mercredi 29 mai 2013

L’ETAT CHILIEN DEVANT LA JUSTICE POUR VIOLATIONS DES DROITS DES MAPUCHE

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

GRAFFITI MAPUCHE. PHOTO DIEGO CUPOLO CHEZ FLICKR.
Depuis une vingtaine d’années, ils se sont organisés et ont lancé des actions d’occupation de terres, réprimées par les autorités qui ont utilisé la loi antiterroriste, ce qui implique des peines bien plus lourdes. Une loi qui date de l’ère de la dictature de Pinochet.

C’est ce que dénoncent les Mapuches, comme l’explique Jimena Reyes de la FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme), qui va les représenter devant la Cour interaméricaine : « Depuis 2001 où l’Etat utilise les lois antiterroristes pour poursuivre et condamner des indigènes mapuches, pour la plupart des dirigeants qui promeuvent la récupération de leurs terres ancestrales, personne n’a reconnu l’existence d’une utilisation indue de cette législation et d’une discrimination à leur encontre. Car ces indigènes ne sont pas des terroristes. Donc le fait d’aller devant des instances interaméricaines, c’est la possibilité d’avoir une reconnaissance des violations des droits de l’homme qu’ils ont subies. »

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

DRAPEAU MAPUCHE. PHOTO FEUC

La Cour interaméricaine a retenu les cas de sept dirigeants mapuches

Sept dirigeants mapuches et une militante, condamnés en 2002 en vertu de la loi antiterroriste (de 1984), ont porté plainte pour discrimination, utilisation abusive de la loi antiterroriste, et irrégularités lors des procès, notamment l’utilisation par l’accusation de témoins protégés, dont n'ont été révélés ni le nom ni le visage.

« Ces lois antiterroristes datent de Pinochet, avec des définitions bien trop larges, car elles étaient justement faites pour cibler des militants, souligne Jimena Reyes. Cette loi doit donc absolument être révisée. »

Parmi les cas retenus figure celui de Victor Ancalaf. Il avait pris part à des actions pour protester contre des barrages dans la région du Bio Bio. Il avait été condamné à cinq ans de prison. « Dans les années 1997-98, j’ai fortement soutenu ce qu'il s’est passé dans le haut Bio Bio , avec le barrage hydroélectrique Ralco, où 15 000 hectares de terres ont été usurpés, et une douzaine de nos sites sacrés ont été inondés, relate M. Ancalaf. J’ai été arrêté, et incarcéré en 2002, accusé d’avoir incendié des camions, et condamné en vertu de la loi "pinochettiste" antiterroriste 18 / 314. Moi, j’ai été condamné non pas comme auteur matériel, mais pour participation présumée à ces faits. »

Certains dirigeants mapuche ont écopé de peines allant de cinq à dix ans de prison. Un procureur avait même réclamé dans un cas jusqu’à 100 années d’emprisonnement. Selon Nancy Yañez, codirectrice de l’Observatoire citoyen au Chili -qui suit ces cas de près-, ceci montre « la discrimination envers le peuple mapuche, surtout lorsqu’on compare cela aux peines infligées à ceux qui ont commis des crimes contre l’humanité dans notre pays, qui ne dépassent pas les vingt ans de réclusion, ce qui signifie une disproportion dans l’application de la justice. »


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]


GRAFFITI  QUI DÉNONCE LA RÉPRESSION CONTRE LES MAPUCHE.  « PROMENONS NOUS DANS LES BOIS / PENDANT QUE LE LOUP N'Y EST PAS / LOUP Y ES-TU ? »
La loi antiterroriste toujours en vigueur, les jeunes Mapuches se radicalisent

La répression a eu pour effet de radicaliser la jeune génération mapuche. Un groupe a mis le feu à une maison en janvier dernier, causant la mort d’un couple d’agriculteurs âgés dont les terres étaient réclamées par la communauté, ce qui a provoqué une onde de choc au Chili. Mais selon Nancy Yanez, la loi antiterroriste est inappropriée : « Si des actes de violence sont commis, il faut bien sûr que la responsabilité pénale soit établie, mais selon les lois qui s’appliquent à tous les citoyens chiliens, et non pas de façon discriminatoire contre le peuple mapuche pour réprimer leurs revendications politiques. »

