jeudi 30 juin 2011

Les étudiants chiliens sont à bout

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DES MILLIERS D'ÉTUDIANTS SE RÉUNISSENT DANS LA PLACE D'ITALIE À SANTIAGO DU CHILI
PHOTO JOURNAL LA CUARTA DU 30.06.2011 - 10:59
Les étudiants et les élèves du secondaire réclament une éducation publique, gratuite, de qualité. «L’éducation chilienne n’est pas à vendre, elle est à défendre.» C’est un des slogans scandé dans de nombreuses manifestations d’élèves. La semaine dernière, un défilé a réuni 80 000 personnes. Du jamais-vu depuis la fin de la dictature d’Augusto Pinochet, en 1990. Il faut dire que les jeunes qui protestent sont nés après et qu’ils n’ont pas peur de faire valoir leurs droits.

Par ailleurs, plus d’une centaine d’universités sont en grève, et 500 collèges et lycées sont occupés par les élèves. «L’éducation ne doit plus être synonyme de profit, souligne Matias Arancibia, 16 ans, qui marche dans son uniforme bleu de lycéen. L’éducation est un droit, pas un privilège.» Le Chili est un des pays où l’éducation est la plus chère du monde, alors que dans les années 60 elle était gratuite. Sous la dictature (1973-1990), Pinochet a ouvert les portes au privé et l’Etat a drastiquement baissé son enveloppe budgétaire. «Ceux qui financent l’éducation aujourd’hui, explique Marcel Claude, économiste à l’université de Santiago, ce sont en grande partie les familles. Dans le primaire et le secondaire, elles paient en moyenne 30% du coût de l’éducation de leurs enfants. A l’université, elles paient 85% de ce coût ! L’Etat est pratiquement absent du système, même dans les universités publiques, qui coûtent presque autant que les privées.»

Quand il parvient à finir ses études, un étudiant est généralement endetté jusqu’au cou.

En moyenne, les étudiants chiliens doivent rembourser, à leur arrivée sur le marché de l’emploi, 30 000 euros. L’équivalent du prix d’une maison.

Si le Chili est le pays qui a le revenu par habitant le plus élevé d’Amérique latine, il est le seul à avoir un enseignement aussi privatisé. «Et aussi mauvais, ajoute Marcel Claude. Car l’augmentation du coût est allée de pair avec une dégradation de la qualité. »


Le ministre de l’Education, Joaquín Lavín, a présenté une série de propositions aux élèves du secondaire. Sans réussir à les démobiliser.


Source : Liberation.fr

mercredi 29 juin 2011

Chili : un séisme de 5,5 sur la côte

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SOURCE USGS United States Geological Survey 
 (littéralement, « Institut d'études géologiques des États-Unis »)

Aucune information sur des victimes ou dégâts n'était disponible dans l'immédiat, mais le pays est en alerte depuis qu'un séisme dévastateur de 8,8 de magnitude a provoqué un tsunami et tué plus de 500 personnes en 2010.

mardi 28 juin 2011

Fête de la Saint-Pierre, saint patron des pêcheurs

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PHOTO CRISTIAN OPAZO / FGP JUIN 2010
Cette année, des étudiants en conflit avec le gouvernement du milliardaire Piñera se sont joints aussi au cortège. Ils exigent une éducation nationale et accessible à tous, et rejettent la reforme du ministre Lavín, Chicago boy pinochetiste qui prône la privatisation forcée de l’éducation supérieure.

Amérique latine : Un paradis pour les investisseurs

Exportateurs majeurs de métaux, d’hydrocarbures et de céréales, les pays latino-américains affichent des taux de croissance exceptionnels. Le FMI et la Banque mondiale indiquent une croissance de 6,1 % en 2010 pour l’ensemble de cette partie du monde, mais prévoient un léger ralentissement en 2011, avec 4,6 % de croissance pour la région et des risques de “surchauffe”.

La Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cépal) affirme pour sa part, dans son rapport publié en mai, que “l’Amérique latine et les Caraïbes ont montré en 2010 une très grande résilience face à la crise financière et [que] la région connaît la plus grande croissance des investissements directs étrangers au niveau mondial”. Ceux-ci ont notamment augmenté de 40 % dans la région entre 2009 et 2010, atteignant 112,6 milliards de dollars (environ 78 milliards d’euros). Ils devraient encore augmenter de 15 à 25 % en 2011. Le Brésil est le premier bénéficiaire de ces investissements, avec 48,4 milliards de dollars, suivi par le Mexique (17,7 milliards de dollars), le Chili (15 milliards), le Pérou (7,3), la Colombie (6,7) et l’Argentine (6,1). Les Américains restent les premiers investisseurs avec 17 % des sommes totales investies, devant les Pays-Bas (13 %), la Chine (9 %), le Canada et l’Espagne (4 % chacun).

Ces chiffres montrent l’insertion croissante de l’Amérique latine et des Caraïbes dans le processus de mondialisation économique. Les pays de la région non seulement sont attractifs pour les investisseurs étrangers, mais en outre ils osent de plus en plus conquérir d’autres marchés à travers les translatinas [les grandes entreprises latino-américaines]”, ajoute la Cépal. Les entreprises latino-américaines ont investi la somme record de 43,1 milliards de dollars dans d’autres pays en 2010. Le rapport de la Cépal souligne aussi la présence massive de la Chine sur le continent.

lundi 27 juin 2011

Le pote d'Alexis Sanchez à poil à l'entraînement

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A une semaine du début de la Copa América, l’ambiance dans la sélection du Chili est au beau fixe. Le 10 juin dernier, quelques joueurs chiliens se sont amusés à déshabiller l’un des leurs, le défenseur Roberto Cereceda. Ce dernier a pris ça avec le sourire… 


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Un groupe de joueurs font subir un bizutage (« peladilla ») au défenseur Roberto Cereceda durant l'entraînement de vendredi 24 juin 2011 à Santiago du Chili. Photo Andrés Piña

Des photos qui ont peut-être tapées dans l’œil de Loulou Nicollin, puisque le joueur fait partie des cibles de Montpellier pour cet été.

dimanche 26 juin 2011

Chili marche pour la diversité sexuelle

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PHOTO JOURNAL LA TERCERA
Drapeaux arc-en-ciel et costumes extravagants, la «Gay Pride » a aussi été célébrée à Santiago du Chili samedi 25 juin, où des milliers de gays et lesbiennes se sont retrouvés pour faire la fête, et célébrer leur homosexualité

Blog citoyen «Una calle Salvador Allende», la collection d’images


Les photographies sont envoyées au webmestre par les cyber-citoyens. Le blog citoyen permet ainsi de créer un lien entre les citoyens internautes. Il peut devenir un outil efficace pour renforcer la démocratie participative, et peut présenter parfois une influence réelle sur le débat public.

Baudrillard, qui a toujours eu le goût des formules percutantes, donne une explication psychologique des motifs qui poussent les collectionneurs à leur passion. Ce serait, dit-il, «une compensation lors des phases critiques de l'évolution sexuelle», « une régression vers le stade anal qui se traduit par des comportements d'accumulation, d'ordre, de rétention agressive.»

Il y a sans doute quelque chose de cet ordre dans toute collection. Mais la collection qui nous intéresse ici relève davantage du domaine du manque que de la compensation, manque réel d'un objet symbolique : le nom.

Dans un beau texte intitulé Allende, le poète musicien chilien Patricio Manns, soulève la question :

J'ai pêché des bouteilles dans la mer avec ton visage
dessiné sur d’obscurs papiers naviguant,
et des poèmes taillés au couteau dans les tables
de tavernes infinies, près de la fin du monde,
mais au Chili, ta patrie, il n'y a rien qui te nomme.


C’est de cette constatation que partent les internautes réunis autour de l’initiative «Une rue Salvador Allende». Peu de choses nomment aujourd’hui Salvador Allende au Chili, alors qu’une rue 11 de septembre traverse toujours la capitale. La carence des lieux associée à son nom empêche sa toponymie et contraste avec celle qui est développée ailleurs.

Beaucoup de places, de rues, d’écoles dans le monde entier portent aujourd’hui son nom. Ce décalage entre le Chili et le reste du monde nous amène à entreprendre un inventaire, comme lorsque l’on reçoit un héritage. L’image est une représentation autre que le réel. C’est un objet qui rend compte d’un déficit de réalité, à la fois présence et absence.

Nous essayons de raconter et de montrer ce qui existe, et que, pour des raisons géographiques, les autres ne peuvent ni voir ni connaître. Nous collectionnons donc pour essayer de combler ce manque de désignation. Cet objet symbolique qu’est le nom qui marque la frontière entre rêve et réalité, entre mémoire et oubli.

