jeudi 14 décembre 2017

LES ÉTATS-UNIS ABROGENT LA NEUTRALITÉ DU NET, UN PRINCIPE FONDATEUR D’INTERNET


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LES ÉTATS-UNIS ABROGENT LA NEUTRALITÉ DU NET
Ce que redoutaient les défenseurs de la neutralité du Net est arrivé : jeudi 14 décembre, la Commission fédérale des communications (FCC) a mis fin aux Etats-Unis à ce grand principe.
Fondateur d’Internet, celui-ci veut que tous les contenus mis en ligne sur le réseau soient traités de la même manière, sans discrimination. Il interdit par exemple à un fournisseur d’accès à Internet (FAI) de transporter les flux vidéo provenant d’un service donné plus rapidement que ceux d’un autre. Il lui interdit aussi de bloquer l’accès à certains sites ou à un certain type de contenus. Concrètement, sous l’empire de la neutralité du Net, un FAI américain n’avait pas le droit de faire payer davantage ses consommateurs pour un accès plus rapide à YouTube ou à Netflix, par exemple. 

Accès à Internet différenciés

Les défenseurs de la neutralité du Net craignent que cela ne signifie pour les internautes des accès à Internet différenciés, aussi bien s’agissant de coût et de vitesse que de contenu — avec un risque pour la liberté d’expression. Ils arguent aussi que la neutralité du Net permet à de petits acteurs de grandir, en bénéficiant d’un accès égal à celui des géants sans devoir payer de frais exorbitants pour accéder à des « tuyaux » performants. Certains prétendent même que Google ou Netflix n’auraient pas pu émerger sans ce principe.

Les adversaires de la neutralité du Net, généralement représentés par les opérateurs des télécoms, martèlent de leur côté que l’infrastructure des réseaux a un coût, d’autant plus que celle-ci nécessite d’être modernisée en permanence, à mesure que les usages d’Internet évoluent et que la demande augmente, notamment avec la vidéo. Selon eux, expérimenter de nouvelles offres et faire payer davantage les utilisateurs pour des services de plus grande qualité leur permettra d’assumer ces investissements et d’innover davantage.


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KRISTINA D.C. HOEPPNER / FLICKR (CC)
LE BRITANNIQUE TIM BERNERS-LEE, LE CRÉATEUR DU WORLD WIDE WEB, EST UN FERVENT DÉFENSEUR DE LA NEUTRALITÉ : « LORSQUE J’AI INVENTÉ LE WEB, JE N’AI PAS EU BESOIN DE DEMANDER LA PERMISSION À QUICONQUE, ET LES ENTREPRENEURS AMÉRICAINS QUI ONT RÉUSSI DANS LE DOMAINE DE L’INTERNET N’EN AVAIENT PAS NON PLUS BESOIN LORSQU’ILS ONT LANCÉ LEUR ENTREPRISE. POUR ATTEINDRE SON PLEIN POTENTIEL, INTERNET DOIT RESTER UN ESPACE LIBRE POUR LA CRÉATIVITÉ, L’INNOVATION ET LA LIBRE EXPRESSION. »

Un opposant notoire à la neutralité du Net

En 2015, sous l’administration Obama, les défenseurs de la neutralité du Net avaient pourtant fêté une victoire historique. A l’issue d’un grand débat sur la question aux États-Unis, la FCC avait décidé que l’Internet américain était un « bien public », au même titre que le réseau téléphonique, et que les fournisseurs d’accès à Internet devaient être soumis aux mêmes règles, incluant la neutralité du réseau.

Mais à son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump a nommé à la tête de la FCC un opposant notoire à la neutralité du Net, Ajit Pai, ancien conseiller de l’opérateur Verizon. Il a rapidement commencé le chantier qui a mené, jeudi 14 décembre, à la fin de ce principe aux États-Unis.





