernement que des organisations féministes. La veille du jugement, 500 personnes avaient protesté devant le tribunal contre une décision politique.

Le tribunal, qui se prononçait en dernière instance, a expliqué dans un communiqué que sa décision avait été prise par cinq votes contre quatre et que celle-ci n'était pas susceptible d'appel.

Daniel Craig en tournage au Chili veut incarner un James Bond plus intime


Vêtu de noir, de bonne humeur lors d'une pause entre deux prises de vue pour discuter avec les journalistes du monde entier, Daniel Craig, qui tourne à l'observatoire Paranal (2.400 mètres) à 900 km au nord de Santiago, accorde 17 minutes exactement à chacun des six groupes de journalistes qui l'attendent.

"Il ne s'agit pas de moi, faisant une étude de personnage. Je suis James Bond et je ne suis pas en train d'essayer de lui ressembler", assure l'acteur de 40 ans, sixième à interpréter l'agent secret créé par l'écrivain anglais Ian Fleming.

Il révèle au passage que le déroulement et l'ambiance du film visent à présenter au public un James Bond plus réaliste et plus intime.

"Nous devons faire un autre film de Bond à succès", dit-il en rappelant le dernier "Casino Royal"; "la pression, c'est de réaliser un film meilleur que le précédent et c'est cela que l'on veut faire", ajoute M Craig.

"Quantum of solace" montrera l'imperturbable 007, tel un animal blessé sur le plan personnel et luttant contre une organisation criminelle de trafiquants de drogue qui a poussé à la trahison et à la mort la femme qui l'aimait.

La trame de l'histoire est comme toujours dans un "Bond", planétaire : pistant des comptes secrets en Haïti, passant par l'Autriche et l'Italie avec l'aide de Camille (Olga Kurylenko), James Bond (Daniel Craig) affronte le méchant Dominic Greene (Mathieu Amalric), chef d'une puissante organisation de trafiquants de drogue. Greene veut s'approprier les riches ressources naturelles de l'instable Bolivie en y soutenant un coup d'Etat.

Les scènes se déroulant en Bolivie, ont été en fait tournées en plusieurs endroits du Chili, pays andin frontalier.

"Il a perdu l'amour de sa vie et la dernière chose qu'il sait d'elle, est qu'elle était un agent double qui l'a vendu. La relation qu'ils entretenaient était un mensonge", raconte l'acteur.

Craig explique que pour Bond la trahison de son amour (Vesper) l'a bouleversé et s'il ne l'admet pas, cela le pousse malgré tout à chercher la vérité pour aller de l'avant.

Le français Mathieu Amalric, dans le rôle du méchant, Dominic Greene, explique que ce film sera encore plus réaliste que "Casino Royal". "Le risque qu'on prend c'est d'utiliser seulement mon visage pour interpréter le méchant", indique-t-il.

"Je crois que nous devons réinventer" commente le producteur, Michael G. Wilson, afin d'éviter que les nouveaux films de Bond soient comme ceux qui ont précédé Casino Royal, avec des effets spéciaux trop sophistiqués.

Le tournage de "Quantum of solace" au Chili a commencé la semaine dernière, dans le désert d'Atacama notamment, après un mois et demi à filmer au Panama dans un club en ruines de la ville coloniale, Panama City. Des prises ont été réalisées également en Basse Californie et au Mexique.

mardi 1 avril 2008

Le Chili en plein essor

Et bien sûr, la cordillère des Andes, qui surplombe la mer de plusieurs milliers de kilomètres, est l’escabeau parfait pour les astronomes qui tentent de grimper vers les étoiles. Mais si le Chili a longtemps accueilli les équipes internationales, il affiche aujourd’hui ses propres couleurs avec une recherche en plein essor. En dix ans, le nombre de chercheurs chiliens a doublé, le budget pour la recherche a augmenté de 70 %, et des centres d’excellence spécialisés ont bourgeonné dans tout le pays. Ces développements structurels encourageants sont le fruit des efforts d’une poignée d’universités dynamiques, comme l’université du Chili (Uchile) ou l’Université catholique (PUC). Ces institutions offrent des contrats privés à leurs professeurs qui produisent ainsi 80 % de la recherche chilienne. La recherche est financée en majorité par un réseau d’agences de moyens, la plus importante étant la Comisión Nacional de Investigación Científica y Tecnológica (Conicyt) 1. Ces structures autonomes déterminent leurs propres priorités de recherche et allouent des fonds sur des appels à projets censés encourager la compétitivité scientifique.
Malgré les succès de ce système, le coût extrêmement élevé des hautes études prohibe encore majoritairement l’accès à l’éducation. De plus, les appels à projets favorisent les sciences dures, déjà bien ancrées dans le système universitaire, aux dépens de disciplines plus fragilisées comme les sciences sociales. Sous la dictature militaire de Pinochet, celles-ci furent presque annihilées, leurs étudiants accusés de subversion et leurs professeurs forcés à l’exil ou à la reconversion. Depuis le retour de la démocratie, le Chili a promis de redonner vie à ces disciplines. Un nouveau climat d’ouverture, et des salaires parmi les plus élevés d’Amérique latine, ont même contribué à attirer des chercheurs français au Chili. 75 y sont en poste actuellement.
Le CNRS a par ailleurs longtemps cultivé des partenariats avec le Chili, concrétisés par de nombreux projets de coopération. Une démarche pionnière fut le programme Ecos, lancé en 1993 avec le soutien du ministère des Affaires étrangères, qui subventionne de courtes missions, des formations et des doctorats dans tous les domaines scientifiques. Une autre action significative fut la création de la première unité mixte internationale (UMI) 2, fondée par le CNRS et l’Université du Chili en 2000 pour étudier les possibilités d’applications directes de modèles mathématiques. Et bien sûr, la liste ne s’arrête pas là. Des biologistes marins français et chiliens ont commencé à explorer ensemble la dispersion et l’adaptation des espèces marines en 2004 avec la création du premier Laboratoire international associé (LIA) dédié exclusivement à la biologie marine 3. En 2006, ce fut au tour des sismologues de former un LIA pour étudier les tremblements de terre de subduction 4. Puis de nouvelles recherches sur l’initiation du cycle de la cellule chez l’embryon ont enclenché la création d’un programme international de coopération scientifique (Pics) en biologie moléculaire, bientôt suivi d’un second, en sciences politiques, qui compare les systèmes politiques des deux pays.
Alors que ces partenariats se multiplient, les efforts du Chili pour se rapprocher de ses voisins latino-américains ont plus de mal à décoller. À noter tout de même, l’initiative Stic Amsud, pour promouvoir la recherche en communication et en technologies de l’information 5. Celle-ci rapproche aujourd’hui le Chili, la France (CNRS, ministère des Affaires étrangères et Inria), l’Argentine, le Brésil, le Pérou et l’Uruguay, avec près d’une douzaine de projets en cours, la plupart cofinancés par le CNRS. Lucille Hagège