jeudi 30 juin 2016

UNICEF - AU CHILI, UN ENFANT SUR QUATRE NE COMPREND PAS CE QU'IL LIT

« Nier une bonne opportunité à des centaines de millions d’enfants représente plus qu’une menace pour leur futur : en exacerbant les cycles intergénérationnels de désavantage, nous mettons en péril le futur de leurs sociétés », a déclaré Anthony Lake, directeur d’Unicef. « Nous avons une option : investir dès à présent en faveur de ces enfants ou permettre que notre monde soit encore plus inégal et plus divisé ».

Campagne de sensibilisation de l'Unicef sur les inégalités qui touchent l'enfance :
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17:06 - 29 Juin 2016
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Le cas du Chili

Le Chili pourrait ne pas se sentir concerné par les conclusions inquiétantes de l’Unicef. Il est en effet le deuxième pays d’Amérique latine présentant le plus faible taux de mortalité infantile et d’après le l’étude de l’organisation internationale, son pourcentage de pauvreté infantile par revenu est le plus bas de la région.

Le rapport signale cependant que « les inégalités sont toujours le principal obstacle pour que le Chili atteigne un développement inclusif en 2030. Le pays a connu un essor important ces dernières années, mais un groupe conséquent d’enfants est resté en marge de ce progrès ».

Malgré un taux de scolarisation élevé, la qualité de l’éducation reste une dette importante au Chili. Un adolescent sur quatre ne comprend pas ce qu’il lit et ne sait pas résoudre des opérations mathématiques basiques. En termes de santé, deux enfants sur cinq souffrent de problèmes mentaux et un enfant sur cinq vit encore en situation de pauvreté.

L’Unicef avertit également que le Chili ne dispose pas d’un système d’information intégré qui permette de réaliser un suivi efficace des enfants bénéficiant d’un système de protection spéciale. Ceci implique qu’il est impossible de savoir si ces derniers vont effectivement à l’école, ont leur contrôles de santé à jour ou s’ils bénéficient d’une subvention de la part de l’État.

« Il est fondamental de compter sur de bons systèmes d’information et d’investir en faveur de l’inclusion et de l’équité. Ces éléments permettront au Chili de ne pas hypothéquer el futur de ses nouvelles générations », conclut le rapport.

Alexandre Hamon 

mercredi 29 juin 2016

DOUZE ANS DE LOIS CONTRE LA MALBOUFFE

Le Chili vient d’interdire aux marques alimentaires d’intégrer des cadeaux pour enfants à leurs produits. Comme lui, de nombreux pays ont adopté une attitude sévère contre la junk food. 

2016 : de jouets en bonus, tu ne vendras point



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LES KINDER SURPRISE. PHOTO  PASCAL SITTLER


Au Chili, une loi sur l’alimentation qui entre en vigueur le 27 juin cible les aliments vendus avec des jouets. De quoi sonner le glas des Kinder Surprise et faire perdre aux Happy Meals, menus enfants de McDonald’s, leur attrait phare. Une mesure choc dans un pays où le fléau de l’obésité sévit : en dix ans, la population touchée par le diabète y a augmenté de 80 %.


2014 : sur l’étiquette, les calories tu indiqueras



DES INFORMATIONS NUTRITIONNELLES SUR LES PRODUITS 

INSCRITES SUR L'EMBALLAGE PAPIER DE CHAQUE PRODUIT CONSOMME. 

PHOTO PATRICK ALLARD 


Des informations nutritionnelles sur les produits inscrites sur l'emballage papier de chaque produit consomme.

Les États-Unis, temple du burger et de la pizza épaisseur triple, imposent en 2014 aux chaînes de restauration d’inscrire le nombre de calories de leurs plats sur leurs menus. Une avancée importante, dans un pays qui a longtemps placé la liberté des consommateurs au-dessus des impératifs de santé publique.

2013 : les menus enfants tu supprimeras



TACO BELL AUX ETATS-UNIS.
PHOTO FRED PROUSER 

C’est une décision, parmi d’autres, symbolisant le changement de pied des grandes chaînes face à une opinion qui se rebiffe et face à leurs ventes en baisse. En 2013, Taco Bell, icône américaine des fast-foods à la sauce tex mex, opte pour la suppression, outre-Atlantique, de ses menus spéciaux pour enfants avec cadeaux.

2010 : d’une taxe malbouffe tu t’acquitteras


 PHOTO LAURENCE MOUTON

Pour financer un système de santé en crise et lutter contre l’embonpoint croissant de sa population, la Roumanie est le premier pays à instaurer, en 2010, une taxe sur la malbouffe, ciblant les aliments gras et sucrés vendus dans les fast-foods ou aux rayons sucreries et sodas. D’autres pays, tel le Danemark, lui emboîtent rapidement le pas. En France, la taxe soda existe depuis 2012.
  