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mercredi 13 décembre 2017

DÉCÈS D'APOLONIA RAMÍREZ


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APOLONIA RAMÍREZ
C'est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès d'Apolonia Ramírez, survenu lundi 11 décembre 2017 à Santiago du Chili, économiste et chercheuse au Programme d'Économie du Travail, activiste chilienne des droits de l'homme.
AFFICHE DE L'ASSOCIATION DES FAMILLES 
DE DÉTENUS DISPARUS (AFDD) 
HUMILDE APOLONIA RAMÍREZ CABALLERO, NÉE DANS LE VIEUX PORT FLUVIAL DE LINARES DE PERALES, À LA CONFLUENCE DE LA RIVIÈRE MAULE ET LA RIVIÈRE CLARO, DANS LA COMMUNE MAULE AU SUD DE SANTIAGO DU CHILI, LE 7 NOVEMBRE 1946 ET DÉCÉDÉE À SANTIAGO, LE LUNDI 11 DÉCEMBRE 2017.

Pola, de son vrai nom Apolonia Ramírez Caballero
APOLONIA RAMÍREZ  DITE « POLA » 
Pola Ramirez ne saura jamais la vérité. Depuis près de quarante-et-un ans, elle recherchait les restes de son compagnon, Lenin Díaz Silva, militant communiste (PCCh) enlevé le 9 mai 1976, pendant la dictature d'Augusto Pinochet. 

Dans les années 60, Pola est scolarisée au lycée expérimental Juan Antonio Ríos à Santiago du Chili, où elle commence à militer dans le Mouvement des jeunes communistes du Chili. Elle fait des études d’économie à l’Université Patrice-Lumumba en Russie, où elle rencontre Lenin Díaz, qui deviendra son compagnon et le père de sa fille Lorena, née le 27 février 1974.

En 1970 Lenin Díaz retourne à Santiago et commence à travailler dans la Mine Exotica, dépendante de Codelco, entité fondamentale de la nationalisation du cuivre. Après le coup d'État de 1973, Lenin passe à la clandestinité, sous le pseudonyme de « Leonel ».

Le 9 mai 1976, la DINA, police politique de la dictature, arrête Lénine. Sa séquestration fait partie du cas appelé « groupe de mai », opération d'intelligence du régime militaire pour démanteler et exterminer le PCCh, qui culmine avec de nombreuses détentions (entre autres, Mario Zamorano, Jorge Muñoz, Jaime Donato, Uldarico Donaire, Elisa Escobar et Marcelo Concha Bascuñán). Malgré les efforts de sa compagne Apolonia, il fut impossible d’établir la date exacte de sa mort, ni de localiser ou de retrouver sa dépouille. On sait qu'il fut aperçu à Villa Grimaldi et qu’il était vivant entre le 24 et le 26 août 1976, quand Isaac Godoy, survivant du camp de torture, se souvient de l'avoir vu à cet endroit.

lundi 11 décembre 2017

ELSA TRIOLET FAN DE JOHNNY


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ELSA TRIOLET FAN DE JOHNNY
« Il ne laissait pas le temps à la salle d'applaudir, il excitait ses musiciens comme un cocher ses chevaux: «Plus fort! Plus fort!...? Encore plus fort!...». C'est le galop à mort, le délire de la vitesse, de la musique, de la danse... Il semblait connaître chaque spectateur dans la salle, s'amuser avec elle, follement et, soudain, confier son désespoir à tout ce monde, comme mortellement blessé, souffrant à la mesure de sa taille, de sa force et non pas à celle des mauviettes qu'il avait devant lui: « Pas cette chanson... » ou « Serre la main d'un fou... » du récital précédent, cette main que personne ne veut serrer. Un tigre souffre, lui aussi, et un adolescent donc!
JOHNNY HALLYDAY EN 1967.
PHOTO RAYMOND DEPARDON.
«Un métier à se demander s'il y a pour lui une coupure entre la vie quotidienne et la scène, tant il est chez lui dans la lumière des projecteurs, le public comme des convives qu'il veut combler, l'exhibition comme un amusement délirant, pour l'acquérir, ce métier, il faut qu'il ne l'abandonne jamais, qu'il s'exerce sans arrêt, que ce qu'il fait en scène, il le continue dans la rue, et en mangeant, et en dormant... Une image que cela, car à ce rythme, et aussi jeune animal joueur que l'on soit, il y aurait de quoi mourir cent fois d'une rupture du cœur!

« Il fait un de ces potins, un tintamarre, un fracas énorme. On se trouve à l'Olympia comme à l'intérieur d'une cloche qu'on est en train de sonner. Insoutenable, insupportable, on en a le tympan enfoncé, la tête vous en éclate. Pourquoi, je m'extasie, dans ces conditions? Mais parce que c'est une question de réglage des moyens de Johnny autant que de la sonorisation excessive de la salle - il faut bien dire que les autres, avant lui, semblaient hurler, eux aussi! - et qu'il suffirait après tout de baisser le son pour que cela soit gagné.

