vendredi 27 septembre 2013

LA COUR SUPRÊME DU CHILI REND UN JUGEMENT FAVORABLE À BARRICK GOLD

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LES AUTORITÉS CHILIENNES DE RÉGLEMENTATION EN MATIÈRE D'ENVIRONNEMENT AVAIENT ORDONNÉ L'ARRÊT DE LA CONSTRUCTION DU PROJET PASCUA-LAMA, AU SOMMET DE LA FRONTIÈRE MONTAGNEUSE ENTRE LE CHILI ET L'ARGENTINE, D'ICI À CE BARRICK AIT MIS EN PLACE DES SYSTÈMES EMPÊCHANT LA MINE DE CONTAMINER LE BASSIN HYDROGRAPHIQUE EN AVAL. IMAGE  

La cour n'est pas allée jusqu'à demander une nouvelle évaluation, mais elle a décidé que la construction de la mine devait être suspendue d'ici à ce que Barrick ait rempli ses promesses en matière d'environnement et complété des travaux visant à protéger le bassin hydrographique.

Dans un communiqué émis jeudi, Barrick a dit être heureuse que le jugement du plus haut tribunal chilien lui permette d'aller de l'avant avec son projet.

Plus tôt cette année, les autorités chiliennes de réglementation en matière d'environnement avaient ordonné l'arrêt de la construction du projet Pascua-Lama, au sommet de la frontière montagneuse entre le Chili et l'Argentine, d'ici à ce Barrick ait mis en place des systèmes empêchant la mine de contaminer le bassin hydrographique en aval.

La mise en service de la mine a déjà été repoussée et doit maintenant avoir lieu durant la seconde moitié de 2016.

Barrick Gold détient et exploite des mines d'or au Canada, aux États-Unis, au Pérou, en Argentine, au Chili, en Australie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

L'action de Barrick Gold a cédé jeudi 21 cents à la Bourse de Toronto, où elle a clôturé à 19,08 $.


CHILI : L’AVORTEMENT INTERDIT, UN HÉRITAGE DE LA DICTATURE DE PINOCHET

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GRAND REPORTAGE -  RFI « CHILI : L’AVORTEMENT INTERDIT, UN HÉRITAGE DE LA DICTATURE DE PINOCHET  » VENDREDI 27 SEPTEMBRE 2013  DURÉE : 00:19:31 

jeudi 26 septembre 2013

LE CHILI 1973-2013, RÉCITS DE PHOTOGRAPHES 3

C’est ainsi qu’elle développe un travail « parallèle » dans la rue – son premier projet sera consacré aux ivrognes, discrètement rebaptisés Les dormeurs –mais aussi dans des lieux d’enfermement tels les hôpitaux psychiatriques ou des foyers pour personnes âgées. Elle fait des portraits des travestis, des boxeurs amateurs, des artistes de cirque (« De par son double visage (répression/imposture), la période de la dictature militaire au Chili a été un temps de cirque… »).

Depuis le début des années 1990, elle enchaîne d’autres projets au longue cours, avec des couples d’amoureux dans un centre psychiatrique (El Infarto del alma, L’infarctus de l’âme), les derniers Kawésqar, un peuple indigène de Patagonie (Los Nómades del mar, Les nomades de la mer), ou dernièrement, une communauté endogame de paysans atteints d’une maladie qui les empêche de voir les couleurs (La luz que me ciega, La lumière qui m’aveugle). Sans oublier ses portraits de rue, pris aujurd'hui en culeur avec un appareil numérique.

Cet entretien a été réalisé par courrier électronique interposé et grâce à la patience infinie de Paz Errázuriz.

MR : Vous avez fait des études en sciences de l’éducation, d’abord en Angleterre dans les années 60, ensuite à Santiago, où vous avez commencé à enseigner pendant la période de l’Unité Populaire. 

Comment êtes-vous venue à la photographie ? Comment êtes-vous devenue photographe ?

PE : Quand j’ai terminé mon séjour en Angleterre, mon idée était d’aller à Cuba et de participer à la campagne d’alphabétisation. Ensuite, des circonstances personnelles – la maternité, une séparation – ont fait que j’ai décidé d’être institutrice au Chile. Mais j’avais rapporté d’Angleterre mon premier appareil, un Exacta. J’y rêvais depuis toujours, je me sentais très, très attirée par la photographie.

Paz Errázuriz
Paz Errázuriz
Or j’ai commencé par prendre des photos de mes élèves pendant la récré. Puis leurs parents voulaient en acheter et je me suis  mise à monter une chambre noire chez mois et à apprendre  développer, soit par moi-même, soit avec les quelques amis  photographes que j’avais à cette époque. Il n’y avait pas d’écoles, on était autodidactes. 

