jeudi 27 octobre 2011

VOLCAN EN ACTIVITÉ AU CHILI : LES HABITANTS ÉVACUÉS

PHOTO  SERNAGEOMIN 
"Nous allons entamer le processus d’évacuation à la suite du passage de l’alerte jaune au niveau d’alerte rouge", a annoncé le ministre de l’Intérieur Rodrigo Hinzpeter au cours d’une conférence de presse.
Une centaine de personnes ont été évacuées préventivement dans un rayon de 40 km autour du volcan de 1.960 mètres d’altitude, situé dans la région de Coyhaique, à environ 1.600 km au sud de Santiago, a précisé le ministre, ajoutant qu’une éruption était possible étant donné le regain d’activité sismique constaté dans la zone.
Selon le ministre, un survol du volcan mercredi avait permis de constater des chutes d’eau et de terre sur un versant ainsi qu’une colonne de cendres d’un kilomètre de long.

mercredi 26 octobre 2011

AU CHILI, LE PRINTEMPS DES ÉTUDIANTS

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SANTIAGO-DU-CHILI, LE 22 SEPTEMBRE 2011. «CONTENU EXPRESSION», PROCLAME LE SERRE-TÊTE DE CETTE MANIFESTANTE. PHOTO IVAN ALVARADO
« Ce mouvement a surpris la société, observe M. Carlos Ominami, économiste et ministre de l’économie dans le gouvernement du démocrate-chrétien Patricio Aylwin entre 1990 et 1992. Plus de deux cent mille personnes sont descendues dans la rue. Les familles venaient manifester avec les jeunes. » M. Gabriel Muñoz, coordinateur du mouvement à la faculté de philosophie, résume : « Les étudiants se mobilisent depuis quatre mois pour dénoncer la logique néolibérale dans l’éducation, revenir à une éducation gratuite et l’ouvrir aux travailleurs. En face, il y a un gouvernement qui défend les intérêts des entreprises et des puissants. »
Le mouvement de la société ne se réduit cependant pas à l’impressionnante rébellion des enfants des classes moyennes. Dès janvier 2011, Punta Arenas, tout au sud de ce pays long de quatre mille trois cents kilomètres, entrait en ébullition pour protester contre une augmentation brutale du prix du gaz : pendant une semaine, la population a bloqué la ville par une grève générale.
Puis, en avril et mai, les rues de Santiago se sont emplies pour manifester contre des projets de barrages hydroélectriques en Patagonie : dans un pays où l’écologie n’avait jamais vraiment pénétré les programmes politiques, plus de quatre-vingt mille personnes ont refusé la destruction de sites vierges. A partir du mois de mai, la contestation étudiante prenait son essor, soutenue par une majorité du peuple chilien, et conduisait à une remise en cause du système politique jamais vue depuis la fin de la dictature en 1990 (1).

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DES CARTELS AVEC L'IMAGE DU PRÉSIDENT PIÑERA AVEC CASQUE DE LA POLICE ANTIÉMEUTES, À VALPARAISO. PHOTO JOURNAL EL PAIS
Le mouvement Patagonie sans barrages s’opposait au projet HidroAysén : cinq grands barrages sur les fleuves Pascua et Baker, destinés à fournir de l’électricité aux compagnies minières du nord du pays. Une ligne à haute tension devait déchirer le pays sur deux mille trois cents kilomètres pour transporter le courant. Contesté depuis plus de trois ans par une coordination d’organisations écologistes, l’initiative avait été approuvée sans coup férir par le gouvernement. Jusqu’à ce que les manifestations massives, en mai, changent la donne : M. Piñera a dû stopper le projet, repoussant la décision d’un an.
Comment expliquer cette rébellion inattendue ? Pour Raúl Sohr, journaliste et écrivain, « personne ne connaît les fleuves concernés, mais quelque chose s’est produit dans l’inconscient collectif : une explosion de colère contre les oligopoles, contre la subordination de l’Etat aux intérêts commerciaux, contre le grand capital qui fait ce qu’il veut. L’idée que le sud du Chili est pur a aussi rassemblé ».
L’affaire a révélé la concentration du secteur énergétique entre trois groupes, Endesa-Enel (italien), Colbún et ASE Gener (chiliens), dont le gouvernement suit les injonctions. Mais le secteur de l’énergie n’est pas un cas isolé. Selon Andrés Solimano, économiste et animateur du Centro Internacional de Globalización y Desarrollo (Ciglob), «  la propriété est fortement concentrée dans les banques, le commerce, les mines, les médias, où les deux quotidiens dominants, El Mercurio et La Tercera, appartiennent à deux conglomérats. Par exemple, la famille Luksic figure sur la liste Forbes des cinq cents plus grandes fortunes mondiales et possède la Banque du Chili, des mines de cuivre, des sociétés énergétiques, et l’une des principales chaînes de télévision. Quant au président de la République, Sebastián Piñera, il est lui-même milliardaire ». Pour Juan Pablo Orrego, coordinateur du Conseil de défense de la Patagonie, « ce pays est dirigé par une oligarchie : une poignée de familles y possèdent un patrimoine énorme ».