Plusieurs Mapuches incarcérés avaient observé une longue grève de la faim en 2010. L’Etat chilien avait alors promis de réviser la loi antiterroriste. Mais jusqu’à présent, rien n’a changé, explique Jimena Reyes de la FIDH : « L’Etat avait promis de réformer la loi, il y a eu des discussions, des projets de révision ont été présentés au Sénat, mais ils ne sont pas passés. Puis l’Etat a changé son fusil d’épaule et a recommencé à appliquer ces lois antiterroristes. Cette politique répressive a contribué à radicaliser les choses. La jeune génération est dépitée, haineuse et plus violente. L’Etat n’a pas su accompagner ce mouvement. Au contraire, il a causé de très grandes frustrations. »

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LES GRAFFEURS CHILIENS SONT DE PLUS EN PLUS RECONNUS DANS DES CONTEXTES OFFICIELLES. LE GOUVERNEMENT LOCAL SAUVEGARDE LES BEAUX GRAFFITIS, TELS CE D'ALAPINTA DU SUD DU CHILI AU CŒUR DE TEMUCO. ALAPINTA FORMÉ À TEMUCO PAR DES ÉTUDIANTS. PHOTO 
Les Mapuches attendent des réparations « en terres »

Avec ce procès qui s’ouvre à la Cour interaméricaine des droits de l’homme au Costa Rica, les Mapuches attendent des réparations de l’Etat chilien. « Ils veulent une reconnaissance des violations à leur encontre, et de leur gravité, ce qui conduirait à une véritable réforme de la loi antiterroriste, explique Jimena Reyes. Les victimes sont des dirigeants spirituels de leur communauté, qui revendiquent leur droit à leurs terres ancestrales. C’est pour cette raison qu’elles demandent à être réparées "en terres". »

La jurisprudence de la Cour interaméricaine des droits de l’homme pourrait être suivie pour d’autres situations sur le continent américain. « La jurisprudence de la Cour interaméricaine est très ouverte aux particularités indigènes et on espère qu’elle comprendra que pour les Mapuches, c’est la terre qui compte. »

Du côté de la défense des Mapuches devant la Cour, Jimena Reyes dit aussi demander que « les procureurs et les juges qui ont contribué à cette grave discrimination soient sanctionnés. Car aujourd’hui encore, cette loi antiterroriste est utilisée à l’encontre de Mapuches par les mêmes acteurs qui agissent avec beaucoup d’idées préconçues. »

La Commission interaméricaine des droits de l’homme avait transmis ces cas à la Cour le 7 août 2011, car elle a « considéré que l’Etat chilien n’avait pas suivi les recommandations contenues dans le rapport qui lui avait été transmis », peut-on lire sur le communiqué de la CIDH.

Au cours de ces deux jours d’audience (29 et 30 mai 2013), les juges vont entendre les témoins cités à comparaître et les deux parties. Un verdict pourrait être attendu dans six mois.

CHILI: UNE MANIFESTATION D'ÉTUDIANTS S'ACHÈVE EN AFFRONTEMENTS AVEC LA POLICE

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LE MANIFESTATION D'ÉTUDIANTS S'ACHÈVE EN AFFRONTEMENTS AVEC LA POLICE. LES HEURTS SE SONT PRODUITS LORSQUE LA POLICE A REFUSÉ AU CORTÈGE L'ACCÈS DE LA ALAMEDA ET A FAIT USAGE DE GAZ LACRYMOGÈNES ET DE LANCES À EAU. AGENCIA UNO 
Sous des trombes d'eau qui ont provoqué des inondations, la fermetures des écoles primaires de la région et des coupures d'électricité, quelque 2.000 étudiants selon les médias - 600 selon la police - se sont massés sur une place de Santiago pour demander une restructuration du système éducatif.

Les heurts se sont produits lorsque la police a refusé au cortège l'accès de la Alameda et a fait usage de gaz lacrymogènes et de lances à eau.

« Ils veulent rendre invisible notre mobilisation pour cacher l'échec du gouvernement », s'est plaint sur Twitter Andres Fielbaum, président de la Fédération des étudiants de l'Université du Chili.

Les étudiants chiliens ont réalisé plus de 40 marches depuis 2011 pour demander au gouvernement de Sebastian Piñera (premier président de droite depuis la fin de la dictature en 1990) une réforme du système éducatif, cher et inefficace, selon eux.

Le système actuel, faisant la part belle au privé, est hérité de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

Le gouvernement chilien a présenté plusieurs projets de loi à destination du système universitaire, prévoyant notamment de diminuer le coût des crédits contractés par les étudiants pour financer leurs études, mais sans parvenir à calmer la fronde.

La gratuité des études fait d'ores et déjà partie du programme électoral de l'ex-présidente socialiste Michelle Bachelet, candidate à la présidentielle du 17 novembre prochain.

mardi 28 mai 2013

CHILI ET ARGENTINE : ÉVACUATIONS FACE À LA MENACE DE L'ÉRUPTION D'UN VOLCAN

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LES AUTORITÉS CHILIENNES ONT DÉCRÉTÉ LUNDI L'ALERTE ROUGE ET L'ÉVACUATION PRÉVENTIVE DE PLUS DE 2.000 PERSONNES SE TROUVANT SOUS LA MENACE D'UNE ÉRUPTION DU VOLCAN COPAHUE, SITUÉ DANS LE SUD DE LA CORDILLÈRE DES ANDES, À LA FRONTIÈRE AVEC L'ARGENTINE, OÙ 800 PERSONNES S'APPRÊTAIENT ÉGALEMENT À QUITTER LEURS FOYERS. PHOTO AFP 

Cette évacuation concerne 2.240 riverains de ce volcan culminant à 2.965 mètres dans la région du Biobio, à quelque 500 kilomètres au sud de Santiago du Chili.

Le ministre a précisé que le sinistre pourrait ne pas survenir ou être mineur, mais « toutes les indications techniques indiquent que s'est enclenché un processus qui pourrait déboucher sur une éruption » . Le déclenchement de l'alerte rouge est donc « indispensable » , a-t-il précisé.

De l'autre côté de la frontière, les autorités argentines s'apprêtaient à évacuer 800 personnes, dans la province de Neuquén (sud-ouest).

« Nous sommes en alerte rouge et (il a été décidé) l'évacuation des 800 habitants du village de Caviahue-Copahue, situé à environ 15 kilomètres du volcan » , a annoncé le maire de la localité, Oscar Mansegosa, à la chaîne d'information C5N.

M. Mansegosa a ajouté que les habitants seraient transportés à 70 kilomètres de là, dans des lieux d'hébergement d'urgence.

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

EN AMÉRIQUE DU SUD QUE LE STRATOVOLCAN COPAHUE S'EST RÉVEILLÉ. PLUSIEURS PROVINCES ARGENTINES ET CHILIENNES ONT ÉTÉ PLACÉES EN ALERTE ROUGE. LE VOLCAN, SITUÉ À LA FRONTIÈRE DE L'ARGENTINE ET DU CHILI, CULMINE À PRÈS DE 3000 M D'ALTITUDE DANS LES ANDES PATAGONNES. IL ÉTAIT DÉJÀ RENTRÉ EN ÉRUPTION EN DÉCEMBRE DERNIER, MAIS CETTE FOIS-CI LE PANACHE ÉMIS PAR LE VOLCAN EST CONSIDÉRABLE. 3000 PERSONNES DES VILLAGES VOISINS (EN ARGENTINE COMME AU CHILI) ONT ÉTÉ ÉVACUÉES, DANS UN RAYON DE 25 KM. L'ACTIVITÉ SISMIQUE EN FORTE HAUSSE DANS LA RÉGION FAIT CRAINDRE UNE ÉRUPTION MASSIVE DANS LES PROCHAINES 48H.
« La population est tranquille. Nous avons un plan d'évacuation et nous savons ce que nous avons à faire car nous vivons au pied d'un volcan » , a rassuré M. Mansegosa.

Par mesure de précaution, le village restera sous surveillance des forces de l'ordre le temps que durera l'évacuation.

Au cours des dernières 48 heures, l'activité sismique dans la zone du volcan s'est « notablement » accrue, selon le dernier rapport du Service national de géologie et des mines chilien.

En décembre dernier, autorités chiliennes et argentines avaient également lancé l'alerte après un regain d'activité sismique qui s'était finalement révélé sans conséquences.

dimanche 26 mai 2013

MANIFESTATION CONTRE L'ANNULATION DE LA CONDAMNATION DE RIOS MONTT

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

« NOUS SOMMES TOUTES  IXILES » DES MAYAS IXIL MANIFESTENT POUR RÉCLAMER JUSTICE. PHOTO  JAMES RODRIGUEZ 

M. Rios Montt, 86 ans, avait été reconnu par un tribunal local coupable le 10 mai de génocide et crimes contre l'humanité, et condamné à un total de 80 ans de prison. Le jugement a été annulé par la CC, qui a estimé que les droits de la défense n'avaient pas été respectés, et l'accusé devra à nouveau comparaître devant la justice.

