jeudi 30 avril 2015

LE CHILESAURUS, UN DINOSAURE HERBIVORE VRAIMENT « TRÈS BIZARRE »


 

Chilesaurus Diegosuarezi
 
Une équipe de chercheurs de l'université anglaise de Birmingham, chargée de reconstituer la découverte pour l'étudier, décident de baptiser l'animal Chilesaurus Diegosuarezi. Chilesaurus en rapport avec son lieu de résidence, le Chili, et Diegosuarezi pour rendre hommage à celui par qui tout est arrivé.
Un spécimen unique en son genre

D'après Martin Ezcurra, co-auteur des recherches et spécialiste à l'université de Birmingham, « la chose intéressante au sujet de ce dinosaure, c'est le fait que les parties qui le composent ressemblent à celles de dinosaures qui n'ont rien à voir entre eux ». Il ajoute: « C'est comme une combinaison de différents dinosaures dans une seule espèce ».

L'animal se trouvait en grand nombre sur le territoire chilien. Il semblait se tenir et se déplacer comme le gigantesque carnivore Tyrannosaurus, mais se nourrir comme un herbivore. Une des nombreuses particularités qui font de ce nouveau dinosaure un fascinant objet d'étude.

mardi 28 avril 2015

CHILI: LA FILLE D'ALLENDE, PREMIÈRE FEMME À LA TÊTE DU PARTI SOCIALISTE

L'EX-SÉNATEUR CAMILO ESCALONA
Le PS a élu dimanche ses représentants dans tout le Chili. Le parti désignera son président lors de son prochain Comité central en mai.

Plus tôt, Mme Allende, sénatrice pour la région d'Atacama (nord), s'était proclamée vainqueur du vote, revendiquant disposer de 60% des représentants.

Se présentant comme la «prochaine présidente du PS», elle a salué un «événement historique» dans la vie de ce parti qui «sera (pour) la première fois en 82 ans» d'existence dirigé par une femme.

Mme Allende avait déjà marqué les esprits le 11 mars 2014 en devenant le première femme à prendre la présidence du Sénat chilien. Ce jour-là, elle avait passé l'écharpe présidentielle à Michelle Bachelet, une autre femme socialiste.

Agée de 70 ans, elle est la fille de l'ex-président Salvador Allende, qui avait également dirigé le Sénat trois ans avant d'être élu à la présidence, en 1970.

Salvador Allende s'est donné la mort au palais présidentiel de le Moneda au cours du coup d'Etat militaire lancé contre lui le 11 septembre 1973.

samedi 25 avril 2015

AU CHILI, LE REDOUTABLE VOLCAN CALBUCO RESTE INSTABLE

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UN ENGIN DE CHANTIER DÉBLAYE LA ROUTE RECOUVERTE DE CENDRES LE 23 AVRIL 2015 À LA ENSENADA À LA SUITE DE L'ÉRUPTION DU VOLCAN CALBUCO. PHOTO MARTIN BERNETTI 

Endormi depuis 43 ans, le Calbuco, à quelques 1.000 km de Santiago du Chili, dans une région très touristique à cause de ses lacs somptueux, est entré en éruption, le 22 avril, projetant un épais panache de cendres, de pierres et de lave, haut de près d’une vingtaine de mètres. Les images sont spectaculaires. Le Calbuco, avec ses 2003 mètres d’altitude, est considéré comme l’un des volcans les plus dangereux du Chili.

« Volcan interdit »

Son éruption a toutefois surpris car il n’avait montré aucun signe d’activité depuis 1972. En 1961, Haroun Tazieff en avait escaladé le sommet. Le célèbre volcanologue et son équipe avaient été portés disparus pendant plusieurs jours. Cette aventure a été portée au cinéma, en 1966, avec le documentaire « le volcan interdit ». Le Chili a la seconde chaîne volcanique la plus grande et la plus active du monde, après l’Indonésie, avec plus de 90 volcans.

Au Chili, l’état d’exception et de catastrophe est toujours en vigueur dans les régions de Puerto Montt et Puerto Varas, qui ont été placées sous le contrôle des forces armées. Une zone d’exclusion de 20 km est maintenue autour du volcan où l’air est devenu irrespirable. Plus de 4.500 personnes ont été évacuées et les classes ont été suspendues dans les localités proches du volcan. Des cendres sont arrivées jusqu’à 200 km de Santiago.

