vendredi 29 août 2014

CHILI : UN MILITAIRE REVENDIQUE SON HOMOSEXUALITÉ

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ROLANDO JIMÉNEZ, PRESIDENTE DEL MOVILH ET MAURICIO RUIZ LORS D'UNE CONFÉRENCE DE PRESSE À SANTIAGO DU CHILI, ORGANISÉE PAR LE MOUVEMENT POUR L'INTÉGRATION ET LA LIBÉRATION HOMOSEXUELLE (MOVILH)
Ruiz a décidé de parler à ses supérieurs de son homosexualité « par respect » de lui-même et pour ne pas avoir « à se cacher et mener une double vie », a-t-il expliqué.

L'influence du groupe social

Il est le premier officier chilien à faire son coming out dans les Forces Armées, une institution traditionaliste qui a connu plusieurs cas de discrimination. « Pour moi, il est très important de franchir ce pas, parce que me réprimer serait ne pas accepter qui je suis et me rendrait malheureux », a-t-il dit dans une salle de presse bondée.

« J'ai remarqué que beaucoup de soldats ne supportent pas l'homosexualité non parce qu'ils sont contre, mais parce que en tant que groupe social il a été décidé que l'homosexualité est un problème », a-t-il dit.

Une décision historique

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MAURICIO RUIZ LORS D'UNE CONFÉRENCE
DE PRESSE DU MOVILH À SANTIAGO DU CHILI
Les organisations locales de défense des droits homosexuels ont approuvé la décision du jeune homme, alors que plusieurs cas de discrimination brutale ces dernières années ont choqué l'opinion publique. « Il a pris une décision historique, propre à ces gens courageux qui font le premier pas », a ainsi déclaré Oscar Rementería, porte-parole du Mouvement pour l'intégration et la libération homosexuelle (MOVILH).

Le meurtre en 2012 précédé de tortures de Daniel Zamudio, un jeune homosexuel décédé après 25 jours d'agonie à l'hôpital, a ainsi profondément ému la société chilienne, très majoritairement catholique et conservatrice, mais où le tabou entourant l'homosexualité est progressivement levé.

jeudi 28 août 2014

« J'AI DÉCOUVERT QU'IL EXISTAIT DEUX TYPES DE JUSTICE AU CHILI »

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VITRAIL ALLEGORIQUE DE LA JUSTICE QUI ORNE LE PALAIS DES TRIBUNAUX A SANTIAGO DU CHILI
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PHOTO: GERSON AVEC UN PORTRAIT DE SON FRÈRE MANUEL
La journée avait été très tendue parce que la Centrale unitaire des travailleurs du Chili (CUT) avait lancé un appel à la grève générale pour protester contre le manque de réponses à un certain nombre de revendications sociales. La manifestation à Santiago s'était prolongée jusqu'au soir, et quelques épisodes de violences de la part d'un groupe de manifestants avaient eu lieu.  

Le soleil allait se lever quand Gerson, Manuel et un ami, qui se trouvaient à l'intersection de l'avenue Américo Vespucio Sur et de la rue Amanda Labarca et observaient les événements dans le sud de Santiago, ont entendu trois coups de feu.

« Soudain, Manuel, qui marchait à un mètre de moi, s'est effondré. J'ai vu un orifice d'environ un centimètre de diamètre au milieu de la poitrine d'où coulait évidemment beaucoup de sang », a déclaré Gerson.  

Avec l'aide de riverains, Manuel a été transporté à un centre médical, où il est décédé des suites d'un arrêt cardio-respiratoire dû à une blessure par balle au niveau de la poitrine.

Le jeune étudiant n'est pas la seule victime de ces coups de feu. Cette même nuit, un autre jeune, Carlos Andrés Burgos Toledo, a également été blessé par balle, au niveau de l'épaule droite.

Manuel était fils d'artisan-pêcheur et sa mère était femme au foyer. C'était le plus jeune de quatre frères. « C'était quelqu'un de très joyeux. Il avait toujours une blague à raconter. Il voulait faire des études, faire carrière. À un moment, il voulait même être policier pour subvenir aux besoins de sa famille» a expliqué Gerson.

Justice militaire

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PHOTO THECLINIC.CL
La première réaction des autorités a été de nier la responsabilité de la police dans les coups de feu, affirmant qu'il s'agissait probablement d'un règlement de comptes entre jeunes. Cependant, les premières enquêtes ont conclu que des agents de police étaient impliqués dans les faits.  