C’est ainsi que je suis devenue photographe. Une décision consciente que j’ai pu confirmer plus tard, pendant la période de la  dictature militaire, quand plusieurs d’entre nous qui travaillaient en freelance ont décidé – à travers la création en 1981 de AFI  – de réclamer le statut de photographes professionnels au motif que nous gagnaient notre vie de la photographie et devraient  pouvoir nous appeler photographes, même en travaillant en indépendant [et étant de ce fait exclus du syndicat officiel].

Ce n’était que quelques années après, aux États-Unis, quand j’ai dit que je faisais de la photographie, qu’on m’a répondu : « Alors, vous êtes artiste ».

MR : Quelle sorte de travail faisiez-vous au début ?

PE : Des portraits d’enfants et de familles, ainsi que des reportages que je publiais dans une revue pour enfants qui s’appelait Mampoto.

MR : Vers la fin de 1973, vous avez aussi édité un petit livre photographique pour enfants, Amalia, qui raconte l’histoire d’une poule qu’on voit très confortablement installée chez vous, perchée sur une chaise, nichée dans l’armoire, jouant avec vos enfants... 

Paz Errazuriz, Amalia, 2013, ReCrea Libros
Paz Errazuriz, Amalia, 2013, ReCrea Libros

PE : C’est le journal intime d’une poule qui vivait chez moi, une mascotte. J’ai tout fait – les photos et les textes – avec mes enfants pendant le couvre-feu imposé par la dictature, quand on était obligés de passer beaucoup de temps à la maison, sans pouvoir sortir. Amalia a été l’un des premiers livres photographiques de la génération des années 70 en Amérique latine.  Cette année, deux maisons d’édition m’ont demandé de le rééditer, la deuxième édition sortira chez ReCrea Libros ce mois-ci, 40 ans plus tard.

MR : Effectivement, vos débuts en tant que photographe professionnel ont coïncidé avec le début de la dictature.

PE : La photographie m’a permis de m’exprimer à ma façon et de participer à ma façon à la résistance que ceux d’entre nous qui sommes restés au Chili pouvaient mener. C’était une manière d’être présent et de lutter.

MR : Comment avez-vous vécu cette lutte ?

PE : C’était à la fois passionnant et très motivant parce que la photographie a pris une dimension que je ne connaissais pas. Je faisais quelque chose dont le sens était très clair. Mais en même temps, j’étais consciente du danger. (D’ailleurs,  ma maison avait été brutalement perquisitionnée après le coup d’État.) Découvrir la rue de cette manière a fait monter l’adrénaline. Je l’ai ressenti comme une forme de militantisme.

mercredi 25 septembre 2013

CHILI : MÉMOIRE DE L'UNITÉ POPULAIRE. LE RÊVE DE NERUDA.

COMPTE-RENDU DESSINÉ ROSENDO LI


EXPOSITION « CHILI : MÉMOIRE DE L'UNITÉ POPULAIRE. LE RÊVE DE NERUDA.» 
Jusqu'au jeudi 26 septembre 2013
Espace Saint-Rémi
Le Collectif Mémoire (Pucéart, Delaba et Dissi, les amis de l'Ormée, France-Chili Aquitaine) organise une exposition sur Neruda et le Chili.

Infos pratiques
Dates / Horaires :
Jusqu'au jeudi 26 septembre 2013
Ouvert tous les jours de 13h00 à 19h00.
Lieu :
Espace Saint-Rémi
4 rue Jouannet
33000 Bordeaux
Entrée libre

jeudi 19 septembre 2013

ALFREDO JAAR ÉBLOUIT LES RENCONTRES D'ARLES

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ALFREDO JAAR « SEARCHING FOR KISSINGER », 1984.UN DÉTAIL (CHERCHANT HENRY KISSINGER). PHOTO PÁGINA 12
A peine arrivé, le spectateur prend en pleine figure des néons blancs violents – une entrée en matière idoine quand on traite de l'aveuglement. "Aucune image n'est innocente, explique Alfredo Jaar. Chacune porte en elle une vision du monde. Or personne ne nous apprend à les lire." Dans l'église, œuvres anciennes et récentes s'emploient à montrer l'envers des images, leur contexte. Qui les fait et les diffuse, qui les possède, pourquoi elles sont là ou manquent. Le tout avec une efficacité visuelle redoutable, jouant sur les blancs, l'absence, le vide.