Influence sur le climat

PHOTO NASA 
Les conséquences pour les cultures et le bétail sont imprévisibles sans compter les risques de contamination des cours d’eau environnants. Une telle éruption pourrait également avoir une influence sur le climat en raison des quantités énormes de cendres et de particules sulfatées projetées dans la haute atmosphère qui peuvent intercepter une partie du rayonnement solaire et entraîner un phénomène de refroidissement climatique. Selon les spécialistes chiliens, le volcan reste instable et il pourrait se produire de nouvelles éruptions.

La présidente Michelle Bachelet qui s’est rendue dans la région du Calbuco, le 23 avril, a indiqué que « la situation était encore plus grave que le 3 mars dernier après l’éruption du volcan Villarica », également dans le sud du Chili.

Outre les éruptions volcaniques, le Chili a éré durement frappé ces derniers semaines par des catastrophes naturelles. Début avril, des inondations inédites et des glissements de terrains dans le nord désertique du pays qui ont fait 25 morts, une centaine de disparus et plus de 30 000 sinistrés.


CHILI: L'ALERTE ROUGE MAINTENUE AUTOUR DU VOLCAN CALBUCO

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PHOTO NASA DU 24 AVRIL 2015 
Alors qu'au Sud les gens évacuaient, au Nord les personnes déjà évacuées ont réussi à retourner chez elles pour quelques heures à force de manifester leur indignation aux autorités. Elles sont allées chercher leurs animaux domestiques, des vêtements aussi. Les gens ont retiré à la pelle les cendres accumulées sur les toits de leurs maisons lorsque ces toits étaient encore debout. Beaucoup se sont déjà effondrés.

Lundi 27 avril 2015, des pluies acides sont prévues. Les cendres se feront plus lourdes, plus de toits céderont. Cette région rurale concentrerait 30% du bétail du pays. Or les gens ont laissé leurs bêtes derrière eux. Beaucoup sont allés tenter de les secourir. Jusqu'ici, le gouvernement n'a pris aucune mesure pour les nourrir et les faire boire. Sa priorité est d'abord d'assurer la sécurité des gens.

CHILI: BACHELET EXPRIME SON MEA CULPA

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Pourtant mise totalement hors de cause par son fils, qui dû démissionner de son poste non-rémunéré au sein du gouvernement, la socialiste Bachelet pâtit lourdement de cette affaire, ayant vu sa popularité chuter à 30% d'opinions favorables, le plus bas score qu'elle ait atteint sur ses deux mandats (2006-2010 et depuis 2014).

mercredi 22 avril 2015

AU CHILI, LA PRÉSIDENTE BACHELET EN DISGRÂCE

Que reproche-t-on à Michelle Bachelet et à son fils ?

En février, l’hebdomadaire conservateur Qué Pasa révélait qu’un prêt bancaire de 10 millions de dollars (9,3 millions d’euros) avait été consenti à Natalia Compagnon, épouse de Sebastián Dávalos Bachelet, fils aîné de la Présidente. Un prêt d’abord refusé mais finalement accordé au lendemain de l’élection de la candidate socialiste, en décembre 2013. L’argent a servi à acheter des terrains agricoles qui, requalifiés en terrains constructibles, auraient permis une généreuse plus-value. La justice enquête et a même perquisitionné le palais de la Moneda (siège de la présidence à Santiago), où Sebastián Dávalos occupe un poste flou de «directeur socioculturel». La Présidente assure qu’elle ne savait rien des affaires du couple, et que la justice poursuit son travail en toute indépendance.

Pourquoi une telle chute de popularité ?

Un peu plus d’un an après son élection triomphale, avec 62% des voix, Michelle Bachelet se retrouve au plus bas dans les sondages : seuls 31% des Chiliens lui accordent leur confiance. «Le Chili a une vieille culture du service de l’Etat, du fonctionnaire intègre, souligne Renée Fregosi, directrice de recherches en sciences politiques à Paris III - Sorbonne Nouvelle. Par ailleurs, le niveau de corruption y est moins élevé que dans les pays voisins, ce dont témoigne chaque année le baromètre de l’ONG Transparency International.»

La Présidente est en outre victime d’un climat de 
« UN PAYS MÉFIANT »
ILLUSTRATION HERNÁN KIRSTEN 
rejet de la classe politique sans précédent dans l’histoire du pays. Son déclencheur a été le scandale «Penta», qui éclabousse essentiellement les formations de droite. Six des dirigeants de cette compagnie financière sont en prison, accusés de financement illégal de campagnes électorales et de fraude fiscale. À une échelle bien plus vaste que les achats de terrains du fils Bachelet et de sa femme.


lundi 20 avril 2015

« CE MONDE » PAR RICHARD ANTHONY

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« CE MONDE » PAR RICHARD ANTHONY ADAPTATION DE (IL MIO MONDO) 
COVER D'UMBERTO BINDI ET GINO PAOLI, CHEZ RCA EN 1963. 
DURÉE : 00:02:38

« I ONLY WANT TO BE WITH YOU » DUSTY SPRINGFIELD

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« I ONLY WANT TO BE WITH YOU»  PAR DUSTY SPRINGFIELD CHEZ PHILIPS RECORDS EN  NOVEMBRE 1963 
DURÉE : 00:02:34 

    À PRÉSENT TU PEUX T'EN ALLER

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    DURÉE : 00:01:51 

      RICHARD ANTHONY S’EN EST ALLÉ

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      « CE MONDE » PAR RICHARD ANTHONY ADAPTATION DE (IL MIO MONDO) COVER D'UMBERTO BINDI ET GINO PAOLI, CHEZ RCA EN 1963. 
      DURÉE : 00:02:38
      RICHARD ANTHONY, CHANTEUR FRANÇAIS EN 1961
      PHOTO ROGER-VIOLLET
      Du train qui siffle ou du blues que l’on twiste, que retiendra-t-on de Richard Anthony, mort dans la nuit du lundi 20 avril à Pégomas (Alpes-Maritimes) à l’âge de 77 ans ? Comme fil rouge du souvenir, il y aura d’abord la voix d’un miel somme toute très oriental. Polyglotte (il parlait six langues), d’une rondeur enveloppante, Ricardo Btesh, dit Richard Anthony, était né le 13 janvier 1938 au Caire. Il avait grossi les rangs des étoiles venues d’Egypte – Dalida, Georges Moustaki, Guy Béart, Claude François… – pour écrire un chapitre faste de la chanson française. Son père, Edgar, était industriel dans le textile, issu d’une famille syrienne d’Alep ; sa mère est à moitié anglaise, fille de Samuel Shashoua Bey, consul honoraire d'Irak à Alexandrie. Après une période d’errance familiale, dû au resserrement du nationalisme en Egypte, passant par l’Argentine et l’Angleterre, le futur chanteur arrive en France en 1951, à l’âge de 13 ans.
      « Nouvelle vague »

      Elève du lycée Jeanson-de-Sailly, à Paris, il débute sa vie professionnelle comme représentant de commerce en électroménager et joue du saxophone dans les clubs de jazz, notamment au Vieux Colombier. En 1958, il enregistre deux titres du répertoire rock naissant, You Are My Destiny, de Paul Anka et Peggy Sue, de Buddy Holly. Le succès arrive avec Nouvelle Vague, adaptation française de Three Cool Cats, des Coasters : « Nouvelle vague/Une p'tit M.G. trois compères/Assis dans la bagnole sous un réverbère/Une jambe ou deux par-dessus la portière…/Nouvelle vague/ Nouvelle vague/ Trois mignonnes s'approchent fort bien balancées/Elles chantent une chanson d'Elvis Presley/Voilà nos trois pépères/Soudain tout éveillés par cette/Nouvelle vague. »
        
      À cette époque, la décolonisation bat son plein, l'Algérie inaugure le temps des barricades et les nouveaux francs compliquent la pensée du Français moyen. En 1960, la décennie à venir a du mal à définir ses contours. Le monde américain fait irruption, délivré des poids de l'après-guerre, et passé au filtre naïf d'un optimisme tout tropézien (Souvenirs, Souvenirs, de Johnny Hallyday, puis Panne d'essence, de Sylvie Vartan et Frankie Jordan en 1961, Twist à Saint-Tropez, des Chats sauvages…). En 1959, un objet radiophonique insolite était né : l’émission « Salut les copains », imaginée sur Europe n° 1 par Daniel Filipacchi, avec son générique emblématique, Last Night, des Mar-Keys, le groupe du label américain Stax.
      Richard Anthony est sur les ondes, il est aussi sur toutes les photos de Salut les copains, le magazine, fondé en 1962, posant en romantique ténébreux et sentimental. Il est évidemment place de la Nation, le 22 juin 1963, pour la soirée « entre copains » organisée par Europe n° 1 à l’occasion du premier anniversaire de la revue. Ils seront 150 000 à se rassembler, et ce fut un séisme politique. Le sociologue Edgar Morin écrit alors un long article dans Le Monde, où il fonde la génération des « décagénaires », celle de ces adolescents qui n'ont pas 20 ans, ont déjà leurs idoles absolues – Johnny, Sylvie, Françoise, Petula, Eddy, James, Elvis, et invente le terme de yéyé.