Dès lors que la participation supposée de la police a été constatée, l'affaire a été confiée à la justice militaire, qui au Chili est chargée d'enquêter sur les crimes commis par des policiers et des membres des forces armées dans l'exercice ou dans le cadre de leurs fonctions militaires, et de les sanctionner. En d'autres termes, conformément à la loi chilienne, ce sont les tribunaux militaires qui enquêtent sur les actes susceptibles de constituer des violations des droits humains. Cela met en péril le droit à un procès équitable et à une procédure régulière, étant donné le manque d'indépendance et d'impartialité de ce type de tribunaux. Cela est dû au fait que ceux-ci sont composés principalement de juges non professionnels, membres de l'institution militaire elle-même, et au manque de transparence de la procédure.


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L'EX SOUS-OFFICIER MIGUEL RICARDO MILLACURA
PROCÈS DEVANT LES TRIBUNAUX.  PHOTO LUN
« Je n'avais jamais entendu parler de la justice militaire. Je n'avais pas la moindre idée qu'il existait deux types de justice avant que cela nous arrive », a indiqué Gerson.

L'enquête sur la mort de Manuel a été menée par le deuxième tribunal militaire de Santiago.

Le 6 mai 2014, presque trois ans plus tard, le tribunal a condamné l'ex-sergent Miguel Ricardo Millacura Cárcamo, auteur des coups de feu, à trois ans et un jour de liberté surveillée pour violence non nécessaire ayant entraîné la mort du mineur Manuel Gutiérrez, et à 60 jours pour violences non nécessaires ayant entraîné des lésions moins graves pour l'autre jeune qui avait été blessé. Le tribunal a décidé de remplacer les peines privatives de liberté par un régime de liberté surveillée pour trois ans et 61 jours. De son côté, la sous-lieutenante qui était accusée de complicité dans ces crimes a été acquittée.

Pour la famille de Manuel et ses avocats, la sentence du tribunal militaire est biaisée et vise à protéger les agents de police. Pour eux, une condamnation d'à peine plus de trois ans avec l'avantage de la liberté surveillée et l'acquittement de la personne complice des faits ne sont pas proportionnels à l'ampleur du crime. Cela envoie un message de faiblesse quant à la manière dont le Chili répond aux violations des droits humains commises par la force publique.

« Étant donné les caractéristiques et les circonstances du crime, la peine aurait pu aller jusqu'à 20 ans. Bien que le tribunal ait rejeté la légitime défense plaidée par l'accusé, il a cependant accordé des circonstances atténuantes en arguant que l'agent avait collaboré efficacement à l'enquête, ce qui est faux. L'unique but était d'accorder un traitement de faveur au principal accusé. Ce dernier a bénéficié d'un autre avantage dans la mesure où aucune des circonstances aggravantes prévues par la loi n'a été retenue. C'est pour cela que nous faisons appel. Comment le tribunal peut-il avoir accordé des circonstances atténuantes pour collaboration efficace à l'éclaircissement des faits alors que le sergent avait initialement nié, auprès de ses supérieurs, l'utilisation de l'arme cette nuit-là, l'avait nettoyée et y avait remis des munitions pour que l'on ne puisse pas découvrir qu'il l'avait utilisée ? » s'est interrogé Cristián Cruz, avocat de la famille de Manuel.

Le cas de Manuel Gutiérrez est actuellement en instance d'appel devant la Cour martiale (la cour d'appel militaire).

La famille estime qu'à ce jour, elle n'a pas reçu de réparation appropriée pour le crime. Elle estime qu'il y a eu un manque de soutien efficace de la part des autorités, un manque de soutien psychologique, une absence d'assistance économique et surtout, que justice n'a pas été faite. L'État chilien a l'obligation, en vertu du droit international, de réparer les dommages causés par ses agents.

