dimanche 30 janvier 2011

Au Chili, 18 Mapuches sur le banc des accusés : une parodie de procès

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Pochoir de soutien au peuple Mapuche àu CHILI.   Photo Paul Lowry chez flickr

Dix-huit hommes de la communauté aborigène mapuche sont accusés par la loi antiterroriste de plusieurs délits, dont le principal est d'avoir organisé une « embuscade » et voulu atteindre, à coups de pistolets, une caravane de véhicules blindés. Les échanges de tirs ont fait trois blessés légers du côté des policiers.
Après deux mois d'un semblant de procès, où l'accusation a fait passer plus de 100 témoins à la barre, dont la majorité sont des policiers et des témoins protégés, « testigos sin rostro », anonymes, c'est au tour de la défense de prendre la parole.
Les peines encourues par les Mapuches varient entre 50 à 103 années de prison. Ils sont accusés d'être des meurtriers, des terroristes, des voleurs.
Mais il suffit de regarder d'un peu plus près la situation pour se demander qui vraiment est la victime :
  • l'entreprise forestière plaignante, qui possède 700 000 hectares de terres ?
  • l'Etat chilien, plaignant lui aussi, qui est à l'origine de la colonisation du territoire mapuche ?
  • ou les Mapuches, dont l'ensemble des terres (pour 800 000 personnes), dans tout le Chili, et pour toutes les communautés, n'atteint pas 600 000 hectares ?
Ce « procès », que les observateurs européens qualifient de burlesque, tant il va à l'encontre des droits élémentaires du droit à la défense, méritait que l'on s'y attarde en détail.
Nous avons donc rencontré Michael Barbut, qui suit de près cette affaire en tant qu'observateur pour le collectif de solidarité au peuple mapuche, composé d'organisations de défense des droits de l'homme et de défense des peuples autochtones.
Ce jeune français prépare une thèse de doctorat en science politique à Paris-I sur le processus de mobilisation et de politisation au sein d'une communauté mapuche, dans une perspective historique.
Après une longue interview avec Michael, j'ai pensé qu'il valait mieux vous présenter ce sujet en deux parties, afin que vous compreniez mieux le cadre dans lequel s'insère le procès. On parlera donc d'abord du procès et ensuite de l'histoire de la relation entre l'Etat et les communautés mapuche de Lleu-Lleu.

Le procès

Cristina L'Homme : Comment avez-vous pu suivre ce procès ?
Michael Barbut  : Le premier jour, j'ai montré ma pièce d'identité, j'ai été enregistré, j'ai dit que j'étais « observateur », parce que je tenais à ce que ce soit notifié.
Pouvez-vous nous décrire ce procès ?
Une grande salle de 50-60 m2 séparée en deux par une vitre en plexiglas. D'un côté le tribunal, de l'autre le public. Côté tribunal, une estrade où sont assis trois juges avec leurs assesseurs, greffiers, en face le ministère public représenté par trois procureurs qui mènent à bien les interrogatoires. A leur côté, un représentant juridique de l'entreprise forestière Mininco (qui appartient à la puissante famille Matte) qui est partie prenante du procès en tant que plaignant, et deux avocats représentant l'Etat, également plaignant. 
Face à eux, six avocats de la défense, dont quatre sont privés et deux sont des défenseurs publics fournis par l'Etat. Derrière ces avocats, douze prisonniers mapuches sur dix-huit. Les six autres ne sont donc pas obligés d'être présents, ils ne viennent pas tous les jours parce que ça coûte cher : Cañete, où se trouve le tribunal, est à une heure environ des communautés, en bus. Le trajet coûte 2 500 pesos (4 euros). C'est beaucoup pour les paysans mapuches.
Quel est le cadre de l'accusation ?
Plusieurs délits sont en jeu. Le plus grave est ce que le ministère public appelle « l'attaque au Fiscal Elgueta » en octobre 2008. Elgueta était chargé d'enquêter sur « le conflit mapuche » dans la région.
La théorie de l'attaque ou de l'embuscade préméditée est refusée par la défense, mais aussi par des personnalités comme le juge Guzman qui parle d'affrontement et de droit légitime de se défendre. Les imputés voulant empêcher les forces policières (venues en blindés et en force : quinze véhicules) de réaliser une perquisition violente, un « allanamiento », comme la police le fait régulièrement dans les communautés mapuche, détruisant tout, usant et usurpant le pouvoir d'intimidation que signifie l'apparition de 50 ou 100 militaires casqués et armés dans une petite maison en tôle, éventrant les sacs de graines, détruisant les récoltes, les outils agricoles, et bousculant femme et enfant.
Y a-t-il eu des morts ? Des blessés graves lors de l'échange de tirs ?
A l'issue des échanges de tirs qui se sont déroulés sur la route qui longe le territoire mapuche, il y a eu trois blessés légers. Le Fiscal Elgueta et deux policiers. Pour cela, et pour une série d'autres délits mineurs, certains accusés Mapuche risquent de payer entre 50 et 103 années de prison…
Quels autres délits auraient commis les Mapuches ?
Ils sont accusés d'avoir incendié les propriétés des entreprises forestières et volé leur bois. Et c'est là que le bât blesse, car si le territoire appartient légalement à cette entreprise, et qu'ils ont un papier qui atteste leur propriété, celle-ci est le produit de l'expropriation au XIXe siècle, dont ont été victimes les communautés mapuches (voir la suite de cet article à venir).
Ces délits renvoient à un conflit politique. C'est pourquoi, au fil des procès des Mapuches, les tribunaux se transforment en espace d'expression politique.
L'expropriation territoriale est une question plutôt récente ici : les territoires mapuches ont été annexés il y a seulement une centaine d'années par l'Etat chilien qui a entrepris de repartir les terres et de favoriser l'installation de colons venus d'Europe au détriment des Mapuches. Les textes législatifs de l'époque le montrent clairement
Les Mapuches ont-ils créé une association ?
On ne peut pas vraiment parler d'une association, il s'agit d'une organisation politique qui naît en 1997, la Coordinadora Arauco Malleco (CAM). Elle est alors composée de jeunes Mapuches qui ne sont pas satisfaits de la nouvelle relation instaurée entre le peuple mapuche et l'Etat chilien, au moment de la transition démocratique. Cette organisation entend reconstruire le territoire mapuche ancestral et revendique le contrôle du territoire mapuche. Elle fait ainsi écho à la convention 169 de l'OIT qui prévoit pour les peuples autochtones le droit d'exercer une souveraineté sur leur territoire ancestral. La convention a été ratifiée par l'Etat chilien.
Qu'est-ce qui vous frappe quand vous regardez les accusés ?
La jeunesse de leurs visages. Et aussi leurs rires, sourires et la tendresse de leur visage lorsqu'apparaît dans la salle réservée au public leur famille. Tout cela contraste avec l'accusation de terrorisme et la diabolisation faite par certains médias. Des fois ils dorment aussi : l'un d'eux m'expliquait que c'était dû aux chutes de tension, des séquelles de la longue grève de la faim qu'ils ont tous suivie entre juillet et octobre 2010.

