jeudi 16 mars 2017

AUJOURD'HUI SONNE LE GLAS POUR ÁNGEL PARRA


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« RIN DEL ANGELITO » (VIOLETA PARRA), CE TITRE EST EXTRAIT DE L' ALBUM 
« LES DERNIÈRES COMPOSITIONS DE VIOLETA PARRA », 
ENREGISTRÉE CHEZ RCA VICTOR CHILI (CML-2456) EN 1966.     
LICENCE YOUTUBE STANDARD  DURÉE : 00:02:01

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    ÁNGEL PARRA
    J'ai connu à Ángel lors de la première réunion que nous avons eue au 340 rue Carmen pour examiner le projet de création d'une Peña musicale. Cela devait être aux alentours d'avril 1965. 
    Patricio Manns 
    PATRICIO MANNS 
    Ángel arrivait d'Europe et portait un rutilant pantalon en cuir noir et une cravate de couleur pourpre. La dernière fois que je l’ai vu nous nous trouvions sur la scène du Théâtre Municipal de Valparaiso, il venait tout juste de chanter et je montais sur scène. La salle était pleine de musiciens et de public, nous récoltions des fonds pour Payo Grondona, qui se trouvait dans une mauvaise passe dans une clinique de la Cinquième Région (Valparaiso).


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    ÁNGEL PARRA, PATRICIO MANNS ET ROLANDO ALARCÓN EN 1972 
    La Peña a commencé ses activités en avril 65. Vers la fin de l'année, deux nouveaux protagonistes sont apparus. L'entrée du premier - Víctor Jara -, fut soumise à un vote, puisque nous fonctionnions comme une coopérative qu'intégraient Isabel et Ángel, Rolando Alarcón et moi-même. En quelques mois Víctor a commencé à modeler son image comme fondateur de la « La nouvelle chanson chilienne »  (NCCH). Mais cela n'était pas tout. 


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    « VIOLETA PARRA DANS LE CHAPITEAU DE LA REINA »
    En décembre, Violeta Parra, que je ne connaissais pas et que je n'avais jamais écoutée, est arrivée d’Europe. Tout naturellement, Violeta s'est incorporée à la Peña et a très tôt commencé à assumer le rôle de directrice. Ángel l'arrêta et lui expliqua la modalité d'organisation que s’était proposée la Peña. Suite à quoi Violeta remballa ses affaires et fonda le «Chapiteau de la Reine ». Cette «reine » avait deux lectures : le Chapiteau se trouvait dans la commune de La Reina («La Reine »), et sa figure principale était naturellement la Reine du folklore.

    L'atmosphère que nous avions réussi à créer entre les associés était merveilleuse. Nous chantions les jeudis, vendredis et samedis, et comme nous ne pouvions pas nous séparer, les dimanches nous allions chez Marta et Ángel pour une grillade au vent et quelques malicieux hectolitres de rouge.

    Le grand désaccord avec Ángel fut que, pour lui, la Peña devait fonctionner coûte que coûte rue Carmen. Je pensais que, étant donnée l'énorme demande que nous avions, nous devions nous déplacer dans certaines villes du pays et aller chanter, par exemple, dans les centres de travail. Parce que les gens qui allaient à la Peña, appartenaient à 95 pour cent à l'élite de Santiago. La classe travailleuse était dans l’impossibilité d'assister aux représentations, soit par le prix des places, soit parce que les gens se sentaient dans leurs petits souliers au milieu des gens guindées.

    J'ai réalisé mon rêve et ai parcouru le pays avec la troupe de « Chili, Rit et Chante ». Ensuite chacun suivit son chemin, mais notre amitié perdurera dans le temps, restera fixe dans le souvenir de ces années soixante durant lesquelles nous étions des jeunes musiciens, poètes, et tant d'autres choses et par-dessus tout : notre désir de vouloir changer le monde.