      Le « temps des idoles »

      Richard Anthony accompagne dès lors ce « temps des idoles », portées par les 45-tours et les tubes de l’été. Il est avec Johnny Hallyday, dans le rôle du mauvais garçon, le plus gros vendeur de disques en 1962 (La Leçon de twist, Et j'entends siffler le train, adaptation en français d’une chanson folk notamment interprétée en 1961 par The Journeymen puis par le trio Peter, Paul and Mary) et en 1963 (Itsy Bitsy Petit Bikini, dont le clip est réalisé par Claude Lelouch). Il enchaîne les tubes, dont A présent tu peux t'en aller, en 1964, donne trois cents galas par an, achète des villas à Saint-Tropez, à Marbella, à Crans, ouvre un hôtel en Jamaïque, et vend en 1967 plus de cinq millions d’albums de son adaptation du Concerto d’Ajanjuez, de Joaquim Rodrigo.

      Divorcé de son épouse Michelle, qui dit-on aurait inspiré la chanson des Beatles, il prend le large à Saint-Paul-de-Vence. Il retrouve le succès en 1974 avec la chanson Amoureux de ma femme, et part s’installer à Los Angeles. Revenu en France en 1982, rattrapé par le fisc, il mène une existence retirée, avant de reprendre en 2007 le rythme des galas et des tournées pour « Age tendre et tête de bois ». Ce spectacle nostalgique, qui tire son nom de l'émission de variétés de l'ORTF présentée par Albert Raisner de 1961 à 1966, connaît un incroyable succès. Aux côtés de Frank Alamo (1941-2012 ), Michèle Torr, Jean-Jacques Debout, Gilles Dreu, Los Machucambos ou Demis Roussos (1946-2015), Richard Anthony y tient son rang de grand sentimental, timide et sauvageon.

      Dates clés

      13 janvier 1938 
      Naissance au Caire (Egypte)
      1962 
      Et j’entends siffler le train
      2007 
      Retour en scène dans la tournée « Age tendre et tête de bois »
      20 avril 2015 
      Mort à Pégomas (Alpes-Maritimes)

      samedi 18 avril 2015

      DOOM - PRAY FOR OUR SOULS

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      DURÉE : 00:01:51 

        BOUSCULADE LORS D'UN CONCERT PUNK AU CHILI : AU MOINS 3 MORTS

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        PHOTO RODRIGO VELASQUEZ FLORES 
        Vers 23 h 15, en plein concert, une rambarde (et non une grille de l'entrée, comme indiqué précédemment) a cédé sous la pression des spectateurs, alors qu'un groupe tentait de pénétrer de force dans la salle. Trois spectateurs ont trouvé la mort. Il s’agirait d’un Argentin et de deux Chiliens, âgés de 22 à 25 ans. Cinq personnes sont dans un état jugé critique. Un responsable des carabineros (gendarmerie) a indiqué que le public présent dépassait la jauge maximum fixée par les normes de sécurité. Le gérant a été arrêté et la salle fermée sur décision de la mairie. D’après les médias chiliens, une partie du public a accueilli les pompiers et les ambulances par des jets de bouteilles.

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        Créé en 1987, Doom («malédiction») est un nom mythique dans la galaxie punk hardcore. Très engagé et de sensibilité anarchiste (sa devise est «Destroy Fascism»), le groupe a tourné en Asie, en Australie et en Russie en 2014. Son dernier passage en France remonte à juin 2010, au Hellfest de Clisson (Loire-Atlantique). Il restait à Doom trois dates au Brésil pour boucler sa tournée dans le sous-continent.


        [ Au journal El Mercurio, Hugo Insulza explique qu'un concert du groupe punk britannique Doom était programmé dans cette discothèque. «Dans la salle, des centaines de personnes étaient déjà regroupées et le lieu n'avait plus la capacité pour accueillir davantage de public» précise-t-il sur le site de la télévision T13. Le chef de la police poursuit : «C'est au moment où une cinquantaine de personnes supplémentaires sont entrés en force dans la discothèque qu'une partie de la structure de la salle s'est effondrée.»

        Quelques heures après le drame, le chef de la police, Hugo Insulza, parle d'un lourd bilan humain. 
        PHOTO TWITTER @REDDEEMERGENCIA
        Plus de 200 personnes ont été évacuées par la police. «Les gens à l'intérieur ont été écrasés par la chute d'une barrière destinée à retenir ceux qui ont continué à pousser pour pénétrer dans les lieux qui avaient déjà atteint la limite de leur capacité», a précisé un responable de l'Onemi. Le gérant du club a été arrêté.