CHILI – Construire un modèle éducatif de qualité, équitable et juste

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Le porte-parole de la Conférence épiscopale du Chili, Jaime Coiro, a présenté récemment un communiqué signé par le Président de la Conférence épiscopale, S. Exc. Mgr Ricardo Ezzati, et par le responsable du secteur de l’Instruction, S. Exc. Mgr Héctor Vargas. Le texte en question affirme que l’Eglise au Chili suit avec attention les requêtes du mouvement des étudiants (voir Fides 19/05/2011) considérant également que le débat existant autour du système éducatif constitue un signe de malaise que la société tout entière doit prendre en compte.
Dans le texte du communiqué des Evêques, envoyé à l’Agence Fides, on peut lire : « Il existe un long chemin à parcourir afin de construire un modèle éducatif d’apprentissage de qualité, équitable et juste, au sein duquel tout étudiant, indépendamment de sa condition personnelle et sociale, se verra assurer la formation nécessaire afin de se développer pleinement, de construire un projet de vie complet et d’apporter généreusement avec toute sa richesse sa contribution à la société de son temps ».
Les Evêques reconnaissent en outre qu’il existe, dans ce secteur, une grave dette. On a maintes fois affirmé que l’effort pour améliorer la qualité de l’enseignement et pour le rendre plus équitable demande un travail qui doit impliquer l’Etat, les institutions éducatives, les enseignants, les familles et les étudiants : « Il est urgent de faire progresser la recherche de propositions disposant d’un ample soutien afin de guider et de diriger les processus qui permettent de répondre aux justes requêtes ».
Dans ce contexte, il a été clairement indiqué que les mesures arbitraires et la violence verbale ou physique ne constituent pas des solutions pour résoudre le problème mais que « seule une réelle volonté de dialogue peut aider à résoudre le délicat climat de polarisation qui caractérise le débat et les mobilisations qui lui sont associées » concluent les Evêques. (CE) (Agence Fides 25/06/2011)

vendredi 24 juin 2011

L'ombre hypnotique de Pina Bausch

PINA BAUSCH. PHOTOCARLA DANNEMANN REVISTA « YA » DU 24 02 2009
Le 30 juin, Pina tirait sa révérence, foudroyée par un cancer qu'elle ignorait, dit-on, mais dont la fatigue lui donnait sans doute l'alarme. Inspiré par le Chili, terre des séismes et des dictatures, « … como el musguito… » se déroule dans une scénographie aussi sobre que forte : juste un sol blanc qui, de temps à autre, se craquelle.

Tout au long de la pièce, la solitude est souveraine. Même si les 17 danseurs donnent des séquences de groupe délicieuses. Même si les danses de couples brillent d'invention. Même si on recense un certain nombre de pépites très bauschiennes dans ces gags qui jouent sur l'endroit et l'envers du machisme, ou dans ces images de terreur (comment oublier la danseuse tirant sur sa corde comme un chien?). Aussi fortes et réussies que soient ces séquences, elles cèdent toutes devant la répétition des solos, entêtants, inéluctables, hypnotiques.

La salle se met debout

Portés par le meilleur des musiques de cet extrême Sud, les danseurs s'y lancent à corps perdu, tâches de couleurs pour les filles, noir pour les garçons, sur l'immensité blanche du plateau. Rien ne peut les atteindre tant ils semblent dans un autre monde : ni la fin du morceau de musique ni la terre qui s'ouvre sous leurs pieds. Ils se montrent tout entier fondus dans l'éternité de la danse, une danse très abstraite. Serait-ce la mort selon Pina, cette errance mystérieuse et têtue, où les sens ne frissonnent plus?

Quand les danseurs enlacés les uns aux autres viennent saluer, la salle se met debout. Pas uniquement pour rendre hommage à la chorégraphe dont la silhouette noire en costume Yamamoto manque toujours cruellement au milieu d'eux. Il s'agit aussi de remercier cette troupe qui relève le défi de l'avenir, avec dans cette création, sept nouveaux danseurs. Choisis par Pina, les anciens leur transmettent les secrets et les arcanes de son univers.

Jusqu'au 8 juillet. Projection de «La Plainte de l'Impératrice», film de Pina Bausch, le 4 juillet. www.theatredelaville-paris.com

jeudi 23 juin 2011

Les étudiants chiliens veulent une éducation publique et gratuite

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PHOTO FRANCISCO ÁGUILA
Le mouvement est tellement important, qu’on parle des plus grandes manifestations jamais vues depuis la fin de la dictature, il y a 21 ans. Cette colère a été engendrée par les réformes promises par le gouvernement de droite du président Sebastian Piñera et qui tendent à approfondir encore plus la privatisation du système scolaire. L’éducation au Chili est une des plus chères au monde.

mardi 21 juin 2011

Histoire du monde : barrage au Chili


La justice chilienne s'est prononcée hier pour une suspension du projet. Le tribunal de Puerto Montt a donc décidé de paralyser la construction de 5 barrages tant que le fond de l'affaire n'est pas résolu. 

Le fond de l'affaire c'est en fait un débat de société entre - d'une part le consortium Endesa-Colbun - et des militants soutenus par plusieurs parlementaires locaux. Le projet prévoit la construction de 5 barrages sur deux vallées encore très sauvages de la Patagonie au sud du Chili. Cela permettrait de produire 2750 mégawatts et augmenter de 20% la capacité électrique du pays. 

L'énergie venant des barrages aurait l'avantage d'être produite sans émission de Co2. Et évidemment le consortium multinational y voit aussi l'avantage financier. Une fois les barrages amortis, l'énorme quantité d'énergie produite sera quasiment gratuite. Et les bénéfices à la revente seront on l'imagine - plutôt intéressants. 

Ou est donc le problème ? Et bien les amoureux de la Patagonie, ses habitants en premier dénoncent la détérioration du paysage, l'inondation de terrains privés et surtout l'inondation de zones naturelles protégées. Et puis il y a le caractère colossal du projet qui dérange. Pour les contestataires, la même quantité d'énergie pourrait être produite dans des projets plus modestes ...des éoliennes, de la géothermie ou des centrales hydro-électriques localisées. Évidemment dans ce scénario là, les bénéfices financiers seraient moins important, moins centralisés peut-être aussi.
 
Reste alors la question de la propriété de l'eau. Une société privée peut-elle s'approprier l'eau d'un territoire ou en tout cas les bassins et les dénivelés utilisés par les barrages? Au Chili cette question a été réglée il y a longtemps déjà. Par la dictature de Pinochet qui a vendu une partie de la Patagonie à des initiatives privées.

lundi 20 juin 2011

Suspension d'un titanesque projet de barrages en Patagonie

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SOURCE PLATAFORMA URBANA
Le projet HidroAysen, du consortium hispano-chilien Endesa-Colbun, prévoit la construction de cinq barrages dans deux vallées sauvages de Patagonie. L'objectif est d'augmenter la capacité électrique du pays pour produire 2 750 mégawatts.

TROIS ANS DE PROCÉDURE

Le projet avait obtenu début mai un feu vert administratif, au terme d'une procédure de trois ans ponctuée de nombreuses études d'impact sur l'environnement. Mais il continue de générer une forte mobilisation populaire. Depuis un mois et demi à Santiago et à Coyhaique, ville patagonienne à 1 300 kilomètres au sud de la capitale, d'importantes manifestations sont émaillées de violences.
Le tribunal de recours de Puerto Montt (Sud) a accédé, lundi 20 juin, à une résolution s'opposant à l'approbation du projet, "ce qui signifie que le projet se trouve paralysé jusqu'à ce que le fond de l'affaire soit résolu".
Pour ses opposants, le projet HidroAysen va défigurer des pans de la Patagonie, l'un des derniers territoires vierges de la planète, dont les forêts, glaciers et lacs attirent des amoureux de la nature du monde entier.

jeudi 16 juin 2011

Volcan chilien: retour à la normale des vols à Buenos Aires et Montevideo

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PHOTO DANIEL BASUALTO


"D'ici à deux semaines, l'activité du volcan devrait diminuer", a déclaré à l'AFP Enrique Valdivieso, directeur du Sernageomin.

"Nous sommes proches de voir un peu de lave" à la superficie du volcan, un phénomène sans danger pour les riverains du Puyehue et qui marquera le début de la fin du processus éruptif, a-t-il ajouté.

La colonne de fumée qui s'échappe du volcan, entré en éruption le 4 juin après un sommeil d'un demi-siècle, a diminué jeudi. Elle atteignait 3 kilomètres de haut, contre 4 à 5 la veille et 12 au plus fort de son activité, selon Valdivieso.

Dans le même temps, le nuage de cendres provoqué par l'éruption est sur le point d'achever son tour du monde samedi, après avoir atteint Buenos Aires et Montevideo, puis l'Australie et la Nouvelle-Zélande en suivant la rotation naturelle de la Terre - d'ouest en est.


PHOTO Carlos Gutierrez
Il a fortement perturbé le trafic aérien dans les pays traversés, entraînant des centaines d'annulation de vols, mais les aéroports argentins, uruguayens et australiens ont recommencé à fonctionner normalement jeudi. Seuls quelques vols entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande continuaient à être suspendus.

L'an dernier, l'éruption du volcan Eyjafjöll en Islande avait entraîné la plus grande fermeture d'espace aérien en Europe en temps de paix, avec plus de 100.000 vols annulés et huit millions de passagers bloqués sur un mois.

Chili: les étudiants manifestent

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MANIFESTATION ETUDIANTE  À SANTIAGO DU CHILI. Photo Nicolás Núñez
Les manifestants - 50.000 selon la police, près de 70.000 selon les organisateurs - se sont rassemblés à la mi-journée sur la place Italia dans le centre-ville. Le cortège ralliait ensuite le Palais présidentiel de la Moneda et le proche ministère de l'Education.

Le monde de l'enseignement réclame principalement à l'Etat un engagement financier accru et déplore que le Chili ne consacre que l'équivalent de 4,4% de son PIB à l'éducation, bien en deçà des 7% recommandés selon eux par l'Unesco. 


