mardi 29 décembre 2009

Une ONG argentine demande l'interdiction du rallye

La course devrait prendre son départ à Buenos Aires le 1er janvier pour un périple de 9 000 km à travers l'Argentine, le Chili et de nouveau l'Argentine pour se conclure dans la capitale argentine le 16 janvier. "Dans le contexte de crise économique que nous connaissons, nous nous en tirons plutôt très bien, estime le directeur de la course. La dernière édition avait été historique, avec la plus importante participation jamais connue."

Malgré le succès populaire de cette course en 2009, le Dakar ne fait pas l'unanimité. Elle pourrait même voir son déroulement interrompu par une action en justice intentée par la FUNAM (Fundacion para la defensa del ambiente), une ONG argentine. Cette Fondation pour la protection de l'environnement a en effet déposé, samedi 26 décembre, un recours devant le tribunal de première instance de la ville de Cordoba, qui l'a jugé recevable, pour tenter d'interdire le déroulement de la course sur le territoire de la province du même nom qui devrait être traversée au cours des deuxième et troisième étapes.

Menace environnementale

La FUNAM se fonde sur les textes de loi pour réussir son entreprise. "La traversée de la province n'est pas autorisée puisque rien à ce sujet n'a été publié dans le bulletin officiel, explique le professeur Raul Montenegro, président de la FUNAM, dans un communiqué. Même si cette autorisation était donnée en urgence, comme cela fut le cas en 2009 (lors de l'édition précédente), cette mesure serait nulle parce qu'aucune étude sur l'impact environnemental n'a été réalisée comme le prévoit la loi nationale sur l'environnement."

Dans ce même communiqué, la FUNAM réclame la restitution à l'Etat des 6 millions de dollars versés à Amaury Sport Organisation, le propriétaire de l'épreuve et à ODASA (Organizacion Dakar SA), la structure argentine qui gère le rallye, par le secrétariat au tourisme argentin. Ce versement est "illégal" puisqu'il a été réalisé alors que "les autorisations de course n'ont pas été données". Celles-ci relèvent en effet de l'autorité des provinces et non du pouvoir central. La FUNAM - qui considère que le Dakar constitue "une grave menace environnementale" et "un camouflet aux populations les plus pauvres" - compte donc attaquer très prochainement en justice les responsables du ministère et des deux sociétés bénéficiaires.

Jean-Louis Aragon

lundi 28 décembre 2009

Incendie de forêt continue de faire rage au Chili

Habitant victime de l'incendie survenu à Valparaiso. Photo Cristian Carvallo
Des hélicoptères déversent de l'eau sur les flammes afin de venir en aide aux équipes de pompiers à terre, mais leurs efforts restent vains. Plusieurs foyers se sont très vite propagés ces dernières semaines. Ils ont détruit presque un millier d'hectares en différents points de Valparaiso. Les officiels locaux ont organisé une réunion d'urgence, et ont indiqué que les départs de feux étaient d'origine criminelle. L'enquête est toujours en cours.
Rédacteur: Hu Xiaoyan

vendredi 25 décembre 2009

Le Chili achète 30 Airbus de la famille A 320

EADS remporte un contrat de 30 Airbus A 320 auprès de la compagnie aérienne du Chili LAN. 'Cet investissement assure la croissance future de la compagnie et réaffirme notre engagement dans le développement de l'aviation commerciale en Amérique Latine' a expliqué Ignacio Cuerto, le directeur opérationnel de LAN Airlines.

Cette commande dont le montant n'a pas été dévoilé, représente 1,4 milliards d'euros au prix catalogue.

Les commandes passées par LAN s'élèvent désormais à 100 Airbus au total. La compagnie chilienne renouvelle sa flotte notamment pour les courts courriers. Elle souhaite développer la qualité des dessertes de ses hubs en Amérique latine.