Plusieurs autres manifestations de solidarité avec les victimes du régime de Efrain Rios Montt (1982-1983) se sont déroulées simultanément dans d'autres pays sud-américains.

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

HÈCTOR HUGO PÈREZ AGUILERA, LE PRÉSIDENT DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE DE GUATEMALA ; ROBERTO MOLINA BARRETO, MAGISTRAT ; ALEJANDRO BALTAZAR MALDONADO AGUIRRE, MAGISTRAT. « LES VISAGES DE L'IMPUNITÉ »  MANIFESTATION CONTRE L'ANNULATION DE LA CONDAMNATION DE RIOS MONTT . 
A Guatemala Ciudad, face au bâtiment de la Cour constitutionnelle, les manifestants ont dressé un autel sur lequel ont été déposées des fleurs et des bougies. Plusieurs banderoles ont également été déployées, qualifiant notamment de « honte nationale»  les trois juges ayant voté en faveur de l'annulation du jugement.

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 

« OUI, IL Y A EU GÉNOCIDE » DES MEMBRES DE LA COMMUNAUTÉ INDIGÈNE GUATEMALTÈQUE TIENNENT UNE CONFÉRENCE DE PRESSE, LE 22 MAI 2013 À GUATEMALA CITY. PHOTO JOHAN ORDONEZ 

Maisons brûlées

« Oui, il y a eu génocide », « Mon coeur est Ixile» (du nom d'une ethnie indienne victime de répression sous Rios Montt) ou « Non à l'impunité», ont notamment clamé les manifestants durant leur parcours.

« Les soldats ont brûlé ma maison, tué mes vaches et les ont mangées. Je suis pauvre et je demande justice», a confié Rosa Ramírez, 73 ans, survivante d'opérations menées par l'armée dans le département de Quiché, dans le nord du pays, à cette époque.

« C'est une protestation contre la décision illégale prise par la Cour qui essaie de revenir sur l'un des jugements historiques les plus importants du Guatemala » , a déclaré pour sa part Nery Rodenas, directeur du Bureau des Droits de l'homme de l'archevêché de Guatemala (ODHAG).

jeudi 23 mai 2013

LE PÂTRE GREC EST MORT

[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]
          
 GEORGES MOUSTAKI A REPRIS LA CHANSON DE JOAN BAEZ & ENNIO MORRICONE, EN ADAPTANT LES PAROLES EN FRANÇAIS SOUS LE TITRE DE «  MARCHE DE SACCO ET VANNZETTI »
DURÉE : 00:03:11 

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
GEORGES MOUSTAKI, EN 1970.- AFP
Il a écrit quelque 300 chansons pour les plus grands interprètes, Piaf, Montand, Barbara, Gréco, Reggiani, avant de les chanter lui même avec succès. Ses chansons les plus célèbres restent Milord (1958), écrite pour Edith Piaf et traduite dans le monde entier, puis Le Métèque (1969), d’abord chantée par Pia Colombo et dont le refrain a fait le tour de la planète.
Plusieurs autres sont devenues des classiques, comme celles interprétées en 1966 par Reggiani, Sarah, Ma liberté, Ma solitude, Votre fille a vingt ans, mais aussi La Dame Brune (Barbara, 1968), ou encore Joseph, La Marche de Sacco et Vanzetti. Polyglotte, artiste peintre, il vivait depuis plus de quarante ans sur l’île Saint-Louis à Paris.

Artiste engagé

L’engagement de Moustaki l’emmena à participer à de nombreuses mobilisations en faveur des droits de l'Homme, comme pour le Chili : « On crucifie l'Espagne / On torture au Chili / La guerre du Viêt-Nam / Continue dans l'oubli », nous fredonnait-il dans son fado « Portugal ». Sa relation avec le Chili devient quasi permanente ; il travaille notamment une vingtaine d’années avec la chanteuse chilienne Marta Contreras. 

Georges Moustaki participa aussi en 1977 à l’enregistrement du disque « Chants pour Les Enfants du Chili » avec la chanson – « Requiem pour n’importe qui », en solidarité avec le Chili.


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

POCHETTE DU VINYLE « CHANTS POUR LES ENFANTS DU CHILI »

Dans un entretien publié dans le journal Le Monde daté du 19 avril 2012, Georges Moustaki a eu une pensée pour l’ancien président chilien : « une idée qui m'est venue en regardant le meeting du 15 avril 2012 à Vincennes, j'ai pensé que Hollande avait un peu une physionomie à la Salvador Allende (président socialiste chilien de 1970 à 1973, renversé lors d'un coup d'Etat militaire). Allende, un homme qui a fait de grandes choses, était un monsieur rond avec des lunettes, ce n'était pas Barack Obama ni Fidel Castro.» 

LE MÉTÈQUE

[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]

          
 GEORGES MOUSTAKI  «   LE MÉTÈQUE » 1969
DURÉE : 00:02:34 

MARCHE DE SACCO E VANNZETTI

[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]
          
 GEORGES MOUSTAKI A REPRIS LA CHANSON DE JOAN BAEZ & ENNIO MORRICONE, EN ADAPTANT LES PAROLES EN FRANÇAIS SOUS LE TITRE DE «  MARCHE DE SACCO ET VANNZETTI »
DURÉE : 00:03:11 

mercredi 15 mai 2013

VOUS AVEZ DIT TOTALITARISME ?



COUVERTURE DE « VOUS AVEZ DIT TOTALITARISME ? »




Dans ces essais foisonnants et décapants, qui constituent une voie d’accès idéale à son œuvre, Slavoj Žižek propose une réinterprétation vigoureuse du «siècle des totalitarismes», du fonctionnement de l’État stalinien, du système concentrationnaire nazi et, plus généralement, de la condition post-tragique qui est la nôtre. 
LE PHILOSOPHE SLOVÈNE SLAVOJ ZIZEK.
(©CRC ROBERT / SIPA)
S’appuyant notamment sur les catégories élaborées par Jacques Lacan, dont l’emploi est ici clair et éclairant, et sur l’examen d’œuvres de la culture populaire et classique (d’Antigone à John Woo, en passant par Chostakovitch, Hitchcock, James Bond et Spielberg), ce sont les usages politiques contemporains de la notion de totalitarisme qui se trouvent mis en question, ainsi que la possibilité de l’émergence d’une politique d’émancipation radicale.

«Loin d’être un concept valable, la notion de totalitarisme est une sorte de subterfuge théorique; au lieu de nous donner les moyens de réfléchir, de nous contraindre à appréhender sous un jour nouveau la réalité historique qu’elle désigne, elle nous dispense de penser, et nous empêche même activement de le faire.»

Slavoj Žižek

Slavoj Žižek est responsable de recherche à l’Institut d’Études Sociales de Ljubljana. Il a déjà publié en français : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Lacan sans jamais oser le demander à Hitchcock (Paris, Navarin, 1988) ; Ils ne savent pas ce qu’ils font. Le sinthome idéologique (Paris, Point Hors Ligne, 1990) ; Un essai sur Schelling : le reste qui n’éclôt jamais (Paris, L’Harmattan, 1996) ; Le spectre rôde toujours. Actualité du Manifeste du Parti communiste (Paris, Nautilus, 2002). Son œuvre, comme celles d’Alain Badiou, Étienne Balibar, Judith Butler, Ernesto Laclau, Antonio Negri ou Jacques Rancière, se situe au cœur des débats qui, après l’effondrement du paradigme marxiste-léniniste et à l’heure de la mondialisation libérale, cherchent à redéfinir les termes d’une politique démocratique radicale.

Traduction : Delphine Moreau, Jérôme Vidal, avec la collaboration de Marion Duval


AMSTERDAM POCHES
ISBN 9782354801267
9,80 EUROS
312 PAGES
PARU LE 15 MAI 2013

_________________


SUR LE MÊME SUJET :


mardi 14 mai 2013

ALIEN : LE MINUSCULE SQUELETTE QUI A AFFOLÉ LES UFOLOGUES

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LA PREMIÈRE PHOTO D'ATA. CREDIT  ALEJANDRO D Á VALOS / LA CUARTA 

L'immunologiste Garry Nolan, chercheur à l'Université Stanford (Californie), décide alors de se pencher sur la question. Première curiosité : Ata n'a que dix paires de côtes, au lieu de douze, mais surtout, sa boîte crânienne est excessivement déformée et imposante par rapport au reste du corps. Garry Nolan s'intéresse à son génome. Surprise : alors qu'il pensait que le squelette avait quelques centaines, voire milliers d'années, son ADN indique qu'il n'est âgé que de quelques décennies.