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Le mouvement étudiant « s’est constitué sur le refus des barrages, note Enrique Aliste, sociologue à l’université du Chili. Dans les manifestations, on retrouvait beaucoup de ces jeunes ». Désormais, les étudiants remettent en cause le coût très élevé des études et la privatisation de l’enseignement supérieur. Car, au Chili, l’éducation est la plus chère du monde après les Etats-Unis, et presque totalement privatisée. « Les ressources des universités ne proviennent de l’Etat qu’à 15 %, contre 80 % à 90 % dans les années 1970, explique Solimano. Les universités fonctionnent comme des entreprises : elles cherchent à dégager des profits. Une loi de 1981 les en empêche, mais elle a été contournée par la création de filiales qui permettent aux universités de se louer leurs propres bâtiments à des prix élevés. » Les universités n’enregistrent pas de profits mais leurs filiales les amoncellent.
Résultat : les étudiants payent de 1 à 2 millions de pesos par an (de 1 500 à 3 000 euros), dans un pays où le produit intérieur brut (PIB) par habitant est plus de trois fois inférieur à ce qu’il est en France. M. Muñoz, par exemple, débourse 1,7 million de pesos par an pour son année universitaire. « 70 % des étudiants s’endettent pour payer leurs études », affirme-t-il. Les étudiants ou leurs familles. Mme Gina Gallardo, qui vit dans une commune populaire de la banlieue de Santiago et dont le mari travaille comme dessinateur industriel, explique : « Mon fils étudie la musique, il a déjà une dette de plusieurs millions de pesos ; ma fille est en deuxième année de dessin. Tout ce qu’on gagne, peso par peso, on le verse à l’université. »

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LA CONFÉDÉRATION D'ÉTUDIANTS DU CHILI (CONFECH) PRÉSENTERA UN RECOURS DEVANT LA COMMISSION INTERAMÉRICAINE DES DROITS DE L'HOMME (CIDH), CONTRE LA VIOLENCE POLICIÈRE.
La protestation va bien au-delà d’une revendication pécuniaire. « Vouloir des universités gratuites et appartenant à l’Etat constitue un changement de paradigme culturel, analyse Solimano. Auparavant, le libre jeu des forces du marché était associé à la prospérité. On commence à remettre en question la nécessité de devoir payer les services sociaux, le contrôle des grands groupes sur les médias ou encore la concentration de la richesse. En fait, les étudiants constituent la pointe avancée d’une protestation générale contre un capitalisme élitiste qui extrait la rente de toutes les activités : le logement, les études, les médicaments, les banques, etc. »
Car la privatisation de l’économie est générale, l’enseignement supérieur, la production de l’énergie, le système de santé, les retraites, la gestion des eaux, une large partie de la production du cuivre ayant été privatisés durant la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990) et parfois ensuite.
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PHOTO IVAN ALVARADO
Le Chili connaît certes une prospérité induite par une croissance économique forte. « Le pays est riche dans son sous-développement, résume Sohr. Il n’est pas endetté. L’espérance de vie a augmenté, la mortalité infantile est faible. Mais, pour 80 % des gens, la situation demeure très difficile. Les attentes se sont davantage accrues que la satisfaction matérielle, et il y a un endettement énorme des ménages. » De surcroît, vingt ans de prospérité macroéconomique ont conduit à une répartition très inégale des richesses, de plus en plus mal supportée : au Chili, le coefficient de Gini, qui mesure les inégalités, atteint 0,54, contre 0,38 en moyenne dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), que le Chili a rejoints en 2010 (2).
Egalement discutés, les choix en matière d’économie. Celle-ci repose sur l’exploitation des ressources naturelles, à commencer par le cuivre, dont le Chili est le premier producteur mondial. Cette production dépend aux trois quarts de compagnies privées, dont beaucoup sont étrangères et exportent leurs profits. Mais le secteur minier reste privilégié. Ainsi, le frère de M. Piñera, José, ministre du travail sous la dictature, avait élaboré dans les années 1980 une loi organique constitutionnelle sur les mines : toujours en vigueur, elle prévoit qu’en cas de nationalisation il faudrait payer à l’investisseur les «  valeurs présentes » de tous les revenus cumulés jusqu’à l’extinction de la ressource minérale une somme prohibitive. «  D’une certaine façon, observe l’économiste Marcel Claude, la loi considère que le cuivre appartient à l’entreprise qui l’exploite, pas au Chili. » En 1992, une loi sur la fiscalité a encore avantagé les entreprises minières, afin d’attirer les investissements étrangers. Si bien que, « entre 1993 et 2003, les entreprises étrangères n’ont pas payé un dollar d’impôt sur leurs profits », ajoute-t-il. «  Après 2003, la hausse des cours du cuivre les a conduites à en verser ; mais alors que Codelco, l’entreprise publique, assure 27 % de la production, elle paye 6,8 milliards de dollars au fisc, soit bien plus que les 5,5 milliards déboursés par les entreprises minières étrangères, qui assurent 73 % de la production. » De surcroît, les règles sur l’environnement sont très laxistes. Or les rejets et résidus miniers créent d’importants problèmes de pollution.
Derrière l’éducation, c’est donc le système économique chilien qui est contesté par le peuple. Et dans la foulée, le mouvement ébranle aussi le système politique. En effet, précise Sohr, «  les étudiants demandant l’éducation gratuite, l’Etat leur a dit qu’il n’y pas assez d’argent. Ceux-ci ont répondu qu’il fallait augmenter les impôts. Mais le gouvernement s’est défendu en arguant que la Constitution ne le permettait pas. “Eh bien, écrivons une nouvelle Constitution !”, ont conclu les étudiants ».