NB

SUISSE, GENEVE : UN HOMMAGE BIEN MERITE AU PASTEUR METHODISTE EMILIO CASTRO

Les prisons et les camps de concentration se remplirent avec des opposants à ces régimes, des dizaines de milliers de personnes disparurent, beaucoup d’autres encore furent obligés d’abandonner leur pays et la torture devint une arme habituelle dans les mains des militaires.
Le Chili ne fut pas une exception à la règle. En septembre 1973, les militaires placés sous le commandement du Général Pinochet se rebellèrent contre le gouvernement constitutionnel du Président Allende initiant une longue période de dictature sanglante. Dés le début du coup d’Etat, les Evêques luthériens et méthodistes se mirent en action pour essayer de protéger les nombreux persécutés, en créant avec l’Archevêque catholique de Santiago le Comité Pro Paz et, à la dissolution de celui-ci par la dictature, le Vicariat de la Solidarité.
Notre éminent pasteur Emilio Castro déploya un gros effort pour obtenir le soutien international en faveur de ceux qui luttait contre la dictature. Il le fit principalement depuis le Conseil Oecuménique des Eglises (COE) où il remplit de hautes fonctions y compris celle de Secrétaire Général. Pour cette raison, le Gouvernement du Chili lui décerna le 14 octobre 2009 au cours d’une cérémonie qui a eu lieu à l’Ambassade du Chili en Suisse, la décoration de l’Ordre « Bernardo O’Higgins » la plus haute distinction que le Chili attribue aux étrangers pour éminents services .
L’Ambassadeur chilien auprès des organismes internationaux de Genève, Monsieur Carlos Portales, exprima dans son discours que le Pasteur Emilio fut «un infatigable combattant pour la Vérité et la démocratie » et qu’« il hissa le drapeau de l’opposition aux injustices et le Chili souhaite à travers cette décoration exprimer à Emilio Castro qu’ «il reste dans nos mémoires et reconnaître ce qu’il a fait pour tant de personnes qui ont souffert pendant la dictature ». Ce travail aurait été impossible « sans le travail des Eglises, sans l’esprit de solidarité de tant de croyants et non-croyants qui ont su s’unir dans leurs valeurs sur les droits de l’homme, et sans le soutien depuis 1973 du Révérend Emilio Castro, qui au travers de ses importantes fonctions dans le Conseil Oecuménique des Eglises se rapprocha des personnes et des institutions qui travaillaient avec les persécutés ».
Le Pasteur Castro apprécia cette distinction et le fait qu’elle lui soit remise dans le cadre du Conseil Oecuménque des églises (COE) pour la cause de la justice et de la paix. Entre autres aspects, il ajouta que celle-ci est aussi une expression de gratitude aux relations humaines, avant, pendant et après les évènements qui entraînèrent l’exil de tant de Chiliens et de Chiliennes. Devant la crise provoquée par le coup d’Etat, il fut normal que beaucoup de chrétiens fassent appel au Conseil, sachant que leur cause faisait l’objet d’attention avant même leur appel.
Par respect pour le Chili, l’éminent Pasteur de la Communauté Chrétienne latino-américaine de Genève ajouta que depuis sa tendre enfance il apprit à aimer le Chili – d’où son père était originaire- et à connaître le pays » le plus long et le plus étroit du monde », ses praticiens et ses leaders politiques. « Aussi à Genève, nous avons trouvé un foyer naturel dans la Communauté des réfugiés chiliens ». Notre Pasteur Emilio conclut son intervention en exprimant » sa reconnaissance pour la distinction qui lui est faite à cause de l’affection qu’elle exprime et pour l’occasion qu’elle lui donne de se souvenir de tant de gloire, tant de luttes, tant d’amitié ».
Nous félicitons Emilio pour cette distinction bien méritée, décernée par le Gouvernement du Chili et nous sommes reconnaissants au Seigneur pour l’opportunité qu’Il nous a donnée de recevoir sa précieuse coopération au sein de la communauté méthodiste latino-américaine de Genève.
Pour terminer, nous voulons seulement manifester le malaise de la colonie chilienne genevoise parce que cette cérémonie s’est tenue dans un lieu aussi exigu que l’Ambassade et avec un nombre restreint de participants. Un évènement de cette nature aurait du avoir lieu dans un endroit qui aurait permis une participation plus importante, comme, par exemple l’Université de Genève où se sont déroulées des manifestations similaires. De cette façon, la colonie chilienne et latino-américaine de Genève aurait pu se joindre à cet émouvant hommage.
Francesc J.Vendrell
Traduction Maïté Loché

mercredi 23 décembre 2009

Le père Pierre Dubois à l’hôpital

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Le père Pierre Dubois prêtre de la Victoria. Photo JACQUES HOUZEL

Prêtre ouvrier bourguignon de 78 ans, installé au Chili en1963, il a été responsable depuis 1983 de la paroisse de La Victoria, quartier populaire de 32000 habitants entassés dans 1 km2 et subsistant dans une extrême précarité, dans la banlieue sud de Santiago.

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Le père Pierre Dubois prêtre de la Victoria. Photo JACQUES HOUZEL

Cette « población » et son prêtre étaient devenus des symboles de la résistance pacifique à la sanglante dictature du général Pinochet.

On se rappelle que Pierre Dubois et deux autres religieux français avaient été expulsés du Chili en septembre 1986, dans la foulée des représailles suite à l’attentat manqué contre l’ancien dictateur. C’est dans cette même banlieue déshéritée qu’un autre missionnaire français, le père André Jarlan, a été abattu par la police chilienne le 4 septembre 1984.

Guy Desmurs

Son Chili à travers chants

Les chants de son enfance, les témoignages du coup d'état de 1973, l'hommage à Salvador Allende, au poète Pablo Neruda et puis son pays où Valparaiso tient une place de choix ; un chant ardent qui traduit, dit-elle, « Valparaiso, vallée du paradis, port des amours ».
Après l'Amérique latine, la France avec des chants comme « Rappelle-toi, Barbara » ou « Lily » de Pierre Perret... Ses expressions, sa voix très nuancée, son regard noir, traduisent ses émotions. On y trouve la femme passionnée et généreuse qu'elle est. Elle l'a montré en reprenant un des chants qu'elle avait interprété dans les carrières de Crazannes, avec la seule intention de faire plaisir, en souvenir d'un passage qu'elle n'a pas oublié.
Un autre cadeau, et pas le moindre, pour Lucien (le doyen de la troupe de l'époque, maintenant âgé de 92 ans et en fauteuil roulant) qui avait tenu à venir et avait, pour la circonstance, coiffé la casquette de facteur, rappelant le rôle qu'il y tenait.
Elle interpréta alors, pour lui, « L'amour est enfant de bohème » avec fougue. Un vrai bonheur pour tous, un vrai succès tout court : les applaudissements l'ont confirmé.
Et à la question : qu'est-ce qui est important pour vous ? Elle répond : « Pour moi, l'important, c'est la France solidaire. »

mardi 22 décembre 2009

Chili: une loi va systématiser le don d'organes, sauf refus préalable

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«Devenir un donneur est probablement votre seule chance d’aller en elle». Source Tijuana
Selon la loi, qui doit être promulguée en janvier, les cliniques et hôpitaux du Chili pourront disposer des organes d'un citoyen majeur déclaré en état de mort cérébrale, à moins qu'il ait au préalable formellement notifié son refus auprès du registre civil.
"Cette loi va garantir que dans le cas d'un enfant, d'un homme ou d'une femme en attente de greffe, toutes les conditions soient réunies pour que la greffe puisse se faire sans obstacles", a expliqué à la presse mardi le ministre de la Santé, Alvaro Erazo.
La loi entend réparer la faible proportion de dons au Chili: neuf donneurs pour un million de personnes, selon le ministère. Plus de 1.800 patients sont en attente de greffe, pour seulement 300 greffes réalisées chaque année.
Le Parlement a été encouragé à légiférer par le cas d'un enfant de 11 ans qui a ému le pays. Début 2009, le garçonnet a attendu une greffe de coeur pendant 93 jours. Finalement doté d'un coeur artificiel, il est décédé 15 jours après.

Dessins de Philippe Geluck

Selon les spécialistes du don d'organe, il ne faut pas s'attendre à un changement du jour au lendemain, avant tout faute de capacité médicale en infrastructures et en personnel, pour répondre à la demande.
"La législation contribue à une clarté accrue du processus, mais si les centres de santé ne mettent pas en place la partie médicale, le nombre de greffes n'augmentera pas", a déclaré à l'AFP le directeur de la Corporation des Greffes, Ernesto Palm.
En outre, même si la loi fait "de chacun un donneur", une partie du corps médical considère que l'avis de la famille restera déterminant si elle décide de s'opposer au don d'organe de leur proche décédé.

dimanche 20 décembre 2009

De fils à fils le nouveau roman de Bernardo Toro

C’est à lui que je m’adresse, en lui que je trouve la force de pousser jusqu’au bout mon récit. Une malédiction veut qu’entre père et fils les choses arrivent toujours à contretemps. On juge quand on voudrait comprendre et quand on voudrait être compris on est jugé »
De fils à fils raconte l'histoire d'un homme dont le plus grand rêve est de fonder une famille. Il se marie, sa femme lui donne l’enfant qu'il désire, son rêve se réalise. Et pourtant, quand il tient pour la première fois son enfant dans ses bras, quelque chose en lui se brise définitivement.

Quand le récit commence, dix ans plus tard, il vit séparé de sa famille depuis longtemps. Comme tous les samedis, il va chercher son fils à l’école et l'emmène dans un parc. Au cours de cette après-midi, la seule de la semaine qu'il passe avec l'enfant, il se souvient de son enfance et de son père qu'il voyait rarement, qu'il devait souvent remplacer auprès de son jeune frère, son père qu'on disait « chercheur d'or », alors que tout le monde savait qu'il avait une autre famille dans un village voisin.

Cette absence de père a déterminé sa vie. Longtemps il a cru qu’il ne pourrait combler ce manque que le jour où il serait devenu père lui-même, celui qu'il aurait dû avoir. Confronté à l'échec de sa paternité, il essaie de comprendre pourquoi le plus grand rêve de sa vie est devenu un tel cauchemar, pourquoi il n'a cessé de répéter, les unes après les autres, toutes les erreurs de son père.

L'originalité du livre réside, dans sa manière de conjuguer passé et présent. Le roman raconte en même temps des faits qui se passent à trente ans d'intervalle, en les fondant dans un récit continu où le narrateur se retrouve tantôt père, tantôt fils. Passé et présent forment dans ce livre un seul espace, où seuls les faits importent, au détriment de la chronologie. Le passé n'explique pas le présent, le présent n'actualise pas le passé, passé et présent sont sur le même plan dans la conscience hors temps du narrateur.
MC.



Bernardo Toro
Editions Stock, 2010
Collection La Bleue

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Bernardo Toro Photo HLT


Bernardo Toro est né à Santiago du Chili. Il vit à Paris et dirige la revue littéraire Rue Saint Ambroise. Il est également l’auteur du roman Contretemps, publié en 2006 aux éditions Les Petits matins.

jeudi 17 décembre 2009

L'ombre de Pinochet, par Jean-Pierre Tuquoi

Encerclé dans le palais présidentiel de la Moneda, Allende préféra se suicider plutôt que de tomber entre les mains des putschistes. Ses lunettes brisées sont exposées dans le musée, derrière une vitrine au milieu de quelques photos et de journaux d'époque.
Ainsi va le Chili. Vingt ans après le retour des militaires dans leurs casernes et l'instauration de la démocratie, le pays (le plus développé du continent sud-américain) oscille toujours entre devoir de mémoire et crainte de revisiter le passé.
Faute de choisir, il s'efforce de concilier les deux attitudes au prix de contorsions déconcertantes. Une statue en pied de
Salvador Allende se dresse devant le Palais de la Moneda mais ne figure sur le socle aucune mention des circonstances tragiques de la disparition du président de l'Unité populaire. Le déni est profond : aucune rue, aucune avenue de la capitale chilienne ne porte le nom d'Allende alors que dans le pays les rues célébrant le 11 septembre 1973 ne manquent pas.
Avec la campagne présidentielle, ce passé encombrant a resurgi. Non pas que l'un des candidats ait remis en cause le choix du modèle économique - l'ultralibéralisme - imposé du temps de Pinochet ; ou le système électoral - un autre héritage de la dictature - qui interdit des majorités franches au Parlement.
Les fantômes de l'ère Pinochet ont fait leur réapparition avec les obsèques solennelles du chanteur
Victor Jara - un mélange de Jean Ferrat et de Léo Ferré - assassiné par les militaires au lendemain du coup d'Etat ; et surtout avec l'inculpation par la justice, cinq jours avant le premier tour de la présidentielle du 13 décembre, de six hommes accusés d'avoir participé, toujours au cours de ces années noires, à l'empoisonnement d'un ancien président de la République, Eduardo Frei Montalva, parce qu'il était devenu la voix de l'opposition au régime militaire.
Sans être une surprise, l'implication de la police secrète de Pinochet dans la mort de l'ancien chef de l'Etat a pesé sur la fin de la campagne électorale. Le dossier de l'impunité et des droits de l'homme est revenu en une de la presse mais, apparemment, sans grande influence sur l'électorat puisque le candidat de la droite,
Sebastian Piñera, a raflé 44 % des voix au premier tour. S'il l'emporte au second tour, la droite va exiger qu'on installe une statue de Pinochet dans la capitale, jure un ancien prisonnier politique. Peut-être que dans ce cas, M. Piñera donnera à une avenue de Santiago le nom du président Allende.

Courriel : tuquoi@lemonde.fr.

Jean-Pierre Tuquoi

Patricio Palomo


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Patricio Palomo dans l'atelier. Photo Kaosmos


LA VIE EN ROSE...



Patricio Palomo, né le 22 octobre 1946 à Santiago du Chili est un pigeon voyageur qui vit depuis une dizaine d’années et travaille à Pernes li font, quand il n’est pas ailleurs. Dans son atelier il peint, sculpte et fait des installations avec des matériaux ramassés de ci de là. Venu de l’autre côté de l’océan et de la cordillère des Andes, cet artiste a survolé plusieurs pays avant de nicher sur nos terres provençales.
Graphiste de métier, il se consacre depuis plus de dix ans à revisiter des objets mis à l’écart par notre société de surconsommation et c’est ainsi que ses coups de pinceaux, ses fils de fer tordus, ses bois polis, mettent un peu de poésie, d’humour et couleur à ce monde globalisé qui veut tout uniformiser.

Le partage a toujours été au centre de sa démarche : l’individualisme ne fait pas partie de son vocabulaire et c’est pourquoi, Palomo a toujours participé à des projets collectifs qui réunissent petits et grands, artistes, handicapés et autres, sensibles aux relations humaines et au devenir de notre planète.


Expositions

1995 : Il était une fois…expo individuelle sur le détournement d’objets en bois, salle municipale de l’Isle sur la Sorgue, Vaucluse.

1996 : Pestacle Installation collective à partir des textes poétiques de Sylvie Revert, Isle sur la Sorgue, Vaucluse.

1999 : Les Indiens expo collective organisée par le Créahm (Création handicap mental), Liège, Belgique.

2000 : Tu n’as pas changé expo en duo avec le peintre belge, Luc Boulangé, La tour d’argent, Isle sur la Sorgue, Vaucluse.

2001 : 24 heures de création non stop exposition collective du Centre Culturel de Ans, Liège, Belgique.

2001 : Le Salon du Centenaire, 1901-2001 expo collective au Palais des Congrès de Bézier, Hérault.

2001 : La rue des artistes expo collective, Festival de création en direct de Saint Chamond, La Loire.

2001 : Auteur, toi-même exposition collective sur le thème de l’écriture, Les Hang’arts, Créahm-Provence, Isle sur la Sorgue, Vaucluse.

2001 : Regards et Rencontres exposition collective d’art contemporain à l’Hôtel de Barruel, Pernes les Fontaines, Vaucluse.

2002 : La terre qui tourne, expo collective à Ganges, Hérault.

2003 : La Maison Phoenix expo collective sur le thème du recycl’art, salle La Tour d’Argent, Isle sur la Sorgue, Vaucluse.

2004 et 2005 : Festival des Sens, à Marin, La Martinique avec création en situ.

2005 : Le printemps ne fait pas une hirondelle exposition collective chez MaxB, à l’Hôtel de Barruel, Pernes les Fontaines, Vaucluse.

2005 : Le Jardin de Dédé expo collective en plein air, à Mazan, Vaucluse.

2006 : Musée Requien installation dans le musée de sciences naturelles, Avignon, Vaucluse.

2006 : Printemps exposition collective, galerie Chez Rosalie, Aubignan, Vaucluse.

2006 : ExpoCouleur, exposition personelle, salle de l’AJMI La Manutention, Avignon, Vaucluse.

2006 : Epouvantails en plein air installation collective organisée par l’asso. 1 2 3 à Mormoiron, Vaucluse.

2006 : Garden expo, la maison Porée installation collective dans les ruines du château de Mormoiron, Vaucluse.

2007 : A la Baume exposition collective dans une maison troglodyte,
Fontaines de Vaucluse, Vaucluse.

2007 : Deux artistes, deux, exposition en duo pendant le festival, Théâtre Golovine, Avignon, Vaucluse.

2007 : Art Buffets et Art Gourmet expositions personnelles, Avignon, Vaucluse.

2007 : Crèche à la Rach… (installation collective avec l’association Candela) dans la galerie L’R du Cormoran, Pernes les Fontaines, Vaucluse

2008 : Art et Recyclage expo concours Sauve-Greniers à Annecy organisé par l’ARVVA (2ème prix).

2008 : Marathon Artistique à Genève : 48 heures de création non stop aux Bains des
Pâquis.

2008 : exposition galerie La Tangente, Marseille.

2008 : Artiste résident dans le cadre du Festival de Théâtre de rue Label rue a la Grande Combe (Gard).

De 1994 et jusqu’en 2003, Palomo a participé aux activités de l’Association Sept Art de l’Isle sur la Sorgue qui a organisé pendant neuf ans le Marathon Artistique de la ville : 24h00 de création non stop sur la place publique.
Entre 2002 et 2007, dans le cadre de l’Association Candela, il a participé au festival Font’Arts (Théâtre et Musique de Rue) de Pernes les Fontaines avec la création et la conception (chaque année) d’un Squat artistique.

Ateliers

- Entre 1997 et 2003, a animé des ateliers plastiques de l’Asso. Créahm (Création artistique handicap mental).

- En 1999 a animé un atelier avec les élèves du Lycée Jean H. Fabre de Carpentras (84200) sur le thème Liberté d’expression. Elaboration d’une fresque sur carton.

-En mai 2000 : Le jardin extraordinaire, fresque réalisée avec les habitants du Clos du Moulinet et l’Association Solidarité et le Centre Social Villemarie de Carpentras.

En 2000 : Création d’une machine à vélo pour la pièce de théâtre Cache Cage présentée au festival d’Avignon.

-Février 2001: Chantier artistique, pour les jeunes (12 à 17 ans) de Pernes les Fontaines dans le jardin de la Mairie. Réalisation d’une fresque.

-Octobre 2001: Atelier Recycl’Art, pour les jeunes de Pernes les Fontaines.

- 2001-2003: Atelier avec des jeunes en difficulté à la Mission Locale de Carpentras .

-2003 : Création de décors et de costumes pour la pièce de théâtre créée par les Associations Théâtr’Ambul et Candela sur le Tri sélectif. (La métamorphose du Monstre Pollueur).

-2004 : Atelier de recycl’art avec élèves en difficultés de l’école primaire Charles de Gaulle de Cavaillon.

- 2004 : Atelier d’arts plastiques (thème l’architecture) avec les lycéens de Jean Henri Fabre, Carpentras (subventionné par la Drac)

- 2005 : Animation de plusieurs ateliers avec les enfants des écoles primaires de Marin, Martinique

- 2006 : Fabrication d’un manège (à la manière de Petit Pierre) pour la pièce de théâtre montée par les élèves de l’école primaire Charles de Gaulle de Cavaillon

- 2006-2007 : Animateur d’un atelier de peinture dans la rue avec le centre Social l’Espelido, à Montfavet, Vaucluse

-2007 : Couleurs littéraires, atelier de peinture à la bibliothèque de Pernes les Fontaines

-2007 : Animateur d’un atelier de peinture dans le cadre de Fil’Art, festival organisé par les élèves du Lycée Agricole Louis Giraud

-2008 : Animateur d’un atelier de arts plastiques dans les écoles de la Communauté des Communes du Pays Grand Combien dans le cadre du Festival de Théâtre de rue Label rue à la Grande Combe.


LA VIE EN ROSE...


mercredi 16 décembre 2009

L'invention fantastique d'une troupe chilienne, le Teatrocinema

Une salle de théâtre, celle des Abbesses, où commence le spectacle à voir en cette fin d'année : Sin Sangre ("Sans sang"), par la compagnie Teatrocinema. Formée par des anciens de La Troppa, la troupe chilienne la plus importante, elle offre du jamais-vu. Il y a belle lurette que les images filmées ont fait leur entrée au théâtre. Avec Sin Sangre, elles s'unissent d'une façon fantastique, au sens propre : le spectacle semble provenir de l'imagination de ceux qui le voient.
Un écran occupe tout le plateau. Un film y est projeté. Derrière l'écran, il y a des éléments de décor - la façade d'une maison, une table, des chaises... - et les quatre comédiens. Ils se fondent tellement dans les images qu'ils semblent en faire partie. Les images rappellent à la fois les anciens films colorés et l'univers d'Edward Hopper ou William Kentridge.

L'histoire avance comme un roman policier. Inspirée du roman de l'Italien Alessandro Baricco, Sin Sangre nous replonge dans les années noires de la dictature de Pinochet, de 1973 à 1988. Les trois hommes dans la voiture, au début du spectacle, cherchent la maison isolée où s'est retiré le docteur Roca, dit La Hyène à cause des meurtres perpétrés dans l'hôpital qu'il dirigeait sous la dictature. Ils viennent rendre justice, tuent Roca et son fils. Seule survit Nina, la fille, une enfant.

Comme une obsession

Sin Sangre suit l'histoire de cette enfant, des années plus tard. Sa quête pour sortir de l'enfer de son passé. L'impossible oubli de ceux qui ont tué. La dictature est morte quand commence le roman, mais elle n'a pas quitté les têtes de ceux qui l'ont vécue. Elle imprègne le roman de Baricco comme une obsession, qui emmène les spectateurs de Sin Sangre dans les zones troubles et troublées de la vengeance et de la culpabilité. Plus l'histoire se déroule, plus on sent les corps droits, comme à l'affût, dans la salle des Abbesses, où la compagnie Teatrocinema rembobine, comme on le fait d'un cauchemar, au réveil, le film noir des disparitions et des questions sans fin liées à la dictature et à son combat.

Sin Sangre, d'après Alessandro Baricco, mise en scène : Juan Carlos Zagal. Théâtre des Abbesses, 31, rue des Abbesses, Paris 18e. Mo Abbesses. Tél. : 01-42-74-22-77. De 12 € à 23 €. Durée : 1 h 30. Jusqu'au samedi 19 décembre, à 20 h 30. Puis en tournée à Sète (12, 13 janvier 2010), Vénissieux (16 janvier), Annemasse (17 janvier), Albertville (21 janvier), Narbonne (26 et 27 janvier)...
Brigitte Salino

La droite chilienne, le vent en poupe



Pour la première fois depuis 1973, trois communistes, dont Guillermo Teillier, président du PCC, vont entrer au Parlement chilien.
Ex-président du Chili, Frei est le candidat de la Concertation démocratique. Au pouvoir depuis vingt ans, cette coalition comprend les socialistes, les démocrates chrétiens, les radicaux et sociaux-démocrates.
Député sorti des rangs du Parti socialiste, « indépendant » déclaré, Marco Enriquez Ominami (MEO) est arrivé en troisième position avec 20,12 %, suivi de Jorge Arrate, ex-ministre d’Allende, qui représentait la coalition de gauche (une vingtaine d’organisations dont le Parti communiste chilien) Juntos Podemos Mas, crédité de 6,21 % des voix.

La bataille pour le second tour est engagée
L’élection des 120 députés confirme la même poussée  : la droite obtient 57 élus (61 avec l’apport de 4 indépendants). La Concertation démocratique passe de son côté à 54 élus (65 durant la précédente législature). Cette chute a été enrayée par le « pacte contre l’exclusion» (due à un système binominal injuste) conclu entre les candidats de la Concertation et ceux de Juntos Podemos Más. Ainsi, pour la première fois depuis 1973, trois communistes, dont Guillermo Teillier, président du PCC, vont entrer au Parlement chilien. Enfin, au Sénat, où la moitié des 38 sièges étaient renouvelés, la droite et la Concertation sont au coude à coude. La bataille pour le second tour a déjà commencé. Conscient du rôle clé des électeurs de Marco Enriquez-Ominami, Piñera s’est référé à lui et a dit partager son diagnostic « sur la fatigue » de la Concertation. MEO lui a fait sans doute un appréciable cadeau en refusant de participer en vue du second tour à un « front commun progressiste » réclamé par le démocrate-chrétien Eduardo Frei et la Concertation.
Selon un récent sondage, Frei bénéficierait du report de la moitié des voix de MEO, mais le quart des 20 % obtenus par ce dernier serait à l’avantage de l’homme d’affaires Piñera. Pour sa part, Jorge Arrate, qui a salué l’entrée « d’élus de la gauche » au Parlement, s’est dit prêt à dialoguer avec Edouardo Frei pour contrer la droite, mais sur la base de propositions politiques minimales. Selon lui, il n’est pas question de « signer un chèque en blanc ».
Bernard Duraud

mardi 15 décembre 2009

Chili: Pinera cite Lula, Calderon et Bachelet comme modèles

«Dans la région, deux grands modèles se sont dessinés, l'un dirigé par des gens comme (Hugo) Chavez au Venezuela (...) l'autre par des dirigeants comme (Felipe) Calderon au Mexique, Lula au Brésil, Alan Garcia au Pérou, et aussi Michelle Bachelet au Chili», a déclaré M. Piñera.
«Le second modèle est clairement le meilleur pour le Chili», a-t-il ajouté devant la presse étrangère à Santiago. «Il tient de la démocratie, l'État de droit, la liberté d'expression et l'alternance au pouvoir, sans tendance au "caudillo"».
M. Piñera, un entrepreneur multimillionnaire issu de la droite modérée, a remporté dimanche le premier tour de la présidentielle avec 44%, et affrontera au 2e tour le 17 janvier l'ex-président démocrate-chrétien Eduardo Frei (29,6%), soutenu par la coalition de centre-gauche de Mme Bachelet au pouvoir.
Les candidats à la présidentielle ont tous, à un degré ou un autre, invoqué une partie de l'héritage de Mme Bachelet, la présidente chilienne qui achève son mandat avec une popularité record (75-80%), mais ne peut se représenter pour un 2e mandat consécutif.
Sur le plan économique, les priorités de M. Piñera seraient de «privilégier une économie sociale de marché» -le consensus actuel au Chili- «avec une certaine initiative de propriété privée, d'ouverture et d'intégration».Evoquant l'usage américain de bases militaires en Colombie, friction majeure entre gouvernants de droite et de gauche en Amérique latine, M. Piñera y a vu une solution «convenable et salutaire» pour «lutter contre le narcotrafic, en respectant l'état de droit, et sans interférer avec les autres pays».

lundi 14 décembre 2009

Sebastian Piñera, le "Berlusconi chilien"

Cécilia Morel, quinquagénaire élégante, visiblement adepte de la chirurgie esthétique


"Je suis préparé pour servir le Chili avec toute la force et les capacités que Dieu m'a données", a lancé M. