jeudi 29 mars 2012

DANIEL ZAMUDIO, 24 ANS, MORT POUR ÊTRE HOMO

DANIEL ZAMUDIO VERA. UNE PHOTO  CRISTIAN CARVALLO
Depuis dimanche 25 mars, où les médecins avaient annoncé sa "mort cérébrale" une veillée se tient devant l'hôpital. "Il y a des bougies allumées, des lettres, des photos, des banderoles" raconte le site d'informations El Mostrador, qui a choisi, pour rendre hommage à Daniel, l'un des textes anonymes affichés lors de cette veillée : "Pardon, parce qu'inexplicablement nous continuerons à nous abêtir devant des matchs de foot ou des émissions de variété. Et ta mort ne sera qu'une date de plus dans la chronologie de ce Chili de merde. (....) Pardon pour nos lois obsolètes [une projet de loi contre les dicriminations et contenant notamment un article sur la diversité sexuelle est bloqué au Sénat depuis 2005 par la droite] (....) Pardon pour les blagues sur les différences, pour notre superficialité (...) Pardon pour tant de pardons (...)"

mercredi 28 mars 2012

L’HOMOPHOBIE A TUÉ AU CHILI




La violente agression s’est déroulée alors que le jeune homme quittait son travail dans le centre de Santiago. Battu, marqué de symboles néo-nazis, brûlé avec des cigarettes, il a été pris en charge par les secours dans un état très préoccupant. Et les soins n’ont pas permis de le ranimer.

Très vite, les associations de défense des homosexuels – tel le Movimiento de integración y liberación homosexual (Movilh) – se sont saisies de l’affaire réclamant justice et des mesures condamnant beaucoup plus fermement les agressions de ce type."Il faut une loi anti-discrimination", revendiquent de nombreuses associations et de simples citoyens.
Les auteurs des faits n’ont pas (encore) été interpellés. Mais le Movilh a déjà annoncé qu’il suivrait le dossier de près et qu’il attendait une réponse exemplaire des services de l’Etat pour que ce crime ne reste pas impuni. Toute la classe politique s’est soudée pour dénoncer d’une seule voix ce terrible fait divers. Le ministre de l’Intérieur, Rodrigo Hinzpeter, s’est même engagé à ce que ces faits soient sévèrement punis, mettre tout en œuvre pour interpeller les auteurs et prévenir de nouvelles agressions.

L’état de santé de Daniel Zamudio ne laisse que peu de place à l’espoir. Son décès semble inéluctable.

Mise à jour le 28 mars :

Daniel Zamudio est décédé des suites de ses blessures mardi 27 mars 2012.


Ses agresseurs présumés ont finalement été interpellés quelques jours auparavant et placés en détention préventive.


Peu après son décès, le ministre Hinzpeter, également vice-président, a assuré que tout serait mis en oeuvre pour que la loi anti-discrimination entre rapidement en vigueur.

lundi 26 mars 2012

PUISSANT SÉISME AU CHILI, UNE PARTIE DU LITTORAL ÉVACUÉ PAR PRÉCAUTION

EXPOSITION DE LA POPULATION 

Répliques de 3,8 à 4,7 ressenties

Talca est au coeur d'une région déjà frappée en 2010 par un tremblement de terre de magnitude 8,8, qui avait été suivi d'un tsunami meurtrier. L'Onemi, dans plusieurs bulletins consécutifs, a souligné que le séisme de dimanche «ne réunit pas les caractéristiques nécessaires pour générer un tsunami sur les côtes». Pourtant, sa branche régionale du Maule a «décidé d'effectuer une évacuation préventive sur la zone littorale de la région, en raison de l'observation d'un retrait de la mer», de 30-40 mètres par endroits selon des témoignages.

Le 27 février 2010, un séisme suivi d'un tsunami avaient frappé la même région centre-sud, faisant plus de 520 morts. Le tsunami avait ravagé un chapelet de stations balnéaires à 400 km de Santiago.

Andrés Chadwick, porte-parole du gouvernement, a souligné que l'évacuation était purement préventive, et que les «observations visuelles» d'un retrait de la mer n'étaient «pas corroborées par des données techniques» du Service hydrographique de la Marine. L'évacuation a finalement été levée à 23h46 locales, a-t-il annoncé. Mais selon des médias locaux, quelques évacués avaient allumé des feux et entendaient passer la nuit dehors, sur des points surélevés, pour plus de sûreté. Des répliques de magnitude allant de 3,8 à 4,7 ont été ressenties en soirée.