« Nous ne voulons pas que cela se reproduise. Nous ne voulons pas qu'il y ait un autre Manuel. Nous savons ce que c'est de perdre une personne chère, perdre un fils, un frère, un petit-fils, perdre un oncle dans le cas de mon neveu. C'est la pire douleur que l'on puisse ressentir » a affirmé Gerson.

mercredi 27 août 2014

BUENOS AIRES CÉLÈBRE LES 100 ANS DE SON ÉCRIVAIN JULIO CORTAZAR

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« NOUS MARCHIONS SANS NOUS CHERCHER TOUT EN SACHANT QUE NOUS MARCHIONS POUR NOUS RENCONTRER » DOODLE : GOOGLE REND HOMMAGE AU CENTENAIRE DE JULIO CORTÁZAR 
« Nous marchions sans nous chercher tout en sachant que nous marchions pour nous rencontrer », écrivait mardi, citant une phrase de son livre phare, la page d'accueil de Google en Argentine, surmontée d'une marelle où apparaissait un portrait de l'écrivain. Mêlant souvent fantastique et surréalisme, son oeuvre, traduite dans plus de 30 langues, s'est vendue cette année à plus de 100.000 exemplaires dans les pays de langue espagnole.


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PHOTO PAR ROSALIE SMITH

Réouverture du London City, café immortalisé dans « Les gagnants »

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LES ŒUVRES DE JULIO CORTÁZAR
PHOTO VICTOR R. CAIVANO/AP
Pour lui rendre hommage, le London City, café des années 1950 qu'il avait immortalisé dans son livre « Les gagnants », a rouvert ses portes à Buenos Aires. A l'intérieur, une table porte désormais une plaque en bronze et un cendrier d'acier qui lui sont dédiés.


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Cet écrivain de sensibilité de gauche, ayant notamment soutenu les révolutions cubaine et sandiniste, avait quitté l'Argentine pour la France dès 1951, en protestation contre la dictature du général Peron. Il avait alors travaillé, en plus de ses écrits, comme traducteur, faisant passer à l'espagnol des auteurs comme Marguerite Yourcenar ou Lautréamont.

CORTAZAR

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« YO TUVE UN HERMANO » (J'AI EU UN FRÈRE) (1967 JULIO CORTÁZAR.
 DURÉE : 00:09:55 

1914 -26 AOÛT- 2014 : CENTENAIRE JULIO CORTÁZAR

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Son talent de conteur fait de lui un maître de la nouvelle : en 1956, paraît le recueil Fin du jeu, puis en 1958 Les Armes secrètes, et en 1966 Tous les feux le feu. Entre rêve et réel, Cortázar expérimente des combinatoires narratives. Marelle, en 1963, est construit selon les règles de ce jeu. En 1974, il reçoit le prix Médicis pour son roman Livre de Manuel . Il prend part au combat politique en signant de nombreux articles sur le Salvador et le Nicaragua. Il est mort à Paris le 12 février 1984.

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À l'occasion du centenaire de la naissance de Julio Cortázar, un recueil de récits inédits paraît dans la collection Du Monde entier.


Quelques mois après la publication de Nouvelles, histoires et autres contes  (2008), le volume de la collection Quarto réunissant tous les textes de fiction de Julio Cortázar, Aurora Bernárdez et le chercheur Carles Álvarez ont retrouvé dans une vieille commode un certain nombre d’écrits et de récits inédits de l’auteur argentin.  
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1972. L'ARTISTE PEINTRE ET SCULPTEUR ARGENTIN JULIO SILVA ET L'ÉCRIVAIN JULIO CORTÁZAR À SAIGNON, FAISANT SEMBLANT DE BOXER. ILS ONT APPELÉ CE JEU DE PHOTOS COMME LE « COMBAT DU SIÈCLE ».
Parmi ceux-ci, Pages inespérées donne à lire huit nouvelles inédites : « Manuscrit trouvé près d’une main », « Théorie du crabe », « Ciao, Verone », « Péripéties de l’eau », « En Matilde », « Potassium en baisse », « La foi dans le Tiers-Monde » et « Séquences », ainsi que plusieurs courts récits écartés sans explication par l’éditeur argentin de Cronopes et Fameux et une suite de Un certain Lucas qui n’a jamais vu le jour. Les lecteurs de Cortázar ne pourront pas manquer le rendez-vous que ce petit volume inattendu représente.

mardi 26 août 2014

CHILI : LA FÉDÉRATION ATTAQUE PUMA

MAILLOT DOMICILE ET MAILLOT VISITEUR DU CHILI 
En parallèle, Puma est accusé de ne pas avoir réalisé les études de marché et la publicité promises par contrat et d'avoir livré des ballons en mauvais état qui ont dû être modifiés. Ces informations ont été confirmées lundi auprès de l'AFP par des sources proches de la Fédération chilienne de football, qui ont refusé toutefois tout commentaire. (AFP)

dimanche 24 août 2014

LE CHILI INAUGURE LE CENTENAIRE DE SON ANTI-HÉRAUT, NICANOR PARRA

Son style est parfois décrit comme teinté d'ironie et volontiers métaphorique, à renfort d'une syntaxe soignée, capable d'atteindre son lectorat et notamment les jeunes lecteurs. Quant à sa personnalité, l'on accorde à l'auteur d'avoir farouchement défendu son indépendance d'esprit.