Alfredo Jaar, qui a quitté le Chili pendant la terrible dictature de Pinochet, déroule sous une vitrine la biographie officielle de Henry Kissinger. L'ancien secrétaire d'Etat s'y montre en majesté, saluant les grands de ce monde. Mais il y manque une image qu'a ajoutée l'artiste : une poignée de mains avec Pinochet. Au mur, un document déclassifié enfonce le clou : dans une conversation téléphonique, le président Nixon et Kissinger discutent du coup d'Etat et de l'implication active des Etats-Unis. Les conséquences sur la population ? Kissinger les balaie d'un geste : "Rien d'important."

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ALFREDO JAAR  « SEARCHING FOR AFRICA IN LIFE », 1996, (CHERCHANT L'AFRIQUE DANS LA REVUE LIFE). PHOTO HAUPT & BINDER


LE TOUT FONCTIONNE CAR ALFREDO JAAR N'OUBLIE PAS L'ÉMOTION

Les démonstrations en images d'Alfredo Jaar sont souvent d'une simplicité brutale, implacable. Il aligne les "unes" du magazine Life, puis en sort les seules consacrées à l'Afrique : seulement cinq, dédiées aux animaux sauvages, au sida ou à la famine. Pas besoin d'ajouter autre chose pour dire la vision du monde qui s'exprime ici. La célèbre photo de la "situation room", diffusée par les Etats-Unis au moment de l'assassinat de Ben Laden, est mise en regard d'une image blanche, comme pour dire tout ce qui manque sur cette traque à l'homme – l'image du cadavre de Ben Laden n'a jamais été diffusée. Mais le tout fonctionne car Alfredo Jaar n'oublie pas l'émotion, la poésie : dans des photos de presse du coup d'Etat chilien, il a agrandi de tout petits personnages perdus dans l'image. Leur regard de détresse, bouleversant, déborde largement l'événement historique.

La pièce la plus forte de l'installation raconte d'ailleurs une histoire d'homme, pas seulement d'image. Dans une pièce où le spectateur ne peut entrer et sortir qu'à un moment précis – il y reste huit minutes –, Alfredo Jaar évoque une photo célèbre : une petite fille soudanaise affamée et à bout de force guettée par un vautour. Elle avait fait le tour du monde en 1993, entraînant des critiques violentes dirigées non contre la situation mais contre le photographe – accusé de prendre la photo au lieu de sauver l'enfant. Dans la pièce, on ne voit rien, juste des mots qui défilent sur le mur. Ils content l'histoire de Kevin Cartner, sa naissance, sa révolte contre l'apartheid, son suicide. Mais Alfredo Jaar n'oublie pas d'évoquer aussi la propriété de l'image, détenue par l'agence Corbis de Bill Gates. La photo elle-même n'est montrée qu'une seconde, avant qu'un flash n'éblouisse tout le monde. Comme une incitation à ouvrir les yeux devant les images, otages des stratégies de communication et de l'émotion immédiate.

Alfredo Jaar, "La Politique des images". Jusqu'au 25 août. Église des Frères-Prêcheurs, Arles. De 10 heures à 19 h 30. 8 €. rencontres-arles.com

Claire Guillot (Arles, envoyée spéciale ) 
Journaliste au Monde

mercredi 18 septembre 2013

LES FILS ET LA DICTATURE

 «CAMANCHACA»
EDITION EN ESPAGNOL 
2) Ma mère avait 17 ans au moment du coup d’État. Elle étudiait dans un internat pour filles qui se trouvait en face du Stade national. De temps à autre, nous essayons de refaire le 11 septembre et les jours qui suivirent, quand elle dormait dans cet internat et entendait les balles et les cris des détenus qui étaient dans le stade. Peu après, ma mère finit ses études, se maria et partit vivre à Iquique, dans le nord du Chili. Là-bas, elle vécut une grande partie de la dictature. Elle y était aussi quand, quelques jours après le retour de la démocratie, dans le port de Pisagua - qui avait été un camp de concentration -, on découvrit une fosse commune où se trouvaient des restes de disparus. Elle travaillait pour l’Eglise, on l’envoya à Pisagua. Ce furent des jours intenses : la fosse commune, l’exhumation près du cimetière, les restes de ces personnes exécutées et mises en sac. Certains corps momifiés, avec les impacts de balle, intacts.

3) Il y a aussi les récits des amis plus âgés, ceux qui sont nés dans les années 60, qui ont vécu la dictature au collège, résistant depuis ces lieux précaires, luttant contre un  État qui systématisait la violence. C’est un récit fondé sur l’épique, mais aussi, très souvent, sur le scepticisme. Ce récit a ressurgi au Chili ces dernières années par les marches et les protestations, grâce aux mobilisations sociales, aux étudiants qui ont pris les rues pour réclamer une éducation plus juste, un pays plus juste.