Au Chili, 18 Mapuches sur le banc des accusés : une parodie de procès

Dix-huit hommes de la communauté aborigène mapuche sont accusés par la loi antiterroriste de plusieurs délits, dont le principal est d'avoir organisé une « embuscade » et voulu atteindre, à coups de pistolets, une caravane de véhicules blindés. Les échanges de tirs ont fait trois blessés légers du côté des policiers.
Après deux mois d'un semblant de procès, où l'accusation a fait passer plus de 100 témoins à la barre, dont la majorité sont des policiers et des témoins protégés, « testigos sin rostro », anonymes, c'est au tour de la défense de prendre la parole.
Les peines encourues par les Mapuches varient entre 50 à 103 années de prison. Ils sont accusés d'être des meurtriers, des terroristes, des voleurs.
Mais il suffit de regarder d'un peu plus près la situation pour se demander qui vraiment est la victime :
  • l'entreprise forestière plaignante, qui possède 700 000 hectares de terres ?
  • l'Etat chilien, plaignant lui aussi, qui est à l'origine de la colonisation du territoire mapuche ?
  • ou les Mapuches, dont l'ensemble des terres (pour 800 000 personnes), dans tout le Chili, et pour toutes les communautés, n'atteint pas 600 000 hectares ?
Ce « procès », que les observateurs européens qualifient de burlesque, tant il va à l'encontre des droits élémentaires du droit à la défense, méritait que l'on s'y attarde en détail.
Nous avons donc rencontré Michael Barbut, qui suit de près cette affaire en tant qu'observateur pour le collectif de solidarité au peuple mapuche, composé d'organisations de défense des droits de l'homme et de défense des peuples autochtones.
Ce jeune français prépare une thèse de doctorat en science politique à Paris-I sur le processus de mobilisation et de politisation au sein d'une communauté mapuche, dans une perspective historique.
Après une longue interview avec Michael, j'ai pensé qu'il valait mieux vous présenter ce sujet en deux parties, afin que vous compreniez mieux le cadre dans lequel s'insère le procès. On parlera donc d'abord du procès et ensuite de l'histoire de la relation entre l'Etat et les communautés mapuche de Lleu-Lleu.

Le procès

Le procès des dix-neuf Mapuches a commencé le 8 novembre 2010. Michael Barbut a pu prendre part au procès en tant qu'observateur.
Cristina L'Homme : Comment avez-vous pu suivre ce procès ?
Michael Barbut  : Le premier jour, j'ai montré ma pièce d'identité, j'ai été enregistré, j'ai dit que j'étais « observateur », parce que je tenais à ce que ce soit notifié.
Pouvez-vous nous décrire ce procès ?
Une grande salle de 50-60 m2 séparée en deux par une vitre en plexiglas. D'un côté le tribunal, de l'autre le public. Côté tribunal, une estrade où sont assis trois juges avec leurs assesseurs, greffiers, en face le ministère public représenté par trois procureurs qui mènent à bien les interrogatoires. A leur côté, un représentant juridique de l'entreprise forestière Mininco (qui appartient à la puissante famille Matte) qui est partie prenante du procès en tant que plaignant, et deux avocats représentant l'Etat, également plaignant. 
Face à eux, six avocats de la défense, dont quatre sont privés et deux sont des défenseurs publics fournis par l'Etat. Derrière ces avocats, douze prisonniers mapuches sur dix-huit. Les six autres ne sont donc pas obligés d'être présents, ils ne viennent pas tous les jours parce que ça coûte cher : Cañete, où se trouve le tribunal, est à une heure environ des communautés, en bus. Le trajet coûte 2 500 pesos (4 euros). C'est beaucoup pour les paysans mapuches.
Quel est le cadre de l'accusation ?
Plusieurs délits sont en jeu. Le plus grave est ce que le ministère public appelle « l'attaque au Fiscal Elgueta » en octobre 2008. Elgueta était chargé d'enquêter sur « le conflit mapuche » dans la région.
La théorie de l'attaque ou de l'embuscade préméditée est refusée par la défense, mais aussi par des personnalités comme le juge Guzman qui parle d'affrontement et de droit légitime de se défendre. Les imputés voulant empêcher les forces policières (venues en blindés et en force : quinze véhicules) de réaliser une perquisition violente, un « allanamiento », comme la police le fait régulièrement dans les communautés mapuche, détruisant tout, usant et usurpant le pouvoir d'intimidation que signifie l'apparition de 50 ou 100 militaires casqués et armés dans une petite maison en tôle, éventrant les sacs de graines, détruisant les récoltes, les outils agricoles, et bousculant femme et enfant.
Y a-t-il eu des morts ? Des blessés graves lors de l'échange de tirs ?
A l'issue des échanges de tirs qui se sont déroulés sur la route qui longe le territoire mapuche, il y a eu trois blessés légers. Le Fiscal Elgueta et deux policiers. Pour cela, et pour une série d'autres délits mineurs, certains accusés Mapuche risquent de payer entre 50 et 103 années de prison…
Quels autres délits auraient commis les Mapuches ?
Ils sont accusés d'avoir incendié les propriétés des entreprises forestières et volé leur bois. Et c'est là que le bât blesse, car si le territoire appartient légalement à cette entreprise, et qu'ils ont un papier qui atteste leur propriété, celle-ci est le produit de l'expropriation au XIXe siècle, dont ont été victimes les communautés mapuches (voir la suite de cet article à venir).
Ces délits renvoient à un conflit politique. C'est pourquoi, au fil des procès des Mapuches, les tribunaux se transforment en espace d'expression politique.
L'expropriation territoriale est une question plutôt récente ici : les territoires mapuches ont été annexés il y a seulement une centaine d'années par l'Etat chilien qui a entrepris de repartir les terres et de favoriser l'installation de colons venus d'Europe au détriment des Mapuches. Les textes législatifs de l'époque le montrent clairement
Les Mapuches ont-ils créé une association ?
On ne peut pas vraiment parler d'une association, il s'agit d'une organisation politique qui naît en 1997, la Coordinadora Arauco Malleco (CAM). Elle est alors composée de jeunes Mapuches qui ne sont pas satisfaits de la nouvelle relation instaurée entre le peuple mapuche et l'Etat chilien, au moment de la transition démocratique. Cette organisation entend reconstruire le territoire mapuche ancestral et revendique le contrôle du territoire mapuche. Elle fait ainsi écho à la convention 169 de l'OIT qui prévoit pour les peuples autochtones le droit d'exercer une souveraineté sur leur territoire ancestral. La convention a été ratifiée par l'Etat chilien.
Qu'est-ce qui vous frappe quand vous regardez les accusés ?
La jeunesse de leurs visages. Et aussi leurs rires, sourires et la tendresse de leur visage lorsqu'apparaît dans la salle réservée au public leur famille. Tout cela contraste avec l'accusation de terrorisme et la diabolisation faite par certains médias. Des fois ils dorment aussi : l'un d'eux m'expliquait que c'était dû aux chutes de tension, des séquelles de la longue grève de la faim qu'ils ont tous suivie entre juillet et octobre 2010.


samedi 29 janvier 2011

Chili: l'hélicoptère du président Piñera, à sec, atterrit en rase campagne


Une vidéo amateur, diffusée par le chaîne Mega TV dimanche soir, montre le petit Robinson 44 de Piñera, qu’il pilotait avec un ami, posé sur une route perdue de la région de Bio Bio (300 km au sud de Santiago). On voit aussi le chef de l’Etat appeler la police pour qu’elle vienne le ravitailler.

vendredi 28 janvier 2011

Le Chili ouvre une première enquête sur la mort du président Allende

"Il faudra voir s'il y a eu ou non suicide et dans quelles circonstances", a indiqué une source judiciaire, qui a requis l'anonymat.
Salvador Allende, élu président du Chili en 1970 à la tête d'une coalition de gauche, est mort par balle dans le palais présidentiel, bombardé par l'armée de l'air, pendant le putsch mené par le général Pinochet. Il avait 65 ans.
Une autopsie a conclu qu'Allende s'était suicidé, mais ses résultats sont contestés par certains secteurs politiques et des organisations de défense des droits de l'homme.
"La justice va enquêter sur ce qui n'a pas fait l'objet d'investigations", a simplement indiqué le procureur de la Cour d'appel, Beatriz Pedrals.
C'est elle qui a ouvert mercredi une procédure dans cette affaire et dans 725 autres cas de violations des droits de l'homme sous la dictature (1973-1990), jusqu'ici jamais traités faute de plaintes.
"L'an passé, les listes des victimes du rapport Rettig (de la commission nationale Vérité et Réconciliation) ont été révisées et cette information a été recoupée avec les plaintes déposées jusqu'ici. On a alors vu que de nombreux cas n'avaient pas fait l'objet de procédures", a expliqué le pouvoir judiciaire.
Le juge chargé de coordonner ces dossiers a donc demandé au procureur Pedrals de déposer plainte à la place des victimes de la dictature, qui s'est soldée par 3.150 tués ou disparus et 28.000 cas de torture.
A l'heure actuelle, 560 anciens militaires sont poursuivis pour des crimes commis sous le régime militaire.
Les dossiers ouverts mercredi correspondent à des cas de détenus disparus et de morts "quelle que soit la raison", a expliqué la magistrate. Il peut par exemple s'agir de personnes tuées par une balle "perdue" lors d'une manifestation.
"Il faut enquêter sur tous les crimes. Nous parlons de plus de 700 cas qui n'ont jamais fait l'objet d'une enquête, et notamment de celui d'Allende, ce qui donne davantage de poids" à la procédure, a réagi Lorena Pizarro, présidente de l'Association des parents de détenus disparus.
L'arrivée au pouvoir d'Allende avait inquiété les secteurs conservateurs du Chili et les Etats-Unis, qui craignaient que sa "voie chilienne vers le socialisme" ne fasse basculer le pays sud-américain dans le camp communiste.
Washington avait décidé d'agir secrètement avec la CIA, commanditant et soutenant le coup d'Etat contre Allende, qui avait nationalisé les principales ressources du minières du pays, comme le cuivre, à l'époque contrôlées par des multinationales américaines.
Les Etats-Unis ont ensuite longtemps soutenu le régime militaire et sa politique économique, calquée sur les préceptes monétaristes et ultra-libéraux de l'Ecole de Chicago.
Pinochet est décédé en 2006, 16 ans après avoir quitté le pouvoir, sans avoir été jugé.
La veuve d'Allende, Hortensia Bussi, s'était réfugiée au Mexique après le coup d'Etat mais avait continué de combattre la dictature. Elle est elle-même décédée en 2009 à l'âge de 94 ans.
Le couple a eu trois filles, Carmen Paz, Beatriz, qui est décédée, et Isabel, députée socialiste.

mercredi 26 janvier 2011

Eduardo “Guayo” Labarca, est allé pisser sur la tombe de Borges

couverture du livre  El enigma de los Módulos (L'énigme des Modul
C'est ainsi qu'Eduardo Labarca, écrivain chilien est allé uriner sur la tombe de Jorge Luis Borges, probablement le plus grand écrivain argentin  du XXe siècle. Le tout... pour lui rendre hommage. Singulier, on s'en doute. D'autant qu'Eduardo n'est pas un jeune chien fou. Ce romancier de 72 ans est plutôt connu dans le pays.

Borges détrempé

Et s'il ne l'était pas assez, son acte, considéré comme un sacrilège par le ministre de la Culture argentin, Jorge Coscia, va lui apporter une petite renommée. « C'est de mauvais goût et constitue une offense. Vous ne gagnerez rien à uriner sur une tombe », s'indigne le ministre.

Faisant la couverture de son dernier livre, zob dans la main et jet d'urine tourné vers la tombe, l'écrivain explique que l'on comprendrait mieux son geste en lisant son livre. « Faire pipi sur ce tombeau était un légitime acte artistique. La couverture du livre est cohérente avec le contenu, et peut être mieux comprise de la sorte », explique-t-il au Guardian.

Haïssable citoyen

Journaliste, traducteur et écrivain, Eduardo a travaillé pour les Nations Unies et partage son temps entre le Chili et Vienne. « Je ne suis pas simplement une personne qui fait le tour des tombes pour pisser dessus, mais un écrivain avec une oeuvre importante », ajoute-t-il.

Selon lui, pour mieux comprendre son acte, il faut se pencher non sur l'oeuvre de Borges, mais sur l'homme. « Toute personne est offensée, dès lors qu'elle ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Borges était, comme écrivain, un géant, mais je ressens un mépris total pour lui, en tant que citoyen. Alors qu'il était vieux, presque aveugle, il est venu rencontrer le dictateur Pinochet à l'époque où il était particulièrement occupé à assassiner. » A la suite de cette rencontre, Borges avait pas tari d'éloges sur Pinochet...

La faute à Jean-Sol Pattre

Cela dit, Eduardo n'est pas non plus un exhibitionniste. Il avoue qu'il tenait une bouteille en plastique dans la main, et a fait semblant d'uriner. Et surtout, que c'est Jean-Paul Sartre qui lui a inspiré cet acte. « Tout écrivain doit avoir de l'originalité et rompre avec les grands artistes qui l'ont précédé. »

Et d'assurer qu'il avait pissé lui-même sur la tombe de Chateaubriand. « Mon acte a deux significations : un hommage au maître et la répudiation du citoyen », conclut Eduardo. (voir Perfil.com)
MC.

samedi 22 janvier 2011

LA SUISSE RESTITUE DES MOMIES AU CHILI


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RESTITUTION AU GOUVERNEMENT DU CHILI DE QUATRE MOMIES PRÉCOLOMBIENNES

"Quatre momies précolombiennes ont été remises au gouvernement du Chili dans les locaux du Musée d'ethnographie de Genève", a-t-il précisé dans un communiqué. "Deux d'entre elles sont parmi les plus anciennes au monde". Les plus anciennes momies remontent à 5000 ans avant J.C. et appartiennent à la culture chinchorro, tandis qu'une autre momie précolombienne n'a pu être datée avec certitude. La dernière remonte à "la période des premiers contacts avec les Espagnols".

A côté des momies, figuraient également des vestiges humains, que les experts n'ont pas réussi à attribuer à une culture spécifique. "Ces restes (...) se trouvent dans un état avancé de désagrégation" et seront par conséquent inhumés à Genève au printemps, ont précisé les autorités helvétiques.

Les momies seront remises au Conseil chilien des monuments nationaux et conservées dans des musées. Le nom du collectionneur, qui les a restituées volontairement, n'a été dévoilé.


Historique de l’affaire

  •  En 2007, le Musée d’ethnographie de Genève (MEG) est contacté par un privé qui veut vendre une collection de restes humains. A savoir, plusieurs momies, plusieurs têtes de momies et deux individus desséchés portant des vêtements militaires du XIXème. Le MEG décline l’offre et tente de dissuader le vendeur.
  •   En 2008, le même privé propose la donation de la collection. Le MEG évalue la proposition : Les restes ne présentent pas d’intérêt scientifique (notamment parce que le contexte est inconnu) et se trouvent dans un très mauvais état de conservation. Par ailleurs, le MEG développe une nouvelle politique d’acquisition des collections centrée sur le développement durable et l’éthique[1]. De plus, le MEG est engagé dans une coopération importante avec le Chili et le Pérou.
  •  Le MEG tente de mettre en rapport le propriétaire des restes et les missions diplomatiques du Chili et du Pérou sans résultat.
  •    En dernier recours semble-t-il, le propriétaire propose la mise en dépôt au MEG.
  •     En 2009, à la suite du refus du dépôt par le MEG, le MEG informe le chef du service spécialisé de l’Office fédéral de la culture (OFC) de l’affaire. Ce dernier intervient auprès des ambassades concernées.
  •     L’OFC mandate, par ailleurs, l’archéologue Léonid Velarde, sur proposition du MEG, pour dresser un rapport sur la collection.
  •     Les ambassades s’intéressent à l’affaire ainsi que des experts et des archéologues. Deux archéologues, représentantes officielles du Chili, sont envoyées en Suisse afin d’examiner le cas pendant deux jours.
  •     Sur la base du rapport des archéologues, seules 4 momies sur l’ensemble des restes présentent un intérêt : les momies les plus complètes et qui datent d’environ 5000 av. J.-C.
  •     Le MEG organise la conservation et le retour.
  •     Le 20 janvier 2011, une cérémonie autour de la remise symbolique est organisée.
  •     Les autres objets sont dans un état épouvantable. Il est décidé des les inhumer à Genève. Cette action est sans précédant et rencontre des difficultés administratives (certificat de décès, constat de la mort par un médecin légal, autorisations d’incinération et/ou d’inhumation, etc.).
  •     L’OFC se charge des démarches juridiques et administratives autres, tels que l’obtention des certificats d’exportation nécessaires.

mercredi 19 janvier 2011

LE CHILI VEUT COMBATTRE L'OBESITÉ

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Œuvre de Fernando Botero aquarelliste et sculpteur colombien réputé pour ses personnages aux formes rondes et voluptueuses.
Si la ville côtière de Valparaiso a le plus important pourcentage de gens maigres du pays, il faut signaler qu'elle a aussi un pourcentage de gens obèses supérieur à la moyenne nationale. Les chiliens basés à Rancagua, au sud du Santiago, sont les plus grands consommateurs de sel du pays avec 9,8 grammes par jour et par habitant, ce qui correspond au double suggéré par l'organisation mondiale de la santé. 

La consommation de sel constitue l'un des principaux problèmes nutritifs au Chili. Les maladies provoquées par une surconsommation de sodium sont la cause d'un décès sur huit au Chili. Les chiliens ayant l'alimentation la plus saine se trouvent à Antofagasta, au nord du pays. Les habitants consomment en moyenne plus de 5 fruits et légumes par jour, ce qui est le double de la consommation nationale. Il est donc logique de trouver un taux d'obésité faible dans cette région. 


Selon le ministère de la santé, seulement 14% des chiliens ont une alimentation équilibrée tandis que 73,2% mangent mal et ne font jamais d'exercice. C'est donc assez logique que le ministère de la santé compté réagir avec la mise en place d'un programme nutritif dans les écoles et les lycées afin d'éduquer la jeunesse sur l'importance d'une alimentation saine. En suivant l'exemple de ce qui se fait déjà en France, les distributeurs de sucreries et de barres chocolatées vont être progressivement bannis dans les écoles. 


Enfin, il sera demandé à chaque établissement scolaire de mettre en place un programme d'éducation physique qui comprendra 30 minutes de sport à raison de 3 fois par semaine. Chaque écolier sera suivi par les autorités médicales qui surveilleront deux fois par an leurs masses graisseuses et leurs poids.
Benjamin Esposito

mardi 11 janvier 2011

Agustín « Cucho » Fernández, rend l’antenne…

LE BADGE DISTINCTIF DES JEUNES ADHERENTS AU “CLUB DES BEATLES”, EN 1964. DES NOMBREUX CLUBS S’ORGANISAIENT AU CHILI DANS LA DECENNIE DES 60 AUTOUR DE DIFFERENTS ARTISTES, AVEC L’IMPULSION DES EMISSIONS DE JEUNESSE DES RADIOS LOCALES. (COLLABORATION DE SERGIO VALDIVIA)
Créateur et animateur de nombreuses émissions de radiophonie, sa vie entière se confond avec l’histoire de la radio au Chili. Agustín Fernández a commencé sa longue carrière à 19 ans comme lecteur de nouvelles à la Radio Prat, en 1946, et il fut par la suite l’animateur de nombreuses émissions dans plusieurs stations de radio, comme Nuevo Mundo, Minería, Corporación, Agricultura, Magallanes, Galaxia et Cooperativa.
Professionnel d'excellence à la Radio Santiago, «Cucho» Fernández fut le conducteur d’espaces très populaires et avec une haute écoute, où avec son style très personnel -à la fois sobre et érudit- il rendait compte de la musique populaire et de sa fine perception du phénomène artistique chilien, qu’il a résolument soutenu, ainsi que des actualités du milieu artistique l’international.
À l’antenne de Radio Santiago, des dizaines de fidèles auditeurs de «Cucho» Fernández ont téléphoné depuis sa disparition, pour l’évoquer avec émotion et pour se souvenir avec nostalgie de son émission phare, « El Rincón de los Beatles » (Le Coin des Beatles), un classique de l’histoire radiophonique chilienne.
Speaker remarquable, avec une expérience de plus de 64 ans à la radiodiffusion, Agustín Fernández a choisi de passer ses dernières années en collaborant avec les radios communautaires et associatives du Chili.
On doit aussi se rappeler qu’il fut le dernier animateur de Radio Magallanes, « en l’air » lors du coup d'État qui a noyé dans le sang la démocratie au Chili le 11 septembre 1973. Radio Magallanes a diffusé le dernier discours du président Salvador ALLENDE, assiégé dans le palais de La Moneda et sous les bombes des avions de Pinochet.
Guy Desmurs

dimanche 9 janvier 2011

Où aller en 2011 selon The New York Times


Le Festival annuel de Lollapalooza à Chicago dans l'État de l'Illinois aux Etats-Unis EN 2007. PHOTO PENSATOS
Son attractif culturel croissant et le déroulement du prochain festival Lollapalooza au Chili du 2 et 3 avril au Parque O'Higgins sont certaines des raisons pour lesquelles la capitale chilienne est à la tête du classement du The New York Times.
Lollapalooza est un festival de musique itinérant, se voulant underground au moment de sa création. Il a sillonné les États-Unis et le Canada tous les étés pendant les dix neuf dernières années. Le festival se tiendra pour la première fois en dehors de l’Amérique du Nord.

vendredi 7 janvier 2011

Manuel Rojas aurait 115 ans

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L’écrivain Manuel Rojas. Photo Archivo del Escritor
Fils d’un couple de chiliens, Manuel Rojas Córdoba y Dorotea Sepúlveda, émigrés en Argentine.
Son père disparut lorsqu’il avait huit ans, Manuel Rojas avait fait des études élémentaires à Buenos Aires, avant de voyager au Chili. Il a vécu à Santiago du Chili depuis l’âge de 16 ans, après le veuvage de sa mère que resta en Argentine. Il exerça plusieurs métiers pas toujours proches de l’écriture. Il rédigea ses premiers écrits dès l’adolescence. Mais c’est beaucoup plus tard qu’il s’impose comme journaliste et écrivain. Il travailla dans les journaux Los Tiempos et Las Ultimas Noticias sous le pseudonyme de Pedro Norte. Le roman le plus connu de Manuel Rojas est « Hijo de ladrón » (1951) (Fils de voleur), considéré par les spécialistes comme un roman « canonique ».
En 1957 il reçoit le Prix National de littérature du Chili. Il meurt en mars 1973. 
M.C.