Les œuvres exposées ont été retrouvées par hasard par un petit-fils de l'écrivain, après que la bibliothèque personnelle fut détruite par un tremblement de terre, le public pourra notamment voir une photo de lui avec l'épouse du président américain Nixon, en contexte de Guerre froide, qui allait conduire à l'annulation d'une invitation de l'antipoète au Salon du livre de La Havane. 

En vain, il aurait toutefois demandé pardon à la gauche chilienne qui lui en aura voulu ainsi qu'au régime cubain suite à cet incident diplomatique, et tracé sa propre voie. Comme le décrit son pair chilien Raul Zurita, Nicanor Parra aurait toujours agi de manière « incorruptiblement indépendante ».

L'AVORTEMENT TOUJOURS INTERDIT AU CHILI

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RFI, «L'AVORTEMENT TOUJOURS INTERDIT AU CHILI», « LES VOIX DU MONDE», LAURIE FACHAUX DIFFUSÉ LE DIMANCHE 24 AOÛT 2014
DURÉE : 00: 02:29
Michelle Bachelet avait inclus dans son programme la dépénalisation de l'avortement thérapeutique. Mais aujourd'hui, à 5 mois et demi de son investiture, cette promesse de campagne semble n'être qu'un vœu pieux.  Les femmes qui avortent risquent toujours jusqu'à 5 ans de prison, les médecins 3 ans. Les journaux se font parfois l'écho d'une jeune fille au pronostic vital engagé, après un avortement-maison qui s'est mal passé.  Le mois dernier, les Nations unies ont recommandé au Chili de dépénaliser l'avortement aussi en cas de viol et d'inceste.  Mais aujourd'hui, ce projet de loi semble loin d'aboutir. Au Chili, l'avortement est toujours interdit comme dans seulement 6 autres pays dans le monde. L'avortement dit thérapeutique - pour des raisons médicales - était pourtant légal dès 1931.  En 1989, juste avant de quitter le pouvoir, le dictateur Augusto Pinochet a abrogé cette loi. Michelle Bachelet avait inclus dans son programme la dépénalisation de l'avortement thérapeutique.  

samedi 23 août 2014

ANA LIBERTAD VIT EN EUROPE ET ELLE NE CONNAÎTRA PAS SA GRAND-MÈRE

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ALICIA ZUBASNADAR, LA PREMIÈRE PRÉSIDENTE DES GRAND-MÈRES DE LA PLACE DE MAI EST MORTE EN 2008.  ELLE N'A PAS PU PRENDRE DANS LES BRAS SA PETITE - FILLE ANA LIBERTAD.

La maman de Elena, Alicia Zubasnadar, est
ALICIA ZUBASNADAR
décédée en juin 2008. Co-fondatrice de l'ONG Abuelas de Plaza de Mayo, elle en avait été la première présidente.  

La jeune femme a pu être identifiée grâce à un mail anonyme au contenu très précis parvenu à Abuelas en 2010. La justice a entamé alors son instruction et grâce aux services consulaires argentins, elle a pu informer de son identité probable l'intéressée qui a assez rapidement accepté de procéder à un prélèvement sanguin, réalisé le 25 avril dernier au consulat argentin de son pays de résidence (non révélé par Abuelas qui veut protéger l'intimité de cette personne et le processus psychologique difficile et complexe qu'elle aura à affronter dans les mois et les années qui viennent). L'échantillon sanguin a ensuite été acheminé par valise diplomatique pour aboutir courant mai à la Banque des Données Génétiques dont les services d'anthropologie judiciaires ont procédé aux analyses légales habituelles. 