4) Nous qui sommes nés à la fin des années 80 nous n’avons pas vécu la dictature, mais nous avons vécu ses conséquences : un modèle économique qui nous a entièrement déterminés. La santé et l’éducation privatisées. Un monde où, si tu n’as pas d’argent, tu ne vaux rien. Un monde moderne.

5) L’homme qui parle à la télévision nie tout. Il dit qu’il ne savait rien des violations des droits de l’homme au Chili pendant la dictature, qu’il n’a rien à voir avec ça. L’homme s’appelle Manuel Contreras, il a dirigé la Dina - la police secrète du régime - et il est condamné à plus de 300 ans de prison, cet organisme a séquestré, torturé et assassiné les gens dans les années qui suivirent le coup d’État. C’est le 10 septembre 2013, deux journalistes l’interrogent et il nie tout, mais plus personne ne le soutient. Au moins publiquement, car le problème, dans toute cette histoire - dans ces 40 ans du coup d’État qu’on vient de commémorer - c’est que, comme Contreras, d’autres nient, justifient même les morts, les disparitions, les tortures, puisqu’il fallait sauver le Chili de la révolution marxiste que Salvador Allende allait soi-disant instaurer. Le problème de cette histoire est qu’elle n’est toujours pas terminée : il y a encore des disparus, des tortionnaires et des complices qui n’ont pas été jugés. Mais on cherche à la refermer, et les partis de droite insistent pour que les plus jeunes regardent vers le futur. De fait, après avoir assisté aux liturgies de la commémoration, le président Piñera a demandé : «Qu’est-ce qui est le plus important : ce qui a eu lieu voilà quarante ans, ou ce que nous allons faire ensemble dans les quarante prochaines années ?»


6) A cette question, j’ai plusieurs manières de répondre. Aucune ne parlerait du futur.

7) Nous n’avons pas vécu la dictature, mais nous avons lu. Non seulement les livres d’investigation et de journalisme publiés ou réédités ces derniers mois - comme ceux, fondamentaux, de Patricia Verdugo, Mónica González et Cristóbal Peña -, mais aussi des romans, et, surtout, de la poésie. Nous sommes allés au théâtre voir les œuvres de Juan Radrigán et des plus jeunes : Guillermo Calderón, Luis Barrales et Alejandro Moreno. J’aime penser que nous nous sommes éduqués ainsi : en regardant les documentaires de Patricio Guzmán, en lisant les chroniques rageuses de Pedro Lemebel, en allant voir les expositions de Gonzalo Diaz et d’Alfredo Jaar. En lisant les romans de Diamela Eltit et de Germán Marín. En étant impressionnés par ce roman petit et monstrueux de Roberto Bolaño, Etoile distante. Nous les avons lus et nous avons lu les poèmes d’Enrique Lih, de Raúl Zurita et de Gonzalo Millán, qui a écrit dans la Ville l’un des portraits les plus durs et les plus importants de la dictature. On nous dit de regarder vers le futur, mais nous nous souvenons de ces livres et, en vérité, il nous est impossible de vouloir effacer ce passé, qui est l’héritage de nos pères. Nous devons apprendre à vivre avec ces années. Il ne s’agit pas de nostalgie, de discours recherchant l’empathie, il ne s’agit pas de nier la responsabilité de tous ni de s’enfermer dans un discours de victime. Ce n’est pas ça. C’est autre chose. C’est ce qu’a dit, il y a une semaine, la sœur d’une jeune femme assassinée pendant la dictature, et qui me semble indispensable pour comprendre les quarante ans qui ont suivi le coup d’État : «Il y a des gens qui demandent jusqu’à quand nous devrons continuer à parler de ça. Je dirais que nous allons continuer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à dire.»

Traduit de l’espagnol (Chili) par Philippe Lançon.

Dernier ouvrage : «Camanchaca» (à paraître chez Christian Bourgois).

Diego Zuñiga Ecrivain

lundi 16 septembre 2013

IL Y A 10 ANS NOUS QUITTAIT LE MAESTRO SERGIO ORTEGA

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SERGIO ORTEGA AU PIANO PENDANT UNE REPETITION

Il était devenu l'une des figures les plus novatrices de la scène musicale latino-américaine de la deuxième moitié du XXe siècle, et ses créations ont été de véritables « protagonistes » de l'histoire politique chilienne des 45 dernières années.


