vendredi 30 décembre 2011

CAMILLA VALLEJO, LA CHE AU FÉMININ, SORT SES MÉMOIRES

CAMILLA VALLEJO, LA CHE AU FÉMININ
Sa beauté, son éloquence, son piercing sur le nez et, il faut bien l'avouer, son faux air d'Ernesto ‘Che' Guevara avait fait d'elle une personnalité incontournable des manifestations post-Hesselmania. À 22 ans, elle s'était retrouvée à discuter autour d'une table avec le président Pinera et les plus grands responsables politiques du pays.

Mais elle n'est pas qu'une révolutionnaire du dimanche, elle a vite compris l'importance des réseaux sociaux pour pérenniser son mouvement, comme en attestent ses comptes twitter et facebook. Pourtant, et malgré un sondage d'une radio locale qui l'a propulsée personnalité chilienne de l'année, elle vient de perdre la présidence de son syndicat étudiant début décembre.

D'aucun pense de Camila Vallejo qu'elle a la stature pour être présidente. Son livre serait donc le signe des prémices d'une entre en politique ? L'avenir nous le dira.

UNIVERSIDAD DE CHILE CHAMPION

Universidad de Chile obtient son 15ème titre national et couronne une saison parfaite, après avoir enlevé le tournoi d'ouverture en juin (contre Universidad Catolica), et il y a 15 jours la Copa Sudamericana, équivalent sud-américain de l'Europa League, face aux Equatoriens de Liga de Quito (1-0, 3-0 à Santiago).

La "Uchi" entraînée par l'Argentin Jorge Sampaoli, a scellé la finale retour en première période, par des buts de l'Argentin Gustavo Canales (24), de son attaquant international vedette Eduardo Vargas (28), qui rejoindra Naples (ITA) en janvier, et de Matias Rodriguez (35).

Universidad de Chile disputera en 2012 la Coupe Libertadores, équivalent de la Ligue des champions sud-américaine. Universidad Catolica et Union Española seront les autres représentants chiliens.

lundi 26 décembre 2011

CHILI : UN JOURNAL INDEMNISERA DES LECTEURS BRÛLÉS PAR UNE RECETTE EXPLOSIVE

La Cour suprême du Chili a confirmé en appel que le groupe de presse Copesa qui édite La Tercera "devra dédommager 13 des 15 plaignants initiaux pour les préjudices physiques et moraux, causés par une recette pour élaborer des churros et publié dans le supplément Femmes" du quotidien.
L'affaire dite des "beignets explosifs" avait eu un grand écho au Chili en 2004, lorsque que 15 personnes avaient saisi la justice, après avoir été brûlées au visage, aux mains, aux bras ou à la poitrine, en suivant scrupuleusement la recette: "churros (fourrés) au blanc-manger étape par étape".
Selon le jugement en première instance en 2008 confirmé en appel, le problème venait des proportions de la recette: entre la température de friture, la dimension des churros et les ingrédients dont la farine, la levure, le beurre, le sucre, l'eau ou le lait.
Pour des chefs de la gastronomie interviewés à l'époque, la recette en elle-même était bonne, mais c'était une recette pour professionnels, non pour amateurs, et elle requérait en ce sens des ustensiles de professionnels pour beignets, non une simple poêle.
"En suivant fidèlement la recette publiée dans le quotidien, il n'était pas possible d'éviter" l'explosion, a estimé la Cour d'appel dans son jugement que La Tercera a publié lundi. Le journal devra verser un montant total de 85 millions de pesos (125.000 euros) répartis entre les 13 malheureux cuisiniers.

IL Y A 100 ANS, L’HOMME CONQUÉRAIT LE PÔLE SUD

«NOUS SOMMES ICI POUR CÉLÉBRER UN DES EXPLOITS LES PLUS IMPRESSIONNANTS DE L'HUMANITÉ», A DÉCLARÉ LE PREMIER MINISTRE NORVÉGIEN JENS STOLTENBERG, LE DEUXIÈME CHEF DE GOUVERNEMENT DE L'HISTOIRE À SE RENDRE AU PÔLE SUD APRÈS LA NÉO-ZÉLANDAISE HELEN CLARK, QUI S'Y ÉTAIT RENDUE EN 2007.
«Nous sommes ici pour célébrer un des exploits les plus impressionnants de l’humanité», a déclaré le premier ministre norvégien Jens Stoltenberg, le deuxième chef de gouvernement de l’histoire à se rendre au pôle Sud après la Néo-Zélandaise Helen Clark, qui s’y était rendue en 2007.
«Et nous sommes ici pour souligner l’importance de ce continent glacial dans le travail visant à comprendre le réchauffement de la planète», a-t-il dit en présence de chercheurs de l’énorme base américaine Amundsen-Scott qui se trouve aujourd’hui à proximité immédiate du pôle géographique.
Quelques centaines de personnes de diverses nationalités s’étaient donné rendez-vous au pôle pour célébrer le centenaire, y compris des aventuriers norvégiens qui ont tenté de rééditer l’exploit de leur aïeul à ski.
L’EXPLORATEUR NORVÉGIEN ROALD AMUNDSEN 
Certains ont toutefois dû être récupérés en avion pour pouvoir être présents au jour J.
«Ces dernières années, le continent antarctique a changé plus rapidement qu’à n’importe quelle période de ces 800 dernières années», a souligné M. Stoltenberg.
«La perte de la glace en Antarctique pourrait avoir des effets globaux dramatiques», a-t-il ajouté.
Selon le pire scénario envisagé par les scientifiques, la fonte totale des glaces de l’Antarctique -qui nécessiterait plusieurs siècles- risquerait de provoquer une élévation d’environ 5 mètres du niveau de la mer et d’engloutir des villes côtières et de petits États îliens.
Au cours de la brève cérémonie partiellement retransmise à la télévision, M. Stoltenberg a, comme Amundsen, planté le drapeau norvégien dans la glace et dévoilé une statue de glace de l’illustre explorateur.
«Voici le bonhomme», a-t-il dit en découvrant le buste.
Ayant troqué son habituel costume cravate pour un épais anorak rouge et noir, le premier ministre a aussi parcouru à ski les derniers kilomètres du périple effectué, un siècle plus tôt, par Amundsen.
Facteur important de sa victoire, Amundsen avait emporté avec lui près d’une centaine de chiens de traîneau alors que son rival avait préféré parier sur des traîneaux motorisés et des poneys qui s’avéreront inadaptés.
Depuis 1994, la présence d’espèces allogènes est interdite sur l’île-continent -sauf l’homme- par souci de ne pas y introduire des maladies.
L’infortuné officier britannique et ses hommes n’ont pas été oubliés mercredi.
«Ils ont payé le prix ultime et leurs noms resteront à jamais inscrits dans l’histoire polaire», a dit M. Stoltenberg en saluant leur «bravoure», leur «courage» et leur «détermination à atteindre l’un des endroits les plus inhospitaliers sur Terre».
Après avoir atteint le pôle le 17 janvier 1912, un bon mois après l’expédition norvégienne, Scott et quatre coéquipiers étaient morts sur le chemin du retour, victimes du froid, de l’épuisement et de la faim.
Amundsen, qui avait déjà effectué une traversée historique du Passage du Nord-Ouest (1903-06), fera partie en 1926 de la première expédition à atteindre, avec certitude, le pôle Nord, cette fois-ci à bord d’un dirigeable.
Il périra deux ans plus tard dans l’Arctique dans l’accident d’un hydravion français parti porter secours à l’explorateur italien Umberto Nobile.
(La Presse)

mercredi 21 décembre 2011

RÉÉDITION DE «LA CHIVA», REVUE HISTORIQUE DE LA BD CHILIENNE

LES PERSONNAGES DE LO CHAMULLO, UN QUARTIER COMME LE VOTRE.  DE GAUCHE A DROITE : LES FRERES DU VILLAR, LE « FANTOMAS » ET LE « SPECTRE », PANCHO MOYA, DON PANTRUCO, LE CHAT MASACOTE ET MOZAMBIQUE. ASSIS, CARMELITA, DON PAELLO, LES TROIS MARIAS. ET PERSONNE D’AUTRE. AU FOND, LE BAR RESTAURANT LA REPUBLIQUE.
Des expressions visuelles neuves se manifestent ; des brigades murales, des affiches et des journaux, des pochettes de disques, contribuent très vite à générer une iconographie nouvelle, qui vient accompagner un processus de vastes changements qui semblait alors inéluctable.
Cette mutation s’est aussi manifestée dans l’humour graphique par la recherche d’un langage nouveau, jeune, synchronique avec l’époque et dépassant le cadre formel traditionnel.

Engagé dans des mesures de promotion populaire, le gouvernement démocrate chrétien crée en 1968 les associations de voisins et des mères, germes d’organisation sociale dans la vaste banlieue chilienne.
Dans l’espace urbain populaire, les ouvriers, les petits employés et des mères de famille, des étudiants et les paysans, les habitants, prennent très vite conscience de leur propre existence sociale, de leur poids. Un acteur urbain éminent est né. C’est l’irruption du quartier, qui devient un personnage collectif, pluriel et multiforme.
SUPER CIFUENTES, UNE SORTE DE SUPER DUPONT, HÉROS URBAIN SURGI DANS LA DÉCENNIE DES 80 DE LA PLUME D’HERVI, ET PARU DANS LA REVUE « LA BICICLETA ». SOUS UNE FORTE RÉPRESSION POLITIQUE, CE PERSONNAGE GARDAIT LA TRADITION D’IMPERTINENCE DE LA CHIVA.
« La Chiva » a mis en images cette décisive mutation. Une revue dessinée paraissant chaque quinzaine en format national —c'est-à-dire, long et étroit (ou paysage)—, mettant en scène une bande de personnages  incisifs et décalés, blasés et attachants, si près de la réalité et qui font face à la galère structurelle avec auto dérision et le panache fabuleux des fauchés. Le trait est simple, la ligne impure. La bande dessinée principale se passe à Lo Chamullo, un quartier comme le votre.

Les personnages les plus représentatifs de Lo Chamullo sont Pancho Moya, « profession chômeur, qui exerce à l’occasion comme plombier, maçon, menuisier, électricien ou peintre, affamé et mécontent ».
Don Paello, l'épicier, espagnol républicain rescapé du franquisme, arrivé au Chili à bord du Winnipeg grâce à l'intervention de Pablo Neruda.
Les Trois Marías, trio de vieilles cancanières, « elles sont comme la CIA : elles se mêlent de tout ». Les frères du Villar, le « Fantômas » et le « Spectre », très connus des services de police. Il suffit de signaler que sur la « photo de groupe », l’un des frères porte un autoradio.
Le Mozambique est un jeune diplômé qui travaille comme serveur dans le bar de don Pantruco. « C'est l’endroit où l’on mange le mieux à Lo Chamullo. C'est plutôt le seul endroit où on mange. Quand on mange. »

À Lo Chamullo Haut, la partie cousue du quartier, à bord d’une énorme voiture un père part au travail, —sans doute un grand entrepreneur—, entouré du chœur de ses rejetons : « apporte-nous des chocolats, des gâteaux, des meringues et tiramisu! ». Simultanément, dans la zone, le gourbi de Lo Chamullo Bas, un père présumé part chercher du travail, et ses enfants, nombreux, avec des yeux écarquillés sur des pommettes façonnées par la malnutrition endémique, supplient : « des protéines, papa, apporte-nous des protéines! »

À Lo Chamullo les pauvres de la ville vivent envers et contre tout, critiques et joyeux, dignes et comiques.

La Chiva a marqué de sa touche générationnelle le
mode de rédaction et d’exécution des revues de l’époque. Un air frais, l’esprit des années soixante, une très étroite collaboration qui s'exprime dans la création d'une bande dessinée collective. En cas d’absence d’un dessinateur, un autre prenait tout naturellement sa place, sans conséquences sur le travail final. Il y a des planches de Lo Chamullo réalisées à huit mains où chacun dessine un détail en y mettant sa patte personnelle.

La revue a expérimenté par ailleurs une nouvelle forme de faire de l’humour politique au Chili, et au moment où tout le monde a pris parti, elle a pris aussi le sien.

C’est certain que La Chiva a accompagné ainsi le processus de prise de conscience et d’agitation politique et sociale qui a débouché sur la victoire électorale de Salvador Allende en septembre 1970.

En exil, éparpillée de par le monde suite au putsch de 1973, l’équipe de dessinateurs et scénaristes a continué à collaborer dans divers médias. Les survivants ont participé dans les années '80 à la timide reconstitution de l’humour graphique chilien, dans les rares revues tolérées par le régime militaire.

La réédition d’aujourd’hui est aussi un hommage à ce travail risqué, intelligent et audacieux, qui a contribué sans doute à sa manière à hâter la fin de la dictature.

LANCEMENT DE La Chiva
Jeudi 22 décémbre 2011, 19.30 h
Bodega Feroces - Esmeralda 759
M° 5 - BELLAS ARTES

 

mardi 20 décembre 2011

CANNIBALISME COSMIQUE EN VUE AU COEUR DE LA VOIE LACTÉE

[1] LE TROU NOIR SITUÉ AU CENTRE DE LA VOIE LACTÉE A ÉTÉ BAPTISÉ SGR A* (LIRE SAGITTARIUS A ÉTOILE). IL S'AGIT DU TROU NOIR SUPERMASSIF LE PLUS PROCHE DE LA TERRE, ET DONC LE MEILLEUR OBJET POUR MENER UNE ÉTUDE APPROFONDIE DES TROUS NOIRS. 
C'EST DANS LE CADRE D'UN PROGRAMME DE 20 ANS S'APPUYANT SUR LES TÉLESCOPES DE L'ESO ET DÉDIÉ AU SUIVI DU MOUVEMENT D'ÉTOILES AUTOUR DU TROU NOIR SUPERMASSIF SITUÉ AU CENTRE DE NOTRE GALAXIE (ESO0846) [1], QU'UNE ÉQUIPE D'ASTRONOMES DIRIGÉE PAR REINHARD GENZEL DE L'INSTITUT MAX PLANCK DÉDIÉ À LA PHYSIQUE EXTRATERRRESTRE (MPE), À GARCHING EN ALLEMAGNE, A DÉCOUVERT UN NOUVEL OBJET S'APPROCHANT RAPIDEMENT DU TROU NOIR EN QUESTION. 
C'est à partir du Very Large Telescope européen, installé au Chili, que les chercheurs ont observé un phénomène prévu par la théorie mais jamais observé. La masse du nuage, composé essentiellement d'hydrogène et d'hélium, est d'environ trois fois celle de la Terre. Celle du trou noir est de l'ordre de 4,3 millions de masses solaires. Son attraction gravitationnelle est donc considérable. Au cours de ce phénomène d'absorption, des rayons X seront émis et les chercheurs comptent sur le satellite Chandra X pour surveiller l'opération dès l'an prochain. Le trou noir est situé à environ 27.000 années-lumière de la Terre. Les scientifiques estiment que toutes les galaxies possèdent en leur centre un objet supermassif de ce type. Ces travaux sont parus dans la revue « Nature ».

CHILI : UNE SIAMOISE SÉPARÉE EST MORTE

La séparation des deux soeurs avait été réalisée lors d'une opération de 20 heures vendredi, mobilisant près de 100 personnes. Elle avait été décrite comme la plus complexe jamais réalisée au Chili, impliquant des séparations de maints organes au niveau du thorax et de l'admomen, dont le foie, les intestins, le colon. Les médecins avaient averti que les 48 à 72 heures suivant l'opération seraient critiques pour la récupération des multiples organes séparés.

La soeur survivante, Maria Paz, était dimanche soir en condition stable dans l'unité de soins intensifs, et avait récupéré de complications rénales du début du week-end, selon le Dr. Artaza. "Nous espérons réellement qu'en dépit de son état grave, Maria Paz va aller de l'avant", a déclaré le directeur de la clinique.

jeudi 15 décembre 2011

CHILI : DES SIAMOISES SÉPARÉES APRÈS 20 HEURES D'OPÉRATION

E PR FRANCISCO OSSANDON, CHEF D'ÉQUIPE CHIRURGICALE À L'HÔPITAL LUIS CALVO MACKENNA. PHOTO MACARENA PÉREZ
Les deux petites filles, prénommées Maria Jose et Maria Paz «ont pu être séparées avec succès», a déclaré le Pr Francisco Ossandon, chef d'équipe chirurgicale à l'hôpital Luis Calvo Mackenna, centre pédiatrique public de référence au Chili.

«Nous avons eu pas mal de difficultés pendant l'opération, quelques surprises, mais cela a pu être résolu sans problèmes», a-t-il ajouté.

25 professionnels se sont relayés

L'opération, qui avait commencé mardi matin, s'est achevée mercredi à 4 heures, heure locale. Au total 25 professionnels se sont relayés lors de l'opération. Les deux soeurs ont été séparées au niveau du thorax, du bassin, des intestins et du foie. L'équipe médicale a également du intervenir afin de reconstruire les tissus des fillettes.
LES PETITES FILLES,  MARIA JOSE ET MARIA PAZ. PHOTO  HOSPITAL CALVO MACKENNA
La référence en la matière au Chili remonte à 1993. Deux frères siamois avaient été séparés avec succès. L'opération avait duré plus de 10 heures, mais était cependant moins délicate que pour Maria Jose et Maria Paz. «Jamais dans l'histoire nous n'avions eu de chirurgie de séparation avec un tel degré de complexité. Jamais nous n'avions été confrontés à un tel niveau de risque (...) mais sans autre option du point de vue de la qualité et de l'espérance de vie de Maria Jose et Maria Paz», avait déclaré avant l'opération le directeur de l'hôpital, Osvaldo Artaza.

Pour l'heure, les soeurs «sont dans une bonne condition» post-opératoire, a affirmé mercredi le chirurgien. Mais l'intervention nécessite un suivi minutieux : «Elles sont exposées à de possibles complications, comme des réactions du métabolisme à une si longue anesthésie, et aux infections». Les fillettes, qui avaient déjà subi sept opérations par le passé, en nécessiteront de nouvelles ultérieurement. Chacune de leur côté, cette fois.

mercredi 14 décembre 2011

CHILI : LE GOUVERNEMENT INCITE À RETIRER LA CRAVATE POUR ÉCONOMISER L'ÉNERGIE


C'est un petit geste que nous voulons favoriser parce qu'il aide à l'efficacité énergétique (...) en réduisant l'usage de l'air conditionné et en générant une économie d'énergie, a souligné le ministre de l'Energie, Rodrigo Alvarez, en lançant officiellement la campagne En été, retire ta cravate.

Le port de la cravate, a expliqué M. Alvarez, nécessite l'utilisation de plus d'air frais pour atteindre une température supportable, ce qui fait augmenter la consommation d'électricité. Le gouvernement prévoit une économie de 10 millions de dollars.

La campagne prévoit des spots publicitaires dans lesquels des ministres retirent leur cravate et incitent à faire de même les fonctionnaires et salariés du privé.

Le Chili fait face à un risque de rupture d'approvisionnement énergétique en raison de la baisse de ses ressources hydriques en cette année de sécheresse, et de la hausse de la consommation (+7% par an).

Le pays importe quasiment tout le combustible qu'il consomme et devra augmenter d'environ 80% sa production d'électricité dans les 20 prochaines années.

Depuis le puissant tremblement de terre de février 2010, qui a fait plus de 500 morts, le Chili a connu deux coupures géantes, qui ont plongé plus de la moitié de la population dans le noir.

dimanche 11 décembre 2011

CELAC : SANS LES ETATS-UNIS NI LE CANADA

Notamment parce qu’elle exclut de fait les Etats-Unis et le Canada et intègre Cuba (interdit d’OEA). Dans leur déclaration finale, les 33 membres ont ainsi “condamné l’embargo contre Cuba, soutenu la réclamation argentine sur les Malouines et défendu la démocratie dans la région sans mentionner Cuba”, souligne le site salvadorien El Faro. Si Hugo Chávez a parlé, à propos de la Celac, de “la naissance d’un géant”, si le président du Chili Sebastián Piñera a souligné “l’avènement de la décennie latino-américaine”, certains observateurs, plus circonspects, voient avec perplexité la création d’une “énième institution régionale”, note El Nuevo Herald.

jeudi 8 décembre 2011

CHILI / ÉTUDIANTS : REVERS POUR C. VALLEJO

GABRIEL BORIC PHOTO JOURNAL EL MERCURIO
Camila Vallejo, 23 ans, est militante communiste et étudiante en géographie. Elle s'était fait connaître ces derniers mois en prenant la tête de nombreuses manifestations qu'a connues le Chili pour exiger une profonde réforme de l'éducation et de l'enseignement supérieur, aux mains du secteur privé. Le comptage final a attribué 4.053 suffrages à la liste de Gabriel Boric et 3.864 à celle de Camila Vallejo, ce qui lui assure la vice-présidence. "Nous avons gagné. L'élection a été juste", a déclaré le vainqueur.

Les élections à la FECH, la plus puissante fédération étudiante du pays, ont connu un taux de participation très important cette année, avec plus de 12.000 votants - environ 50% des étudiants -, dans un contexte d'importantes mobilisations pour une éducation libre, gratuite et de qualité. Camila Vallejo a pris la tête du mouvement, qui a organisé plus de 40 marches à Santiago, devenant la dirigeante étudiante la plus visible du pays depuis des décennies.

jeudi 1 décembre 2011

LE PRIX CERVANTES 2011 DÉCERNÉ AU POÈTE CHILIEN NICANOR PARRA

PORTRAIT DE NICANOR PARRA. PHOTO LUIS POIROT 
Le prix Cervantes, créé en 1975 et doté de 125.000 euros, lui sera officiellement remis le 23 avril, date anniversaire de la mort en 1616 de l'une des plus grandes figures de la littérature espagnole, Miguel de Cervantes, auteur de Don Quichotte.

Né en 1914 à San Fabián de Alico au Chili, Nicanor Parra a notamment reçu le prix national de littérature du Chili pour son livre "Obra Gruesa". L'une de ses oeuvres les plus connues est "Poemas y Antipoemas".
Le prix Cervantes est octroyé tous les ans et est généralement décerné alternativement à un auteur espagnol et à un auteur d'Amérique Latine.

L'an dernier, le prix a couronné la romancière espagnole Ana Maria Matute. Parmi les lauréats précédents figurent l'Argentin Jorge Luis Borges, l'Hispano-péruvien Mario Vargas Llosa, prix Nobel de Littérature 2010, et les Mexicains Carlos Fuentes et Octavio Paz (1981).

SVETLANA, L'UNIQUE FILLE DE STALINE, EST MORTE

MME PETERS, ALORS CONNUE COMME SVETLANA ALLILUYEVA, EST ARRIVÉE AUX ÉTATS-UNIS EN AVRIL 1967. PHOTO THE NEW YORK TIMES

La fille de Staline avait alors fui l'Union soviétique, un passage à l'Ouest qui l'avait par la suite obligé à changer plusieurs fois de nom. Elle se disait heureuse dans sa patrie d'adoption mais elle affirmait aussi que son père avait ruiné sa vie.

Svetlana Allilouïeva était la seule fille et le plus jeune enfant de Joseph Staline, qu'elle aimait et qui se montrait en retour très affectueux avec elle, surtout pendant ses jeunes années. Sa mère, Nadejda Allilouïeva, la seconde épouse de Staline, est morte lorsque sa fille n'avait que six ans. Les historiens pensent aujourd'hui qu'il s'agissait d'un suicide.


SVETLANA STALINA NÉE, LA FILLE DE STALINE A CHANGÉ SON NOM DEUX FOIS ET A VÉCU DANS PLUSIEURS PAYS APRÈS SA DÉFECTION CÉLÈBRE
A 16 ans, Svetlana a une liaison amoureuse avec un comédien âgé de 40 ans. Staline y met fin en envoyant le fiancé de sa fille au goulag. Svetlana se marie deux fois en Russie, elle a un fils d'un premier mariage, une fille du deuxième. A la mort de Staline, en 1953, Svetlana abandonne le nom de son père, elle garde celui de sa mère, Allilouïeva. Elle a une liaison avec un membre du Parti communiste indien.



LAVRENTI BERIA AVEC STALINE (AU  FOND) ET LA JEUNE SVETLANA ALLILOUÏEVA.

A la mort de celui-ci, coup de tonnerre, elle quitte la Russie via l'Inde, et demande à l'ambassade américaine de New Delhi l'asile politique aux Etats-Unis. En plein guerre froide, sa défection fait sensation. Installée aux Etats-Unis, Svetlana y épouse un architecte, devient Lana Peters et écrit deux livres autobiographiques, dans lesquels elle dresse un sombre portrait de son père. Ces livres se vendent bien et lui rapportent plus d'un million de dollars mais, trente ans plus tard, elle meurt dans le Wisconsin sans argent et dans l'anonymat.

vendredi 25 novembre 2011

AU CHILI, L'HOMMAGE D'UN MAIRE À L'ASSASSIN DE QUATRE FRANCO-CHILIENS

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CRISTIAN LABBÉ, ANCIEN AGENT DE LA DINA, EX BÉRET NOIR ET ACTUEL MAIRE DE PROVIDENCIA POUR LE PARTI UDI, UNE DES PRINCIPALES ASSISSES POLITIQUES DU GOUVERNEMENT PIÑERA.
Krassnoff, tortionnaire et assassin

Miguel Krassnoff était spécialisé dans la poursuite, la détention, la torture et l'assassinat de militants du MIR (mouvement de la gauche révolutionnaire, extrême gauche) et du parti socialiste (dont l'assassinat du chanteur Victor Jara et celui du leader du MIR, Miguel Enríquez).

Son grand-père avait servi, en son temps, l'Allemagne nazie, avant d'être capturé par les Britanniques en Autriche, condamné à mort pour trahison. Il avait réussi à s'enfuir en Amérique du Sud.

L'annonce d'une cérémonie en hommage à ce sombre personnage a immédiatement provoqué l'organisation d'une manifestation, réunissant les victimes et les familles des victimes des militaires, ainsi que des associations de défense de droits de l'homme, outrées qu'un tel acte puisse se faire officiellement dans un pays démocratique qui reconnaît avoir vécu les années les plus sombres de son histoire pendant les 17 années de dictature.

Une manifestation violemment réprimée par les forces de police, qui ont envoyé des guanacos (camions citernes rapides de la police, qui aspergent les manifestants de jets d'eau mélangés à un produit qui brûle la peau) et des zorrillos (plus petits, ceux-ci envoient des gaz lacrymogènes) sur le millier de contestataires.

Mémoire étouffée

Mais au-delà de ce tableau lamentable qui montre que la dictature n'a pas été jugée par les Chiliens, et à quel point la mémoire des victimes a été étouffée pendant les vingt dernières années, à quel point les blessures sont béantes et présentes, cette provocation montre aussi autre chose dont on parle rarement : la haute idée qu'ont eu et qu'ont encore d'eux-mêmes ceux qui ont participé à la dictature.
MIGUEL KRASSNOFF MARTCHENKO LORS DE SON TRANSFERT AU PÉNAL CORDILLÈRE, L'UNE DES PRISONS "CINQ ÉTOILES" RÉSERVÉES AUX OFFICIERS CRIMINELS.   MALGRÉ LES INCULPATIONS QUI SE SUCCÈDENT ET LES PREUVES ACCABLANTES  PRODUITES DANS DIFFÉRENTES ENQUÊTES DEPUIS UN QUART DE SIÈCLE, KRASSNOFF N'A JAMAIS RECONNU ÊTRE UN TORTIONNAIRE NI UN MEURTRIER, SE BORNANT À ADMETTRE UN RÔLE "D'ANALYSTE" À L'APPAREIL DE TERREUR DE PINOCHET, LA DINA.

Du fait qu'ils ont encore l'impression d'avoir fait ce qu'il fallait. Coupés du monde et du réel, ils pensent encore qu'ils étaient en guerre contre un ennemi, alors qu'ils tuaient sans vergogne tout ce qui ne se mettait pas à genoux.

C'est ce discours d'une guerre qu'ils ont réussi à placer dans le cerveau des tortionnaires. C'est ce discours qui cherche encore, 20 ans après la fin de la dictature, à trouver une légitimité.
Et cette pensée de grands malades grabataires, cherche aujourd'hui la provocation pour exister.
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LE MILLIARDAIRE SÉBASTIEN PIÑERA, PRÉSIDENT DU CHILI ET CRISTIAN LABBÉ, ANCIEN AGENT DE LA DINA, EX BÉRET NOIR ET ACTUEL MAIRE DE PROVIDENCIA, COUTUMIER DES PROVOCATIONS TÉMOIGNANT D'UNE RÉSURGENCE DES PINOCHETISTES, QUI OCCUPENT DÉJÀ PLUSIEURS POSTES ET PORTEFEUILLES DU GOUVERNEMENT PIÑERA.
Provoquer pour réveiller chez les victimes, la peur, l'angoisse, la douleur et le souvenir de la mort.

Provoquer pour montrer aux victimes, qu'ils sont encore maîtres à bord, puisqu'ils se réunissent pour sabrer le champagne et manger des petits canapés, alors que dehors, ceux qui ont subi leurs atrocités, pleurent, se révoltent, manifestent leur rage en jetant des cailloux contre les vitres du Club de Providencia, hurlent à qui veut les entendre « assassins » et se font traiter comme des malpropres par les forces policières.
Provoquer pour exister.

Le Chili d'aujourd'hui

S'agit-il des derniers soubresauts d'un mouvement de vieux militaires nostalgiques qui essayent encore de parader de manière pathétique ou de la partie visible d'une population plus importante qui estime que les années Pinochet n'ont pas été si « terribles que ça » comme l'affirment haut et fort certains voisins du Club Providencia ?

Le Chili d'aujourd'hui n'a pas encore digéré son histoire dictatoriale. A-t-il vraiment envie de se remettre en question ?

mardi 22 novembre 2011

L’ADIEU A MME MITTERRAND

MME DANIELLE MITTERRAND S’EST ETEINTE CE 22 NOVEMBRE
A PARIS, A 87 ANS - PHOTO © MAXPPP
Petite femme de tous les grands combats, Mme Mitterrand a été souvent une des premières à se battre pour les causes qui sont devenues des enjeux mondiaux.
Au-delà des intérêts étatiques et en dehors des circuits diplomatiques, souvent contre les choix politiques de ses camarades du parti socialiste Français, son engagement tiers-mondiste l’a emmené à militer pour le droit à l'autodétermination des minorités ethniques, contre le fléau du sida en Afrique, ainsi que pour le droit d'accès à l'eau pour tous.

Nous saluons ici la jeune résistante de la première heure à l’occupation nazie, la femme courageuse qui s’est tenue toujours aux cotés des plus démunis, et qui est intervenue très efficacement jusque dans les années 90 en défense des prisonniers politiques de la dictature Chilienne.

Au revoir, Mme Danielle Mitterrand, merci pour vos nombreux combats d’avenir.

samedi 19 novembre 2011

QUAND LE MYTHE NÉOLIBÉRAL CHILIEN VACILLE

CAMILA VALLEJO À PARIS © RADIO FRANCE - 2011 / ERIC VALMIR. DATE ET LIEU DE LA RENCONTRE : LE 15 OCTOBRE 2011 À PARIS. PARVIS DE L'HOTEL DE VILLE


« En individualisant les problèmes, on les réduit et on les dénature. M’identifier au mouvement conduit à le fragiliser. On me trouvera mille défauts pour mieux affaiblir les causes que nous défendons. Il faut que nous sachions éviter les pièges tendus par les institutions qui se montrent souvent habiles à utiliser les mouvements sociaux. » CAMILA VALLEJO  LE 15 OCTOBRE 2011 À PARIS. PARVIS DE L'HOTEL DE VILLE


D’emblée, le consensus tacite selon lequel nous disposions d’une éducation inclusive favorisant la mobilité sociale — une idée fondamentale en régime néolibéral — s’est effondré. Pendant très longtemps, le système éducatif chilien, jugé « moderne », a été montré en exemple : il permettait, disait-on, de toucher de plus en plus de gens, sans perdre en qualité, de sorte que la majorité de la population pouvait espérer, grâce à lui, améliorer ses revenus. Mais ce qu’on ne disait pas, c’est que ce modèle chilien ne constituait que l’une des composantes du système néolibéral imposé au pays il y a trente ans et que, par conséquent, son développement avait pour objectif principal la consolidation économique et sociale de l’ordre en place.
Sur le plan économique, à travers la soumission de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur aux logiques de profit, à travers la fuite vers les banques privées des fonds liés au financement du système et, de manière générale, à travers la marchandisation du processus éducatif. Sur le plan social, également, parce que le mythe de l’éducation offrait une justification au modèle néolibéral : il faisait miroiter la possibilité d’une mobilité sociale au sein même d’un système économique excluant, interdisant toute solidarité.
Pendant trente ans, la légitimation des privatisations, de la pauvreté et des inégalités a été la même : l’espoir individuel d’ascension sociale à travers l’accès à l’éducation supérieure. « Faire des efforts pour arriver jusqu’à l’université » ou « économiser de l’argent pour se payer la fac » : une litanie bien connue de la plupart des Chiliens, qui voyaient dans leurs enfants et dans les infinies possibilités que leur offrait le marché de l’éducation un moyen de cesser d’être ce qu’ils étaient.
Mais il y a une limite à tout, et les faits parlent d’eux-mêmes. Le mythe a commencé à s’effondrer lorsque nous avons cessé de croire que l’éducation assurait la mobilité sociale ; lorsqu’il est devenu évident que, contrairement à leurs prétentions, les collèges privés subventionnés ne garantissaient pas l’accès à l’éducation supérieure ; lorsque l’endettement lié à l’éducation des enfants a commencé à absorber la quasi-totalité des revenus familiaux ; lorsque les diplômes universitaires se sont vus dévalorisés par la dérégulation du marché ; et quand l’obtention d’un bon emploi a cessé d’être le meilleur moyen d’obtenir un bon salaire.
Ce n’est pas un hasard si ce sont des problèmes dans le système éducatif qui ont donné naissance à ces mobilisations : celui-ci cristallise toutes les contradictions du système libéral. Et faut-il vraiment s’étonner que, lorsqu’on commence à interroger l’une des justifications centrales du système politique et économique, tout le reste commence à chanceler ?
Le problème local mute alors en problème structurel, tandis que l’enracinement politique des revendications étudiantes s’approfondit. On nous accuse d’être « trop idéologisés » — et de tout un tas de défauts similaires. Mais ni le gouvernement ni le Parlement ne proposent de solutions pour sortir du conflit. De sorte que le problème touche désormais aux fondements de la démocratie chilienne.
En vingt ans de Concertation (1), les institutions politiques chiliennes n’avaient jamais été placées dans une telle situation. La nécessité de la réconciliation nationale (2), la politique du consensus et le mode de scrutin binominal ont longtemps empêché de discuter des problèmes de fond. Un statu quo confortable se maintenait ainsi au pouvoir. Et tout était fait pour que, surtout, rien ne change (3).
Ce modèle a permis de maintenir un calme artificiel, au prétexte de protéger notre transition vers la démocratie. Mais il n’a pu faire face à la nécessité de transformations politico-sociales, laissant la voie libre à la droite et à M. Sebastián Piñera.
La suite, on la connaît. Le mythe de la démocratie chilienne a commencé à s’effriter lorsque le Chili s’est aperçu que, pas plus que vingt années de Concertation, la droite au pouvoir n’allait parvenir à résoudre les difficultés les plus urgentes de notre pays. Il ne s’agissait plus de se demander qui prendrait la tête des institutions démocratiques, mais de constater que ces dernières constituaient, dans les faits, le cœur du problème.
Les mobilisations ont démontré une chose que beaucoup de secteurs signalaient depuis le retour de la démocratie : le contrat qu’on nous a imposé pour réguler les rapports sociaux n’a pratiquement laissé aucun pouvoir à la population (4). En effet, si le Chili était réellement un pays démocratique, il n’aurait pas été nécessaire de mener plus de six mois de mobilisation pour que les revendications des étudiants — soutenus par 75 % de la population — soient entendues.
La classe politique dans son ensemble se voit remise en question. Le Parlement n’offre pas les garanties nécessaires pour permettre un débat représentatif sur les préoccupations populaires. Le pouvoir exécutif a perdu toute légitimité, avec un président si bas dans les sondages que, dans d’autres pays, il aurait déjà remis sa démission. Le secteur patronal observe avec désespoir que ses combines et ses sources de profit facile sont menacées. Pendant ce temps, un peuple se réveille et se mobilise de façon unitaire en prenant conscience que ses droits sont inaliénables.
Jour après jour, manifestation après manifestation, cacerolazo après cacerolazo (5), le mythe du Chili tombe en ruines. Les grands consensus nationaux vacillent et le peuple se rend compte qu’un Chili différent de celui qu’on lui a imposé durant des années de tyrannie et de Concertation est possible. Le peuple chilien a compris que ce qu’on lui présentait comme une vérité n’était qu’un mythe, et s’aperçoit que ce mythe porte un nom : néolibéralisme.
Nous continuerons à nous battre pour satisfaire les demandes légitimes de la majorité. Nous savons qu’il nous reste encore un long chemin pour atteindre nos objectifs. Mais nous pouvons au moins nous réjouir d’avoir réussi à ébranler le pays, d’avoir contribué, en tant qu’étudiants, à casser les mythes qui nous interdisaient de penser un pays différent. Et d’avoir contribué à initier le printemps du peuple chilien.

Camila Vallejo est présidente de la Fédération d’étudiants de l’Université du Chili (Fech). Article publié dans l’édition chilienne du Monde diplomatique, novembre 2011.

(1) NDLR : une alliance de centre-gauche entre démocrates-chrétiens, socialistes et socio-démocrates au pouvoir de la fin de la dictature, en 1990, jusqu’à l’élection de M. Sebastián Piñera, en 2010.

(2) NDLR : après dix-sept ans de dictature.

(3) Lire Hervé Kempf, « Au Chili, le printemps des étudiants », Le Monde diplomatique, octobre 2011.

(4) Lire Victor de la Fuente, « En finir (vraiment) avec l’ère Pinochet », La valise diplomatique, 24 août 2011.

(5) Manifestation au cours de laquelle chacun frappe sur des casseroles.

CHILI : NOUVELLE MANIFESTATION ÉTUDIANTE POUR UNE RÉFORME DE L'ÉDUCATION

La police a indiqué avoir arrêté au moins une personne qui portait un fusil à air comprimé. Elle a aussi saisi des cocktails molotov dans des sacs à dos de jeunes qui ont pris la fuite.
La manifestation elle-même s'est déroulée calmement et a réuni, selon les autorités locales, environ 10.000 personnes, soit autant que la veille à Valparaiso, siège du Parlement à 120 km de Santiago.
Ces mobilisations interviennent alors que les consultations se sont intensifiées en vue de quelques éléments de réforme et pour un effort budgétaire sur l'Education dans le budget 2012, qui doit être voté le 30 novembre au plus tard.
Etudiants, lycéens et enseignants sont mobilisés depuis plus de six mois pour la réforme en profondeur d'un système éducatif à deux vitesses, avec de grandes disparités de moyens et de qualité entre privé et public.
Ils demandent notamment un réinvestissement fort de l'Etat dans l'enseignement public, dont il se désengagea dans les années 1980, dans le cadre des politiques libérales de la dictature (1973-1990).
Le dirigeant du principal syndicat enseignant, Jaime Gallardo, s'est félicité que le gouvernement lui fasse prochainement parvenir des propositions sur une "dé-municipalisation", c'est à dire une reprise en mains par l'Etat d'unités scolaires déléguées aux autorités locales dans les années 80.
L'opposition socialiste a salué une "disposition au dialogue du gouvernement, sans équivalent depuis 5-6 mois", mais a jugé "totalement insuffisante" ses propositions budgétaires à ce jour.

samedi 12 novembre 2011

CHILI : L’EXPOSITION « MATTA: CENTENARIO 11-11-11 »



2011 est l’année du centenaire de la naissance du peintre chilien Roberto Antonio Sebastián Matta Echaurren, né le 11 novembre 1911, à Santiago du Chili. Il est considéré comme le plus grand artiste peintre chilien du vingtième siècle et est connu dans le monde entier sous son premier nom de famille : « Matta »

C’est donc en cette date chargée de symboles que s’inaugure l’exposition, et pour cause : il y a exactement 100 ans naissait à Santiago le plus grand représentant chilien du surréalisme pictural. Roberto Matta lui-même a d’ailleurs souvent fait référence dans ses œuvres à sa date de naissance, numérologiquement si particulière. C’est un hommage qui était attendu au Chili, compte tenu de la censure dont avait été victime l’artiste lors de la dictature du général Pinochet. 

La rétrospective consacrée à Roberto Matta sera visible jusqu’au mois de février prochain. La commissaire de l’exposition, Inés Ortega-Márquez, a choisi de l’articuler autour des deux grandes périodes du peintre : «Germinación» s’intéresse aux débuts de l’artiste jusqu’à l’année 1938. Une période particulièrement prolifique, dans laquelle Roberto Matta s’est rapproché de l’Europe et du courant surréaliste. En France, il fut soutenu par André Breton, et collabora notamment avec le journal Minotaure. Un exil européen qui lui permit de rencontrer d’illustres artistes, à l’image de Salvador Dalí, René Magritte, Le Corbusier ou encore Marcel Duchamp. 

La deuxième partie de l’exposition, «Maduración », se focalise sur un artiste qui s’installe en Europe, mais qui n’est plus rattaché à un mouvement artistique précis. A partir de 1938, Roberto Matta laisse le dessin de côté pour se concentrer sur la peinture. Ses œuvres les plus connues, qui pour  certaines atteignent les 10 m de largeur, datent de cette période. Passant aussi par les Etats-Unis, l’artiste s’intéressera dans ses créations à la discrimination et aux conséquences de la guerre. 

L’exposition compte bien sûr de nombreuses peintures, mais aussi des dessins et des sculptures. En marge de la rétrospective, des rencontres et des tables rondes avec des spécialistes de la peinture sont prévues ; des documentaires sur la vie de Roberto Matta seront également projetés. 

L’inauguration de l’exposition « Matta : Centenario 11-11-11 » a eu lieu  vendredi 11 novembre 2011 à 19h30, au Centro Cultural Palacio de La Moneda, devant le Palais présidentiel. 

Adresse : Plaza de la Ciudadanía, n°26, Santiago.
Horaires : du lundi au dimache, de 9h00 à 21h00. Tarifs : 1000 pesos chiliens, mais l’entrée est libre et gratuite du lundi au vendredi jusqu’à 12h00.

mercredi 9 novembre 2011

ÉCRIVAIN, PEU OU PROUST




Bascule. Proust n’est jamais allé au Chili : il s’est arrêté à Venise, il a pris froid en dépit du manteau de fourrure en plein été et il s’est recouché de bonne heure. Julio (Diego Noguera, champion de l’understatement), l’antihéros du film, essaie de lire le premier tome de la Recherche, seul, allongé sur la plage. Au bout du premier paragraphe, il s’endort et le soleil, farceur, dessine sur sa peau la forme du livre ouvert qu’il a posé sur sa poitrine. Gag, cut sur le visage de la fille qui voit ça, ne rit même pas.

Jiménez n’est pas Woody Allen ou Blake Edwards : il dispose les éléments du comique de l’existence foireuse, mais l’énergie lui manque pour actionner la bascule à chute qui reste béante à mi-parcours, absurde avec les personnages saisis dans tout leur déséquilibre mais incapables de tomber. D’ailleurs, quand l’une tombe (vraiment), c’est hors-champ et Julio pleure.

On a découvert le cinéma de Jiménez en 2009 avec Ilusiones ópticas, «blague métaphysique pour Playmobils en déréliction» selon Libé, quand le cinéaste disait, lui, qu’il avait fait «une comédie sur l’artificialité des postures et des rôles dans la vie quotidienne». Invité à Paris par la Cinéfondation cannoise, Jiménez a écrit le scénario de Bonsái dans les hauteurs de la rue des Martyrs et le film terminé a finalement été retenu dans la sélection Un Certain regard en mai dernier.

Jimenez aime Hong Sang-soo, Aki Kaurismäki, Hal Ashby… Son film est aussi parsemé de musiques punk-rock ou electro (composées notamment par le groupe franco-chilien Pánico) et des jeunes Chiliens se mettent sans prévenir à pogoter devant la caméra, ce qui forme un contraste saisissant avec la pulsion d’inertie profonde qui semble par ailleurs traverser la ville et ses habitants. Bonsái est entêtant quoique déceptif. Il laisse après vision une étrange marque, comme en creux, tel le carré du livre à même la peau.

Bande dessinée. Julio devait faire le dactylo pour un vieil écrivain, celui-ci le jette en définitive. Alors, Julio, pour ne pas perdre la face devant sa copine, se met à fabriquer des cahiers d’écriture tachés de cendres et de thé. Ce faisant, il écrit bel et bien un livre qui a l’objectivité douce de la douleur.

Chaque scène est construite et posée avec application dans des cadres fixes, et on a l’impression de lire une bande dessinée morose. On se dit parfois que Jiménez pourrait mal tourner, que l’élan pop d’Ilusiones ópticas est déjà en train de devenir du style léché pour festivals internationaux et sortie confidentielle en France. En attendant, ce Bonsái en mode mineur nous va et donne envie de lire le livre adapté, gros succès d’Alejandro Zambra édité chez Rivages.

BONSÁI de CRISTIÁN JIMÉNEZ avec Diego Noguera, Natalia Galgani… 1 h 35.

CHILI : DES ÉTUDIANTS MANIFESTENT ET SONT REÇUS AU PARLEMENT À VALPARAISO

PLUSIEURS MILLIERS DE LYCÉENS ET ÉTUDIANTS CHILIENS ONT MANIFESTÉ MERCREDI PRÈS DU PARLEMENT À VALPARAISO. PHOTO UPI
Les manifestants, 30.000 selon leur estimation, 6.000 selon la police, ont paralysé la ville côtière de Valparaiso (120 km à l'ouest de Santiago), siège du Congrès bicaméral, au moment où s'y débattait le budget 2012 de l'Education.

Les principaux dirigeants du mouvement étudiant mobilisé depuis mai, Camila Vallejo et Giorgio Jackson, ont été reçus en commissions à la Chambre des députés et au Sénat, où ils ont souligné le fossé existant entre leurs attentes et les propositions budgétaires.
UN MANIFESTANT CAGOULÉ QUI TENTAIENT DE RETOURNER LES GRENADES LACRYMOGÈNES À L'ENVOYEUR À VALPARAISO. PHOTO AFP

"Nous avons clairement dit que l'Etat doit assumer un rôle nouveau dans l'enseignement public, doit se charger de réguler le système privé, or rien de ce qui se prépare dans le budget ne va dans cette direction", a déclaré Camila Vallejo.

Au dehors, la manifestation dans l'ensemble pacifique s'est conclue par des affrontements, lorsqu'un groupe de manifestants a tenté de forcer l'accès au Parlement, protégé par un important dispositif de police.

La police a fait usage de gaz lacrymogènes et canons à eau pour disperser de jeunes émeutiers masqués par des cagoules ou des capuches. Elle a procédé à au moins une dizaine d'arrestations, selon des sources policières citées par des médias locaux.

PHOTO AFP
Etudiants, lycéens et enseignants réclament depuis six mois la réforme profonde d'un système éducatif à deux vitesses public-privé: ils demandent notamment des moyens accrus dans le public, dont l'Etat s'est désengagé dans les années 1980, dans le cadre des politiques libérales de la dictature (1973-1990).

Ils demandent, dans l'immédiat, une hausse significative du budget de l'éducation, aujourd'hui inférieur à 5% du PIB, et jugent insuffisante l'augmentation (+7,2%) proposée par le gouvernement.

Un dialogue entamé en octobre entre l'exécutif et les étudiants est au point mort, et les mobilisations massives se poursuivent, rassemblant à plusieurs reprises plusieurs centaines de milliers de personnes: la prochaine est prévue les 17-18 novembre à Santiago.
« LA NOUVELLE FAÇON DE BRAIRE » PHOTO AFP

Néanmoins, la présence des leaders étudiants au Congrès, une instance qu'ils ne considéraient pas comme interlocuteur jusqu'à présent, a été saluée comme une "étape significative" par Patricio Melero, le président (droite) de la Chambre des députés.

"Les changements commencent en changeant les lois, et ce sont les parlementaires qui changent les lois à la majorité. C'est ce qu'on a expliqué à la Confédération des étudiants du Chili", a-t-il ajouté.

LE CHILI AIME ET FÊTE LA PHOTO

 DU DERNIER LIVRE DE MAX PAM, L' « ATLAS MONOGRAPHS ». 
Par ailleurs, 15 photographes chiliens sélectionnés par le CNCA (Conseil National de la Culture et des Arts) ont la chance de voir leurs meilleurs clichés exposés.

Les organisateurs du Festival, qui dure jusqu’au 13 novembre, attendent plus de 15 000 visiteurs.


ANDRÉ KERTÉSZ À SANTIAGO DU CHILI 


AFFICHE DE L'EXPOSITION  « ANDRÉ KERTÉSZ : LE DOUBLE D'UNE VIE » À SANTIAGO DU CHILI .
Et si vous avez la chance d’être au Chili cet automne et cet hiver, le musée des Beaux-Arts de Santiago réserve une retrospective majestueuse au photographe hongrois, André Kertész, grand amoureux de la France. Plus de 60 ans de travail interrompu dans le monde entier, jusqu’au 31 décembre 2012. Plus d’infos :  « ANDRÉ KERTÉSZ: EL DOBLE DE UNA VIDA »

mardi 8 novembre 2011

CHILI : LE COME-BACK DES PINGOUINS

L'AUTRE TYPE DE PINGOUIN AU CHILI N'EST PAS UN OISEAU, MAIS C'EST EST UN ÉTUDIANT TYPIQUE DU PAYS. PHOTO  ÁLVARO RIVAS
Celle-ci fut l'une des dernières lois votées sous la dictature et prévoit le transfère de la gestion des écoles de l'Etat aux municipalités. Cette loi leur octroie l'autorisation de la création d'établissements privés, largement financés par les familles aisées. Quant aux établissements publics, ils sont gérés par un membre de la municipalité n'ayant pas accès à deux choses : a) le financement de la famille. b) le droit de refuser un élève n'étant pas de religion catholique. De plus, il n'existe pas de contrôle quant à l'enseignement qui y est prodigué. Résultat, la différence de qualité d'enseignement se fait ressentir et l'avenir d'un élève dépend des moyens financiers de sa famille. Chaque formation, chaque titre a une valeur marchande. L'hebdomadaire anglais, The Economist, a reconnu en 2006 que le Chili était une "démocratie imparfaite".


 POCHOIR À SANTIAGO DU CHILI 2006
« NOUS CROYONS EN UNE AUTRE FAÇON D'ÉDUQUER!  À BAS LA LOCE »
La révolution des pingouins, qui s'étendra d'avril à septembre 2006, aura plusieurs caractéristiques. La plus grande étant l'utilisation de la non-violence. Cette jeunesse, née à la fin de la dictature de Pinochet, utilise des moyens démocratiques pour protester : il y a des assemblées, des débats, des forums sur l'éducation. Les marches pacifistes sont convoquées par la ACES (Assemblée de Coordination des Etudiants du Secondaire- crée en 2001) via msn et sms. Les lycéens manient le rôle des médias pour faire pression sur le gouvernement chilien. Ce dernier, bien que de gauche, est dépassé par les événements et tarde à réagir. Les lycéens sont rejoints par les étudiants car "le conflit lycéen a dérivé sur des sujets structuraux de l'éducation". Avec l'aide de la FECH (Fédération des Etudiants Chiliens), ils aboutissent à l'organisation de deux grèves nationales. L'organisation des pingouins se définit dans six zones géographiques du Chili : le Nord, le Sud, l'Est , l'Ouest, la région métropolitaine de la capitale, Santiago. Le gouvernement Bachelet prend comme première mesure la perquisition des lycées afin d'y déloger, par la force, les lycéens en grève. Ils auront la tête de trois ministres : ceux de l'éducation, de l'interieur et de l'économie.

«À BAS LA LOCE »

La révolution dite des pingouins est la principale référence pour expliquer le mouvement étudiant chilien 2011. Outre l'utilisation de la non-violence, sa particularité fut l'émergence de revendications intergénérationnelles sur l'éducation au Chili. Le mouvement lycéen s'est essoufflé plus vite que celui de 2011, qui dure toujours après six mois. On peut y voir trois causes : D'abord, le lien trop étroit entre l'ancien président de la FECH, Nicolas Grau et la présidence, car sa mère était la propre secrétaire de Bachelet. Ensuite, l'infiltration des membres leaders du mouvement qui conduisit à une rupture entre les étudiants du secondaire, modérés et les radicaux. Enfin, les lycéens n'ont pas pu faire partie de la Commission Présidentielle sur l'Education , convoquée par Michèle Bachelet. Ce qui a permis l'explosion de la révolte des lycéens fut aussi la difficulté des candidats à la présidentielle du Chili (NDLR : Michèle Bachelet et Sebastian Pinera) ) de se positionner sur le sujet de l'éducation. Ainsi que l'indifférence du ministre de l'éducation de l'époque vis-à-vis des revendications des lycéens. Les ados qui avaient 15-17 ans en 2006 ont maintenant plus de 20 ans et sont à l'Université. Ce sont eux qui chantent : "Elle va tomber l'éducation de Pinochet !".

Articles sur la Réforme Educative au Chili
http://biblioteca.universia.net/html_bura/ficha/params/title/genesis-revolucion-pinguinos-incidencia-reforma-educativa-chile/id/49571718.html
http://www.cairn.info/revue-carrefours-de-l-education-2001-1-page-104.htm
Articles à propos de la "Révoltes des Pingouins" (2006)
http://quebec.indymedia.org/es/node/24594
http://www.solidarites.ch/journal/index.php3?action=2&id=2511&num=89&db_version=2