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MANIFESTATION ETUDIANTE  À SANTIAGO DU CHILI. Photo Cami_ev
Les manifestants dénoncent un système éducatif inégal et la piètre qualité, selon eux, de l'enseignement public, où sont scolarisés 40% des enfants, voire des établissements à financement mixte (Etat-famille), accueillant l'immense majorité des Chiliens qui ne peuvent s'offrir les lycées privés réputés (10% des enfants).
Ils réclament aussi une aide accrue à l'enseignement supérieur, car son coût contraint une majorité d'étudiants chiliens à l'endettement.

La manifestation intervient sur fond d'impopularité record du président Sebastian Piñera, qui a ramené la droite au pouvoir au Chili début 2010 après vingt ans d'opposition. Selon un sondage en mai, 56% des Chiliens désapprouvaient son action, contre 36% qui la jugeaient favorablement.


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MANIFESTATION ETUDIANTE  À SANTIAGO DU CHILI. PHOTO NICOLÁS NÚÑEZ


Outre les manifestations étudiantes, les dernières semaines ont aussi été marquées par une forte mobilisation populaire contre un projet de barrages hydroélectriques dans la nature sauvage de la Patagonie (sud). La dernière mobilisation étudiante, début mai, a dégénéré en affrontements avec la police. Des heurts avec les forces de l'ordre ont aussi émaillé mercredi une manifestation de lycéens et collégiens, qui avait réuni 7.000 personnes. La police a procédé à 50 arrestations.

CHILI – SUSPENSION DE LA GRÈVE DE LA FAIM DES INDIGÈNES MAPUCHE

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MASSUE CEPHALOMORPHE MAPUCHE. MUSEE D'ART PRECOLOMBIEN DE SANTIAGO DU CHILI.
L’Archevêque a en outre mis en évidence le travail réalisé par les membres des familles des travailleurs mapuches, par l’Institut national des Droits de l’homme et par l’Eglise catholique afin de mettre un terme aux 86 jours de jeûne, faisant remarquer que les institutions de l’Etat n’avaient apporté aucune contribution à la résolution du problème.

Hector Llaitul, Ramon Llanquileo, Jonathan Huillical et José Huenuche ont jeûné à compter du 16 mars dernier afin de réclamer un procès équitable après qu’ils aient été condamnés au termes d’un procès dans le cadre duquel ont été utilisées les procédures prévues par la loi anti-terroriste qui, selon eux, ont limité leur droit à la défense. Dans le cadre de ce procès, que les media ont fait devenir un cas national, Llaitul a été condamné à 25 ans de réclusion et les trois autres à 20 ans de réclusion pour une agression ayant eu lieu durant le conflit motivé par les revendications territoriales Mapuches dans le sud du Chili.

Mgr Ezzati a rappelé dans son entretien que le Président Sebastian Piñera s’était engagé le 21 mai à discuter une nouvelle loi anti-terroriste qui sauvegarde les droits fondamentaux de la personne, le Ministre de l’Intérieur ayant par ailleurs déclaré voici quelques jours que le Chili a besoin d’une loi « adaptée » contre le terrorisme.

Les indigènes ont mis fin à la grève de la faim après un accord intervenu entre le groupe des familles, les organisations des droits de l’homme et les membres de l’Eglise catholique devant déboucher sur la constitution d’un « Comité de Défense des Droits du Peuple Mapuche », comité qui devra agir en faveur de la promotion et de la défense des droits des indigènes. (CE) (Agence Fides 11/06/2011)

mardi 14 juin 2011

Universidad de Chile sacré

Universidad de Chile obtient ainsi son quatorzième titre de champion, ainsi qu'une qualification pour la Coupe Libertadores 2012 (Coupe des clubs champions d'Amérique du Sud). Les buts ont été marqués par l'Argentin Gustavo Canales (16 sur pen., 52 sur pen.), Juan Eluchans (25 c.s.c.), Edson Puch (56). Catolica avait réduit la marque à la 23 minutes par l'attaquant argentin Lucas Pratto.

Isabel Allende: l'amour de l'histoire et des histoires

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Quatrième de couverture DU ROMAN L'ÎLE SOUS LA MER
Conversation.
Au bout du fil, la voix fait chanter l'anglais en le teintant d'un doux accent espagnol. Les mots coulent comme l'encre du stylo. Isabel Allende, quand elle accepte d'accorder une entrevue, ne fait pas les choses à moitié et se montre d'une formidable générosité. Malgré un horaire chargé. Ainsi, quand La Presse l'a jointe chez elle, dans les environs de San Francisco, elle s'apprêtait à partir pour l'Espagne afin de promouvoir son nouveau roman, El quaderno de Maya (Le journal de Maya). Ce qui ne l'a pas empêchée de faire un retour en arrière sur le précédent, L'île sous la mer, qui vient d'être publié en français.

Un roman dans la lignée de La maison aux esprits, son premier livre, qui a connu le succès que l'on sait. Un roman qui a exigé d'elle quatre années de recherche et une année d'écriture. Un roman qui se déroule dans un premier temps à Saint-Domingue, dans les années 1770 à 1793, puis en Louisiane, de 1793 à 1810.

«Je voulais, à l'origine, écrire un récit historique qui se déroulait à La Nouvelle-Orléans, une ville que j'aime beaucoup», raconte la romancière d'origine chilienne, proche parente du président Salvador Allende (voir encadré). «J'ai commencé mes recherches en ce sens et j'ai réalisé qu'une bonne partie de sa saveur française était due à l'arrivée massive, à la fin du XVIIIe siècle, d'une population francophone blanche, noire et métissée.»

En très peu de temps, quelque 10 000 de ces gens se sont installés dans la ville qui comptait jusque-là 3000 habitants. D'où venaient-ils? Pourquoi ce débarquement? Isabel Allende a continué à creuser le sillon et découvert «une histoire plus passionnante encore» que celle qu'elle envisageait d'écrire: ils arrivaient de Saint-Domingue et avaient fui la révolte des esclaves. «Il y avait là des colons français, leur famille, leurs esclaves de même que leurs concubines et les enfants métissés nés des relations maître-esclave», dit la romancière.


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ISABEL ALLENDE LORS DE LA FOIRE DU LIVRE DE MADRID 2011



Une autre page d'histoire

Elle a ainsi plongé dans cette autre page d'histoire. Celle de la colonie de Saint-Domingue, de laquelle la France tirait le tiers de ses revenus annuels grâce au travail de 500 000 esclaves, «propriété» de 25 000 colons. Lorsque les premiers ont décidé de se révolter, Napoléon a envoyé 30 000 de ses meilleurs soldats. Ils ne sont pas parvenus à mater ces hommes, femmes et enfants qui ne possédaient aucune arme sinon le fait de savoir qu'ils n'avaient rien à perdre.

«À l'époque, aux États-Unis, l'esclavage n'était pas aboli ,mais le commerce des esclaves était interdit, explique Isabel Allende. Il était impossible de vendre ou d'aller chercher de nouveaux esclaves en Afrique. Les «maîtres» prenaient donc soin, dans une certaine mesure, de ceux qu'ils possédaient parce qu'ils avaient de la valeur et ne pouvaient être remplacés.» La situation était autre à Saint-Domingue: si l'esclavage avait été aboli en France, il ne l'était pas dans les colonies. Les conditions de vie des esclaves étaient horribles, leur espérance de vie très courte car il était facile et peu cher de les remplacer.

Bref, les esclaves exploités dans l'île n'avaient rien à perdre. Et ils étaient aussi soudés, fortifiés par leur religion. «Je ne peux pas imaginer la réussite de cette révolte sans le vaudou. C'est la composante qui a uni ces milliers d'esclaves provenant de pays et d'ethnies différentes, qui ne partageaient au départ ni racines, ni langue, ni religion.» Ils se sont fabriqué cela, mêlant des échos de leur culture d'origine à celle de leurs maîtres. Pour la romancière, ils étaient à ce point certains que l'esprit de leurs morts marchait à leurs côtés, 10 000 esprits pour chaque rebelle, qu'ils ont eu raison des troupes napoléoniennes. Celles-là mêmes qui avaient maté l'Europe.


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PORTRAIT DE ZARITÉ SEDELLA ILLUSTRATION DE L'ÉDITION ESPAGNOLE de « L'île sous la Mer »


Le point de vue de Zarité

Pour dire cette histoire de l'île devenue Haïti, Isabel Allende a choisi le point de vue d'une esclave. Elle s'appelle Zarité, elle a 9 ans lorsqu'elle est vendue à Toulouse Valmorain. Elle deviendra sa maîtresse, portera ses enfants, le suivra en exil à La Nouvelle-Orléans. Changera, comme les temps troublés qu'elle traversera.

La romancière avait décidé, très tôt dans le processus de création, qu'elle utiliserait le point de vue d'un ou d'une esclave pour raconter L'île sous la mer - dont le titre, aussi poétique qu'évocateur, est une référence aux croyances des esclaves: cette «île» mythique est celle où se réfugie l'âme des morts, le paradis pour tous ceux qui n'ont pu rentrer chez eux, en cette Afrique dont ils ont été arrachés et se sont éloignés à bord de navires où ils étaient parqués au plus bas niveau - donc sous les eaux, là où se trouve l'île-paradis.