        Le docteur Mario Henriquez, en service à l'hôpital de Santiago, a déclaré sur la chaîne de télévision 24HorasTVN que les deux personnes décédées étaient deux jeunes hommes âgés de 20 ans.  ]

        vendredi 17 avril 2015

        ADIEU L'AMI

        Plus tard, il publie et préface le livre « Poésie
         Populaire des Andes » de Violeta Parra. « Il faut l’écouter parler comme elle chante, d’un ton légèrement traînant qui s’anime jusqu’à la nervosité lorsqu’il s’agit de son pays qu’elle adore, de sa mère qui lui a appris ses premières chansons, de son frère Nicanor qui l’a forcée à vaincre sa timidité pour se consacrer à ce qu’elle aimait » (Édition bilingue traduite et présentée par Fanchita González-Batlle. François Maspero, París,  1965.) Maspero participe aux campagnes de solidarité avec le Chili d'Allende. Dans les années 1970 il édite « Entretiens avec Allende sur la situation au Chili » de Régis Debray.  



        Suite au putsch de 1973 qui renverse le président démocratiquement élu du Chili, il  anime avec d’autres intellectuels le «Comité de soutien à la lutte révolutionnaire du peuple chilien».

        De sa période de traducteur, nous retenons surtout « Une ardente patience », d’Antonio Skármeta, (1987) et « Le Vieux qui lisait des romans d'amour » de Luis Sepúlveda, (1992) traduit pour les Éditions Métailié, puis « Le Monde du bout du monde » (1993), « Un nom de toréro » (1994), du même auteur.  

        Le départ de François Maspero laisse un vide immense au sein de la communauté chilienne. 

        Adieu compañero!



        jeudi 16 avril 2015

        CHILI: MANIFESTATIONS POUR L'ÉDUCATION ET CONTRE LA CORRUPTION

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        MANIFESTATIONS POUR L'ÉDUCATION ET CONTRE LA CORRUPTION
        PHOTO ÓSCAR ÓRDENES

        «Il faut dire assez à la corruption», a clamé Valentina Saavedra, présidente de la Fédération des étudiants de l'université du Chili (Fech).

        Comme souvent, la dispersion du cortège a donné lieu à quelques des affrontements entre fauteurs de troubles encapuchonnés et forces de l'ordre.

        Pourtant réclamée à cors et à cris depuis des années par les étudiants, la réforme de l'éducation proposée la présidente Bachelet mécontente quasiment tous les secteurs concernés.

        À la télévision, Valentina Saavedra a dénoncé une réforme «politique» qui sera «probablement illégitime» et appelé les autorités «à construire la réforme de l'éducation, mais aussi les autres, à partir d'un large accord social».

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        «   PRÉSIDENTE ÉCOUTE LA VOIX DU PEUPLE ET TU PARS »
        PHOTO FRANCISCO ÁGUILA

        Promesse de campagne de la présidente, la réforme de l'éducation qu'elle est parvenue à faire approuver partiellement en janvier par le Congrès après maintes négociations va trop loin pour les tenants du système actuel - cher et inéquitable - hérité de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), mais pas assez pour les étudiants.

        Mme Bachelet, dont la cote de popularité s'est effondrée ces dernières semaines après la mise en cause de son fils et de sa belle-fille dans une affaire immobilière suspecte, a également promis de parvenir à la gratuité des études supérieures pour 80% des étudiants d'ici 2016.

        mercredi 15 avril 2015

        LE CHILI ADOPTE À SON TOUR UN PACTE D'UNION CIVILE POUR TOUS LES COUPLES

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        ROMULGATION DE LA LOI D'UNION CIVILE POUR LES COUPLES HOMOSEXUELS. PHOTO SEBASTIAN RODRIGUEZ 

        « Quel est le message que nous envoyons à ces familles, à ces couples quels que soient leur sexe, qui vivent ensemble sans être mariés ? interroge la présidente Michelle Bachelet. Nous leur disons que l’Etat les reconnaît tels qu’ils sont, des familles, des couples. Nous leur disons que c’est un pas décisif vers la fin de la différence entre couples homosexuels et couples hétérosexuels. » On peut rappeler que le Chili a été en 2004 l'un des derniers pays d'Amérique latine à autoriser le divorce.

        Ce Pacs chilien permettra de reconnaître les droits des conjoints dans les affaires d’héritage, de garde d’enfants, en matière aussi d’assurance santé. Il fera également bouger les esprits sur d'autres questions de société.

        « Et ça, poursuit Michelle Bachelet, ça veut dire que toutes les institutions, publiques et privées, devront adapter leur fonctionnement tant au niveau du formulaire qui devra inclure une nouvelle case avec ce nouvel état civil que du traitement des personnes, en passant par la reconnaissance sociale que cette loi donne au conjoint. »

        Le Chili se mettra ainsi en conformité avec la Convention inter-américaine des droits de l'homme a conclu la présidente du Chili. La nouvelle loi entrera en vigueur dans six mois.

        mardi 14 avril 2015

        « VOIX DU TEMPS » PAR EDUARDO GALEANO



        Lundi 13 avril 2015. « Quel livre offrir à Barack Obama pour l’éclairer sur les rapports entre les Etats-Unis et l’Amérique du Sud ? », s’interrogea Hugo Chávez en 2009. Son choix se porta finalement sur « Les Veines ouvertes de l’Amérique latine ». Son auteur, l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano, s’est éteint le 13 avril 2015. Journaliste et poète, conteur et historien, il a écrit plusieurs textes pour Le Monde diplomatique sur les affres du monde, de son pays et singulièrement du sport. Dans ces « Voix du temps », recueil de saynètes d’un ordinaire oublié, il rappelle qu’une petite histoire en dit parfois autant qu’une longue analyse.

        Littérature Voix du temps

        De nationalité uruguayenne, Eduardo Galeano figure parmi les écrivains latino-américains contemporains les plus reconnus. A la fois journaliste et poète, conteur et historien, il consigne ici les saynètes d’un ordinaire oublié, et rappelle qu’une petite histoire en dit parfois autant qu’une longue analyse.
        Le soleil. — 
        Quelque part en Pennsylvanie, Anne Merak travaille comme assistante du soleil.

        Du plus loin qu’elle se souvienne, elle a toujours occupé ce poste. Tous les matins, Anne lève les bras et pousse le soleil pour qu’il surgisse dans le ciel ; et tous les soirs, elle baisse les bras pour le coucher à l’horizon.

        Elle était toute petite lorsqu’elle s’est attelée à cette tâche et elle n’y a jamais failli.

        Il y a un demi-siècle, on l’a déclarée folle. Depuis, Anne est passée par plusieurs asiles, elle a été traitée par de nombreux psychiatres et a avalé d’énormes quantités de pilules.

        Ils n’ont jamais pu la guérir.

        Encore heureux.

        Le banquier modèle. — 
        John Pierpont Morgan était propriétaire de la banque la plus puissante du monde et de quatre-vingt-huit autres entreprises.

        Comme c’était un homme très occupé, il avait oublié de payer ses impôts.

        Il n’avait rien déclaré depuis trois ans, depuis la crise de 1929.

        La nouvelle souleva la colère des foules ruinées par le krach de Wall Street et provoqua un scandale à l’échelle nationale.

        Pour se débarrasser de son image de banquier rapace, l’homme d’affaires fit appel au responsable des relations publiques du cirque Ringling Brothers.

        L’expert lui conseilla d’engager un phénomène de la nature, Lya Graf, une femme de 30 ans qui mesurait soixante-huit centimètres mais dont le visage et le corps n’avaient rien de ceux d’une naine.

        Ainsi fut lancée une grande campagne de publicité dont le clou était une photo qui montrait le banquier assis sur un trône avec une tête de bon père de famille et tenant la femme miniature sur ses genoux. L’idée était de représenter le pouvoir financier protégeant le peuple en proie à la crise.

        Ce fut un échec.

        Cours de médecine. — 
        C’est dans un cours de soins intensifs, à Buenos Aires, que Rubén Omar Sosa a étudié le cas de Maximiliana, la leçon la plus importante de toutes ses années d’études.

        Un professeur a décrit la situation : doña Maximiliana, épuisée après une vie entière passée sans dimanches, était entrée à l’hôpital quelque temps plus tôt et, tous les jours, elle demandait la même chose :

        — S’il vous plaît, docteur, pourriez-vous me prendre le pouls ?

        Une légère pression des doigts sur le poignet, puis le médecin disait :

        — C’est très bon. Soixante-dix-huit. Parfait.

        — Ah, merci docteur. Et maintenant, est-ce que vous pourriez me prendre le pouls, s’il vous plaît ?