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 PHOTO FELIPE TRUEBA
Car la Constitution imposée en 1980 pendant la dictature n’a pas été abolie en 1990 quand les gouvernements de la Concertation, regroupant dans une alliance de centre-gauche les démocrates-chrétiens, les socialistes et les sociaux-démocrates, ont repris l’exercice du pouvoir. Elle est façonnée pour empêcher toute transformation réelle de l’héritage politique et économique de l’ère Pinochet. D’une part, les lois organiques requièrent une majorité parlementaire des quatre septièmes pour être modifiées ou abrogées. D’autre part, le système électoral défini par la Constitution pour le Parlement est une formule binominale tarabiscotée qui fait en sorte que la tête de liste du parti parvenu en seconde position obtient un mandat, même si les deux premiers candidats de la liste arrivée en tête recueillent chacun davantage de voix. Conçu pour garantir la prédominance au Parlement des partis de droite issus de la dictature, le mécanisme a obligé les formations de la Concertation à s’unir malgré des options divergentes.
« La majorité culturelle est plus forte que la majorité politique, observe M. Marco Enríquez-Ominami, un candidat surprise issu de la gauche qui a récolté 20 % des voix à la présidentielle de 2009. Mais le système électoral est bloqué. Pour changer vraiment, il faut avoir 80 %des voix. Pinochet a fait du bon boulot… » M. Guido Girardi, situé à la gauche de la Concertation, et président du Sénat, explique : « La Concertation, c’est comme si, en Allemagne, chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates étaient obligés de rester ensemble en permanence. Beaucoup de ses membres adhèrent à l’idéologie néolibérale. Cela conduit à l’immobilisme, et l’on ne peut pas trouver d’issue aux crises. »

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CARICATURE DU PRÉSIDENT CHILIEN, LE MILLIARDAIRE CONSERVATEUR SEBASTIÁN PIÑERA. JOURNAL EL PAIS
Ainsi, depuis 1990, la Concertation a continué la politique économique de la dictature. Tout s’est passé comme si, pour assurer la transition et éviter la moindre tentation de retour des militaires, elle avait échangé la libéralisation politique contre le maintien des intérêts économiques dominants. «  Le Chili a été le laboratoire du néolibéralisme, concède M. Girardi. La gauche, comme partout, mais encore plus qu’ailleurs, s’en est accommodée. »
En tout cas, le système politique perd de sa légitimité, comme le montre le taux d’abstention de plus en plus élevé : la participation électorale n’est plus que de 62 %, contre 95 %en 1990.
Cette situation rend difficile l’évolution du mouvement social, qui ne trouve pas de représentation politique à ses demandes de changement. Mais jusqu’où veut-il aller ? La grève générale des 24 et 25 août n’a pas connu le succès escompté. Les manifestations, à nouveau massives, ont cependant été réprimées par la police, qui a tué par balle un adolescent de 16 ans, Manuel Gutiérrez. La réprobation suscitée par cet acte a entraîné le limogeage du général Sergio Gajardo, responsable de la police dans la région de Santiago, qui avait couvert le meurtre. A la suite de ce drame (et de l’accident d’avion du 2 septembre), le mouvement social cherchait à retrouver, à la mi-septembre, un nouvel élan.
Selon M. Enríquez-Ominami, « les gens dans les rues sont des citoyens mais aussi des consommateurs. Ils ne sont pas pour la rupture ». Faute de parti politique capable de porter la parole populaire sur la scène institutionnelle et de forcer une réforme de la Constitution, le Chili se trouve ainsi au milieu du gué. « La situation est sans retour, une porte s’est ouverte, estime M. Girardi. Si cela ne change pas aujourd’hui, cela changera demain. C’est l’expression d’un phénomène plus grand, plus profond, qui se déroule à l’échelle de l’humanité : on vit une crise profonde du néolibéralisme, de l’individualisme exacerbé, du marché. »

dimanche 23 octobre 2011

CARLOS MARTINEZ CORBELLA EST PARTI, REQUIESCAT IN PACE .

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COUVERTURE DU LIVRE « LES TRIBULATIONS D'UN UNIVERSITAIRE DANS L'UNIVERSITÉ », DE L'ARCHITECTE CARLOS MARTINEZ CORBELLA  AOÛT 2010

Pendant ses années de séjour en Europe, il participe et milite activement dans un incessant travail de dénonciation des crimes commis par le régime militaire chilien. Il devient activiste de la lutte pour les droits de l'homme et pour le rétablissement de la démocratie au Chili. 
A Paris, il a travaillé comme  professeur à L'école Nationale Supérieure d'Architecture de Paris La Villette (ENSAPLV), puis il rentra d'exil après le retour de la démocratie au Chili.  En plus des ses publications professionnelles, il fut collaborateur de la revue « Araucaria de Chile », publication de référence des Chiliens de la diaspora.
La veillée funèbre a eu lieu dans la Salle Atlántico du Cimetière Parque del Mar de Valparaiso. Les obsèques se dérouleront dimanche 23 octobre  dans la même nécropole.

vendredi 21 octobre 2011

PARIS MATCH

POUR L'ÉCOLE, 10 OCTOBRE 2011. PHOTO ELISEO FERNANDEZ
A Valparaiso, au Chili, s'est déroulé dimanche un carnaval très coloré et très politique. Les participants ont dansé et fait la fête pour promouvoir l'éducation publique et gratuite, ainsi que la tolérance et la lutte contre les discriminations.