L'enfer, sous les eaux. Le paradis, sous les eaux aussi. Isabel Allende a conjugué les deux, par amour de l'histoire et des histoires.

L'île sous la Mer 
Isabel Allende
Alex Lhermillier (Traducteur) , Nelly Lhermillier (Traducteur)
Broché
Paru le : 11/05/2011
Editeur : Grasset
ISBN : 978-2-246-77321-4
EAN : 9782246773214
Nb. de pages : 523 pages
Poids : 645 g
Dimensions : 15,5cm x 24cm x 3,5cm



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LE PRESIDENT ALLENDE SALUE DEPUIS LA FENETRE DE LA MONEDA LE MATIN DU 11-SEPT-1973


À propos de Salvador Allende

Le père d'Isabel Allende était le cousin de Salvador Allende, mort le 11 septembre 1973 lors du coup d'État mené par le général Pinochet. Suicide ou meurtre? Pour tenter de le découvrir, la dépouille du président socialiste a été exhumée le 24 mai. «C'est une chose qui a été approuvée par la famille directe, c'est-à-dire sa fille, Isabel, qui est sénatrice au Chili», raconte la romancière.

Selon elle, même 38 ans après les faits, la démarche n'est pas inutile -même s'il est possible que rien de nouveau ne puisse être prouvé, si longtemps après la disparition de celui qu'elle appelle son oncle?: «Du point de vue de l'histoire, c'est un événement qui doit être éclairci, une vérité qui doit être connue. Qu'il ait commis un suicide ou qu'il ait été assassiné, cela ne changera rien à son image ni au respect que le monde entier lui porte. Mais s'il a été assassiné, cela changera l'image de ce qu'ont fait les militaires», souligne Isabel Allende, pour qui il est heureux que les experts choisis «viennent de différents endroits du monde, afin de s'assurer de conclusions impartiales et objectives».

Première manifestation de cyclistes nus au Chili, la sixième à Mexico



Les manifestants ont sillonné les rues de Santiago avant d'enlever partiellement ou totalement leurs vêtements en fin de parcours.

La police a alors procédé à sept arrestations pour atteinte aux bonnes moeurs, les interpellés s'étant déshabillés sur la voie publique.

Les manifestants voulaient attirer l'attention sur les dangers que courent les cyclistes dans la rue.


Le vélo attire de plus en plus d'adeptes à Santiago, à cause de la pollution de la capitale chilienne, l'une des plus touchées d'Amérique latine avec Sao Paulo et Mexico.

A Mexico également, une manifestation semblable a été organisée samedi pour dénoncer les transports motorisés urbains. 500 cyclistes ont circulé pour la sixième année consécutive dans les rues de la capitale mexicaine, dénudés, peu vêtus ou le corps peint.

Ce mouvement international, présenté comme festif et militant, a été lancé il y a onze ans en Espagne.

jeudi 9 juin 2011

L'artiste peintre chilien Claudio Bravo, décédé au Maroc, inhumé à Taroudant

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portrait d'Imelda Marcos 1968. Source Bravo, Claudio. Peinture. Dans Pedrosa, Carmen Navarro. The Rise and Fall of Imelda Marcos. Manila: 1987.
Cet artiste reconnu est décédé à l'âge de 74 ans des suites d'une crise d'épilepsie.
Très attaché au Maroc où il s'est installé dès le début des années 70 après un passage à Madrid, Claudio Bravo a séjourné d'abord à Tanger avant de transiter par Marrakech pour enfin élire domicile à Taroudant.

VENUS 1979. CLAUDIO BRAVO

Il s'est toujours dit émerveillé et fasciné par "la composition des choses" dans cette ville et au Maroc en général. La lumière, les couleurs et les habitants du pays l'ont inspiré dans son style de peinture hyperréaliste.
Les toiles de Bravo, qui passe avec brio du portrait à la nature morte, ont fait le tour de diverses galeries d'art à travers le monde.
Certaines de ses œuvres font partie des collections de musées prestigieux aux Etats Unis, au Chili et en Europe.

mercredi 8 juin 2011

eso

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Astronomie: premières images d'un nouveau télescope de l'ESO au Chili

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Observatoire  Paranal et le Volcan Llullaillaco.
PHOTO ESO / Gerhard Hüdepohl du 3 Décembre 2009
Baptisé VST, pour VLT Survey Telescope, cet instrument est le plus grand télescope au monde pour l'observation du ciel dans le spectre lumineux visible par l'oeil humain, indique l'ESO.
Son miroir d'un diamètre de 2,60 m est associé à un énorme objectif d'une résolution de 268 mégapixels qui lui permet de cartographier de larges zones du ciel rapidement et en profondeur.
Capable d'examiner une zone large comme deux fois la pleine Lune, le VST est destiné à soutenir les travaux de son voisin de l'Observatoire de Paranal, le Très grand télescope (VLT). Le VST pourra prendre des images grand angle du ciel austral pour détecter certains phénomènes que le VLT explorera ensuite plus en détails.
Les premières images réalisées par le VST montrent la région de formation d'étoiles Messier 17, encore appelée nébuleuse Omega ou nébuleuse du Cygne.
Cette région remplie de gaz, de poussières et de jeunes étoiles dégageant beaucoup d'énergie est située au coeur de la Voie Lactée, dans la constellation du Sagittaire. L'angle de prise de vue du VST est assez large pour capturer l'ensemble de la nébuleuse, souligne l'ESO.
D'autres clichés montrent quelque 300.000 étoiles de l'amas globulaire Omega Centauri, le plus grand et le plus brillant, situé à une distance estimée à environ 20.000 années-lumière.

Volcan chilien: Les deux grands aéroports de Buenos Aires ont rouvert

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Le volcan chilien Puyehue en éruption en mai 1960 © AFP / Archives

«L'aéroport (international) d'Ezeiza et l'Aeroparque Jorge Newbery (vols intérieurs et vers les pays limitrophes) sont ouverts et opérationnels», a déclaré l'Administration nationale de l'aviation civile (Anac).

A l'aéroport d'Ezeiza, «des vols internationaux sont déjà reprogrammés», a ajouté l'Anac dans un communiqué.

Un nuage de cendres géant, dégagé par l'éruption du volcan Puyehue samedi dans le sud Chili, avait atteint mardi Buenos Aires, provoquant des annulations de vols dans les aéroports de l'ensemble du cône sud de l'Amérique latine.

«Les vols vers et en provenance d'Argentine sont en train d'être rétablis peu à peu: nous reprenons nos activités avec les villes de Buenos Aires, Mendoza (ouest) et Cordoba (nord-ouest)», a annoncé de son côté la compagnie aérienne chilienne LAN.
Aéroports de Patagonie toujours fermés

Soixante-deux vols avaient été annulés mardi matin à Buenos Aires, la capitale du cône sud la plus touchée par les conséquences de l'éruption volcanique. Une cinquantaine de vols ont également été annulés à Montevideo et 16 à Santiago.

A Buenos Aires, le nuage situé à 5.000 mètres d'altitude n'a pas été visible pour les habitants qui ont profité d'une belle journée ensoleillée.

Mais les experts avaient estimé que les cendres en suspension pouvaient endommager les turbines des avions.

Plusieurs aéroports de la Patagonie argentine (sud) restaient en revanche fermés: Bariloche, haut lieu touristique de montagne situé à 100 km au sud-est du volcan Puyehue, Chapelco, Esquel, Trelew, Viedma et Bahia Blanca.

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Le volcan chilien Puyehue en éruption, vue depuis Osorno du nuage de cendres 
5 juin 2011. PHOTO EFE

Groupes électrogènes dans les hôpitaux

A Bariloche, 140.000 habitants, des visiteurs pliaient bagages, déçus de la tournure de leurs vacances. «Je n'avais jamais rien vu de pareil», a déclaré à l'AFP Lucas Meyer, un touriste brésilien attendant à la gare routière de pouvoir rentrer chez lui.

«Nous sommes arrivés juste le jour de l'éruption», a déploré Augusto Reales, un touriste de la province argentine de Tucuman (nord), avant de monter dans son autocar. Le beau lac Nahuel Huapi, au bord duquel la station de Bariloche est située, avait pris une couleur émeraude tachetée du gris des cendres.

Des groupes électrogènes ont dû être installés dans les hôpitaux pour faire face aux coupures d'électricité.

L'éruption du Puyehue perdait légèrement en intensité mardi. «Mais la phase active risque de durer des semaines, voire des mois», a prévenu le vulcanologue Gustavo Villarosa.

Le nuage atteint le sud du Brésil

La fermeture de l'aéroport inquiète Bariloche qui vit du tourisme et attend cet hiver, rien que du Brésil, 200 vols charter et 30.000 touristes.

Mardi, le nuage de cendres a atteint le sud du Brésil et traversait une partie des Etats du Rio Grande do Sul et du Parana, dans la couche d'air supérieure entre 8.000 et 12.000 mètres, en direction de l'océan Atlantique, a indiqué l'expert brésilien Saulo Freitas.