Le scientifique s'adresse alors à un éminent spécialiste des déformations fœtales, le radiologue pédiatrique Ralph Lachman, du centre médical Cedars-Sinai de Los Angeles. Celui-ci lui dit n'avoir jamais rencontré un tel cas. Deuxième surprise de taille : après des analyses par rayons X, le Dr Lachman établit que le développement des genoux du squelette d'Ata correspond à celui d'un enfant... de 6 à 8 ans.

Garry Nolan émet alors deux hypothèses. La première est qu'Ata a souffert d'une forme extrême de nanisme, et a bel et bien atteint cet âge. La seconde est qu'il a souffert d'une maladie, la progéria, qui a fait vieillir précocement et de façon accélérée son ossature in utero – rappelons qu'il a la taille d'un fœtus de 22 semaines. Une troisième piste est envisagée : une intoxication fœtale aux tératogènes. Seulement, l'existence d'autres cas de squelettes excessivement petits, notamment en Russie, tendrait à privilégier une explication génétique plutôt que toxicologique.


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]


CAPTURE D'ÉCRAN DU DOCUMENTAIRE « SIRIUS »
Enfin, un autre expert avance une explication plus prosaïque : pour William Jungers, paléoanthropologue et anatomiste à l'Université Stony Brook, dans l'Etat de New York, il s'agit « d'un fœtus humain ou d'un enfant mort-né particulièrement desséché et momifié»  – à noter que le désert de l'Atacama est l'un des endroits les plus secs de la planète. Il mentionne des » parties du corps à peine ossifiées et immatures » , comme les mains et les pieds, ainsi que la large suture métopique, au milieu du crâne, typique des fœtus et des nouveaux-nés. « Si l'on a du mal à déterminer des anomalies génétiques, c'est peut-être parce qu'il n'y en a pas » , conclut-il. Reste que cela n'explique pas le nombre anormal de côtes et la densité des genoux.

Le mystère n'est donc pas encore résolu. En attendant d'obtenir de nouveaux résultats, les seules certitudes et sources de satisfaction pour Garry Nolan, dont les analyses ont fait le tour de la Toile ces derniers jours, est d'avoir démontré qu'il ne s'agissait ni d'un faux ni d'un « alien» .

LE TRAIN ARICA-LA PAZ FÊTE UN CENTENAIRE DÉSENCHANTÉ

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LE MILLIARDAIRE CONSERVATEUR SEBASTIÁN PIÑERA, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU CHILI, LORS DE LA CÉRÉMONIE DE COMMÉMORATION DU CENTENAIRE DE LA CONSTRUCTION  DU CHEMIN DE FER ARICA - LA PAZ   LE 13 AVRIL 2013. . PHOTO JOSÉ MANUEL DE LA MAZA
En 2005, cette partie avait été rendue inutilisables par des glissements de terrain provoqués par les pluies et la faillite de la société privée gérant la ligne. Après 45 millions de dollars (34,6 millions d'euros) d'investissements et deux années de travaux le chemin de fer est à nouveau en service mais de manière très partielle.

« Il n'a pas d'activité permanente. Depuis janvier nous ne faisons que des parcours test », a indiqué l'historien Hermann Mondaca. « Aucune démarche n'a été faite pour un transit permanent, rien n'est clair et rien ne fonctionne », a-t-il déploré.

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LE MILLIARDAIRE CONSERVATEUR SEBASTIÁN PIÑERA, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU CHILI,  S’OFFRE UN BAIN DE FOULE LORS DE LA CÉRÉMONIE DE COMMÉMORATION DU CENTENAIRE DE LA CONSTRUCTION  DU CHEMIN DE FER ARICA - LA PAZ   LE 13 AVRIL 2013. . PHOTO JOSÉ MANUEL DE LA MAZA

Le fonctionnement du chemin de fer est devenu une pomme de discorde supplémentaire entre le Chili et la Bolivie qui reproche à son voisin son manque de coopération.

Potentiel touristique

« Le commerce La Paz-Arica (essentiellement soja, minéraux et bois) est transporté par camion », a indiqué Guillermo Pou Mont, président de la Chambre des exportateurs de Bolivie. Du temps de sa splendeur, le chemin de fer transportait jusqu'à 330'000 tonnes de marchandises par an.

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU CHILI VISITE AVEC DES ENFANTS LE CHEMIN DE FER ARICA - LA PAZ   LE 13 AVRIL 2013. PHOTO JOSÉ MANUEL DE LA MAZA
Les tensions entre la Bolivie et le Chili ont empêché également l'exploitation touristique de la ligne, qui n'a pas connu de passagers depuis une vingtaine d'années. « On pourrait acheter des locomotives modernes et desservir le tourisme entre les deux pays», estime M. Mondaca. « Un train de ce genre pourrait avoir une valeur touristique énorme », renchérit Sergio Gonzalez de l'université chilienne Arturo Prat.

lundi 13 mai 2013

66ÈME FESTIVAL DE CANNES

QUINZAINE DES RÉALISATEURS

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

L'AFFICHE DU FILM « L’ÉTÉ DES POISSONS VOLANTS  » 


El verano de los peces Voladores, de Marcela Said (Chili).

A Strange Course of Events, de Raphaël Nadjari (Israël).

Blue Ruin, de Jeremy Saulnier (Etats-Unis).


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

L'AFFICHE DU FILM «  LA DANZA DE LA REALIDAD  »


La danza de la realidad, d'Alejandro Jodorowsky (Chili).

Até ver a luz, de Basil da Cunha (Portugal - Suisse).

Henri, de Yolande Moreau (France).

Ilo ilo, d'Anthony Chen (Singapour).

Jodorowsky's Dune, de Frank Pavich (Etats-Unis - France).

L'Escale, de Kaveh Bakhtiari (Suisse - France).

La Fille du 14 juillet, d'Antonin Peretjatko (France).

Les Apaches, de Thierry de Peretti (France).

Les Garçons et Guillaume, à table !, de Guillaume Gallienne (France).


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

L'AFFICHE DU FILM « MAGIC MAGIC  »
Magic Magic, de Sebastian Silva (Chili - Etats-Unis).

On the Job, d'Erik Matti (Philippines).

The Congress, d'Ari Folman (Israël - Etats-Unis).

The Last Days on Mars, de Ruairi Robinson (Royaume-Uni)

The Selfish Giant, de Clio Barnard (Royaume-Uni).

Tip Top, de Serge Bozon (France).

Ugly, d'Anurag Kashyap (Inde).

Un voyageur, de Marcel Ophuls (France).

We Are What We Are, de Jim Mickle (Etats-Unis).

dimanche 12 mai 2013

ARAUCARIA SOUTIENT TRÈS HAUT LE FILM
« L'ESPRIT DE 45 » DE KEN LOACH




Comme dit en substance l'un des intervenants : après tant de crises, le capitalisme s'écroule, mais l'idée du capitalisme ne s'est, elle, jamais si bien portée. Ce sont tous les fantasmes d'autorégulation des marchés, les ravages du chacun pour soi que dénonce le cinéaste. Il décrit l'amélioration spectaculaire du niveau de vie des Anglais dans les années 1950-1960 et le démantèlement féroce de ces acquis par Margaret Thatcher à partir des années 1980. 

Le hasard a fait que la sortie du film coïncide peu ou prou avec la disparition de cette dernière. Les inégalités qu'elle a contribué à creuser demeurent. Mais l'« esprit de 45 » aussi, à en croire Ken Loach. — C.M. 
Cécile Mury



Cinéma du Panthéon
Adresse : 13, rue Victor-Cousin 75005 Paris 5ème arrondissement 
Métro Luxembourg 


« L'ESPRIT DE 45  »
DE KEN LOACH, GB, 2013, 1H34

SÉANCES
A PARTIR DU 8 MAI : 
TOUS LES JOURS SAUF MARDI : 14H, 16H, 18H, 20H, 22H
MARDI : 14H, 16H, 18H

LE PHOTOGRAPHE DE L'AFP RETENU À MANAGUA EXPULSÉ VERS LE COSTA RICA


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LE PHOTOGRAPHE CHILIEN HÉCTOR RETAMALDE DE L'AFP RETENU À MANAGUA FUT EXPULSÉ VERS LE COSTA RICA. PHOTO  PRISE À COPIAPO NORD DU CHILI, EN OCTOBRE 2011.  



Héctor Retamal, 37 ans, de nationalité chilienne, avait été arrêté mardi soir aux abords de la résidence présidentielle alors qu'il s'apprêtait à couvrir la réunion du président Daniel Ortega avec le ministre des Relations extérieures de l'Autorité palestinienne, Riad Malki. 

Depuis mardi, le photographe était retenu dans les locaux de la police judiciaire, chargée des affaires de terrorisme, de trafic de drogue et du crime organisé. Hector Retamal n'avait pas pu rencontrer d'avocat et a avait uniquement pu recevoir, à deux occasions, la visite de M. Diego Rivera, pour la dernière fois jeudi soir. 

« La détention est illégale. La police dispose de 48 heures pour réaliser des recherches et le mettre à la disposition d'un juge. Mais il reste détenu et aucune charge ne lui a été notifiée » , avait affirmé samedi l'avocat Raul Arévalo, qui avait présenté un recours demandant sa libération. 

L'ambassade de France à Managua s'était également saisie du cas du photographe et avait effectué des démarches en vue de sa libération. 

La présidente de l'Association des correspondants étrangers du Nicaragua (ACEN), Sonia González, avait demandé jeudi dans une lettre l'intervention de la porte-parole de la présidence et première dame Rosario Murillo, afin de « résoudre rapidement »  la situation. 
« Notre travail est de couvrir les activités (présentant un intérêt) journalistique au Nicaragua et c'est ce que faisait M. Retamal mardi soir » , précisait la lettre de l'ACEN. 


samedi 11 mai 2013

GUATEMALA : L'ANCIEN DICTATEUR RIOS MONTT COUPABLE DE GÉNOCIDE

DES FEMMES INDIGÈNES ONT ASSISTÉ AU PROCÈS  POUR GÉNOCIDE DU GÉNÉRAL EFRAÍN RÍOS MONTT  L'ANCIEN DICTATEUR DU GUATEMALA.  PHOTO JORGE DAN LOPEZ 

« Je ne suis pas génocidaire (...) Je n'ai jamais autorisé, jamais signé, jamais ordonné qu'on en attente contre une race, une ethnie ou une religion. Je ne l'ai jamais fait ! », s'est-il défendu jeudi d'une voix aiguë mais ferme, lors d'une ultime prise de parole devant ses juges. Au nom de la lutte contre-insurrectionnelle, en pleine guerre froide, il avait mis en place une politique de la « terre brûlée » contre des communautés indigènes soupçonnées de soutenir les guérillas de gauche, dans le nord et le nord-est du pays.



[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

CONFÉRENCE DE PRESSE DANS LE PALAIS NATIONAL, CIUDAD DE GUATEMALA, LE 23 MARS 1982. PHOTO JEAN-MARIE SIMON
Un rapport de l'ONU daté de 1999, présenté par l'accusation lors du procès, recense 626 massacres - dont 500 hameaux rasés - et considère qu'il y a eu «génocide ». D'après ce même rapport, plus de 90 % des violations des droits de l'homme se sont déroulées entre 1978 et 1984. Au total, la guerre (1960-1996), a fait 200 000 morts et disparus, d'après les Nations unies, dans ce pays qui compte actuellement 14 millions d'habitants.

Rios Montt pourrait en outre faire face à un nouveau procès pour génocide, pour d'autres massacres commis sous son régime.

CHILI : ENTRE 50 000 ET 130 000 MANIFESTANTS À SANTIAGO

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LES MANIFESTATIONS ÉTUDIANTES SE POURSUIVENT AU CHILI. LES MANIFESTATIONS ÉTUDIANTES SE POURSUIVENT AU CHILI.  PHOTO MELTY CAMPUS
Ce fut l'un des rassemblements les plus importants de ces dernières semaines. Et comme souvent, des casseurs se sont joints aux manifestants pacifistes pour provoquer les forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes et avec des canons à eau. 
[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LES MANIFESTATIONS ÉTUDIANTES SE POURSUIVENT AU CHILI.  PHOTO MELTY CAMPUS 
Afin de fragiliser le mouvement étudiant, le gouvernement pratique très largement l'amalgame entre les manifestants et les casseurs. Il est toutefois important de noter que ces derniers sont de plus en plus nombreux, nourris de colère contre les outils de répression mis en place par le gouvernement. 

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LES MANIFESTATIONS ÉTUDIANTES SE POURSUIVENT AU CHILI. 

Les étudiants chiliens semblent donc entrés dans un cercle de vicieux, où la réponse répond à la violence.Il y a quelques jours, 3 bus étaient incendiés à Santiago. 
[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LES MANIFESTATIONS ÉTUDIANTES SE POURSUIVENT AU CHILI. LA RÉPRESSION AUSSI. DE NOUVELLES ARRESTATIONS ONT EU LIEU À SANTIAGO.
A la fin de 2011, le mouvement étudiant a obtenu une hausse de 10 % du budget de l'éducation pour 2012, de timides aides à l'endettement étudiant et un début de réforme sur la gestion des collèges et lycées publics. Des efforts insuffisants pour les étudiants, bien décidés à poursuivre le combat.