Une dizaine de blessés légers

La longue secousse initiale, de près d'une minute, a précipité des centaines de personnes dans les rues à Talca, ville d'environ 200.000 habitants. Elle a été ressentie dans la capitale, Santiago. Un prêtre y a raconté à la télévision chilienne que la secousse a provoqué des chutes d'objets pendant une messe.

Selon le ministre de l'Intérieur, Rodrigo Hinzpeter, les blessés «pourraient approcher la dizaine», mais «tous n'ont eu que des blessures légères» causées par des chutes d'objets, des pans de cloisons ou plafonds. L'Onemi a signalé un blessé dans un accident de la route. Andres Chadwick a fait état d'un mort par infarctus dans la région touchée, à Parral, mais il n'a pas confirmé un lien avec le séisme. Des coupures d'électricité ont été rapportées dans le secteur de Talca, affectant 900 foyers à Cabrero, ainsi que des problèmes de connexion téléphonique, liés en partie au flux d'appels après le séisme.

«C'était un séisme important, mais c'est passé» a déclaré Hinzpeter en appelant au calme. Il a ajouté que le président Sebastian Piñera, actuellement en Corée du Sud dans le cadre d'une tournée en Asie, était tenu informé. Le Chili est située sur la «Ceinture de feu du Pacifique», qui concentre environ 85% de l'activité sismique terrestre. C'est au Chili qu'a été enregistrée en 1960 à Valdivia (sud) la secousse le plus forte jamais mesurée, de magnitude 9,5. Ce séisme avait fait quelque 5.700 morts.

© 2012 AFP

samedi 24 mars 2012

LA BOLIVIE RÉCLAME AU CHILI SON ACCÈS À LA MER

Parades militaires, défilés de fonctionnaires et chants à la gloire d’un retour à l’océan, la Bolivie a commémoré son traditionnel « Jour de la mer » en réaffirmant qu’elle n’abandonnera jamais son désir de récupérer un accès maritime. Un accès que les Boliviens considèrent comme injustement confisqué par le Chili voisin à la fin du 19ème siècle. 

Beaucoup moins diplomate que les années précédentes, le président bolivien Evo Morales s’est d’ailleurs montré extrêmement dur envers Santiago. « En plein XXIe siècle, le Chili ne peut pas continuer se porter comme un mauvais voisin. Que le gouvernement chilien ne croie pas qu’il nous lassera avec son attitude dilatoire et de distraction, a lancé Evo Morales. L’absence d’un accès libre à la mer a un impact négatif sur notre économie et sur notre développement. Notre pays a le pouvoir de recourir à tous les scénarios possibles pour faire valoir son droit à retrouver sa qualité maritime, ce qui lui permettra de s’intégrer au monde ». 

Annoncée l’an passé, la stratégie de recourir aux organismes internationaux plutôt qu’au dialogue bilatéral est donc confirmée. Mais aucune date ni aucune précision sur la nature du recours n’a encore été dévoilée.

vendredi 23 mars 2012

DISCRIMINATION / GAY : LE CHILI ÉPINGLÉ

MARDI, LA COUR INTERAMÉRICAINE DES DROITS DE L’HOMME, QUI DÉPEND DE L’ORGANISATION DES ETATS AMÉRICAINS (OEA), A DÉCLARÉ LE CHILI COUPABLE DE VIOLATION DU DROIT À L’ÉGALITÉ ET DU DROIT À LA VIE PRIVÉE. «C’EST UNE SENTENCE HISTORIQUE, SOULIGNE JORGE CONTESSE, AVOCAT DE KAREN ATALA. POUR LA PREMIÈRE FOIS, UNE COUR INTERNATIONALE CONDAMNE LA DISCRIMINATION SEXUELLE, CE QUI CRÉE UN PRÉCÉDENT POUR TOUS LES PAYS D’AMÉRIQUE.» PHOTO  VIVIANA MORALES.


Dans son jugement, la CIDH basée au Costa Rica a estimé que l'Etat chilien "est responsable de violation du droit à l'égalité et à la non-discrimination" de la juge Karen Atala et de ses trois filles, et d'une atteinte à leur vie privée.

Le jugement a été salué comme "historique" par les associations de défense des droits homosexuels, comme Movilh, pour qui c'est la première fois que le Chili, très majoritairement catholique et conservateur, est condamné pour discrimination sexuelle.

vendredi 16 mars 2012

CHILI - LA PATAGONIE SE SOULÈVE


DES MANIFESTATIONS PACIFIQUES VIOLEMMENT RÉPRIMÉES. PHOTO CLAUDIO FRÍAS
Paradoxalement – et c’est révélateur des enjeux de cette mobilisation –, la croissance de la région fut de 19,8 % en 2011. Une activité économique dont les habitants ne bénéficient pas pleinement comme le démontrent leurs revendications : amélioration des infrastructures sanitaires (hôpitaux), subsides régionaux pour faire face aux prix élevés de l’essence et du gaz, création d’une université publique orientée vers la région, salaire minimum adapté au coût de la vie, aides aux pêcheurs, etc.

DES MANIFESTATIONS PACIFIQUES VIOLEMMENT RÉPRIMÉES. PHOTO CLAUDIO FRÍAS
Si la région fut une des dernières a être colonisée, tant son climat et sa géographie la rendaient hostile, elle fit rapidement office de vache à lait pour Santiago. En 1940, l’État autorisa la Société industrielle d’Aysén (dont le siège était à Valparaiso) à brûler trois millions d’hectares de forêt pour l’élevage de moutons. A l’heure actuelle, c’est l’élevage de saumons, l’industrie forestière et surtout la production d’énergie qui nourrissent l’appétit des grandes entreprises chiliennes et étrangères. C’est en effet au cœur de cette région que devrait voir le jour HidroAysén, un projet de construction de cinq méga-barrages qui alimentera le système d’électricité central du pays1. Juan Pablo Orrego, coordinateur international du Conseil de défense de la Patagonie et opposant farouche à HidroAysén, considère la mobilisation des habitants comme un exemple à suivre pour tout le pays : « Étant donné son isolement, son abandon, mais aussi grâce à son esprit de pionner, Aysén a compris qu’elle avait besoin d’un développement autonome, autogéré, distinct de celui qui mène à la faillite sociale et environnementale l’entier du pays. »

Le gouvernement central fait pour l’instant la sourde oreille. Il n’entamera « aucun dialogue ou conversation tant qu’il serait fait usage de la force », selon les mots du ministre de l’Intérieur Rodrigo Hinzpeter. Pas de dialogue donc, mais une forte répression des carabineros à coups de gaz lacrymogène, de matraques et de balles en caoutchouc. Une conduite qui n’est pas sans rappeler la répression violente du mouvement étudiant de 2011 et condamnée par l’Institut national des droits de l’homme qui la juge « indiscriminée et disproportionnée ».

CHILI : LES ÉTUDIANTS RÉCLAMENT UNE RÉFORME DU SYSTÈME

PREMIÈRE MOBILISATION DE L'ANNÉE APRÈS SEPT MOIS DE PROTESTATION EN 2011 POUR EXIGER UNE RÉFORME DE L'ÉDUCATION. PHOTOS HÉCTOR ARAVENA  

Les leaders de la manifestation ont affirmé que de 5000 à 7000 élèves du secondaire avaient marché le long de la principale avenue de Santiago. La police a quant à elle affirmé qu'il y avait 2000 manifestants et a précisé avoir arrêté 50 personnes.

Un caméraman de la chaîne colombienne NTN 24 a notamment été arrêté pour avoir «bloqué et gêné» les policiers, selon l'Association chilienne de la presse étrangère.

La police a précisé que la manifestation n'avait pas été autorisée par les responsables municipaux parce que les organisateurs n'ont pas demandé la permission 48 heures à l'avance.

Les policiers ont dispersé le rassemblement quand quelques centaines d'élèves ont franchi une barrière érigée par la police et ont tenté de marcher vers le ministère de l'Éducation.

«Le gouvernement nous montre clairement qu'il est intransigeant, mais nous sommes forts (...) et le gouvernement a peur de nous», a dit un leader du mouvement étudiant, Maximiliano Salas.

La manifestation avait été organisée par un regroupement d'écoles secondaires pour demander l'accès gratuit à un enseignement de qualité et pour dénoncer l'expulsion d'une centaine d'élèves et d'étudiants qui ont participé aux manifestations de l'an dernier. Certains étudiants universitaires ont aussi participé au rassemblement.

La crise de l'éducation au Chili demeure non résolue malgré les sept mois de manifestations massives de l'année dernière, auxquelles ont participé des étudiants, des enseignants et des parents.