Dix-neuf vols à partir de Sao Paulo à destination du Chili, de l'Argentine, de l'Uruguay et du Pérou ont été annulés mardi tout comme sept vols vers cette métropole brésilienne, selon les autorités aéroportuaires.
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nuage de cendres  du volcan chilien Puyehue en éruption
5 juin 2011. PHOTO AFP

La dernière éruption remontait à 1960

Le volcan est entré en éruption samedi après un demi-siècle de sommeil, entraînant l'évacuation de 3.500 personnes et dégageant un nuage de cendres géant. Haut de 2.240 mètres, le Puyehue appartient au complexe volcanique du Cordon Caulle, dans la cordillère des Andes. Sa dernière éruption importante remontait à 1960, après le terrible séisme de magnitude 9,5 dans la région de Valdivia, qui avait fait 5.700 morts.

En Islande, l'éruption du volcan Eyjafjöll en 2010 avait entraîné la plus grande fermeture d'espace aérien en Europe en temps de paix, avec plus de 100.000 vols annulés et huit millions de passagers bloqués sur un mois, et des pertes pour le secteur touristique chiffrées à 1,7 milliard d'euros par l'Organisation mondiale du tourisme (OMT).

lundi 6 juin 2011

LA « LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ » 2

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De l’échec mexicain au « renforcement des organisations »


Le Programme national de solidarité (PRONASOL) fut un programme très ambitieux : il s’est proposé de combattre la pauvreté avec la participation des communautés et en appelant la société à participer par la création de « comités de solidarité » qui furent les cellules de base du programme. Durant les six années de Carlos Salinas de Gortari (1988-1994), 170 000 comités furent créés dans tout le pays, ce qui est révélateur de l’effort réalisé. Cependant, loin de contribuer à diminuer la pauvreté – les analystes mexicains sont tous d’accord là-dessus – le Programme de solidarité fut l’un des facteurs qui aggrava le mécontentement chez les paysans et les Indiens, lesquels soutinrent le soulèvement zapatiste du 1er janvier 1994. 

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militant de Armée zapatiste de libération nationale à Chiapas. PHOTO Víctor Camacho

La naissance du PRONASOL, encore appelé Solidarité, est une conséquence des graves problèmes de gouvernementalité [2] et de légitimité, découlant de l’évidente fraude électorale contre le Front démocratique national de Cuauhtémoc Cárdenas [3], lors des élections présidentielles de 1988. Les fonds destinés aux dépenses sociales, éparpillés en une multitude de projets non coordonnés, furent centralisés et transférés à PRONASOL pour soutenir trois secteurs : bien-être social, projets productifs et développement régional. Le programme concentrait le pouvoir dans les mains du gouvernement pour qu’il « canalise les ressources financières vers les zones de turbulence ou vers les groupes de mécontents » (Mackinlay et De la Fuente, 1995 : 69).


En fait, PRONASOL cherchait à renforcer l’État en restructurant ses bases à un moment où le néolibéralisme était en plein essor au Mexique, lequel, à son tour, s’apprêtait à signer l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Cette volonté de promouvoir une si vaste participation de la société au moyen des comités – qui étaient créés pour réaliser un travail précis et qui nommaient les personnes chargées de son exécution et de sa surveillance – visait à écarter les organisations corporatistes et corrompues qui n’auraient cherché que leur propre avantage. Sur ce point, il me paraît bon de reprendre l’analyse d’Héctor Díaz-Polanco concernant le PRONASOL.


Dans l’élaboration du programme, deux courants de pensée ont exercé leur influence. D’un côté, les intellectuels mexicains qui défendaient l’idée de travailler avec le secteur social de l’économie, c’est-à-dire ces organisations de paysans et de travailleurs qui auraient réalisé un travail collectif, auraient détenu la propriété sociale et auraient utilisé les excédents également selon un critère social. Le second courant est venu de la Banque mondiale, qui proposa un vaste programme d’aide à la lutte contre la pauvreté au moyen d’un renforcement de la participation communautaire, ce qui fut ensuite appelé « développement participatif » (Díaz-Polanco, 1997 : 104-125).


De cette manière, on espérait rendre compatibles le paquet de l’ajustement macro-économique et une stabilité sociale qui garantirait la gouvernementalité. L’un des objectifs était que l’inévitable tension sociale – provoquée par l’augmentation de la pauvreté et la déstructuration des réseaux de survie des paysans et des secteurs populaires urbains – trouve une caisse de résonance dans le PRONASOL. Tandis que la stratégie économique néolibérale restait assujettie aux décisions d’en-haut dans des domaines éloignés de la population, une sphère sociale s’ouvrait où les secteurs populaires auraient pu négocier leurs revendications et leurs priorités. Il semble difficile de mieux synthétiser la proposition de la Banque mondiale :

Dans cette sphère populaire, on inciterait les secteurs sociaux à participer et à investir leurs propres efforts pour surmonter leurs carences, avec l’aide des gouvernements et, éventuellement, de quelques organisations non gouvernementales. Le dialogue ici s’établit entre des organisations sociales considérées comme des molécules – que bien souvent le propre gouvernement doit promouvoir – et l’État comme représentant de la nation, à condition de ne jamais mettre sur la table les grands thèmes stratégiques qu’il convient de traiter dans une autre sphère (Díaz-Polanco,1997 : 109).

Pour obtenir que ce secteur s’implique, il était proposé d’adopter quatre critères : respecter l’identité, la culture et l’organisation des peuples indiens ; faire participer les peuples et communautés à travers leurs organisations véritablement représentatives ; laisser participer toutes les organisations sociales sans aucune discrimination ; enfin, éviter la substitution des sujets sociaux, le paternalisme et l’intermédiation. Au-delà de la déclaration d’intentions de la Banque et de l’Institut national indianiste (INI) – qui joua un rôle éminent dans l’exécution du programme – et d’un diagnostic assez juste de la réalité, le PRONASOL non seulement n’a pas pu atteindre les objectifs qu’il s’était fixés mais a obtenu exactement l’inverse.

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Zapatistas en arrivant à Cuernavaca, Morelos, en 1911. photo du livre le Mexique : une photographie et une révolution ( Lunwerg ).


Les fonds utilisés furent importants. Les dépenses de Solidarité dans l’État de Chiapas ont augmenté de 130% entre 1989 et 1990 et de 50% l’année suivante ; elles étaient destinées au bien-être social et aux travaux publics et seulement à hauteur d’un peu plus de 10%, à l’aide aux activités productives (Harvey, 2000 : 195). Durant les trois premières années, on considéra que le programme était un succès, mais particulièrement dans un domaine : « atténuer et contrôler les situations d’ingouvernementalité » (Mackinlay et De la Fuente, 1995 : 75). Cependant, à l’échelon local, de fortes tensions apparurent entre les groupes qui voulaient s’assurer le contrôle des ressources financières pour renforcer leurs propres réseaux sociaux. Les projets tombaient à l’eau non seulement à cause du bureaucratisme et de la centralisation, mais aussi en raison de la prédominance des appareils techniques aux dépens des leaders des organisations sociales. En réalité, malgré le discours sur la décentralisation et la participation, le gouvernement de Salinas tira tous les fils du PRONASOL. Cela eut des effets très violents sur les peuples indiens et les secteurs populaires organisés. D’après Díaz-Polanco, le véritable but du PRONASOL n’a jamais été d’attaquer à fond la pauvreté mais de faire contrepoids aux conséquences du programme néolibéral.


Au Chiapas, les analyses les plus diverses, y compris les officielles, estiment que le PRONASOL a créé une situation de crispation sociale qui a facilité l’expansion du zapatisme. Le Chiapas fut l’État où le programme connut son plus ample développement et où furent créés le plus de comités de solidarité. Mais comme l’objectif était de s’en assurer le contrôle, le programme a dérapé et affaibli les organisations indépendantes et il a facilité la création de multiples groupes sous son contrôle direct. C’est ainsi que furent démantelées les organisations qui assuraient le tissu d’intermédiation sociale à la campagne. Les conséquences furent que les classes dominantes locales ont utilisé le programme Solidarité pour détourner des fonds à leur profit, que les inégalités sociales et interrégionales se sont accentuées, et que s’est installé un climat d’irritation et de désespoir dans les communautés, surtout en raison de la suppression de leur indépendance dans les choix d’organisation et d’action.


Tandis que Solidarité visait à ce que la participation des organisations paysannes se convertisse en « contrepoids des élites locales », la réalité a montré que le contrôle et la manipulation des fonds par le gouvernement étatique de Patrocinio González Garrido est devenu l’« un des facteurs qui ont contribué à générer divisions et mécontentement parmi les communautés indiennes » ; cela, à son tour, a fait que dans les premiers jours de février 1994 « de nombreux groupes de paysans ont occupé les municipalités de leurs communes pour réclamer la destitution de leurs maires » (Harvey, 2000 : 196-197). La désastreuse expérience mexicaine, dans laquelle aussi bien le gouvernement que la Banque avaient placé tant d’espérances, devait nécessairement être évaluée pour ne pas répéter les erreurs. Les conclusions qu’en tire Díaz-Polanco ne semblent pas très éloignées de celles données par les propres fonctionnaires de l’organisme multilatéral :

Les politiques gouvernementales de développement pour les peuples indiens requièrent l’existence d’un interlocuteur valable. En grande partie, l’échec ou la faible efficacité des programmes pour obtenir des résultats substantiels et durables, est directement lié à la faible organisation de l’économie, des communautés et des peuples, spécialement à l’échelon régional […]. La carence commune de ces organisations solides est un handicap pour que les programmes puissent trouver (à supposer qu’on la cherche vraiment) un sujet social – représentatif, doté de légitimité et de force morale au sein des communautés – capable de les faire fonctionner (Díaz-Polanco, 1997 : 124).