CHILI : LES ÉTUDIANTS OCCUPENT LE SIÈGE DU SÉNAT

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DES ASSOCIATIONS DES PARENTS D'ÉLÈVES ET DES ÉTUDIANTS OCCUPENT LE SIÈGE DU SÉNAT. PHOTO HÉCTOR ARAVENA
Les manifestants ont ensuite occupé le siège du Sénat à Santiago et ont diffusé des images de leur manifestation en direct sur Internet. Ils ont appelé les étudiants à se rassembler devant l'édifice, qui était le siège du Congrès chilien avant l'époque de la dictature militaire, puis ont entamé une marche vers le palais présidentiel.
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PHOTO HÉCTOR ARAVENA



L'occupation du Sénat est survenue quelques heures après que la police antiémeute eut violemment évincé des manifestants des tribunes du siège actuel du Congrès, dans la ville de Valparaiso.

Le président du Sénat, Guido Girardi, membre de l'opposition, a promis que les manifestants dans l'édifice du Sénat ne seraient pas délogés par la force, une promesse qui a suscité les critiques des parlementaires alliés au gouvernement.

Les étudiants universitaires et les élèves du secondaire boycottent leurs cours et organisent des manifestations depuis près de six mois pour demander que le gouvernement procède à des réformes majeures dans le système d'éducation. Les manifestations ont été largement pacifiques, mais de petits groupes d'émeutiers ont fréquemment affronté la police à la fin des rassemblements.


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LES MÈRES MOBILISÉES, NOUS SOMMES AUSSI FRAPPÉS,  PHOTO HÉCTOR ARAVENA
Les étudiants demandent que le gouvernement fournisse une scolarité gratuite à tous les Chiliens, pas seulement les pauvres, et qu'il améliore la qualité de l'enseignement. Ils demandent aussi la diminution des subventions versées aux écoles privées.

jeudi 20 octobre 2011

AU CHILI, LE MOUVEMENT ÉTUDIANT NE RELÂCHE PAS LA PRESSION

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 PHOTO AFP
A l'échelle du pays, 373 personnes ont été appréhendées mais la plupart ont été libérées sauf une poignée d'entre elles, inculpées pour attaque contre des policiers. En effet, vingt membres des forces de l'ordre ont été blessés, certains par des plombs.
"Nous n'avons pas affaire ici à des enfants ou à des idéalistes", s'est emporté le porte-parole du gouvernement Andrès Chadwick. Preuve du durcissement du ton, le ministre de l'intérieur Rodrigo Hinzpeter a annoncé une plainte aux termes de la "Loi de sécurité de l'Etat", législation datant de la dictature, qui autorise des peines alourdies pour des délits spécifiques.

LA TRENTE-HUITIÈME MANIFESTATION EN SIX MOIS

Ces violences ne doivent pas occulter le fond du problème. C'était la 38e grande manifestation des étudiants depuis qu'avec enseignants et lycéens, ils se sont mobilisés, il y a six mois, pour réclamer la réforme d'une éducation à deux vitesses privé-public, et surtout des moyens accrus pour le public.

Le dialogue est au point mort depuis que les étudiants ont quitté, le 5 octobre les pourparlers avec le gouvernement, jugeant que les propositions sur la table ne répondaient en rien au "changement de paradigme" qu'ils réclament, en termes de budget de l'éducation et de gratuité.



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FIN DE LA TOURNÉE EUROPÉENNE, DE TROIS JEUNES DIRIGEANTS DU MOUVEMENT ÉTUDIANT CHILIEN. PHOTO UPI
Les syndicats étudiants dénoncent régulièrement les heurts et la violence qui émaillent le mouvement. Mais ils semblent dépassés par les "encapuchados", plus prompts à batailler avec les forces de l'ordre qu'à négocier.

Deux des leaders étudiants, Camila Vallejo et Giorgio Jackson, sont revenus mercredi d'une visite en Europe, en quête de soutien auprès d'institutions européennes et d'organismes internationaux tels l'Unesco ou l'OCDE. Pour Mlle Vallejo, cette mission "très positive" a démontré que ce que demandent les étudiants en termes de moyens pour l'éducation "est nécessaire et a été appliqué dans d'autres pays. Nous ne sommes pas fous, nos demandes sont légitimes et justes", assure-t-elle.

mercredi 19 octobre 2011

LA MOBILISATION SOCIALE SE POURSUIT AU CHILI

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LES LEADERS DU MOUVEMENT ÉTUDIANT CHILIEN, CAMILA VALLEJO, FRANCISCO FIGUEROA, GIORGIO JACKSON DANS UN MEETING À L'UNIVERSITÉ PANTHÉON-SORBONNE ORGANISÉ PAR L'UNEF, PRINCIPAL SYNDICAT ÉTUDIANT FRANÇAIS LE 18 10 2011. PHOTO ARAUCARIA  
Les étudiants demandent toujours la gratuité de l'enseignement dans les universités publiques, ce que le gouvernement refuse. Une éducation accessible pour tous, il en va de l'avenir du pays, estime Sébastian Garreton, étudiant chilien à Paris : « Pendant vingt ans, après le retour à la démocratie, et je ne parle même pas de la dictature, on a dit 'Ok, le modèle est injuste, mais avec beaucoup d’efforts personnels on peut travailler, on peut s’en sortir, on peut progresser'. Par contre maintenant ce qu’on voit, c’est que les familles sont endettées. Pour étudier, les étudiants doivent s’endetter, pour avoir des diplômes qui ne valent presque rien et avec lesquels ils ne trouvent pas de boulot. Donc il ya une sensation permanente d’inégalité, de reproduction des inégalités. Le peuple chilien s’est rendu compte de ça ».