        Et le médecin lui prenait le pouls une fois de plus et lui expliquait à nouveau que tout allait bien, que cela ne pouvait pas aller mieux.

        La scène se reproduisait tous les jours. Chaque fois qu’il passait près de la chambre de doña Maximiliana, cette petite voix rauque l’appelait et lui tendait le bras, comme une brindille, encore et encore.

        Lui, il obtempérait, parce qu’un bon médecin doit être patient avec ses patients, mais il se disait : Cette vieille est un peu casse-pieds, et il pensait : Il lui manque un boulon.

        Ce n’est que des années plus tard qu’il comprit qu’elle demandait seulement que quelqu’un la touche.

        Les mots. — 
        Dans la jungle du haut Paraná, un camionneur me recommanda d’être prudent :

        — Attention aux sauvages. Il y en a encore quelques-uns en liberté dans le coin. Heureusement, pas beaucoup. On a commencé à les enfermer dans des parcs zoologiques.

        Il me parlait en espagnol. Mais ce n’était pas la langue qu’il parlait tous les jours. Le camionneur parlait guarani, la langue de ces mêmes sauvages qu’il craignait et méprisait.

        Chose étrange, au Paraguay, on parle la langue des vaincus.

        Encore plus étrange, les vaincus croient, continuent de croire, que les mots sont sacrés. Les mots qui mentent offensent ce qu’ils nomment, mais ceux qui disent vrai révèlent l’âme des choses. Les vaincus affirment que l’âme gît dans les mots qui la disent. Si je te donne mes mots, je me donne. La langue n’est pas un dépotoir.

        Le marché global. — 
        Des arbres couleur cannelle, des fruits dorés.

        Des mains acajou enveloppent les graines blanches dans de grandes feuilles vertes.

        Les graines fermentent au soleil. Puis, une fois déballées, à l’air libre, le soleil les sèche et leur donne doucement une couleur cuivrée.

        Alors le cacao entame son voyage sur la mer bleue.

        Pour passer des mains qui le cultivent aux bouches qui le mangent, le cacao est traité dans les usines de Cadbury, Mars, Nestlé ou Hershey’s, puis est mis en vente dans les supermarchés du monde : pour chaque dollar qui entre dans la caisse, trois cents et demi parviennent jusqu’aux villages d’où vient le cacao.

        Richard Swift, un journaliste torontois, s’est rendu au Ghana, dans l’un de ces villages.

        Il a visité les plantations.

        Quand il s’est assis pour se reposer, il a sorti des barres de chocolat et avant même qu’il ait pu mordre dedans, une foule d’enfants curieux se pressait autour de lui.

        Ils n’avaient jamais goûté à ça. Ils ont beaucoup aimé.

        La naissance. — 
        À l’hôpital public situé dans le quartier le plus cossu de Rio de Janeiro, on traitait un millier de patients par jour. Presque tous pauvres ou très pauvres.

        Un médecin de garde raconta ceci à Juan Bedoian :

        — La semaine dernière, j’ai dû choisir entre deux petites filles qui venaient de naître. Ici, il y a un seul respirateur. Elles sont arrivées en même temps, moribondes, et j’ai dû décider laquelle des deux allait vivre.

        Ce n’est pas à moi de choisir, avait pensé le médecin, que Dieu en décide.

        Mais Dieu n’avait soufflé mot.

        Quelle que fût sa décision, le médecin commettrait un crime.

        S’il ne faisait rien, il en commettrait deux.

        Ce n’était pas le moment de tergiverser. Les petites étaient au seuil de la mort, elles avaient commencé à quitter ce monde.

        Le médecin ferma les yeux. L’une fut condamnée à mourir, l’autre à vivre.

        Main-d’œuvre. — Mohammed Ashraf ne va pas à l’école.

        Du lever du jour au lever de la lune, il coupe, découpe, perfore, monte et coud les ballons de foot qui sortent du village pakistanais d’Umarkot et roulent vers les stades du monde entier.

        Mohammed a 11 ans. Il fait ce travail depuis qu’il en a 5.

        S’il savait lire, et s’il savait lire l’anglais, il comprendrait ce qui est écrit sur les étiquettes qu’il appose sur chacune de ses œuvres : Ce ballon n’a pas été fabriqué par des enfants.

        À contre-courant. — 
        Les idées de l’hebdomadaire Marcha affichaient une certaine propension au rouge, mais les finances du journal, elles, étaient carrément dedans. Hugo Alfaro, qui en plus d’être journaliste assumait la fonction de gestionnaire et accomplissait la tâche malsaine de payer les comptes, ne sautait de joie qu’en quelques rares occasions :

        — Ça y est, on a de quoi payer le prochain numéro !

        L’espace publicitaire avait été vendu. Tout au long de l’histoire universelle du journalisme indépendant, on a célébré ce genre de miracle comme une preuve de l’existence de Dieu.

        En revanche, Carlos Quijano, le directeur, blêmissait. Quelle horreur : il n’y avait pas pire nouvelle que cette bonne nouvelle. Si publicité il y avait, il fallait lui sacrifier une voire plusieurs pages, et chaque petit bout de page représentait un espace sacré et essentiel pour contester les certitudes, faire tomber les masques, secouer les paniers de crabes et s’assurer que demain ne fût pas seulement un autre nom pour aujourd’hui.

        La dictature militaire qui s’abattit sur l’Uruguay mit un terme aux trente-quatre ans d’existence de Marcha, ainsi qu’à quelques autres folies.

        La prison. — 
        En 1984, Luis Niño inspecta la prison de Lurigancho à Lima pour le compte d’un organisme de défense des droits humains.

        Il s’enfonça dans ces solitudes entassées et tâcha, tant bien que mal, de se frayer un chemin parmi les prisonniers nus ou vêtus de haillons.

        Puis il demanda à parler au directeur de la prison. Comme ce dernier était absent, ce fut le chef des services médicaux qui le reçut.

        Luis expliqua qu’il avait vu des prisonniers agoniser, vomir du sang, beaucoup d’entre eux étaient bouillants de fièvre et rongés de plaies, mais il s’étonnait de n’avoir pas vu un seul médecin. Le chef lui expliqua :

        — Nous, les médecins, nous n’intervenons que lorsque les infirmiers nous appellent.

        — Et où sont les infirmiers ?

        — Nous n’avons pas le budget pour en engager.

        L’assaillant assailli. — En Amérique latine, les régimes militaires faisaient brûler les livres subversifs. Dans les démocraties d’aujourd’hui, ce sont les livres de comptabilité que l’on brûle. Les dictatures militaires faisaient disparaître des personnes. Les dictatures financières font disparaître de l’argent.

        Un jour, les banques d’Argentine ont refusé de restituer leur argent à leurs clients.

        Norberto Roglich avait mis toutes ses économies à la banque pour éviter que les rats ne les rongent ou que les voleurs ne les volent. Quand il s’est fait braquer par la banque, don Norberto était très malade, parce que les années ne viennent jamais seules et que sa retraite ne suffisait pas à payer les médicaments.

        Il n’avait pas le choix : désespéré, il est entré dans la forteresse financière et, sans demander la permission à qui que ce soit, il s’est frayé un chemin jusqu’au bureau du gérant. Dans son poing, il tenait une grenade :

        — Vous me rendez mon argent ou je nous fais tous sauter !

        La grenade était en plastique mais elle a accompli le miracle : la banque lui a rendu son argent.

        Après, on l’a mis en prison. Le procureur a requis seize ans de prison. Pour don Norberto, pas pour la banque.

        L’information globale. — Quelques mois après la chute des tours, Israël a bombardé Jénine.

        Du camp de réfugiés palestiniens il n’est plus resté qu’un gigantesque trou rempli de morts écrasés sous les décombres.

        Le cratère de Jénine était aussi profond que celui des tours de New York.

        Pourtant, en dehors des survivants qui ont fouillé les décombres pour retrouver leurs proches, qui l’a vu ?

        Fabriques. — 
        Nous étions en 1964 et l’hydre du communisme international ouvrait grand ses sept gueules pour dévorer le Chili.

        L’opinion publique était bombardée d’images d’églises en feu, de camps de concentration, de chars russes, d’un mur de Berlin en plein milieu de Santiago et de guérilleros barbus qui enlevaient les enfants.

        Il y eut des élections.

        La peur triompha et Salvador Allende fut battu. Pendant ces moments douloureux, je lui demandai ce qui l’avait le plus blessé.

        Allende me raconta ce qui s’était passé juste à côté, dans une maison du quartier de Providencia. Une femme qui s’éreintait à travailler comme cuisinière, femme de ménage et nourrice en échange d’un maigre salaire avait mis tous ses vêtements dans un sac en plastique qu’elle avait enterré dans le jardin de ses patrons pour que les ennemis de la propriété privée ne la dévalisent pas.




        Eduardo Galeano
        Ecrivain uruguayen. Ce texte est extrait de son dernier ouvrage traduit en français, Les Voix du temps, Lux, Montréal, 2011.