De là, nous pouvons passer, directement, au programme suivant de lutte contre la pauvreté : le Projet de développement des peuples indiens et noirs de l’Équateur (PRODEPINE) mis en place à partir de 1997. Ce programme visait précisément à résoudre les difficultés rencontrées par Solidarité au Mexique ; c’est pourquoi la priorité de la Banque devint le « renforcement des organisations ». Il faut seulement noter que l’efficience que désiraient les politiques gouvernementales au sujet des peuples indiens, peut être extrapolée à l’ensemble de la société.


Le PRODEPINE est né de la signature d’une convention internationale entre la Banque mondiale et le Fonds international pour le développement indien, avec l’appui du gouvernement équatorien, pour un total de 50 millions de dollars. La Banque se proposait de mobiliser le capital social comme étant le chemin pour rendre acteurs les exclus, ce qui se traduisait par la proposition de renforcement des organisations, et impliquait donc la participation active des organisations indiennes. Le directeur exécutif du PRODEPINE considérait que jamais auparavant n’avait été réalisé en Amérique latine un projet aussi décentralisé, novateur et participatif que celui-là. La façon avec laquelle il impliquait les organisations sociales non seulement améliora considérablement l’exécution du projet mexicain, mais devint un modèle à suivre pour de futurs projets.


Un dirigeant paysan décrit les étapes que franchissent les organisations de second degré (OSD) quand elles travaillent avec le programme :

D’abord les OSD font leur autodiagnostic. Le PRODEPINE ne fait pas cela, ses seules actions consistent à mettre les fonds sur un compte de l’organisation, lui fournir la méthodologie, assurer le suivi, lui donner les règles, et c’est l’organisation qui engage les techniciens, les siens propres ou de l’extérieur […]. Le premier accord s’arrête là. Le second accord en deux mots, c’est que nous-mêmes nous fournissons les fonds pour engager un professionnel, car la conception d’un projet est déjà un travail technique […] Une fois que le projet est prêt, nous passons à l’exécution. Là encore, l’organisation apporte les fonds et engage quelques techniciens, au minimum un comptable et un administrateur, et on passe à l’exécution (Bretón, 2001 : 233).

Les organisations contrôlent tout le processus, tandis que le PRODEPINE, c’est-à-dire la Banque mondiale, ne fait que financer, accompagner, former, conseiller et contrôler. En plus, elle réalise une action clé : un recensement des organisations pour obtenir « des pistes sur la qualité des structures des organisations et sur les capacités de chaque OSD d’assumer les responsabilités avec pertinence (Bretón, 2001 : 234). C’est là le point sensible. Le renforcement des organisations consiste, après le recensement et le relevé des organisations, à différencier celles qui sont déjà aptes à travailler avec le programme de celles qui doivent être « aidées » pour qu’elles acquièrent ces qualités qui, aux yeux de la Banque, leur manquent encore.


Le PRODEPINE fut exécuté entre 1998 et 2002, mais le projet commença à mûrir en 1995, dans une conjoncture clé. Un an avant, en 1994, le soulèvement zapatiste avait pulvérisé les objectifs du PRONASOL au Mexique et, la même année, en Équateur, s’était produit un second soulèvement indien qui envoya lui aussi dans les cordes la gouvernementalité tant désirée. Pour cette raison, nous pouvons affirmer que la politique du renforcement des organisations, comme toutes les politiques antérieures, visait à domestiquer le mouvement indien, en limant ses arêtes les plus antisystémiques, en opérant depuis l’intérieur et en exerçant une influence au sein même du mouvement.


Le combat progressiste contre la pauvreté


Il me paraît important de mettre en relief comment la Banque mondiale a créé un ensemble de concepts qui, avec quelques variantes, nous accompagne jusqu’à aujourd’hui. Le premier et le plus important est de placer au centre le combat contre la pauvreté. La priorité de cette politique n’est pas remise en question par les forces de gauche, elle fut même assumée sans problème comme l’axe de leurs politiques sociales. Le combat contre la pauvreté comporte une batterie de concepts et de méthodologies de travail qui ont été adoptées sans examen critique, comme si c’étaient des données réelles, par les gouvernements progressistes installés dans la région à partir de 2000. Parmi ces concepts, il faut signaler les « nécessités de base », « l’extrême pauvreté » et « l’exclusion », ainsi que la « participation sociale » pour combattre la pauvreté, et la « mobilisation » (et par conséquent l’organisation) des pauvres pour rendre plus efficace un tel combat ; mais il y en a beaucoup d’autres. Au moment où le soulèvement social contre le modèle était au plus haut, sont même apparus des concepts comme « autonomie », afin de tenter de recueillir les aspirations populaires pour les recycler en instruments au service de la gouvernementalité.


Dans la dernière phase, quand il devient évident que des pans entiers de la société se soulèvent contre le modèle, les politiques ciblées et compensatoires se révèlent incapables d’atteindre leur objectif central : le combat contre la pauvreté. Il s’agit alors, comme on a tenté de le faire au Mexique de façon brouillonne et en Équateur de façon ordonnée, d’impliquer l’ensemble du mouvement social dans les politiques sociales et la gouvernementalité. Cependant, la délégitimation du modèle néolibéral, et de la Banque mondiale elle-même, a créé une ambiance propice à l’introduction de quelques modifications dans les politiques sociales. Les politiques ciblées passèrent au second plan et on commença à donner la priorité à l’universalisation, tout au moins en paroles. Dans quelques pays du Cône Sud, on commença à croiser des perspectives qui n’émanaient plus des institutions multilatérales mais d’autres agences, certaines très proches des mouvements sociaux, qui pendant un moment accompagnèrent les mobilisations contre le modèle.


Une des nouveautés majeures introduites par le progressisme – outre l’accent mis sur le territoire – est en relation avec l’économie sociale ou économie solidaire, qui devint l’un des axes des politiques sociales. Dans plusieurs pays de la région (en particulier en Argentine, au Brésil et au Venezuela) on cherche à renforcer un secteur fondé sur la coopération et l’aide mutuelle qui n’est ni l’économie privée, ni l’économie d’État. En Argentine, il existe 21 729 coopératives et 7 396 mutuelles immatriculées, qui constituent à peine l’un des trois pans de l’économie sociale ; les deux autres sont les entreprises récupérées et « le monde de l’entreprenariat et de l’auto-emploi, soit individuel soit associatif » (Arroyo, 2009 : 85). Au Brésil, le Secrétariat national de l’économie solidaire (SENAES) a recensé 14 956 entreprises d’économie solidaire en 2005, avec 1 250 000 membres, entre coopératives, associations et groupes informels (Ministère du travail et de l’emploi, 2006 : 12).


Depuis la mise en place du « Plan national de développement local et d’économie sociale Mains à l’ouvrage » en 2003, jusqu’à la mise en marche de « Argentine au travail - Programme d’intégration sociale avec travail » en 2009, le gouvernement argentin, au moyen de l’aide aux entreprises productives, cherche à « intervenir dans les groupes vulnérables pour qu’ils puissent s’insérer dans le monde productif et créer des liens avec le secteur privé pour former et/ou consolider des processus productifs durables » (Arroyo, 2009 : 90). Depuis 2003 jusqu’à la fin de 2009, Mains à l’ouvrage s’est consacré à renforcer des entreprises de premier échelon qui promeuvent l’auto-emploi dans le but de créer un lien entre l’État, les organisations sociales et les citoyens », grâce à l’appui technique et financier et en promouvant « des alternatives de commercialisation associées » (Ministère de développement social, 2009 : 18). Le programme travaille avec des coopératives et des mutuelles déjà existantes et favorise la création d’autres, mais il travaille aussi avec des usines récupérées. De même que son homologue brésilien, il a contribué à la réalisation du Ve Congrès d’économie sociale auquel participèrent 3000 représentants d’entreprises diverses. Il faut ajouter que l’État n’est pas seulement fournisseur mais aussi un des principaux clients de ces initiatives.


Le programme Argentine au travail a plus d’incidence sur les mouvements sociaux. C’est la politique sociale la plus ambitieuse qu’a lancée le gouvernement argentin : elle crée 100 000 postes de travail dans des coopératives comptant un minimum de 60 membres, qui gagnent 1 300 pesos mensuels (335 dollars). Elle se présente comme quelque chose de nouveau, ni politique ciblée ni financements, parce que son objectif est de « récupérer la dignité du travail » (Ministère du développement social, 2010b). Les candidats s’inscrivent et sont ensuite sélectionnés s’ils satisfont à une série de conditions requises (sur 144 000 inscrits, 40 000 ont été retenus), le ministère réalise des visites dans les quartiers et à domicile, ainsi que des entretiens personnels avec les sélectionnés et on leur offre une formation minimum, pour travailler dans des coopératives qui réaliseront des travaux publics de moyenne et faible complexité. Le travail s’effectue en équipes sous la responsabilité d’un contremaître et le salaire pourra être retiré à la banque avec une carte de débit.


D’après la ministre Alicia Kirchner [4], il ne s’agit ni d’une politique d’assistance ni de compensation, vu « qu’une coopérative te permet de construire une organisation sociale, où les gens commencent à s’aider de manière différente » (Ministère de développement social, 2010a). Comme le programme s’adresse à des personnes qui n’ont pas de revenus ni d’aides sociales, ni aucune autre forme d’allocation, et qu’il offre une rémunération sensiblement supérieure à celle des autres programmes (le revenu est huit fois supérieur aux versements de base), il a généré une grande espérance. Les organisations territoriales, comme le Front Dario Santillán, reconnaissent qu’il s’agit du plan social le plus ambitieux lancé jusqu’à présent, tant par la quantité de personnes concernées que par le montant du salaire, qui se situe bien au-dessus de ce qu’un chômeur peut espérer toucher pour un travail au noir, à tel point que « plusieurs compagnons et compagnes dans les quartiers ont déjà abandonné les travaux précaires pour s’inscrire au plan » (Front populaire Dario Santillán, 2009).


Bien sûr, ce qu’entend le gouvernement par économie sociale est à peine une caricature de ce que réellement on propose sous cette appellation. Il ne s’agit pas de véritables coopératives, puisque les membres ne se connaissent pas auparavant et sont formés par la hiérarchie ; en outre on favorise le travail précaire, pour seulement six mois, en utilisant la formule de la coopérative. En tout cas, la proposition eut un impact sur les mouvements qui n’hésitent pas à inscrire leurs membres avec l’espoir de disputer le contrôle des coopératives pour les transformer en espaces autonomes vis-à-vis de l’État. En second lieu, il paraît évident que se produira quelque chose de similaire à ce qui a été vécu au Mexique avec le PRONASOL : la bureaucratie de l’État et la culture politique dominante finiront par couler le programme. Dans ce cas, tout l’engrenage des intendants péronistes de la périphérie urbaine est bien disposé à utiliser le programme Argentine au travail pour consolider le clientélisme. Ce n’est pas pour rien que les mouvements réclament « des coopératives sans punteros [5] ».


Il est clair que ce programme peut être une fenêtre intéressante pour observer comment l’économie solidaire, ou sociale, est passée en très peu de temps, de la plaine aux ministères, d’une forme, parmi d’autres, de résistance et de lutte pour changer le monde, à son inscription comme importante politique sociale venue d’en-haut. C’est, pour le dire rapidement, le dernier outil manié par le progressisme gouvernemental pour maintenir la gouvernementalité.


S’il est bien établi que le concept d’économie solidaire a plus de deux siècles d’histoire, toujours lié à la résistance des travailleurs au capital (Arruda, 2005), en Amérique latine il a à peine deux décennies. Le premier à le formuler fut Luis Razeto, économiste chilien lié aux mouvements urbains. Au début des années 1980, quand il revint de son exil dû à sa militance communiste sous le gouvernement de Salvador Allende, il se proposa de comprendre comment faisaient les gens, dans les quartiers populaires de Santiago, pour survivre au milieu d’un chômage gigantesque. Quand redoublaient les manifestations de pobladores [6], qui organisèrent des soupes populaires ainsi qu’une ample gamme d’initiatives pour arriver à survivre, Razeto observa des pratiques économiques différentes des pratiques hégémoniques, basées sur des valeurs et des rationalités comme le don, la coopération et la frugalité, qui n’existent pas dans l’économie capitaliste. À partir de ce moment-là, il travailla avec la plus grande rigueur pour trouver comment faire en sorte que ces liens puissent aboutir à des pratiques qui leur permettent de passer de l’économie populaire à l’économie de la solidarité (Razeto, 2002).

Luis Razeto Migliario,socioéconomiste chilien, a créé le concept d'économie de la solidarité(economia de solidaridad) à la fin des années 70.

Razeto rejeta cependant la voie étatique avec des arguments très proches de ceux du zapatisme, mais formulés quelques années avant l’irruption de l’EZLN. Dans ses réflexions, il cherchait, outre de nouveaux chemins pour le changement social, à tracer un bilan de sa militance communiste. Il affirma que la première erreur est de croire que le changement doit être global, c’est-à-dire chercher un modèle qui suppose une restructuration complète de la société, car pour le conduire il sera indispensable de compter avec les mécanismes de pouvoir que seul offre l’État. C’est justement cette concentration de pouvoir que cherchent à éviter ceux qui désirent changer le monde, dit Razeto, car cela implique de reconstruire des relations de domination et subordination. Pour changer le monde, il faut créer quelque chose de nouveau, la véritable attitude transformatrice est donc l’activité créatrice, qui peut consister à construire de nouvelles réalités, exemptes d’injustices, d’oppressions, d’inégalités, qui nous poussent à promouvoir le changement social (Razeto, 1993).


Bien qu’il ait été un des fondateurs du Parti des travailleurs (PT) au Brésil, l’économiste Marcos Arruda soutient une position assez proche. Lorsqu’il réfléchit sur la manière par laquelle l’économie solidaire peut s’imposer, il se dit convaincu que « grâce à son expansion et irradiation, au moyen de la communication et de l’éducation solidaire, de l’effet de démonstration, du dialogue et de la persuasion, ce système, progressivement, occuperait de plus vastes espaces et construirait une économie du travail émancipé » (Arruda, 2005 : 163). Arruda a quitté le PT et s’est transformé en critique déterminé du gouvernement de Lula.


Le courant favorable à ce que l’État joue un rôle dans l’économie solidaire, a en la personne de l’économiste José Luis Coraggio un de ses plus remarquables défenseurs. Son point de départ fut le passage du secteur informel à l’économie populaire, basée sur les unités familiales (Coraggio, 1994), pour continuer ensuite un parcours qui le conduisit à formuler l’économie du travail et à adopter postérieurement l’économie sociale (Coraggio, 2004). Il distingue trois sous-systèmes : l’économie du capital, l’économie publique et l’économie sociale ou du travail. À son avis, cette économie parviendrait à être hégémonique en dépassant de la fragmentation qui caractérise l’économie populaire, grâce à des programmes qui permettraient d’étendre et consolider des réseaux de coopération et d’échanges, ce qui, avec l’aide de l’État, peut lui permettre d’exercer un pouvoir sur le marché et sur l’administration publique. Bien qu’il défende l’autonomie des entreprises, « il se propose d’insister de plus en plus sur l’incarnation de ses valeurs au sein de l’administration publique et du système politique » (Coraggio, 2004 : 288).


Ses réflexions ont évolué selon un parcours similaire à celui des partis qui composent le Forum de São Paulo [7] depuis le début des années 90, qui les amena à participer aux gestions municipales, et ensuite aux gouvernements nationaux. Il affirme que l’économie sociale ne peut croître sans l’appui de l’État, en particulier des gouvernements locaux. À l’heure d’expliquer comment l’économie sociale parviendra à disposer des « ressources productives externes » (c’est-à-dire des moyens de production aux mains de la bourgeoisie), il prône cinq chemins : un système fiscal progressif, la régulation des échanges commerciaux, les dons des agences de coopération et des ONG, le versement de ressources au moyen de subsides et de remises de biens d’État, et les achats par l’État de la production de ce secteur (Coraggio, 2004 : 129-130).


Critique acerbe des politiques ciblées et compensatoires, il défend la croissance de l’économie sociale sans qu’il soit nécessaire d’exproprier les classes dominantes, mais surtout il veut « activer toutes les capacités de tous les citoyens exclus du système du travail » (Coraggio, 2004 : 289). De cette manière, sur la base de la coexistence des trois économies, de l’aide de l’État à l’économie sociale et du renforcement des capacités de celle-ci par la promotion de l’activisme social, il espère qu’à plus ou moins long terme une autre économie se construira. Dans l’une de ses dernières interventions, il explique :

Construire une économie alternative requiert une conjonction entre l’économie publique et l’économie sociale et solidaire qui se rencontrent et s’accordent dans des espaces démocratiques ; c’est un chemin vers la souveraineté du peuple, exercée dans la rencontre des organisations sociales, des représentants politiques et des fonctionnaires publics […]. La construction d’une autre économie est une tâche pour de multiples acteurs, qui doivent partager les grandes lignes d’une proposition de transformation et apporter et compter sur des ressources suffisantes pour constituer une véritable plateforme d’appui pour les agents de cette nouvelle économie. C’est en même temps une base ferme pour la construction de la citoyenneté, vu que les droits individuels ne peuvent s’exercer pleinement qu’avec autonomie, satisfaction des besoins élémentaires, et en relation solidaire avec les autres (Coraggio, 2007).

Pour en arriver là, il sera nécessaire d’approfondir la redistribution progressive des revenus, en combinant les prestations individuelles avec la constitution de fonds de développement pour les communautés et les associations, qui pourront « décider de manière autonome du meilleur usage de ces ressources » (idem). Cette politique s’accompagne de l’investissement public dans les secteurs de l’éducation, la santé, l’énergie, l’eau, la terre.


À grands traits, c’est un projet similaire à celui défendu par Daniel Arroyo, ex-secrétaire aux Politiques sociales du Ministère du développement social argentin, quand fut mis en marche le programme Mains à l’ouvrage. En effet, le projet de ce programme, de même que celui de l’actuel Argentine au travail, consiste à « générer les conditions pour que les familles aient plus de ressources et puissent accéder au moins aux biens et services de base, donc puissent vivre mieux », ce qu’elles ne pourront réaliser qu’en « produisant et vendant » (Arroyo, 2003).