Les marches ont été généralement pacifiques, mais se sont souvent terminées par des affrontements entre la police et une minorité de militants masqués qui lançaient des pierres et des cocktails Motolov.

Les vacances d'été viennent de se terminer au Chili et les étudiants comme le gouvernement s'attendent à de nouveaux affrontements.

jeudi 8 mars 2012

SOUVENIRS DES GÉANTS TERRASSÉS DE PATAGONIE

AFFICHE DE L'EXPOSITION D'UN TERRITOIRE DU BOUT DU MONDE AUX CONTOURS FLOUS, LE MYTHE DES GÉANTS PATAGONS, DES ANIMAUX FABULEUX SURVIVANTS DE LA PRÉHISTOIRE.
La Patagonie est un objet de fantasmes, suggère l'exposition "Patagonie, images du bout du monde", présentée au Musée du quai Branly, à Paris. Photographies, cartes et livres anciens cernent l'esprit de ce grand Sud américain partagé entre Argentine et Chili, et dont les premiers navigateurs pensaient qu'il était le refuge des Patagons, des géants. 



ANTONIO PIGAFETTA
Antonio Pigafetta, qui accompagnait Magellan dans son premier tour du monde (1519-1522), jure dans son journal qu'il vit un géant danser tout nu sur la grève. Sans doute avait-il lu le Primaléon, livre de chevalerie espagnol publié en 1512 à Salamanque, où apparaît le premier Patagon, gargantuesque. De ces beaux récits, on entend des extraits lus, tout en contemplant le livre d'André Thevet (1516-1592), Les Isles Menues, datant de 1586 et prêté par la Bibliothèque nationale de France. La Bibliothèque du Service historique de la défense, à Vincennes, a prêté le manuscrit du journal de l'expédition Beauchesne-Gouin (1698-1701), orné des planches du dessinateur Duplessis. La vérité y est rétablie - oiseaux, poissons et indigènes, tous sympathiques et de taille normale.

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

AFFICHE DE L'EXPOSITION « PATAGONIE, IMAGES DU BOUT DU MONDE »", PRÉSENTÉE AU MUSÉE DU QUAI BRANLY
Au XIXe siècle, la conquête de nouvelles terres d'élevage va de pair avec une exploration génocidaire. L'ingénieur Julio Popper, un juif roumain, se déclara "chasseur d'Onas" (les Indiens Selknam). Des photographies de 1887 montrent ainsi ses hommes en armes traînant des corps dénudés. 

La commissaire de l'exposition, Christine Barthe, responsable des collections photographiques du musée, a fait la part belle aux images de Martin Gusinde, prêtre et ethnologue, qui étudia les Yamana des canaux et les Selknam de la Grande Ile. Il en a analysé la cérémonie initiatique du Hain, nudité, peinture corporelle, étrangeté. 

C'est une photographie contemporaine de l'Argentin Hugo Aveta qui ouvre l'exposition. Il a réalisé, en 2010, une série de clichés en plaçant une maquette de salle d'exposition en Plexiglas devant son objectif, transformant les paysages patagons en objets d'art. Pour conclure, le détroit de Magellan, côté chilien, cliché en noir et blanc de Rodrigo Gomez Rovira (2009). Une fin des terres qui oblige au voyage. 

"Patagonie, images du bout du monde". Musée du quai Branly, 37, quai Branly. Paris 7e. Mº Trocadéro. Jusqu'au 13 mai. De 5 € à 7 €. Catalogue Actes Sud/Musée du quai Branly, 156 p., 35 €. 

Sur le Web : www.quaibranly.fr. 

Et également toutes les vidéos du Musée du quai Branly disponibles surDailyMotion et YouTube.

vendredi 2 mars 2012

CHILI : UN PETIT AVION BIMOTEUR DISPARU EN MER AVEC HUIT PERSONNES À BORD

L'AVION PIPER NAVAJO DE LA COMPAGNIE LOCALE AEROHEIN. PHOTO AEROHEIN
Le contact avec l'appareil, un Piper Navajo de la compagnie locale Aerohein, a été perdu après qu'il eut émis un signal de détresse au-dessus de la mer, à l'approche de l'île touristique de Chiloe, à 1.200 km au sud de la capitale Santiago. L'avion ralliait l'île après avoir décollé à la mi-journée de la localité de Mellinka, une liaison qui ne doit pas dépasser 20 minutes de vol. L'appareil avait à bord le pilote et vraisemblablement sept passagers, a indiqué le ministère dans un communiqué.