2004 : à l’école, les distributeurs tu banniras
PHOTO JIM WILSON/THE NEW YORK TIMES-REDUX/REA
En France, les distributeurs automatiques de sodas, de chips ou de barres chocolatées sont bannis des écoles dès la rentrée scolaire 2004. En 2011, un nouveau tour de vis est donné : le ketchup, comme la mayonnaise ou la vinaigrette, cessent d’être en accès libre dans les cantines des écoles primaires.

mardi 28 juin 2016

LA FRANCE A PLACÉ BEAUCOUP PLUS DE FAMILLES ET D’ENFANTS ÉTRANGERS EN RÉTENTION EN 2015

À NANTES, LE QUARTIER MADELEINE CHAMP-DE-MARS ACCUEILLE PLUSIEURS ASSOCIATIONS D'AIDE AUX MIGRANTS. AU 33 DE LA RUE FOURÉ, LA DÉLÉGATION RÉGIONALE DE MÉDECINS DU MONDE REÇOIT TOUS LES MARDI APRÈS-MIDI LES MINEURS ÉTRANGERS ISOLÉS (MEI), DÉSORMAIS APPELÉS MINEURS NON ACCOMPAGNÉS (MNA) À LA SUITE DE LA LOI DU 14 MARS 2016 RELATIVE À LA PROTECTION DE L’ENFANT. 
PHOTO ADELINE PRAUD


Confrontée en 2015, comme l’ensemble de l’Europe, à une crise migratoire sans précédent, la France a placé en rétention administrative beaucoup plus de familles et d’enfants que l’année précédente. Le bilan annuel présenté, mardi 28 juin, par les cinq associations présentes dans les 43 centres de rétention administrative (CRA) indique un chiffre globalement stable de 47 565 personnes placées en rétention en vue d’un éloignement forcé, la France leur refusant le séjour sur son territoire. 
Par Maryline Baumard
PHOTO ADELINE PRAUD
Mais la Cimade, l’Ordre de Malte France, France Terre d’asile, Forum réfugiés-Cosi et l’Association service social familial migrants (Assfam) soulignent que le placement en rétention concerne de plus en plus souvent des familles.« Dans les CRA de métropole, leur nombre a plus que doublé par rapport à 2014, passant de 24 familles et 45 enfants à 52 familles et 105 enfants », précise le rapport commun des associations. Le candidat François Hollande s’était pourtant engagé, lors de sa campagne présidentielle de 2012, à mettre fin à la rétention administrative des enfants.

En fait, une poignée de préfectures s’illustrent particulièrement dans cette pratique. « En 2015, sur les 52 familles placées en centres de rétention, le CRA de Metz a concentré à lui seul 40 % des familles placées. Il est suivi de celui de la Moselle avec 13 familles et du Doubs avec 10 », détaillent les associations.

ILLUSTRATION  OLIVIER BONHOMME
À ces familles s’ajoutent des mineurs isolés. Ils sont 280 à avoir été privés de liberté en 2015 contre 170 en 2014. Soit une hausse de 64 %. Pour les y placer, alors que la France a en principe l’obligation de les faire prendre en charge par l’aide sociale à l’enfance, les préfectures contestent leur minorité. Dans la pratique, 49 % d’entre eux sont ensuite libérés par les juges.

LES MINEURS SE RETROUVENT SOUVENT EN SITUATION D'ATTENTE. S'ILS ONT LA CHANCE D'ÊTRE HÉBERGÉS, LEURS JOURNÉES SE RÉSUMENT À DORMIR, MANGER, SE RENDRE À DES RENDEZ-VOUS DANS L'ESPOIR D'UNE RÉGULARISATION. À NANTES, UN RÉSEAU ASSOCIATIF SE DÉMÈNE POUR LEUR VENIR EN AIDE. 

PHOTO ADELINE PRAUD
Maroof et Abbas sont originaires du Pakistan, Karim vient du Bangladesh. Ils ont quitté leur pays pour des raisons qui se ressemblent : mort d'un parent, pauvreté, chômage, etc. "Ici, on ne fait que dormir et manger", expliquent-ils. Ils voudraient apprendre à parler le français : "On a qu'une heure de cours par semaine, mais nous, on aimerait passer huit à neuf heures par jour à apprendre cette langue".
Maroof et Abbas sont originaires du Pakistan, Karim vient du Bangladesh. Ils ont quitté leur pays pour des raisons qui se ressemblent : mort d'un parent, pauvreté, chômage, etc. "Ici, on ne fait que dormir et manger", expliquent-ils. Ils voudraient apprendre à parler le français : "On a qu'une heure de cours par semaine, mais nous, on aimerait passer huit à neuf heures par jour à apprendre cette langue".


Éloigner du territoire calaisien

Autre fait marquant de l’année 2015, les centres de rétention ont accueilli plus de mille exilés appréhendés à Calais. « Plus de 1 100 personnes, pour la plupart inexpulsables, ont été acheminées de force pour être enfermées illégalement dans sept centres de rétention éloignés de Calais », dénonce le rapport. Cette opération, lancée à l’automne 2015 par le ministère de l’intérieur, visait à « desserrer » Calais. « Ces placements visaient, pour la majeure partie, des ressortissants de pays en guerre, pour lesquels n’existait généralement aucune perspective raisonnable d’éloignement. La rétention était clairement détournée de son objet, afin d’éloigner non pas du territoire, mais du littoral calaisien », analyse le rapport. Les associations ont décompté 145 Syriens, 165 Irakiens et 170 Erythréens parmi les victimes de ces placements en rétentions. D’ailleurs, « 95 % d’entre eux ont été remis en liberté après quelques jours », insistent encore les associatifs.

Selon la loi, le placement en rétention est exclusivement destiné à préparer les renvois. Or, en 2015, seulement « 46 % des personnes enfermées ont été effectivement éloignées, dont près de la moitié vers un État membre de l’Union européenne ». Si un exilé a laissé des traces de son passage dans un pays qu’il a foulé avant la France, il peut s’y voir retourné. Dans de nombreux cas, il repasse la frontière peu de temps après.

Les associations dénoncent ainsi la volonté de « faire du chiffre » en matière de renvois. Les Albanais, qui ne représentent pas une communauté importante en France, sont ainsi devenus la quatrième nationalité la plus enfermée en CRA. Ils forment, avec les Roumains, la nationalité la plus facile à expulser et ont été huit fois plus nombreux à être privés de liberté en 2015 qu’en 2010. « Alors qu’en 2015 le taux moyen d’exécution des obligations de quitter le territoire (OQTF) est de 22,8 %, pour les Albanais il grimpe à 47,4 %, voire 80 % après une rétention », précise le rapport. Les Albanais contestent rarement les départs, mais reviennent rapidement sur le territoire.


IBRAHIMA EST L'UN DES PREMIERS JEUNES À ÊTRE ARRIVÉS DANS CE LIEU. AVANT D'ÊTRE UN ENDROIT SOMMAIRE D'ACCUEIL POUR MINEURS ÉTRANGERS, LA MAISON ÉTAIT UN SQUAT D'ARTISTES. IL NOUS EXPLIQUE QUE TOUS ENSEMBLE, LES JEUNES S'ORGANISENT POUR LE MÉNAGE ET LA CUISINE.


PHOTO ADELINE PRAUD
Reste le cas de Mayotte, qui fait flamber les statistiques, puisque, « durant ces cinq dernières années, l’État a réalisé davantage d’éloignements forcés depuis Mayotte que depuis l’ensemble des 95 départements de la métropole », avec 93 147 renvois contre 87 790…

Les associations dénoncent une nouvelle fois cette politique de rétention administrative. La nouvelle loi sur le séjour des étrangers, promulguée en mars, préconise l’augmentation de l’assignation à résidence pour limiter ces privations de liberté. L’année 2016 dira si elle change ou non la pratique, alors même que le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a plusieurs fois rappelé sa volonté « d’optimiser » les centres de rétention.

vendredi 24 juin 2016

EN ESPAGNE, PODEMOS S'INSPIRE D'IKEA POUR PRÉSENTER SON PROGRAMME

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INTÉRIEURS COSY, MEUBLES CONFORTABLES, PHOTOS SOIGNÉES... PODEMOS S'EST INSPIRÉ
DU MONDE IDÉAL  D'IKEA  POUR  PRÉSENTER SES MESURES. ICI,  LA PAGE DE GARDE DE CE 
CATALOGUE TRÈS POLITIQUE AVEC EN RAPPEL « 26J » (DATE DES LÉGISLATIVES DU 26 JUIN)

«Il y a des moments dans l’histoire où pour défendre nos principes, nous pouvons utiliser de nouveaux outils», explique Podemos en présentation de son catalogue de propositions. «Nous voulons que ce soit le manifeste le plus lu jamais produit», a dit la cofondatrice du parti, Carolina Bescansa, lors de sa présentation.
Ikea, symbole de la social-démocratie

Lettrine et mise en page rappellent parfaitement le catalogue de la marque suédoise. Les photos affichent bien des intérieurs agréables, des meubles confortables, des personnages souriants bien dans leur intérieur… mais les textes décrivent plus la situation économique de l’Espagne que la nature des meubles. Et les chiffres égrainent les revendications de Podemos et non le prix des objets. Lecture simple et engageante, résultat efficace assuré. 

Le leader du parti, Pablo Iglesias, pose même sur un balcon comme n’importe quel mannequin du catalogue de meubles. Mais à côté de son visage on peut lire un texte sur la misère des retraites en Espagne. « 43% des retraités reçoivent des pensions en dessous du seuil de pauvreté ».



Ce mélange des genres est une bonne opération de communication. «Ikea semble un choix naturel : l'entreprise est porteuse de sens auprès des jeunes électeurs. Dans le même temps , Podemos tente de dissiper l'impression qu'il est un parti de la gauche dure, après la formation d'une coalition avec l'ancien parti communiste. Ikea est en effet synonyme de la réussite de la social-démocratie nordique», note Manuel Arias-Maldonado, professeur à l'Université de Malaga.
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PABLOS IGLESIAS, LEADER DE PODEMOS, JOUE LES MANNEQUINS 
«IKEA» DANS LE CATALOGUE. MAIS LE TEXTE RESTE POLITIQUE ET

 ÉVOQUE LES RETRAITES. © PODEMOS

Podemos en hausse dans les sondages

Au fil des pages, et des pièces de la maison, du salon à la cuisine, en passant par la salle de bains, les candidats du parti, qui se font ainsi connaître des électeurs, posent en déclinant les propositions de Podemos. Sur quelque 190 pages, Podemos expose l'intégralité de son programme et dresse son constat sur la situation du pays, gouverné par le parti populaire de Rajoy. 

À quelques jours de l'élection du 26 juin, les sondages donnent Podemos et ses alliés en seconde position, en hausse, devant le PSOE qui lui serait en recul. Unidos Podemos (Ensemble, nous pouvons) est crédité de 25,6% des intentions de vote, ce qui lui vaudrait 88 à 92 sièges au Congrès des députés (chambre basse), qui en compte 350. Ce chiffre est à comparer avec les 71 sièges détenus séparément, au 14 juin 2016, par chacune des deux composantes d'Unidos Podemos (Podemos et le petit parti Izquierda Unida, ex-communiste). Le PP reste en tête, mais à un faible niveau pour pouvoir gouverner.

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UNE DES 195 PAGES DU CATALOGUE PODEMOS. AVEC
DES PROPOSITIONS SUR L'ÉDUCATION. © PODEMOS


jeudi 23 juin 2016

LE CHILI REJOINT L'ARGENTINE EN FINALE


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PHOTO AP

Les Chiliens ont inscrit le premier but dès la 7e minute, par Charles Aranguiz, lequel a profité d'une relance hasardeuse dans l'axe de la défense colombienne. Dans la foulée, José Fuenzalida a doublé la mise après une frappe sur le poteau du Gunner Alexis Sanchez (11e, 2-0).



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PHOTO AP

Privée de son attaquant Carlos Bacca, blessé, la Colombie a failli réduire la marque par sa star du Real Madrid James Rodriguez, mais Claudio Bravo a détourné son tir de 20 mètres (22e). Le gardien chilien a été encore déterminant juste avant la pause avec deux arrêts coup sur coup (45e+1). La Colombie a poussé en seconde période, mais en vain.

Le match a été arrêté pendant 2h

La rencontre a été interrompue après la première période pendant plus de deux heures en raison d'un violent orage. Les deux équipes allaient faire leur retour sur le terrain après la pause quand les organisateurs ont décidé de retarder la reprise du match. Les services de sécurité ont fait évacuer les tribunes et ont demandé aux spectateurs de s'abriter sous les parties couvertes du stade.

mercredi 22 juin 2016

DES CHILIENS CÉLÈBRENT L’EXPÉDITION TAHITI NUI

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TIMBRE-POSTE ERIC L'ÉVÊQUE, POLYNÉSIË FRANÇAISE.
COLLECTION ERIC DE BISSCHOP DU 30 08 1988 

« Sous le commandement de M. De Bisschop, ils étaient partis de Papeete (avec Francis Cowan et Michel Brun, NDLR) un jour de novembre 1956, à bord du radeau Tahiti Nui I, construit entièrement en bambous », nous écrivait-il.

La traversée aller-retour de plus de 16 000 kilomètres devait appuyer la théorie d’Éric de Bisschop selon laquelle les Polynésiens, “meilleurs navigateurs que les Égyptiens, les Grecs ou les Phéniciens”, avaient vogué le long des côtes sud-américaines, il y a deux millénaires, avec leurs pirogues à voiles d’une dizaine de mètres de long. 


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L'EXPÉDITION DU KON-TIKI
Il souhaitait ainsi s’opposer à la théorie du Norvégien Thor Heyerdahl, qui avait fait le chemin inverse, dix ans auparavant, afin de prouver que c’étaient les marins pré-incas qui s’étaient rendus en Polynésie, et l’avait peuplée. 

« Malheureusement, après  200 jours sur l’océan (en mai 1957, NDLR), ils ont lancé un SOS à l’armée chilienne, et c’est la frégate Baquedano, qui les a sauvés près de l’archipel Juan Fernández », explique Jorge Orellana. 

Acheminés jusqu’à Valparaiso, à 600 km environ, les aventuriers y furent tout de même reçus « comme de vrais héros du Pacifique », et se mirent rapidement à préparer le retour. 

Les chantiers navals de Constitución, une cité portuaire réputée, à 250 km au sud de Valparaiso, furent choisis pour construire le nouveau radeau, en cyprès de la région.

Un survivant à Moorea

Jorge Orellana, adolescent, s’y rend « tous les jours » avec fascination. 


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ÉRIC DE BISSCHOP
« Le radeau Tahiti Nui II est parti du port chilien de Constitución, le 15 février 1958, pour rentrer à Tahiti, se souvient-il plus d’un demi-siècle plus tard. Le point de départ était plein de monde, M. l’ambassadeur de France au Chili faisant partie des nombreux spectateurs qui souhaitaient bon voyage et bonne chance aux vaillants navigateurs. On écouta la Marseillaise et le radeau, remorqué par trois navires, fut mis à la mer. »

Cette fois, Éric de Bisschop, Alain Brun, et Juan Bugueño naviguent avec Jean Pelissier et Hans Fischer. Ils remontent vers les côtes péruviennes avant d’entreprendre leur longue traversée vers la Polynésie.

« Poussés par les vents et les courants », ils s’échoueront six mois plus tard sur la barrière corallienne de Rakahanga, un atoll des îles Cook. Le capitaine Éric de Bisschop n’y survivra pas. 

« Le 17 juin 2016, on va faire une cérémonie, dans le centre culturel de Constitución, pour fêter les 58 ans de la fin de l’expédition et de la mort de M. De Bisschop », nous a donc écrit Jorge Orellana le mois dernier, en estimant qu’il s’agissait de l’une “des plus importantes et émouvantes navigations à voile de l’après-guerre”, une « expérience maritime et culturelle qui a eu une très grande influence dans tout le village et en particulier sur beaucoup de jeunes Chiliens, comme moi ». 

Grâce à une publication Facebook, la mairie de Papeete, que nous avions informée de cette cérémonie, a pu retrouver des membres de la famille de Michel et d’Alain Brun, décédés respectivement au Paraguay, en 2004, et au Japon, il y a quelques semaines.

Yuko, une fille de Michel Brun, a fait parvenir des images et des témoignages d’époque à Jorge : « Mon père aurait été très très touché, s’il était vivant, de la délicate attention qui vous anime, et de votre idée d’organiser cet événement au Chili », lui a-t-elle écrit, à la fin du mois de mai. 

À Moorea, Jorge a aussi retrouvé la trace de Jean Pelissier, âgé de 82 ans, qui lui « a promis qu’il viendra au Chili, en fin d’année ». 

À 89 ans, Juan Bugueño vit quant à lui dans la province de Valparaiso. 

Vendredi dernier, dans la petite ville industrielle de Constitución, qui compte aujourd’hui 60 000 habitants, il a été décoré par le maire, après avoir confié ses souvenirs à l’assistance. 

« L’histoire des radeaux Tahiti Nui doit être connue et reconnue par les nouvelles générations, tant au Chili qu’à Tahiti »  a conclu Jorge Orellana.

Marie Guitton

mardi 21 juin 2016

« L’ÉTÉ » PAR NICOLAS POUSSIN

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 « L'ETÉ OU RUTH ET BOOZ », 1660 - 1664, FAIT PARTIE D'UNE SUITE DE QUATRE TOILES REPRÉSENTANT LES SAISONS 

PEINTE PAR NICOLAS POUSSIN (LES ANDELYS, 1594 - ROME, 1665),   POUR ARMAND-JEAN, DUC DE RICHELIEU. 

PHOTO ANGÈLE DEQUIER


Ruth, pauvre servante moabite, obtient de Booz l'autorisation de glaner dans ses champs. Elle enfantera Obed, grand-père de David, ancêtre du Christ.
Les quatre saisons

L'Été fait partie d'une suite de quatre toiles représentant les saisons peinte par Poussin entre 1660 et 1664 pour Armand-Jean, duc de Richelieu. En 1665, ce dernier perd au jeu de paume contre le roi vingt-cinq tableaux de sa collection, dont treize Poussin. Les Saisons rejoignent ainsi les collections royales à Versailles et ensuite nationales au Louvre. Chaque saison est associée à une scène biblique de l'Ancien Testament et à un moment de la journée : le printemps lie la renaissance de la nature à Adam et Eve dans un paysage du matin, l'été marqué par les moissons présente l'histoire de Ruth et Booz alors que soleil est au zénith, l'automne suggéré par les vendanges et par une lumière de fin d'après-midi montre la grappe de Canaan et enfin l'hiver dans la lumière crépusculaire du soir met en scène le Déluge.

Le paysage en peinture comme en musique

Dans un vaste paysage ensoleillé, des paysans s'affairent à récolter le blé. Au premier plan, le peintre représente un récit biblique extrait du Livre de Ruth. Plongée dans la misère, cette dernière se rend aux champs pour glaner quelques germes de blé. Le hasard l'amène sur les terres de Booz, qui, touché par la jeune fille, lui donne l'autorisation de glaner sur ses terres et finit par la prendre pour épouse. De leur union naîtra un fils, Obed, dont descendront Jéssé et David, ancêtres du Christ. Le récit a été interprété comme une préfiguration de l'union du Christ et de l'Eglise. Le tableau est, avec L'Automne, le plus lumineux de la série, Le Printemps et L'Hiver  premier et dernier tableaux, étant plus sombres. Le cycle est ainsi rythmé comme dans une composition musicale par des scènes agitées encadrant des scènes plus douces. Poussin donne également à travers des paysages savamment agencés une poétique particulière à ces oeuvres où la nature et l'atmosphère participent pleinement au sens des histoires représentées.

Un testament pictural

Ces quatre tableaux achevés un an avant la mort du peintre apparaissent comme son testament pictural. On y retrouve toute l'essence de l'art de Poussin, poétique, novateur et complexe. En effet, la représentation des saisons n'est pas en soi une nouveauté, mais les figurer sous la forme de paysages et y introduire des scènes bibliques constitue une invention du peintre. Dès leur arrivée en France, les oeuvres ont suscité une très grande admiration. Leur interprétation a également donné lieu à de nombreuses hypothèses, qui n'ont toutefois pas épuisé la richesse de leur contenu. Enfin, la facture libre et tremblante de ces oeuvres, que l'on retrouve dans une certaine mesure dans Apollon amoureux de Daphné (Louvre), laissé inachevé après la mort de l'artiste, est un émouvant rappel des tremblements qui agitaient les mains du vieux peintre au crépuscule de sa vie.

Cartel
Nicolas POUSSIN (Les Andelys, 1594 - Rome, 1665)
L'Eté ou Ruth et Booz
1660 - 1664
H. : 1,18 m. ; L. : 1,60 m.
Collection de Louis XIV (acquis du duc de Richelieu en 1665)
Inv. 7304
Peintures
Aile Richelieu
2e étage
Nicolas Poussin
Salle 16

AU CHILI, PLUS JAMAIS DE KINDER SURPRISE


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PLUS DE KINDER SURPRISE AU CHILI. PHOTO ALLILI MOURAD 
Pour lutter contre l’obésité, le Chili a décidé de bannir de son pays la malbouffe. Il sera donc désormais impossible de consommer le fameux Kinder surprise.
Le Kinder surprise fait la joie des enfants… mais
plus au Chili. Face au fléau de l’obésité, le pays a pris une mesure radicale : bannir la malbouffe. A partir de lundi prochain une législation alimentaire très stricte va ainsi entrer en vigueur dans le pays.




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POUR LUTTER CONTRE L’OBÉSITÉ, LE CHILI A DÉCIDÉ DE BANNIR 
DE SON PAYS LA MALBOUFFE. IL SERA DONC DÉSORMAIS 

IMPOSSIBLE DE CONSOMMER LE FAMEUX KINDER SURPRISE. 

«Nous avons une société vraiment malade, il était nécessaire d'avoir des politiques publiques très fortes», explique à l'AFP Samuel Duran, président du Collège des nutritionnistes du Chili. Le Chili, considéré comme un modèle de croissance en Amérique latine, est aussi, dans la région, un des premiers consommateurs de boissons sucrées, de glaces et de pain. Ces dix dernières années, le diabète y a explosé, avec 80% de cas supplémentaires. Aujourd'hui plus de 60% des Chiliens (et un tiers des enfants de moins de six ans) sont en surpoids. La loi qui entre en vigueur lundi aura mis cinq ans à être approuvée, plus quatre années pour laisser le temps à l'industrie agro-alimentaire, qui a fait un intense lobby, de s'adapter.

Elle promet de révolutionner les étiquettes des produits vendus dans les magasins, qui montreront du doigt les aliments riches en graisses saturées, sucres, sodium et calories. Son objectif est avant tout de protéger les enfants, en interdisant la vente dans les écoles des aliments mauvais pour la santé. Et ces derniers n'auront plus le droit d'être accompagnés d'un jouet, sonnant le glas du Kinder Surprise ou du «Happy meal» de McDonald's.

La colère de Ferrero

Si le fast-food américain pourra reformuler son menu pour enfants pour y ôter le jouet, pour l'Italien Ferrero, il est impensable de proposer un oeuf au chocolat sans rien dedans, ce qui le privera donc du marché chilien. Le fabricant a dit qu'il se réservait le droit de saisir la justice nationale et internationale, au motif que la loi «affecte la réputation d'un de ses produits les plus populaires». Le chocolatier italien, qui a lancé son fameux produit en 1972, est déjà interdit de commercialisation aux Etats-Unis, en raison d'une réglementation de 1938 qui interdit l'association d'une denrée alimentaire avec toute autre substance (un jouet dans ce cas). Les autres aliments jugés nocifs au Chili devront, eux, s'adapter: 8.000 devront changer leur emballage.

L'idée, en mettant en garde contre les niveaux de graisses ou de sucres, est de permettre aux consommateurs de connaître rapidement la composition d'un produit en faisant fi de la communication le vantant comme bon pour la santé. « C'est très différent de consommer quelque chose en connaissance de cause que de le faire en étant trompé, en pensant que l'on consomme un aliment sain ou que l'on donne un aliment sain à ses enfants », souligne le sénateur Guido Girardi, principal promoteur de la législation. Il cite comme exemple le petit-déjeuner, où beaucoup de parents servent des céréales à leurs enfants en pensant que c'est bon pour eux, alors que celles-ci contiennent généralement « 40% de sucre et des quantités énormes de sel ».

La « Cocacolonisation » du monde

Derrière la hausse brutale du surpoids et de l'obésité au Chili, il y a une révolution du régime alimentaire, avec une consommation qui privilégie désormais les aliments transformés, mais aussi une vie plus sédentaire. Et si, dans les années 1970, les autorités luttaient contre la malnutrition infantile, maintenant c'est le surpoids qu'elles combattent. La croissance économique et l'absence de politiques publiques adéquates ont poussé de plus en plus de familles à donner des aliments transformés aux enfants, explique le médecin Roberto del Aguila, consultant pour l'Organisation panaméricaine de la Santé.

Le danger se trouve particulièrement en milieu scolaire: les élèves d'écoles publiques y dépensent un dollar par jour en bonbons. Très riches en sucres, les sodas sont également très prisés. « Une grande partie des mauvaises habitudes alimentaires adoptées par les Chiliens est due à ce qu'on appelle la «Cocacolonisation» du monde, c'est-à-dire la consommation massive de boissons sucrées et d'autres produits alimentaires avec des indices élevés de graisses saturées », souligne le diabétologue Manuel Garcia de los Rios.

IL Y A TRENTE ANS MOURAIT JORGE LUIS BORGES

Quel doit être le mérite d’un Nobel de littérature?

AUGUSTO PINOCHET ACCUEILLE JORGE LUIS BORGES
Ce prix a été décerné à des auteurs admirables, comme à des nullités voire à des insignifiants que personne ne lit. Pourtant, Borges se plaignait chaque fois qu’il apprenait la nouvelle de son éviction. Par exemple, en 1979, le prix couronna un obscur poète grec. Borges se lamenta: « Oui, je sais que le prix Nobel est pour Odisseus Elytis. Je ne suis pas résigné. Je me sens plutôt soulagé. Je ne connais pas l’œuvre de ce poète mais je me réjouis de ce qu’il soit Grec.»

ODYSSÉAS ELÝTIS
Il nous semble que, de la part de Borges, la position digne eût été de déclarer : «Le prix Nobel, je m’en fiche». Ce prix n’honore rien. Il est simplement accompagné d’une somme d’argent appréciable. Mais Borges avait-il vraiment besoin d’argent ? Il essaya de se moquer : « C’est étrange que moi qui suit du petit nombre de ceux qui se sont intéressés à la Scandinavie, qui l’aime bien, qui ai écrit sur elle, me sente repoussé par la Scandinavie». Et encore : «Cette région m’a intéressé depuis l’époque où mon père m’avait offert une version anglaise de la « Wolksunga Saga ». Cela me plut tant que je lui demandai une mythologie nordique».