« À cause de ce fortissimo ininterrompu, vous être assourdi au point que le meilleur se perd, et pas seulement de Johnny: il a avec lui un batteur sensationnel dont il est difficile d'apprécier les prouesses folles, les crescendo et l'accélération étant rendus inaudibles dans ce perpétuel bruit de Niagara qui s'abat sur vous dès le premier moment de l'apparition de Johnny. Fureur! Fureur de vivre, ô James Dean...

« Le malheur d'être trop bien servi par les dieux... De quoi lui en veut-on, à ce splendide garçon, la santé, la gaîté, la jeunesse mêmes? De sa splendeur? De la qualité de ses dons et de son métier acquis, de sa sottise de jeune poulain? Des foules qui le suivent irrésistiblement? De l'argent qu'il gagne? C'est la même haine que pour Brigitte Bardot. Et lorsqu'on leur tombe dessus, je reconnais en moi cette colère qui me prenait au temps où l'on essayait d'abattre Maïakovski, et d'autres fois, d'autres poètes... comme le soir où l'on a sifflé «Hernani!» aux Français, en 1952, pour le cent cinquantenaire de Victor Hugo. Cette volonté de détruire ce qui est trop bien, trop beau, trop gigantesque... La réputation que l'on fait à ceux que l'on veut détruire. Dieu sait pourquoi! (...)

« Je suis, comme vous le voyez, des fans de Johnny Hallyday. Vous trouvez cela grotesque? Vous avez tort, je suis à l'âge où, si on n'est pas un monstre, on aime ce qui est en devenir. Je ne peux pas attendre l'an 2000 quand on invitera un Johnny de cinquante-six ans, si mon compte est bon, à la Maison-Blanche...»

ELSA TRIOLET

MERCREDI, 16 JUIN, 1993

HUMANITE.FR

samedi 9 décembre 2017

CHILI SUPER POSÉ



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PHOTO DIEGO URBINA
L’image arrête l’œil. Sa plastique pop colorée au néon, son grain caractéristique de la chimie des photos argentiques, qui immanquablement donne envie de toucher. Surtout, la douceur de la posture des personnages, leurs scintillements sous les yeux. On hésite, larmes ou maquillage ? Que nous y est-il raconté ? L’intimité d’un couple casté à Brooklyn et branché sur la dernière saison de Stranger Things ? Deux mannequins qui ne se connaissaient pas il y a cinq minutes encore, mimant la proximité pour nous vendre slip kangourou et soutien-gorge à dentelle ?
PHOTO DIEGO URBINA
Rien de tout ça. Alejandro et Yeri, frère et sœur, sont colombiens. Ils sont arrivés il y a quelques mois au Chili, comme nombre de migrants caribéens d’ascendance africaine. Principalement haïtiennes mais aussi vénézuéliennes ou colombiennes, ces populations fuient précarité ou crises politiques et trouvent refuge au Chili, où elles constituent une main-d’œuvre à peu de frais. Malgré d’importantes inégalités, l’image de stabilité et de prospérité que le pays s’est construite voyage bien, et le propulse entre 2010 et 2015 en première place du classement OIT (Organisation internationale du travail) des pays d’Amérique latine à la plus forte croissance migratoire, devant le Mexique et le Brésil.


« DES IMMIGRANTS AU CHILI : LE NOUVEAU STYLE »

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En dehors de foyers très minoritaires au nord, la présence de populations noires est presque inédite dans ce territoire où dominent les origines indigènes et européennes, et une telle évolution ne vient pas sans son lot de curiosités, de fantasmes, parfois de xénophobie.