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NOUS VAINCRONS CHANTE PAR ANGELA WINKLER, ARJA SAIJONMAA, HARRY BELAFONTE, JUDIE GORMAN JACOBS, ANNA PETROWA, IRMGARD SCHLEIER, SERGIO ORTEGA, 1985

Parti en exil suite au coup d'état, Sergio Ortega avait trouvé refuge en France à l'automne 1973 et il a assuré pendant vingt ans la direction de l'Ecole nationale de musique de Pantin, en Seine-Saint-Denis. Il a continué à y développer une intense activité créatrice, ainsi que de diffusion de l'éducation musicale « de qualité ». Ortega avait créé en Finlande un opéra dont le livret était emprunté à Pablo Neruda (Esplendor y muerte de Joachim Murieta), et il venait d'achever son dernier opus, Pedro Páramo, sur un livret du romancier mexicain Juan Rulfo.

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REPETITION SUR LA PIAZZA GRANDE A MONTEPULCIANO, TOSCANA, IRMGARD SCHLEIER ET SERGIO ORTEGA EN 1985

En permanence à cheval sur deux cultures, comme tant d’autres créateurs de la diaspora chilienne, Sergio Ortega s’était fait remarquer pour porter deux montres au poignet : l’une qui donne l’heure à Pantin, l’autre à Santiago du Chili. Le maestro repose depuis 2003 au cimetière général de Santiago.

dimanche 15 septembre 2013

LA LITTÉRATURE CHILIENNE HORS LES MURS À LA MAISON DE L’AMÉRIQUE LATINE

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BERNARDO TORO : INTRODUCTION.  PRISE DE SON ALEXANDRE DE NUÑEZ, DURÉE : 00:17:00

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[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]  BENOÎT SANTINI (UNIVERSITÉ DU LITTORAL-CÔTE D’OPALE) : LA POÉSIE CHILIENNE ÉCRITE EN EXIL.  PRISE DE SON ALEXANDRE DE NUÑEZ, DURÉE : 00:17:00
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[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]  CATHERINE PELAGE (UNIVERSITÉ D’ORLÉANS) : UNE LITTÉRATURE DE L’ENTRE-DEUX. ROMAN ET EXIL AU CHILI.  PRISE DE SON ALEXANDRE DE NUÑEZ, DURÉE : 00:17:00
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[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]   (UNIVERSITÉ DE LA SORBONNE, PARIS) : « JE SUIS D’ÉTRANGILANDE. » LITTÉRATURE ET EXIL DANS L’ŒUVRE DE BOLAÑO.  PRISE DE SON ALEXANDRE DE NUÑEZ, DURÉE : 00:17:00
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[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]  JORGE EDWARDS : CONCLUSION .  PRISE DE SON ALEXANDRE DE NUÑEZ, DURÉE : 00:17:00

samedi 14 septembre 2013

BERNARDO TORO EN DIRECT À RADIO LIBERTAIRE (89. 4) MHZ

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COUVERTURE  DE « L’ENFER », TERREUR ET SURVIE SOUS PINOCHET DE LUZ ARCE.
PRÉFACE DE BERNARDO TORO
LES PETITS MATINS
ISBN 978-2-36383-097-5
PARIS, AOÛT 2013
576 P., 20 EUROS


Présentation « Il fallait collaborer avec la Dina ou mourir. Moi, je voulais vivre. » La police de Pinochet place Luz Arce devant une alternative impossible, il s’agit de sauver sa vie en envoyant les autres en enfer. Elle choisit de vivre et sa vie deviendra un enfer. 

Lire la préface

Ce soir de 19h à 21h Bernardo Toro sera invité en direct à Radio Libertaire (89. 4) pour nous parler du livre qu'il vient de traduire  L'enfer de Luz Arce.
Pour en savoir plus, cliquez ici.
Pour suivre l'émission sur internet Radio Libertaire

vendredi 13 septembre 2013

ARAUCARIA DE CHILE N° 47-48


ARAUCARIA DE CHILE N° 47-48



ARAUCARIA DE CHILE N° 21, PREMIER TRIMESTRE 1983

ARAUCARIA DE CHILE N° 21,  PREMIER TRIMESTRE 1983


ARAUCARIA DE CHILE N° 1, PREMIER TRIMESTRE 1978


ARAUCARIA DE CHILE N° 1, PREMIER TRIMESTRE 1978

LA REVUE ARAUCARIA ENTRE AU MUSÉE

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LA CÉRÉMONIE DE DON A COMPTÉ AVEC LA VISITE SURPRISE DU PROFESSEUR OSVALDO FERNANDEZ, MÉMBRE DE L'ÉQUIPE DE RÉDACTION DE LA REVUE ARAUCARIA. 
Conçue par un petit groupe d’intellectuels de gauche chassés par la dictature de Pinochet et publiée pendant une douzaine d’années —entre 1978 et 1989—, la revue trimestrielle est devenue très vite une référence culturelle incontournable, et le flambeau de la riche production artistique et littéraire de la diaspora chilienne.