À ce type de récriminations, Borges en a rajouté d’autres, comme lorsqu’il parla de son voyage au Chili et du bon accueil qu’on lui manifesta : «Je savais que je mettais en jeu le prix Nobel lorsque je me suis rendu au Chili et que le Président….Comment s’appelle-t-il? (le journaliste qui l’interroge lui souffle : “Pinochet”). Oui, Pinochet m’a décoré. J’apprécie beaucoup le Chili et j’ai compris que c’est la Nation Chilienne, mes lecteurs chiliens qui me décoraient»… Pourtant chacun savait que la mémoire de Borges était prodigieuse. Cette manière de présenter les choses, comme s’il ne se souvenait plus de l’exécuteur d’Allende, est assez attristante ; terminer en affirmant que c’est le peuple chilien, opprimé par les militaires aux ordres de Washington, qui l’a décoré, n’est pas plus reluisant…

RAMÓN MARÍA DEL VALLE-INCLÁN 
Il lui était impossible d’oublier sa visite du 22 septembre 1976. Lorsqu’il se présenta au siège de la junte militaire, le Palais Diego Portales de Santiago, il s’adressa en ces termes à Pinochet : «C’est un honneur d’être reçu par vous, général ; en Argentine, Chili et Uruguay on a sauvé la liberté et l’ordre». Il avait aussi soutenu que «si on considère la guerre du Vietnam comme un élément de la guerre au bolchévisme, elle est totalement justifiée». On notera aussi sa sévérité à l’égard de l’écrivain espagnol Ramón María del Valle-Inclán (1866-1936) à propos duquel il affirma : «Il me semble que Valle-Inclan est vulgaire. De très mauvais goût. Comme personne, il devait être très désagréable.» Or, Ramón María del Valle-Inclán qui voyagea plusieurs fois en Amérique Latine et fut invité au Mexique, a publié en 1926 un livre remarquable, “Tirano Banderas”, premier roman mettant en scène un dictateur hispano-américain.

Des considérations très étranges

La manière dont Borges a parlé de la langue est aussi une cause probable de refus du Nobel. L’auteur mexicain Nipongo propose plusieurs exemples :

Dans le livre « Borges, el palabrista » (Ed.Letra Viva, Madrid, 1980), celui-ci explique : «L’Espagnol est une langue moche. On trouve des mots splendides dans presque toutes les langues. Par exemple « cauchemar », « nightmare », « alptram », « íncubo». En espagnol on dit pesadilla, comme si vous disiez “petite lourdeur”. C’est idiot. Mais il nous faut accepter ce mot car nous n’en avons pas d’autres». Le jugement est trop rapide. Affirmer que c’est idiot d’utiliser le mot pesadilla prouve une certaine ignorance. Il suffit de consulter le vénérable dictionnaire du XVIIIème siècle, publié en 1737, pour apprendre que « Pesadilla » signifie quelque chose qui opprime le cœur, dont la cause se trouve dans un rêve qui afflige ou encore à cause d’un repas trop plantureux. Le mot pesadilla provient d’une ancienne expression mampesadilla qui décrivait, ironiquement, la main lourde qui pèse sur le cœur du dormeur et l’angoisse.

– Dans le même ouvrage, Borges se permet d’affirmer que l’Italien et l’Espagnol sont identiques. Il explique: « J’ai dit à Battiestesa qu’il avait commis une erreur en traduisant la Divine Comédie en Espagnol, car cela entretient la croyance que l’Italien et l’Espagnol sont deux langues distinctes. Alors que ce sont deux variantes très proches d’une même langue mère, le latin». Pourtant, les difficultés semblent multiples lorsqu’on entre dans les détails. Par exemple, une bière blonde se dira cerveza clara en espagnol et birra blonda en italien. Un jus d’orange, jugo de naranja en espagnol mais spremuta di arancia en Italien.

Bref, on se demande bien pourquoi il fallut traduire la Divine comédie de l’italien à l’espagnol, tant les deux langues sont en effet semblables…

Cela explique, selon notre auteur Mexicain, le refus du Nobel à Borges. Trente ans après, on se permettra d’y ajouter une autre raison. Pour faire désigner une personne comme prix Nobel ou comme lauréat du prix de la banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel, il existe toute une organisation de lobbying, c’est-à-dire en réalité une armée de maîtres chanteurs, de corrupteurs au service d’une coterie qui espère que le prix Nobel servira de locomotive à sa propagande. La personne qui obtient le prix est donc finalement sans importance, puisqu’elle sert de fanion ou d’étendard, en général, aux niaiseries occidentales. Borges était peut-être trop indépendant. Il savait que les sbires de Washington – Kissinger notamment – avaient organisé le coup d’État au Chili et en Argentine, mais peut-être n’avait-il pas compris que les médias qui éructaient contre le coup d’État étaient aussi à la solde des USA.

On sait désormais que le critère pour octroyer le prix Nobel est double : le lauréat doit être servile à l’égard des lobbys les plus puissants et en même temps utile, idéologiquement, à l’époque de la remise du prix. Borges n’a jamais rempli les deux conditions simultanément.