Le photographe Diego Urbina a commencé à documenter cette migration il y a deux ans, alors qu’elle devient plus visible à Santiago. «J’ai longtemps fait de la photo de rue, en me rendant dans les espaces où les migrants travaillent. En créant du lien, je suis peu à peu invité dans leurs espaces privés, c’est ce que j’explore aujourd’hui.» Une série qu’il a développée lors d’un atelier auprès du photographe berlinois Paul Hutchinson, puis exposé lors du Festival international de photographie de Valparaiso en novembre. Le questionnement de l’atelier ? «Comment penser le processus photographique au-delà du simple travail documentaire, pour le rapprocher du poétique

Les images de Diego Urbina transcendent amplement les codes du travail documentaire «classique» - narration journalistique, lumière naturelle, plans larges. Yeri et son frère Alejandro se sont rendus au studio du photographe et y ont apporté des objets leur rappelant leur quotidien à Cali, qu’ils observent hors-champ sur la photo ci-contre, comme en écho à leur déracinement. Il s’agit d’une mise en scène, mot longtemps tabou au sein de cette branche de la photographie, tandis que la plastique lorgne l’univers de la mode, tendance Petra Collins pour les néons pop.

En 2015, le World Press Photo avait été retiré au photographe Giovanni Troilo à la suite d’une polémique autour de ses images de Charleroi, qui avaient heurté les habitants de la ville. La mise en scène n’était pas explicitée - problématique pour un prix de photojournalisme. Le débat sur les frontières du genre documentaire ne doit pas, pour autant, être clos. Diego Urbina : «Lorsqu’il y a un contenu fort, il n’y a pas de limites aux formes de représentation qui l’explorent.»

Tess Raimbeau


vendredi 8 décembre 2017

« MARIANA » FOUILLE DANS LE PASSÉ TROUBLE DU CHILI



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« MARIANA » (LES CHIENS) :  ALFREDO CASTRO, ANTONIA ZEGERS
PHOTO  NOUR FILMS

Dans « Mariana », la cinéaste chilienne Marcela Said aborde les séquelles laissées par la dictature d'Augusto Pinochet au Chili, à travers une femme issue de la bourgeoisie attirée par son professeur d'équitation, un ancien colonel.
Le Point avec l'AFP

AFFICHE DU FILM
Le long-métrage, en salles mercredi, avait été présenté au festival de Cannes dans le cadre de la Semaine de la critique, sous le titre « Los perros » (Les chiens).


Mariana, 42 ans, campée par Antonia Zegers, est la fille d'un capitaine d'industrie chilien (Alejandro Sieveking) et la femme d'un homme d'affaires (Rafael Spregelburd) avec qui elle tente d'avoir un enfant. Issue de la haute bourgeoisie chilienne, elle consacre ses journées à s'occuper de son chien et à prendre des cours d'équitation avec un ancien colonel (Alfredo Castro), poursuivi pour des exactions supposées pendant la dictature d'Augusto Pinochet, entre 1973 et 1990.

Loin de la rebuter, les mystères que cache cet homme sévère attisent la curiosité de Mariana, une femme décidée, ironique et pourtant soumise aux volontés de son mari comme à l'autorité de son père. Le long-métrage pose ainsi la question de la place des femmes dans un pays qui a été dirigé à deux reprises par l'une d'entre elles, Michelle Bachelet, mais où le divorce n'a été autorisé qu'en 2004 et l'avortement thérapeutique en 2017.

Mariana, en voulant en savoir plus sur son professeur d'équitation, va remuer le passé trouble de sa famille.

Mariana « est attirée par le mal », expliquait à l'AFP Marcela Said, qui a grandi sous la dictature d'Augusto Pinochet, lors du festival de Cannes. « C'est une anti-héroïne et elle rencontre un certain confort, un soutien et une générosité dans le personnage de l'histoire le plus inattendu, qui est un criminel. »

La réalisatrice et l'actrice Antonia Zegers ont fait évoluer ce personnage, en partant de quelqu'un de « plus doux, plus naïf », vers un caractère « qui joue avec son corps et drague ». Dans ce film, qui revêt parfois des aspects de polar, Mariana évolue dans une ambiance poisseuse, tendue et navigue d'un bord à l'autre sans qu'on sache vraiment ce qu'elle pense.

Le premier long-métrage de Marcela Said, « L'été des poissons volants », avait été présenté à Cannes en 2013. La réalisatrice s'était penchée auparavant sur la dictature chilienne dans des documentaires, « I love Pinochet » en 2001 et « El mocito » en 2011.

lundi 4 décembre 2017

MESSAGE POUR LE 2ÈME TOUR DE L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE


CHILI : SECOND TOUR DE LA PRÉSIDENTIELLE