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LA REVUE ARAUCARIA, ENTRE DANS LES COLLECTIONS DE LA MÉDIATHÈQUE ABDELMALAK SAYAD DU MUSÉE DE L’HISTOIRE DE L’IMMIGRATION. LE DÉPÔT OFFICIEL DE LA REVUE EN PRÉSENCE DE M LUC GRUSON, DIRECTEUR GÉNÉRAL DU MUSÉE DE L’HISTOIRE DE L’IMMIGRATION; DE MME STÉPHANIE ALEXANDRE, RESPONSABLE DE LA MÉDIATHÈQUE, DES MEMBRES DE L’ASSOCIATION ARAUCARIA ET D'UN PUBLIC BIBLIOPHILE.

Des plumes éminentes et des voix majeures des lettres latino-américaines sont venues se joindre à cette magnifique entreprise lancée par le Parti communiste chilien, qui a accueilli des collaborateurs de tout bord et a joui du soutien unanime des milieux littéraires hispanophones.

La rédaction de la revue —souvent un bureau exigu dans des locaux prêtés—, a été à Paris jusqu’en 1984 et transférée ensuite à Madrid. Soutenue par un vaste réseau de lecteurs fervents qui assuraient aussi sa distribution, Araucaria a circulé dans 37 pays, en Europe et outre-Atlantique, et a circulé aussi clandestinement au Chili sous la dictature.

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Indissociable de l’exil, la revue Araucaria est aussi le symbole du long combat livré contre l’obscurantisme d’une dictature brutale qui a brûlé des livres et des œuvres d’art, et qui a persécuté, déporté et tué des créateurs et artistes.


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COUVERTURE DE LA REVUE ARAUCARIA DE CHILE N° 47-48 TROISIÈME ET QUATRIÈME TRIMESTRE 1989, PEINTURE DE ROSER BRU. 

La revue a été référencée dans les bibliothèques de plusieurs universités et des centres de documentation de par le monde, et grâce au don des particuliers, elle sera maintenant accessible aux lecteurs de la région parisienne, et bientôt consultable en ligne pour tout le monde.

MY SWEET LORD (STUDIO VERSION) ORIGINAL

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  « MY SWEET LORD » MY SWEET LORD EST UNE CHANSON DE GEORGE HARRISON, PARUE EN 1970 SUR SON TRIPLE ALBUM ALL THINGS MUST PASS. DURÉE : 00:04:39 

BEETHOVIANA

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  « BEETHOVIANA » THÈME DU FILM L'ORANGE MÉCANIQUE COMPOSÉ ET INTERPRÉTÉ PAR WALTER CARLOS, 1974. DURÉE : 00:01:44 

GIGI L'AMOROSO

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DALIDA;  « GIGI L'AMOROSO », 1974. AUTEURS COMPOSITEURS : MICHAELE - LANA ET PAUL SEBASTIAN - R.RINALDI. DURÉE : 00:07:28 

VOUS LES FEMMES

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JULIO IGLESIAS;  PAUVRES DIABLES (VOUS LES FEMMES). CE TITRE EST EXTRAIT DE L'ALBUM : « EN FRANCAIS». DURÉE : 00:02:59






INTRODUCTION DU FILM L'ORANGE MÉCANIQUE

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MUSIQUE D'INTRODUCTION DU FILM L'ORANGE MÉCANIQUE COMPOSÉ ET INTERPRÉTÉ PAR WALTER CARLOS D'APRÈS UNE MUSIQUE D'HENRY PURCELL (1659-1695) « MUSIQUE POUR LES FUNÉRAILLES DE LA REINE MARY ». DURÉE : 00:02:21

CHILI : QUAND LA MUSIQUE DEVIENT UN INSTRUMENT DE TORTURE


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  « MY SWEET LORD » MY SWEET LORD EST UNE CHANSON DE GEORGE HARRISON, PARUE EN 1970 SUR SON TRIPLE ALBUM ALL THINGS MUST PASS. DURÉE : 00:04:39 


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JULIO IGLESIAS;  PAUVRES DIABLES (VOUS LES FEMMES). CE TITRE EST EXTRAIT DE L'ALBUM : « EN FRANCAIS». DURÉE : 00:02:59
Son étude nous revèle que les tubes de Julio Iglesias, Georges Harrison, la bande-son du film Orange Mécanique ou encore Dalida, dont les geôliers chiliens raffolaient, étaient diffusés 24 heures sur 24 à certains prisonniers pour provoquer chez eux des souffrances psychologiques. Dans d’autres cas, les tortionnaires chantaient durant les séances de torture, une manière de faire apparaître la souffrance qu’il infligeait à leur victime comme « normale ».