La jeune femme est née l6 juin 1977 dans un commissariat de La Plata, capitale provinciale et ville universitaire où vivaient les grands-parents De La Cuadra. A la suite de cette naissance, le couple a reçu des coups de fils anonymes et des bouts de papier griffonnés, glissés la nuit sous la porte : c'est ainsi qu'ils ont été informés de cette naissance de manière assez précise et qu'ils ont aussitôt entamé des recherches en tentant de remuer ciel et terre pour récupérer leur petite-fille. Sur l'attestation de naissance qui a servi à la déclaration d'état-civil falsifiée, apparaît le nom d'une sage-femme impliquée dans plusieurs rapts d'enfant sous la dictature (en Argentine, ces agissements tombent sous le coup d'une loi qui réprime la traite des personnes). 


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ELENA ET HÉCTOR LES PARENTS D'ANA LIBERTAD 

La jeune femme a été adoptée par un couple sans lien avec les institutions de la répression politico-militaire de ces années dictatoriale mais ces gens l'ont déclarée comme leur fille biologique, qu'elle n'était donc pas, ce qui constitue en Argentine (et ailleurs aussi) un crime dont ils auront à répondre devant un tribunal. 

Un prêtre, condamné depuis pour crimes contre l'humanité (c'est la désignation des crimes perpétués par la dictature) a assez vite pris contact avec les De La Cuadra pour les tâcher de les persuader, à force d'arguments chrétiens pervertis, qu'il leur fallait cesser les recherches et se résigner à l'insoutenable disparition du couple et à celle de l'enfant dont ils savaient pourtant qu'elle vivait. La famille avait toutefois connu personnellement le père Pedro Arupe, alors général de la Compagnie de Jésus. Elle put donc entrer en communication avec lui à Rome et Arupe, depuis la maison générale de Rome, les renvoya à son tour vers le père Jorge Bergoglio, alors provincial d'Argentine. Il n'est donc pas impossible que ce dossier réveille, dans les colonnes de Página/12 ou tout au moins au sein de son comité de rédaction, les rumeurs sur ce que l'actuel Pape François a fait, n'a pas fait, a écrit, n'a pas écrit, a omis de faire, d'écrire ou de dire, aurait pu faire, écrire ou dire si et si et si... pendant les années de plomb. Sur cette affaire précise et sur la visite de cette grand-mère, l'un des tout premiers cas dont il ait eu connaissance, il s'est assez longuement expliqué dans un livre qui a été publié il y a plusieurs années, lorsqu'il était archevêque de Buenos Aires, à quelques mois de sa démission pour atteinte de la limite d'âge (les évêques en charge pastorale remettent tous leur démission lorsqu'ils atteignent 75 ans). 



Par ailleurs dans le petit monde médiatique, on peut constater que l'effet Guido n'aura guère duré : seul Página/12 donne à l'information la place qui lui revient dans l'actualité du jour. Clarín et La Nación se disputent à qui fera l'entrefilet le plus discret et La Prensa n'en parle tout simplement même pas. 

Toutefois, il n'est pas impossible que l'effet Guido se fasse sentir à travers une vague sans précédent d'identifications dans les mois qui viennent car les appels à Abuelas ont été nombreux dans les jours qui ont suivi l'annonce des retrouvailles entre Estela de Carlotto (qui reprenait hier son rôle institutionnel) et son petit-fils si longtemps recherché. 

Pour aller plus loin : lire l'article de Página/12 lire l'article que ce journal a publié en 2006 pour parler de Alicia Zubasnadar de De La Cuadra, deux ans avant sa mort et que Página/12 a resorti de ses archives ce matin lire l'entrefilet de Clarín lire l'entrefilet de La Nación consulter la depêche de Telam avec vidéo intégrée de la conférence de presse donnée hier au siège de Abuelas lire le communiqué de Abuelas. Sur le site de Abuelas, vous pouvez également lire le billet que le Pape a personnellement adressée à Estela de Carlotto, après l'annonce de l'identification de Ignacio Guido Montoya Carlotto, et l'article que Página/12 a consacré à la publication de cette missive.

UN SÉISME DE MAGNITUDE 6,4 SECOUE LE CENTRE DU CHILI

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LE SÉISME A CRÉÉ UN MOUVEMENT DE PANIQUE PARMI LES HABITANTS D'IMMEUBLES OÙ IL A ÉTÉ PARTICULIÈREMENT RESSENTI. PHOTO IVAN ALVARADO
Le séisme qui a duré entre 30 et 40 secondes a créé un mouvement de panique parmi les habitants d'immeubles où il a été particulièrement ressenti. Plusieurs secteurs de Santiago ont subi des coupures d'électricité et les communications par téléphones cellulaires et via internet ont été interrompues, selon les médias locaux.

«Ce séisme ne réunit pas les conditions pour générer un tsunami sur les côtes du Chili», a indiqué le Service hydrographique et océanographique de la marine (Shoa).

Le ministère des Télécommunications a indiqué que les réseaux de communications, aussi bien internet que celui de téléphonie mobile, étaient saturés.

Le séisme, qui s'est produit à une profondeur de 41,7 kilomètres avec son épicentre situé à 37 kilomètres au nord de Valparaíso, a principalement touché le centre du pays.

Le 1er avril, un tremblement de terre d'une magnitude de 8,1 à 8,2 avait touché la ville d'Iquique et sa région (nord du pays), faisant plusieurs morts, provoquant d'importants dégâts et nécessitant l'évacuation de près d'un million de personnes.

CHILI: UN SCHINDLER CHILIEN A AIDÉ LES PERSÉCUTÉS DE LA DICTATURE...

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JORGE SCHINDLER ET SON ÉPOUSE À
FRANKFURT, LEURS LIEU DE RÉSIDENCE 
Après le coup d'Etat du général Augusto Pinochet, le 11 septembre 1973, Jorge Schindler, militant du Parti communiste, décide de ne pas quitter le Chili et d'aider ses camarades traqués par la police politique de la dictature.

Son nom et son histoire rappellent inévitablement l'homme d'affaires allemand Oskar Schindler, qui a arraché plus d'un millier de Juifs aux camps d'extermination nazis en les employant dans ses usines, inspirant un livre et un film réalisé par Steven Spielberg qui a remporté un nombre exceptionnel de récompenses.


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Le Schindler chilien, fonctionnaire au moment du coup d’État, est sommé de quitter son emploi par le régime militaire. Il décide alors de s'associer à un pharmacien, Ramiro Rios.

Les deux ouvrent une pharmacie qui sert de couverture à un réseau clandestin d'entraide, en donnant du travail aux militants de gauche ayant soutenu le gouvernement de Salvador Allende, premier marxiste élu à la présidence du Chili en 1970, tué par balle le jour du coup d’État.


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JORGE, GABRIELA ET JULIO SCHINDLER

« C'était une question de survie. Nous avons décidé de monter une pharmacie dans laquelle nous donnerions du travail à des camarades. Nous avons aidé plusieurs dirigeants communistes qui ont pu ainsi sauver leurs vies, » raconte Jorge Schindler, aujourd'hui âgé de 75 ans, à l'AFP.

En tout, il ouvrira quatre pharmacies à Santiago et une autre dans la ville de Curacaví, à 60 km de Santiago, où travailleront une centaine d'opposants de gauche entre 1973 et 1978.

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JORGE SCHINDLER ET SON ÉPOUSE
GEMA UGARTE À SANTIAGO 
Les opposants apprennent à s'occuper des clients et à passer inaperçus auprès des hommes de la Dina, la terrible police secrète de Pinochet.

« Certains ne faisaient rien, ils étaient juste là. C'était une couverture pour leur donner une existence légale face à l'appareil répressif », explique à l'AFP Alsino Garcia, l'un des militants communistes protégés par Schindler et qui dirige encore aujourd'hui une pharmacie de Santiago.

- 'Remarquable' -

Schindler a également soutenu la réorganisation du Parti communiste clandestin pour former la résistance à la dictature et aider leurs camarades persécutés.

« Semaine après semaine, apparaissaient des camarades du parti sans travail, mal habillés et ne mangeant pas à leur faim. Nous faisions ce que nous pouvions pour les aider », se souvient Schindler.



« Jorge a loué des maisons pour des militants persécutés, les a aidés financièrement, a distribué des médicaments (...) ce qu'il a fait est remarquable », affirme à l'AFP Quintin Barrios, actuellement responsable de la première pharmacie ouverte par Schindler en 1973.

Pour assurer leur protection, Schindler et ses compagnons coupent tous les liens avec le Parti communiste, et évitent de se retrouver en dehors du travail.
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LE LIVRE DE MANUEL SALAZAR SALVO SUR LE VIE DE JORGE SCHINDLER « LE SCHINDLER CHILIEN » PRÉSENTÉ LE 21 AOÛT 2014 À SANTIAGO.

Malgré ces précautions, les pharmacies Schindler étaient surveillés par des agents de la Dina. « Deux fugitifs (qui sont passés par l'une des pharmacies) ont été arrêtés et ont disparu, mais la Dina n'a jamais pu établir leurs liens réels avec nous », révèle Alsino Garcia, qui a été lui-même enlevé et torturé en 1988 par la police secrète, avant d'être libéré deux jours plus tard.

Selon Garcia, des armes, dont des fusils AK 47 appartenant sans doute au Frente Patriotico Manuel Rodríguez (FPMR), l'aile militaire du Parti communiste chilien fondé sous la dictature de Pinochet, ont été brièvement cachés dans les pharmacies.

Le FPMR tenta notamment d'assassiner le dictateur en septembre 1986.

Jorge Schindler vit actuellement avec sa famille en Allemagne mais s'est rendu au Chili pour la présentation de son livre.

Plus de 3.000 personnes sont mortes ou ont disparu durant les 17 ans de dictature. Quelque 38.000 personnes ont été torturées. Le général Pinochet est décédé en 2006, sans jamais avoir été jugé.

vendredi 22 août 2014

LEÓN SCHIDLOWSKY - QUINTETO DE VIENTOS (1968)

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« QUINTETO DE VIENTOS»  (1968)  LEÓN SCHIDLOWSKY. LE QUINTETTE DE VENTS DE LEÓN SCHIDLOWSKY AVEC JUAN PABLO AGUAYO  FLUTE,  DIEGO VILLELA OBOIS, FELIPE D'STEFANO FAGOT,  DANTE BUROTTO CLARINETTE ET SEBASTIAN ROJAS COR.
 DURÉE : 00:09:55 

« PIANO QUARTET» (1988) LEÓN SCHIDLOWSKY

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« PIANO QUARTET»  (1988)  LEÓN SCHIDLOWSKY
 DURÉE : 00:08:42 

CHILI : LEÓN SCHIDLOWSKY OBTIENT LE PRIX NATIONAL D'ARTS MUSICAUX 2014

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« NACIMIENTO » (1956)  LEÓN SCHIDLOWSKY. L'ŒUVRE FUT UNE COMMANDE D’ENRIQUE NOISVANDER POUR SON THÉÂTRE DE MIMES ET ELLE FUT ÉCRITE CONFORMÉMENT À UN ARGUMENT REMIS PAR NOISVANDER. LA MUSIQUE EXPRIME LE PROCESSUS D'UNE NAISSANCE.
 DURÉE : 00:03:56 
Schidlowsky a développé une grande partie de sa vie professionnelle en Europe et a travaillé dans le domaine de la musique contemporaine et de la musique électroacoustique.
Schidlowsky fut l'auteur de la première pièce électroacoustique d'Amérique latine : la Naissance (1956), créé après avoir assumé son poste dans le British Council.
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« QUINTETO DE VIENTOS »  (1968)  LEÓN SCHIDLOWSKY. LE QUINTETTE DE VENTS DE LEÓN SCHIDLOWSKY AVEC JUAN PABLO AGUAYO  FLUTE,  DIEGO VILLELA OBOIS, FELIPE D'STEFANO FAGOT,  DANTE BUROTTO CLARINETTE ET SEBASTIAN ROJAS COR.
 DURÉE : 00:09:55 

LEÓN SCHIDLOWSKY NACIMIENTO

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« NACIMIENTO » (1956)  LEÓN SCHIDLOWSKY
 DURÉE : 00:03:56 
  

SANTIAGO DU CHILI, UN AIR D’AMÉRIQUE (DU SUD) LIBÉRALE

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SANTIAGO DU CHILI. PHOTO ALOBOS LIFE, CHEZ FLICKR. 

Bordant le fleuve Mapocho et ses eaux boueuses tristement canalisées, le Costanera Center est le futur totem de Sanhattan. 

La tour de 300 mètres et 70 étages est le plus haut gratte ciel d’Amérique du Sud. Tout un symbole. 

A côté d’elle trônent déjà des buildings conquérants, comme la tour Titanium. 


L’ensemble du business district apparaît dans sa vigueur naissante depuis la route du cerro San Cristóbal, l’une des collines surplombant la ville.

l y a quelques années déjà que le Chili est en plein boom. 