Les étudiants sont maintenant mobilisés depuis presque six mois, et ils comptent le rester. Il y a deux semaines, leurs représentants ont claqué la porte des négociations avec le gouvernement. Pour l'instant, les deux parties campent sur leurs positions. Aucune sortie de conflit n’est en vue.

mardi 18 octobre 2011

VOYAGE ÉCLAIR DES LEADERS ÉTUDIANTS CHILIENS POUR UN "SOUTIEN" DE L'EUROPE.

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CAMILA VALLEJO DANS UN MEETING  À L'UNIVERSITÉ PANTHÉON - SORBONNE. 
PHOTO ARAUCARIA
"Le voyage nous per­met de repar­tir avec la convic­tion que nos demandes sont jus­ti­fiées", a dit Camila Vallejo, en ajou­tant avoir égale­ment "attiré l'attention sur la répres­sion vio­lente qui est menée contre le mou­ve­ment étudiant chilien".





"On vou­lait relayer les aspi­ra­tions des jeunes Chiliens en France en leur offrant une tri­bune en Europe, et leur adres­ser un mes­sage de soli­da­rité", a dit Emmanuel Zemmour, pré­sident de l'Union natio­nale des étudiants de France (Unef).
Les étudiants par­tagent "les mots d'ordre que l'on entend aujourd'hui au Chili mais aussi dans des pays euro­péens sur le fait que l'éducation est un droit fon­da­men­tal et non un pri­vi­lège", a-t-il ajouté.


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 JULIA DIEZ, ÉTUDIANTE MADRI­LÈNE EN BIO­LO­GIE DANS UN MEETING À LA SORBONNE. 
PHOTO ARAUCARIA
Julia Diez, étudiante madri­lène en bio­lo­gie et repré­sen­tante des "Indignés", a de son côté regretté "l'absence de syn­di­cat étudiant struc­turé et fort" en Espagne et est venue "apprendre les modes d'organisation de la jeunesse".

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MICHELE OREZZI, PRÉ­SIDENT DE L'UDU, LE PRE­MIER SYN­DI­CAT ÉTUDIANT ITA­LIEN .
 PHOTO ARAUCARIA
Pour Michele Orezzi, pré­sident de l'UDU (pre­mier syn­di­cat étudiant ita­lien) et étudiant en phar­ma­cie, "il existe une vraie volonté de prendre la parole au nom de la jeunesse".
Camila Vallejo et Giorgio Jackson devaient repar­tir dans la soi­rée au Chili pour pou­voir par­ti­ci­per, mer­credi, à une nou­velle jour­née de mobi­li­sa­tion des étudiants en lutte depuis cinq mois avec les lycéens et les ensei­gnants pour récla­mer une réforme pro­fonde de l'éducation et notam­ment davan­tage de cré­dits pour l'enseignement public.
Début octobre, des mil­liers de lycéens et étudiants ont mani­festé en Espagne et en Italie contre les coupes bud­gé­taires dans l'éducation.

LA CONFECH EN MEETING A LA SORBONNE

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GABRIEL ITURRA, CAMILA VALLEJO, FRANCISCO FIGUEROA  ET GIORGIO JACKSON, DIRIGEANTS DE LA CONFECH A L'UNIVERSITE DE PARIS
A l’appel de l’UNEF, l’union nationale des étudiants Français, les dirigeants Camila Vallejo, présidente de la confédération des étudiants du Chili (CONFECH), Giorgio Jackson, président de la fédération des étudiants de l'université catholique du Chili, Francisco Figueroa, vice président de la fédération des étudiants de l'université du Chili, et Gabriel Iturra, de la coordination d’étudiants du secondaire, se réuniront avec les étudiants de la Sorbonne, avec les comités de soutien en France et les organisations qui les accompagnent dans leurs revendications.



UN MEETING AVEC LA DÉLÉGATION D’ÉTUDIANTS CHILIENS DE LA CONFECH À LA SORBONNE.

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
12 place du Panthéon - Amphi 2A
Mardi 18 octobre – 18 h 00
RER B - Luxembourg

LES DIRIGEANTS DE LA CONFECH A GENEVE

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ÉCUSSON DE L'UNIVERSITÉ DE GENÈVE
Francisco Figueroa, vice président de la Fédération d'étudiants du Chili et Gabriel Iturra, de l'organisation d’étudiants du secondaire, seront ensuite accueillis à l’université de Genève Uni Mail, pour parler de leur expérience de cinq mois de mobilisations en défense de l’éducation publique et contre le profit réalisé sur le dos des milliers d’étudiants au Chili.

Cette rencontre avec les étudiants suisses et les autorités universitaires est organisée par la Confech, la Conférence universitaire d'Associations d'Étudiantes (CUAE), l'Association de Chiliens résidents à Genève, le Comité Mémoire et Justice, et le Collectif de jeunes chiliens à Genève.