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« BEETHOVIANA » THÈME DU FILM L'ORANGE MÉCANIQUE COMPOSÉ ET INTERPRÉTÉ PAR WALTER CARLOS, 1974. DURÉE : 00:01:44 




Mais dans cette histoire terrible, la musique n’était pas toujours du côté des tortionnaires. Pour beaucoup de détenus, l’écoute de la musique ou la pratique du chant, notamment dans des chorales, était aussi un moyen de résister aux souffrances psychologiques imposées par l’administration des camps d’internement.
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DALIDA;  « GIGI L'AMOROSO », 1974. AUTEURS COMPOSITEURS : MICHAELE - LANA ET PAUL SEBASTIAN - R.RINALDI. DURÉE : 00:07:28 
Comme le rappelle le blog Big Browser du Monde, il existe des cas plus récents de ce type d’utilisation de la musique : «Plus récemment, la torture musicale a été utilisée par l'armée américaine à Guantanamo pour faire craquer des détenus, en 2002 et 2003. Les artistes mis en cause, Metallica, Britney Spears et AC/DC en tête, avaient entamé une procédure pour réclamer des explications à l'administration».

mardi 10 septembre 2013

« FLASHMOB » POUR LES VICTIMES DE LA DICTATURE DE PINOCHET

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« FLASHMOB » POUR LES VICTIMES DE LA DICTATURE DE PINOCHET. POUR RENDRE VISIBLES LES INDÉNOMBRABLES ACTES DE VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME COMMIS SOUS LA DICTATURE, ET EN RÉPONSE À CEUX QUI ONT DÉCLARÉ « AVOIR IGNORÉ » QUE CES ACTES ONT BIEN EU LIEU AU CHILI 
Convoquées à travers les réseaux sociaux Twitter et Facebook, 1210 personnes ont formé ce matin à 9:00 heures une très longue chaîne de corps étendus à même le sol. La longue file s’est étirée sur les trottoirs Nord de l’Alameda —la principale artère de Santiago—, entre La Moneda, le palais du gouvernement et la Place Italia, point nodal de la circulation à la capitale.

L'action pacifique s'est prolongée pendant 11 minutes, devant une forte présence policière assez médusée, et a généré un grand impact parmi les nombreux passants. L’événement a été ensuite abondamment signalé et s’est répandu très vite sur les réseaux sociaux.

AU CHILI, « ON ASSISTE À UNE RENAISSANCE DE LA MÉMOIRE »

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COMMÉMORATION AU MUSÉE DE LA MÉMOIRE. LA CANDIDATE DE LA GAUCHE À LA PRÉSIDENCE, MICHELLE BACHELET, A PRÉSIDÉ UNE COMMÉMORATION AU MUSÉE DE LA MÉMOIRE, QUI RÉUNIT DES ARCHIVES ET DES TÉMOIGNAGES DES VICTIMES DES ANNÉES DE PLOMB. 

Pour la première fois, l'Association des magistrats a demandé pardon « pour avoir failli à protéger les victimes de la dictature militaire » et la Cour suprême a reconnu les violations des droits de l'homme, commises par le régime militaire.

COMMÉMORATION AU MUSÉE DE LA MÉMOIRE

Toutefois, l'appel du président Piñera à commémorer les 40 ans du coup d'Etat de façon « républicaine et dans l'unité » a échoué. Seuls les représentants des partis de droite ont assisté à la cérémonie organisée par le chef d'Etat, lundi 9 septembre 2013, au palais présidentiel de la Moneda.

Le même jour, et pratiquement à la même heure, la candidate de la gauche à la présidence, Michelle Bachelet, a présidé une commémoration au Musée de la mémoire, qui réunit des archives et des témoignages des victimes des années de plomb.

La sénatrice Lily Perez, porte-parole de la candidate de la droite, Evelyn Matthei, accuse Mme Bachelet "d'avoir monopolisé et abusé des droits de l'homme à l'occasion du 40e anniversaire du coup d'Etat, accaparant le sujet en vue de la présidentielle".

« Cela a nui à notre candidate », confie Mme Perez, affirmant "que la campagne de Mme Matthei ne va vraiment commencer qu'après le 11 septembre, afin de pouvoir parler des dossiers qui préoccupent réellement les Chiliens ».