Son taux de croissance a atteint 6,5% en 2011, tiré par les secteurs de l’énergie (le pays est le 1er producteur mondial de cuivre), de l’agro-alimentaire et de l’environnement. 

Le PIB par habitant y est le plus élevé d’Amérique latine. Mais les écarts sont aussi les plus criants du continent : les 10% des plus riches gagnent 35 fois plus que les 10% des plus pauvres… 

Il n’empêche. Plusieurs entreprises US et européennes ont choisi Santiago du Chili comme tête de pont de leur expansion régionale. 

Aux yeux d’investisseurs étrangers, la capitale est plus sûre que São Paulo et Buenos Aires. Des multilatinas (multinationales d’Amérique du Sud) émergent. 

Beaucoup sont chiliennes et jouent les dragons économiques, à l’instar de Cencosud, leader de la grande distribution. Le groupe a racheté en 2012 les activités de Carrefour en Colombie. 

Toutes ces raisons expliquent l’émergence d’une classe sociale aisée… et celle de quartiers voués à leur confort. 

Au-delà de l’essor d’une classe moyenne, 3% de la population - soit 550 000 personnes - aurait des revenus supérieurs à 12 000 euros mensuels. Ceci dans un pays où le salaire moyen n’est que de 700 euros…
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CENTRE GABRIELA MISTRAL À SANTIAGO DU CHILI. PHOTO PLATAFORMA URBANA 


Books shops, cafés lounge…

Jouxtant Sanhattan, Providencia témoigne de la segmentation en marche des quartiers de la capitale. 

Immeubles résidentiels gardiennés, boutiques de vêtements et de cosmétiques occidentales, restaurants et coffee shops lounge, clientèle urban chic, etc., Providencia n’a rien à envier aux arrondissements aisés de Paris ou de Madrid. 

Le secteur de l’avenida Italia est ainsi devenu l’épicentre de la déco tendance et du design. Même les quartiers historiques se mettent au diapason. 

Alors que Bellavista reste bohème avec ses bars et restaurants étudiants ou alternatifs (l’enclave du paseo Bellavista, îlot contemporain, fait exception), le petit barrio (quartier) Lastarria, en plein centre, étale ses magasins trendy, restaurants concepts et book shops branchés près de l’avant-gardiste musée des Arts Visuels MAVI. 

Le tout à deux pas du Centro Arte Alameda et du centre Gabriela Mistral (d’architecture contemporaine), deux pôles culturels de référence.

« L’invasion » des shopping malls

Plus à l’est, la capitale se la joue ultra chic. Dans le prolongement de Providencia, voici le quartier de Vitacura. 

A côté du musée de la Mode, l’avenida Alonso de Córdova, « version réduite de la 5ème Avenue de New York », selon un article du New York Times paru en 2012, s’affiche en temple arty haut de gamme, avec ses boutiques de luxe et ses galeries d’art. 

Au-delà, la succession de quartiers résidentiels est scandée par la présence de centres commerciaux flambants neufs. 

Des dizaines ont été construits ces dernières années à Santiago. Ils ont remplacé les plazas de Armas des villes chiliennes, où se retrouvaient jadis les habitants. 

L’appétit de consommation chilien n’ayant pas de limites, ces shopping malls à l’américaine sont envahis le week-end par les familles de la classe moyenne. 

Un véritable phénomène urbain intergénérationnel, que les médias locaux décryptent à longueur de colonnes.
Rêve américain

Encore plus à l’Est, une large autoroute urbaine grimpe à l’assaut des premiers contreforts de la cordillère des Andes - les CSP+ adorent y skier l’hiver. 

Là habite le gratin des nouveaux riches chiliens. A La Dehesa, dernier quartier à la mode, les villas de l’avenida Parque de las Pataugas ont de francs airs de rêve américain, avec leur déco kitsch et tape-à-l’œil. 

Ultra protégées, elles sont surveillées en permanence par les patrouilles d’entreprises de sécurité, dont le business est florissant. 

Le quartier est situé à des années lumière des poblaciones du sud de Santiago, où résident les pauvres et les ouvriers. 

La croissance du Chili, accaparée par les mêmes grandes familles que jadis - la vox populi prétend que 50 d’entre elles « tiennent » le pays depuis toujours - a élevé Santiago au rand de capitale « branchée ». 

Elle n’a visiblement pas placé tous ses habitants sur le même pied d’égalité.