Université de Genève Uni Mail
Auditoire des droits de l'homme (R380)

dimanche 16 octobre 2011

DES DIRIGEANTS DE LA CONFECH A LA MARCHE DES « INDIGNÉS » A PARIS

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Camila Vallejo, étudiante en géographie à l'université du chili, militante communiste et leader du syndicat étudiant Chilien, de passage à Paris avec la delegation de la Confech
De passage à Paris et dans le cadre de la courte tournée européenne qui doit les conduire à Strasbourg, à Genève et à Bruxelles, les jeunes dirigeants vont aussi s’entretenir avec l’écrivain allemand Stephan Hessel, à l’origine de l’appel international « Indignez-vous ! ».

Ces "indignés" s'étaient auparavant retrouvés dans différentes gares et points de rencontre parisiens avant d'affluer dans le centre de la capitale.

"On veut une éducation populaire, gratuite et de qualité pour tout le monde, que les richesses soient partagées. La lutte pour les droits est une lutte mondiale", a dit la jeune étudiante de 23 ans à l'AFP.

SANTIAGO DU CHILI, UNE MARCHE POUR L'ÉDUCATION. DES ÉLEVES DU SECONDAIRE ET DES ÉTUDIANTS QUI RÉCLAMENT DEPUIS DES MOIS UNE ÉDUCATION PUBLIQUE GRATUITE SE SONT JOINTS À LA MARCHE DES INDIGNÉS. PHOTO FELIPE TRUEBA
"Si on ne se soulève pas aujourd'hui, les inégalités vont continuer", a aussi dit à l'AFP Laura Wight, Américaine de 22 ans, étudiante à Nanterre.

"Il y a beaucoup de jeunes et à partir du moment où les jeunes se mobilisent, c'est extrêmement positif, c'est facteur d'espoir", a commenté à l'AFP Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de Gauche, qui participait au rassemblement.

Des militants qui exhibaient des drapeaux de partis politiques de gauche ou d'associations ont été incités à les ranger, le mouvement se voulant "apolitique" et "apartisan".


SANTIAGO. ENVIRON 5.000 PERSONNES SE SONT RÉUNIES DANS LA CAPITALE DU CHILI, SELON L'ESTIMATION DE lLA POLICE. PHOTO CLAUDIO SANTANA
Des rassemblements d'"indignés" étaient prévus samedi dans 951 villes de 82 pays, selon le site 15october.net qui appelle "les peuples du monde entier à descendre dans les rues et sur les places".

Si jusqu'à présent la mobilisation est restée très modeste en France, dans d'autres pays, comme en Espagne, un pays frappé par un chômage record de 20,89%, la voix des "indignés", portée par un large soutien populaire, a su se faire entendre.

Après l'assemblée populaire, une soirée festive était prévue place de l'hôtel de ville à Paris.

© 2011 AFP

samedi 15 octobre 2011

LES JEUNES DIRIGEANTS DE LA CONFECH À PARIS

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Présentée par Victor Hugo de la Fuente, directeur de l'édition chilienne du mensuel Le Monde diplomatique, la conférence s’est tenue en présence de professeurs et d’étudiants, et parmi eux, les étudiants chiliens qui animent les comités de soutien en France et qui sont venus en nombre.

Un public massif et enthousiaste a suivi avec intérêt les exposés des dirigeants, qui ont raconté leur expérience de cinq mois de mobilisation permanente en défense de l’éducation publique.

Avant cette rencontre, les jeunes leaders chiliens ont été accueillis au siège de l’Unesco à Paris, première étape d’une courte tournée qui les mènera à Strasbourg, à Genève et à Bruxelles.

jeudi 13 octobre 2011

UN AN APRÈS, LES 33 MINEURS ENCORE AU FOND DU TROU

"Ceux qui pensaient devenir riches et célèbres se trompaient. Aucun n'est devenu millionnaire et certains se retrouvent dans une situation pire qu'il y a un an", souligne le quotidien chilien. Parmi les rares commémorations prévues le jeudi 13 octobre : une messe et l'inauguration d'une statue de 12 mètres de haut et pesant 20 tonnes offerte par la Chine. A Hollywood, un film est en préparation.

TOURNÉE EUROPÉENNE DES DIRIGEANTS DU MOUVEMENT ÉTUDIANT CHILIEN

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CAMILA VALLEJO ET GIORGIO JACKSON DIRIGEANTS DU MOUVEMENT ETUDIANT CHILIEN. PHOTO JOURNAL LA NACION

L'activité prévoit la présence de Camila Vallejo, présidente de la confédération des étudiants du Chili (CONFECH), de Giorgio Jackson, membre de la CONFECH, président de la Fédération des Étudiants de l'universitÉ catholique du Chili et de Francisco Figueroa, membre de la CONFECH, vice-prÉsident de la fédération des Étudiants de l'universitÉ du Chili. 



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CONFEDERATION D'ETUDIANTS DU CHILI A LA MONEDA - PHOTO AGENCIA UNO
La rencontre se tiendra sous le patronage de L'Union Nationale des Étudiants de France (UNEF) et de l'Institut International de Recherche Politique de Civilisation, présidé par le sociologue français Edgar MORIN, qui sera présent dans l'activité. 

IL Y A UN AN, LE CHILI VIVAIT L’INCROYABLE SAUVETAGE DE 33 MINEURS




Un sauvetage minutieusement préparé

Tout avait été préparé, jusqu’à l’ordre de sortie des 33, suivant l’état médical, l’aptitude, la réactivité face aux problèmes: d’abord ceux jugés "les plus habiles, puis les plus faibles, en dernier les plus forts", ceux à mêmes de résister à l’attente. "Ils ont évalué la partie médicale, psychologique, vu comment nous étions en bas, et il s’est avéré que j’étais le plus indiqué pour être le dernier", se souvient Luis Urzua, qui ferma la marche à titre de chef de quart des mineurs, le "capitaine".

"La dernière nuit (en bas) j’ai été me reposer. J’avais passé la nuit précédente sans dormir et les sauveteurs m’ont envoyé dormir. J’ai très bien dormi, mieux que jamais", se rappelle M. Urzua, topographe de 55 ans.

Florencio Avalos, contremaître de 31 ans, fut le premier à réaliser la longue ascension, dans une étroite nacelle métallique de 4 m de long construite pour l’occasion, treuillée dans un tunnel de 66 cm de diamètre, percé depuis deux mois.

"Un peu comme monter dans un ascenseur de 700 mètres, mais avec plus de bruit" (frottement contre les parois de roche), se souvient Urzua.
Au bout de 15 minutes de remontée, ce 13 octobre, M. Avalos, sous une ovation, émergea de terre, équipé d’un bio-harnais de spationaute pour mesurer son coeur, sa respiration, sa température, et les yeux recouverts de lunettes hyper-protectrices après deux mois de ténèbres.

Longuement, silencieusement, il étreint son fils en larmes de 7 ans Byron, son épouse Monica, puis le président Pinera aux premières loges. Quelques embrassades avec ingénieurs et secouristes, puis les médecins l’emportaient vers un centre médical sur site, pour les premiers d’une longue série d’examens. La nacelle redescendit puis remonta, sans accroc, avec Mario Sepulveda, le pitre du groupe des 33, l’intenable.

"Viva Chile, mierda !" (Vive le Chili, merde !) s’écria M. Sepulveda, sortant de la nacelle comme un diable de sa boîte, frappant l’air de ses poings, sautant comme un cabri, apostrophant et blaguant avec les sauveteurs, le président, leur distribuant des cailloux de 600 m venant du fond qu’il avait remontés avec lui. "J’ai été avec Dieu, et avec le Diable", dira-t-il de son enfer quelques instants plus tard, à peine calmé. "Je me suis bagarré avec eux. J’ai saisi la main de Dieu, c’était la meilleure. J’ai toujours su que Dieu allait nous sauver".

Un ballet de 22 heures

Un à un, sans accroc, avec des remontées toujours plus rapides, la nacelle, joliment baptisée "Phenix", poursuivra son ballet pendant près de 22 heures. "Chacun a attendu son tour avec calme, on était en vie, on allait bien, on mangeait normalement", se souvient M. Urzua, soulignant combien les 33 hommes au fond furent soignés, divertis, entraînés, pendant leur confinement par une équipe de spécialistes depuis la surface.

Sorti le dernier, M. Urzua fut accueilli par M. Pinera: "Je vous remets mon tour (de chef de quart) comme nous avions convenu", déclara-t-il solennellement. "J’espère que cela n’arrivera plus jamais. Merci à tous".

mardi 11 octobre 2011

UN VIRUS GÉANT DÉCOUVERT SUR LES COTES CHILIENNES

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C'EST UN VIRUS «CHEVELU AVEC DES ÉPIS SUR LA TÊTE», MEGAVIRUS CHILENSIS
Comme d’autres cousins, il vient de la mer où il parasite les minuscules organismes unicellulaires qui constituent le plancton. En outre, il ne semble pas être pathogène pour l’homme.

Mais au-delà de cet aspect Guinness des records, Megavirus possède des protéines qui, normalement, n’ont rien à faire là. En d’autres termes, il renferme des enzymes dont on a repéré la présence chez des organismes bien plus perfectionnés, bien plus évolués que lui.
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MEGAVIRUS CHILENSIS, UN VIRUS CHEVELU AVEC DES EPIS SUR LA TETE - PHOTO LISTVERSE
DES « FOSSILES VIVANTS » D’ORGANISMES CELLULAIRES ANCESTRAUX

« Megavirus étaye l’hypothèse que nous avions précédemment proposée selon laquelle les virus géants sont issus d’une cellule ancestrale, probablement une cellule comme celles qui constituent actuellement les organismes multicellulaires, qu’ils soient animaux ou plantes », explique Jean-Michel Claverie, le principal auteur de ces travaux.

Les virus auraient commencé très grands à partir d’un génome cellulaire et, comme ce sont des parasites, auraient rapetissé par la suite. Ce qu’on appelle « l’évolution réductive » commune à tous les parasites que sont beaucoup de bactéries, les virus ou les parasites comme l’amibe à l’origine des amibiases ou du paludisme.

En devenant parasite en quelque sorte, le virus perd certaines fonctions d’alimentation, de digestion ou de respiration, ne gardant que celle dont il a strictement besoin pour survivre, à savoir celle de la reproduction.

En réalité, le virus récupère les fonctions perdues dans la cellule hôte qu’il infecte, et les détourne pour son usage. « Les virus géants ne sont pas des voleurs de gènes pris au hasard dans les cellules infectées, mais des ‘fossiles vivants’ d’organismes cellulaires ancestraux », conclut Jean-Michel Claverie.