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BENJAMÍN VICUÑA L'ANIMATEUR DE TÉLÉVISION CHILIEN DU PROGRAMME « IMAGES INTERDITES », QUI MONTRE DES DOCUMENTS BOULEVERSANTS, JAMAIS VUS, SUR LES CRIMES COMMIS PAR LA DICTATURE, BAT TOUS LES RECORDS D'AUDIENCE. PHOTO CESAR SILVA 

POUR LES NOUVELLES GÉNÉRATIONS, LA PEUR A DISPARU

Depuis plusieurs semaines, pratiquement toutes les chaînes de télévision consacrent des émissions au 11 septembre 1973. Le programme « Images interdites », qui montre des documents bouleversants, jamais vus, sur les crimes commis par la dictature, bat tous les records d'audience. Les témoignages et les hommages se sont multipliés à travers des livres, des expositions, des séminaires académiques et des colloques internationaux. « On assiste à une renaissance de la mémoire, note le politologue Carlos Peña. Une aspiration d'avenir a surgi au Chili. »

Pour les nouvelles générations, la peur a disparu. Les étudiants qui manifestent dans les rues condamnent le régime militaire, mais critiquent aussi les gouvernements élus qui se sont succédé depuis le retour de la démocratie.

« C'est un autre pays qui ose exprimer ses demandes avec la conviction qu'il faut changer tout l'héritage de Pinochet ", assure Lorena Pizarro, présidente de l'Association des familles de détenus-disparus. Au son de tambours, des dizaines de milliers de Chiliens ont défilé, dimanche 8 septembre à Santiago, portant des banderoles et scandant des slogans hostiles à la dictature militaire.

Augusto Pinochet est mort le 10 décembre 2006 au Chili sans avoir été condamné par la justice de son pays.

CHILI: COMMÉMORATIONS PARALLÈLES DU 40ÈME ANNIVERSAIRE DU COUP D'ETAT

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« IL N'EST PAS JUSTE DE PARLER DU COUP D'ETAT COMME D'UNE FATALITÉ INÉVITABLE. IL N'EST PAS JUSTE D'AFFIRMER QU'IL Y AVAIT UNE GUERRE CIVILE EN DEVENIR, PARCE QUE POUR ASSURER LA CONTINUITÉ ET SOUTENIR LA DÉMOCRATIE, IL AURAIT FALLU DAVANTAGE DE DÉMOCRATIE, PAS UN COUP D'ETAT », A RÉTORQUÉ MICHELLE BACHELET.

Mme Bachelet comme M. Piñera ont condamné avec force les violations des droits de l'homme commises durant la dictature, et ont notamment demandé que toute la lumière soit enfin faite sur les exactions de la junte militaire, 40 ans après.

Mais leurs vues divergent totalement sur les conditions politiques qui ont conduit au coup d'Etat contre le président Salvador Allende, qui voulait mettre en marche un socialisme à la chilienne avant d'être crucifié par la droite militaire et l'hostilité des milieux d'affaires et des Etats-Unis.

« Cette douloureuse fracture de notre démocratie n'a pas été quelque chose de soudain, d'intempestif ou de surprenant» , a déclaré le président Piñera. « Ce fut plutôt la conclusion prévisible, bien que pas nécessairement inévitable, d'une longue et douloureuse agonie des valeurs républicaines» , a-t-il ajouté.

« Il n'est pas juste de parler du coup d'Etat comme d'une fatalité inévitable. Il n'est pas juste d'affirmer qu'il y avait une guerre civile en devenir, parce que pour assurer la continuité et soutenir la démocratie, il aurait fallu davantage de démocratie, pas un coup d'Etat », a rétorqué Michelle Bachelet.




« Les responsabilités de l'instauration de la dictature, les crimes commis par des agents de l'Etat, la violation des droits de l'homme ne sont pas justifiables, ne sont pas inévitables et sont la responsabilité de ceux qui les ont commis et de ceux qui les ont justifiés» , a-t-elle ajouté.

Le président chilien a attribué la responsabilité morale des événements « à ceux qui exerçaient les plus hautes responsabilités au sein du gouvernement militaire et à ceux qui, connaissant les faits, auraient pu prendre la parole pour prévenir les abus et souvent ne l'ont pas fait» . Le gouvernement de M. Piñera compte trois anciens ex-collaborateurs ou sympathisants déclarés de la dictature.

« Je crois que les conditions n'étaient pas réunies pour une seule commémoration, parce que ce pays est encore divisé» , a estimé pour sa part Isabel Allende, fille de l'ex-président et sénatrice du Parti socialiste.

Le 11 septembre, jour anniversaire du coup d'Etat, le gouvernement doit organiser une cérémonie religieuse à La Moneda.

Dimanche, des dizaines de milliers de Chiliens ont défilé à Santiago pour la défense des droits de l'Homme. Les manifestants, portant des banderoles et scandant des slogans hostiles à la dictature (1973-1990), ont défilé pendant près de deux heures au rythme des tambours, avant d'arriver au cimetière principal de Santiago, dans lequel se trouve un mémorial consacré aux 3.200 morts, 38.000 torturés et centaines de disparus de la dictature.