Chili: des chercheurs chiliens travaillent à un vaccin contre l'alcoolisme

Métabolisme de l’alcool. Aldéhyde déshydrogénase

Il s'agit d'une thérapie génique à partir des "aldéhydes déshydrogénases", enzymes hépatiques qui métabolisent l'alcool et sont donc en partie responsables de la tolérance à l'alcool, selon Juan Asenjo, chef des travaux réalisés par la Faculté des Sciences et Mathématiques de l'Université du Chili avec le laboratoire privé Recalcine.
Environ 20% de la population asiatique est dépourvue de cet enzyme et chez ces sujets, l'alcool "produit une réaction si forte qu'elle dissuade d'en prendre", a-t-il souligné.
Le vaccin s'appuierait sur le même principe, en augmentant les malaises, les nausées, la tachychardie.
"Avec le vaccin, l'envie de prendre de l'alcool va être grandement réduite en raison des réactions", a déclaré jeudi le Dr Asenjo à Radio Cooperativa.
Le vaccin a déjà été testé avec succès chez des rats rendus dépendants à l'alcool, obtenant une diminution de 50% de la consommation. "L'idée est que la diminution pourrait être d'entre 90 et 95% chez les êtres humains", a déclaré le chercheur.
Le vaccin consiste à provoquer la mutation dans les cellules du foie, via un virus sur lequel les chercheurs travaillent actuellement.
Il fontionnerait sur le même principe que les patches ou comprimés pour combattre l'addiction, mais avec une efficacité supérieure, "en affectant spécifiquement les cellules du foie, et sans les effets collatéraux des patches qui affectent toutes les cellules", selon le Dr Asenjo.
En 2011, les cellules en vue du virus vont être produit à grande échelle en vue de tests sur animaux pour déterminer le dosage. "Puis en 2012 une première phase de tests pourrait être effectués sur des humains", selon Asenjo.
En marge des déhydrogénases actives, dont le principe est connu, des chercheurs américains ont découvert récemment une variation du gène "CYP2E1" qui protégerait contre l'alcoolisme en agissant de façon différente, non dans le foie mais dans le cerveau, ouvrant potentiellement une autre voie à des traitements préventifs.

mercredi 5 janvier 2011

Dakar 2011: Coma prend la tête, Sainz contrôle

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Carlos Sainz (Volkswagen) a remporté la deuxième étape du Rallye-raid Dakar-2011. Photo AFP
Aucun changement spectaculaire n'était attendu de cette journée, marquée par le franchissement des Andes à 4.800 mètres d'altitude, soit la hauteur du Mont-Blanc, via le paso de Jama.
Les concurrents, ont dû partir très tôt - 4H30 locale pour les motards, 6H30 pour les pilotes autos - pour parcourir les quelque 554 kilomètres de liaison splendide, faite de paysages montagneux à couper le souffle, précédant le début de la spéciale.
Après tant de route, ne restait plus qu'à parcourir 207 kilomètres chronométrés. Une bagatelle a priori pour les pilotes de pointe. Qui a pourtant accouché d'un changement de leader dans la catégorie motos, Marc Coma prenant le meilleur sur Cyril Despres au général.
L'Espagnol, déjà auteur d'un belle étape mardi, qui lui avait permis de revenir à 14 secondes du Français, s'est ainsi imposé mercredi pour 16 secondes. Il prend donc les commandes des débats pour deux petites secondes.
"C'est une journée très importante pour moi. C'était difficile d'ouvrir la piste. Je suis content, j'avais un excellent feeling. Pourvu que ça se passe ainsi jusqu'à la fin", s'est réjoui Coma, pour qui "le général est vraiment anecdotique pour l'instant".
Cyril Despres, le perdant du jour, ne s'est pas montré abattu pour autant. "Il faut vraiment changer la puce dans notre cerveau. Il n'y a plus de sol dur, mais du désert, du hors-piste, un peu de cassure. C'est une belle entrée en matière pour une première journée de désert", a-t-il analysé.
"Marc Coma a fait une jolie étape. Le duel avec Marc est beau", a reconnu le Français, visiblement satisfait d'avoir "encore fait un petit écart sur les autres". "Ce soir, je suis deuxième à 2 sec. Pour le numéro 2, c'est pas mal non ?", a-t-il souri.
Dans la catégorie voiture, le trio de tête a terminé l'étape dans l'ordre du classement, Carlos Sainz précédant de 50 secondes Nasser Al-Attiyah et Stéphane Peterhansel (BMW) de 1 min 22, avec pour une fois de la satisfaction de la part de chacun des pilotes.
"Je suis vraiment allé vite", a remarqué l'Espagnol, rappelant que "Peterhansel, Al-Attiyah et même De Villiers (Volkswagen, 4e) sont de dangereux rivaux. On est vraiment très proches les uns des autres".
Le Qatari, prompt à se lamenter ces derniers jours, malgré de très honnêtes performances, s'est aussi montré heureux de s'être "vraiment beaucoup amusé" et d'avoir réalisé "un excellent temps", certes 50 secondes plus lent que Sainz.
"Peut-être que les problèmes que j'avais avec la voiture depuis trois jours étaient en fait uniquement dans ma tête ...", a-t-il suggéré.
Stéphane Peterhansel semblait de son côté parti pour s'imposer dans la 4e étape, avant qu'une crevaison ne lui fasse perdre "deux ou trois minutes".
"Ça veut dire qu'en navigation on est bien, que sur les pistes en altitude, on marche bien aussi, a-t-il constaté. Ce n'est pas si mal que ça."

Cordillère des Andes: Comment lutter contre le mal des montagnes

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Marc Coma (KTM), vainqueur de la 4e étape du Dakar, entre Jujuy (Argentine) et Calama (Chili). Photo AP
La route du Dakar se braque brutalement pour entrer au Chili, lors de la 5e étape vers Calama, mercredi. Au programme, un passage de la Cordillère au petit matin, pour rejoindre le point de départ de la spéciale, un peu plus bas. Même si le chrono est éteint, il s’agit tout de même de piloter à 4.500m d’altitude (dont une pointe à 4800m) pendant quelques heures.
S’ils ne sont pas préparés, les pilotes risqueraient de prendre la montagne en pleine face. Asphyxiés par le manque d’oxygène. Le motard Olivier Pain, 9e du dernier Dakar, revoit avec anxiété son passage au même endroit l’année passée. «J’avais du mal à respirer. On ne s’en rend pas compte, mais à cette altitude, il faut s’écouter, gérer son corps et la moto.» Malgré une approche professionnelle de la chose, le pilote de 29 ans n’a pas pu se préparer à Font Romeu «comme (il) l’aurait voulu, faute de temps.» C’est pourtant en altitude que les meilleurs effectuent leur affûtage. «J’habite en Andorre et c’est un atout pour moi, commente Cyril Despres, le leader du classement moto. Je me rends souvent dans des salles aménagées en altitude à 2.500m pour faire du vélo par exemple.»
Les équipes médicales en alerte
Du côté des équipes médicales, l’étape de la Cordelière est toujours celle qui mobilise l’intégralité du staff. 53 personnes au total, essentiellement des médecins, des infirmiers et des kinés, répartis entre l’hôpital du bivouac et plusieurs équipes mobiles. Le docteur Pommery a également demandé la présence de cinq hélicos au lieu de trois. «On a aussi mis de l’oxygène en supplément dans chaque véhicule de l’organisation. Et on dispose de quatre caissons hyperbares.»
En cas de mal des montagnes, les médecins de course peuvent soigner différents malades. Des pilotes nauséeux ou, cas extrêmes, victime d’œdème cérébral. «Le manque d’oxygène modifie l’équilibre neurovégétatif, détaille Laurent Schmitt, directeur du centre de Prémanon. On a du mal à s’endormir, on accuse une perte de substrat énergétique.» Le problème est d’ailleurs le même pour les véhicules. Quand l’oxygène se raréfie, les moteurs rament. C’est alors aux mécanos d’effectuer les meilleurs réglages pour limiter la casse. Comme quoi sur cette étape, personne ne se ménage.
Romain Scotto, à Jujuy (Argentine)

samedi 1 janvier 2011

Dakar 2011 : départ aujourd'hui !

dakar 2011 - étape 1 - photo DPPI
La qualité des relations tissées avec les deux pays, le Chili et l'Argentine, les atouts indispensables en terme sportif, ainsi que l’enthousiasme populaire à nouveau constaté en janvier dernier, ont poussé les équipes du Dakar à proposer un troisième défi en Argentine et au Chili pour l’édition 2011 qui se déroulera du 1er au 16 janvier.
Pour Enrique Meyer, le secrétaire d’Etat au Tourisme argentin, « c’est un rêve qui se réalise pour l’Argentine de pouvoir compter à nouveau sur le Dakar. Depuis ces deux ans, en plus de la compétition sportive, nous avons montré au monde entier, dans plus de 190 pays, nos paysages et notre peuple. C’est une fierté pour notre pays d’être à nouveau la terre d’accueil du Dakar et nous avons beaucoup travaillé pour cela. »
De son côté, Ruiz Tagle, le nouveau ministre des sports du Chili explique : « C’est un honneur pour le Chili de confirmer l’organisation du Dakar 2011 sur notre territoire. Nous sommes convaincus de ce que cette fête du sport mondial représente pour la diffusion des images de nos sites, uniques au monde. Nous voulons souligner l’importance de cet événement dans un moment où notre pays souffre des conséquences d’un tremblement de terre dévastateur. Ce Dakar nous aidera à aller de l’avant et à démontrer que le Chili est capable de surmonter cette adversité. »
Pour l’avenir, les responsables du rallye continuent de travailler sur plusieurs projets et notamment sur la perspective d’un retour sur le continent africain pour l'édition 2012. En attendant, la première étape à lieu ce 1er janvier entre Buenos Aires et Victoria.
Le Dakar 2011 en chiffre :
  •  9500 km dont 5000 parcourus en course sur 13 étapes
  •  430 concurrents au départ
  •  2500 personnes sur le bivouac
  •  2000 petits déjeuners / 1600 rations / 1000 déjeuners et 2300 diners / bivouac
  •  12000 bouteilles d'eau / bivouac
  •  25 000 gendarmes et policiers mobilisés
  •  350 000 flyers sécurité distribués sur le parcours
  •  800 000 spectateurs au départ à Buenos Aires en 2010
Dakar 2011, entre l'Argentine et le Chili, du 1er au 16 janvier.