DENIS SERGENT

lundi 10 octobre 2011

JOUR DE L'HISPANITÉ À NEW YORK




L’évènement a eu lieu le dimanche 9 octobre de 2011, et il a mis en relief les couleurs bigarrés des cultures hispaniques  résidents dans «  la Grosse Pomme » et des visiteurs venus de l'Espagne, qui s’associent chaque année à cette célébration.

dimanche 9 octobre 2011

CHE GUEVARA , À L’OCCASION DU 44ÈME ANNIVERSAIRE DE SA MORT





Il a été notamment un des dirigeants de la guérilla cubaine, qui établit un gouvernement révolutionnaire à l’île de Cuba, face à la puissance politique et militaire de l’Amérique.

Che Guevara ─icône  des luttes de libération pour plusieurs générations dans tous les continents─ a théorisé le processus révolutionnaire et a tenté de l'exporter vers d'autres pays tout au long des années 60.

samedi 8 octobre 2011

CHILI : DES AGRESSIONS À LA PRESSE

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« DES AGRESSIONS À LA PRESSE  » 
MALGRÉ LA PRÉSENTATION DE SA CARTE PROFESSIONNELLE  LA POLICE ARRÊTE LE JOURNALISTE DE TÉLÉVISION  « CHILEVISIÓN  » LUIS NARVÁEZ. PHOTO AGENCIA UNO DU 06-10-2011
Cosigné par le président de la République, Sebastián Piñera, le ministre de l’Intérieur, Ricardo Hinzpeter et son collègue de la Justice, Teodoro Ribera, le projet de législation se réfère explicitement aux actuels événements en prétendant “perfectionner et renforcer les normes qui permettent une préservation effective de l’ordre public”. Or, tout en réaffirmant le droit de manifester pacifiquement, il crée la confusion dans ses attendus entre les notions d‘“altération de l’ordre public”, de “violence”, de “paralysie” et de “désordre”, toute manifestation générant par nature des “désordres” et des “paralysies” qui ne procèdent ni ne produisent nécessairement de ”violences”.

Une telle confusion se lit dans la principale modification qu’introduit le projet de loi en prévoyant une peine comprise entre 541 jours et trois ans de prison ferme pour toute personne convaincue, notamment, de :

envahir, occuper ou saccager des habitations, des bureaux, des établissements commerciaux, industriels, éducatifs, religieux, entre autres.
empêcher ou altérer la libre circulation des individus et véhicules sur des ponts, rues, routes et autres biens d’usage public similaires.
Difficile de ne pas voir dans la première disposition une allusion directe aux occupations –pacifiques - par des étudiants, de la chaîne Chilevisión, dont Sebastián Piñera était propriétaire avant d’entrer au palais de La Moneda. Or, en l’absence de précision sur ce point, ces derniers sont-ils tous passibles de trois ans de prison pour s’être assis dans un couloir ou un studio de rédaction ? Sur la seconde disposition, on voit mal des manifestants défiler ailleurs que dans une rue, sur une route ou sur un pont. Ces clauses prêteraient à sourire si elles ne remettaient de fait en cause le droit de manifester, autre pilier de la liberté d’expression”, a déclaré Reporters sans frontières.

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MARCELO CASTILLO (À GAUCHE), PRÉSIDENT DU COLLÈGE DE JOURNALISTES DU CHILI – LE SYNDICAT NATIONAL DES REPORTERS – , ACCUEILLE LE JOURNALISTE RAÚL FLORES DIRECTEUR DU JOURNAL DILEMAS.CL  À SA SORTIE DU 18EME  COMMISSARIAT DE POLICE DANS LA COMMUNE DE DE ÑUÑOA À SANTIAGO . CE DERNIER FUT  ARRÊTÉ LE 8 SEPTEMBRE 2011, LORS D'UNE MANIFESTATION.
L’organisation admet que les “atteintes à l’autorité des forces de l’ordre” – frappées de la même peine - soient par principe punies, mais condamne l’absence de sanctions consécutives aux brutalités commises par les carabiniers contre les protestataires. Ces brutalités ont également été constatées lors des récentes manifestations des organisations de défense de l’environnement ou des communautés indigènes Mapuches mobilisés contre le projet HydroAysén.

Délation médiatique ?

Un autre volet de la loi nous alarme : “Le projet de loi propose d’incorporer une nouvelle faculté pour les forces de l’ordre et de sécurité, afin qu’elles puissent solliciter la transmission volontaire d’enregistrements, films et autres supports électroniques qui peuvent servir pour accréditer l’existence de délits ou la participation à ceux-ci, sans ordre préalable du procureur.” Ceci répond, poursuit le texte, “aux circonstances dans lesquelles se commettent des délits contre l’ordre public et où est commune la présence de médias de masse qui facilitent l’existence de moyens de preuve accréditant des faits répréhensibles”.

Autrement dit, en violation des règles de contrôle judiciaire dans l’appréciation des preuves d’un délit et au mépris de la protection des données journalistiques, carabiniers et policiers pourraient à discrétion solliciter et utiliser des contenus informatifs dans le but de traquer de présumés délinquants ? Un journaliste n’est ni un auxiliaire ni un indicateur de police, et cette clause constitue une prime à la délation. Ce projet de loi doit être retiré”, a conclu Reporters sans frontières.