Pour conclure, je voudrais signaler que cette manière progressiste de combattre la pauvreté, c’est-à-dire la version appliquée en Argentine, au Brésil, au Chili, en Équateur et Uruguay, entraîne des changements et des continuités quant aux politiques défendues par la Banque mondiale. Sur certains points remarquables, il y a une évidente distanciation vis-à-vis des politiques défendues par la Banque : l’intention d’aller au-delà de la focalisation au moyen de la massification, ainsi que le changement des politiques macro-économiques, sont, de mon point de vue, les deux aspects les plus notables. Cependant, sur les aspects centraux, il existe une évidente continuité avec la politique des organismes multilatéraux. Il ne faut pas oublier que ces derniers défendent depuis bientôt deux décennies des politiques sociales centrées sur « la mobilisation des pauvres », le travail avec les organisations sociales auxquelles ils délèguent des responsabilités comme le diagnostic et l’exécution, et même la défense de « l’autonomie » de ces organisations, comme je l’ai montré plus haut. L’incorporation de l’économie sociale comme axe des nouvelles politiques pourrait être un aspect très positif si l’on dépassait quelques questions conceptuelles et politiques qui l’affaiblissent. Je crois, néanmoins qu’il existe trois noyaux de base qui restent présents dans les politiques sociales progressistes :

1. La pauvreté continue à être considérée comme un problème, et ce problème, au-delà de l’opacité des discours, consiste en ce qu’elle est vue comme une menace à la stabilité, ou à la gouvernementalité si l’on préfère. Il est entièrement faux que le problème central de nos sociétés soit l’existence de pourcentages élevés de pauvreté. Le véritable problème est la richesse, c’est-à-dire l’existence d’une classe sociale parasitaire, qui ne joue aucun rôle positif dans la société alors qu’elle dispose du pouvoir suffisant aussi bien pour influer sur les politiques des États, les agendas publics et les media, que pour détourner l’attention de son impudique accumulation de richesses. Rompre avec cette conception de la pauvreté comme un problème à résoudre et centrer l’attention sur la richesse, est une exigence pour changer les politiques sociales. C’est une option politique.
2. Comme le font la Banque mondiale et la coopération internationale, la pauvreté devient une « donnée sans origine », une constatation à partir d’une liste de carences et de besoins, de pourcentages de population qui doivent être pris en charge par des programmes d’État (Rodríguez-Carmona, 2009 : 28). Je veux dire que la pauvreté se dépolitise et devient un problème technique, lié à l’application efficiente et efficace de solutions. En la dépouillant de sa signification politique, tout le débat reste centré sur les meilleurs moyens de réduire les pourcentages ; c’est le terrain sur lequel, tout au long de la dernière moitié du siècle, a fleuri une infinité de recettes qui, invariablement, ont pour objectif de décontextualiser, d’occulter la richesse. Dans cette conception, les changements structurels ne manquent certes pas, il peut même y avoir coopération avec les entrepreneurs en faisant appel à leur « responsabilité sociale ». Pourtant, il n’y aura jamais de questionnement sur la propriété privée des moyens de production, jamais un défi à « l’expropriation des expropriateurs », comme le signale Marx. Le grand triomphe idéologique de la Banque mondiale est d’avoir inoculé dans les forces de gauche du système, dans les syndicats et chez les intellectuels progressistes, l’idée que l’on peut en finir avec la pauvreté sans toucher la structure de la propriété. Autrement dit, sans modifier les relations de pouvoir.
3. Les politiques sociales centrées sur le « combat contre la pauvreté » cherchent à éviter le conflit : elles cherchent l’annulation de tout sujet social d’en-bas et veulent qu’existent seulement des sujets de l’État ou des entreprises. Les sujets se forment dans la lutte, ils naissent en son sein et si la société s’installe dans une période de léthargie sociale, les acteurs s’évanouissent. C’est un point clé et déterminant. Toute la politique de la Banque mondiale et des élites mondiales et nationales vise à dé-sujetiser, pour éviter que les différences sociales ne deviennent conflit social. Il faut voir que beaucoup des présupposés avec lesquels travaillent les politiques sociales progressistes (les organisations sociales, l’économie solidaire, l’autonomie et l’horizontalité, l’éducation populaire, etc.) sont nés dans le conflit social, mais séparés de ce conflit, ils se changent en techniques aseptisées, stérilisées de tout lien politico-social, se transformant en outils de la domination, de la gouvernementalité.

C’est le cas de l’économie sociale ou solidaire. Elle est née dans la résistance aux politiques d’ajustement structurel du néolibéralisme, a grandi et s’est répandue dans la recherche d’alternatives pour la survie quotidienne et dans la recherche parallèle d’un agir qui ne reproduirait pas le capitalisme. Cependant, l’économie solidaire n’est en rien à l’écart du conflit. Elle peut être une manière d’acquérir force et autonomie pour affronter le combat en meilleures conditions. Réduite à un ensemble de techniques, elle perd toute signification d’outil émancipateur. En dernier ressort, des créations populaires comme l’économie solidaire sont des façons de créer des pouvoirs qui ne sont pas d’État, des pouvoirs solidaires qui permettent à ceux d’en-bas, comme l’a souligné le sous-commandant insurgé Marcos, de grandir pour affronter et mettre en déroute le capitalisme dans son noyau central : la propriété privée des moyens de production et d’échange.




Bibliographie


Arroyo, Daniel (2009). Políticas sociales. Ideas para un debate necesario. Buenos Aires, La Crujía. 

Arruda, Marcos (2005). Humanizar lo infrahumano - La formación del ser humano integral : homo evolutivo, praxis y economía solidaria, Montevideo, Nordan Comunidad. 


Bretón, Víctor (2001). Cooperación al desarrollo y demandas étnicas en los Andes ecuatorianos : ensayos sobre indigenismo, desarrollo rural y neoindigenismo. Quito / Lleida : FLACSO-Ecuador / Universitat de Lleida, GIEDEM. 


Coraggio, José Luis (1994). « A construção de uma economia popular como horizonte para cidades sem rumo ». Dans : Ribeiro, L.C.Q. et Santos Jr., O. [dir.], Globalização, fragmentação e reforma urbana : o futuro das cidades brasileiras na crise. Rio de Janeiro : Civilização Brasileira. 


Coraggio, José Luis (2004). De la emergencia a la estrategia. Más allá del ‘alivio a la pobreza’. Buenos Aires, Espacio. 


Coraggio, José Luis (2007). « Crítica de la política social neoliberal : las nuevas tendencias », ponencia presentada en el Congreso de Ciencias Sociales de América Latina y el Caribe, en celebración de los 50 años de FLACSO, Quito, octubre 2007. 


Díaz Polanco, Héctor (1997). La rebelión zapatista y la autonomía. México, Siglo Veintiuno Editores. 


Harvey, David (2000). Spaces of Hope. Berkeley, University of California Press. 


Mackinlay, Horacio et De la Fuente, Juan (1995). « PRONASOL y el campo : ¿un viraje motivado por los sucesos de Chiapas ? » Dans : ChiaPaz y la transición democrática : libertad, justicia, democracia. México, Grupo Parlamentario del Partido de la Revolución Democrática.
Ministère du développement social (Argentine) (2007). Políticas sociales de desarrollo y ciudadanía, Buenos Aires, Ministère du développement social. 


Ministère du travail et de l’emploi (Brésil) (2006). « I Conferencia Nacional de Economía Solidaria », Brasilia, http://www.mte.gov.br/ecosolidaria/...


Razeto, Luis (1993). Los caminos de la economía de solidaridad. Santiago de Chile, Ediciones Vivarium. 


Razeto, Luis (2002). Las empresas alternativas. Montevideo, Nordan Comunidad. 


Rodríguez-Carmona, Antonio (2009). El protectorado. Bolivia tras 20 años de ayuda externa. La Paz, Plural.

- Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 3153.
- Traduction de Sylvette Liens pour Dial.
- Source (espagnol) : Raúl Zibechi, Progre-sismo : la domesticación de los conflictos sociales, Santiago du Chili, Quimantú, 2011, p. 23-50 (chapitre 1).
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Notes

[1] Voir DIAL 3129 - « Au-delà du développement » ; 3133 - « MEXIQUE - Tepito : histoires d’un barrio du centre ville de Mexico », 3137 - « « Quand la misère chasse la pauvreté » : entretien avec Majid Rahnema », 3141 - « L’invention du développement » et 3145 - « Être comme eux ».
[2] L’exercice du gouvernement – note Dial.
[3] Candidat à la présidence – note DIAL.
[4] Alicia Kirchner, la sœur de l’ancien président, aujourd’hui défunt, Néstor Kirchner a été ministre du développement social pendant la présidence de ce dernier (2003-2007). Elle continue à occuper ce poste dans le gouvernement de Cristina Fernández de Kirchner – note DIAL.
[5] Les punteros sont des militants politiques actifs au niveau des quartiers. Leur mission, rétribuée, consiste à réunir le maximum de votes possibles pour tel ou tel candidat en invitant de différentes manières les habitants du quartier à adhérer au parti correspondant. Leur position d’intermédiaires en fait un élément clé des structures clientélistes – note DIAL.
[6] Les habitants des quartiers populaires (« poblaciones ») – note DIAL.
[7] Voir « NICARAGUA - XVIIe Forum de Sao Paulo à Managua : unis, 86 partis de la gauche latino-américaine condamnent l’impérialisme humanitaire en Libye et appuient le retour de Zelaya au Honduras » – note DIAL.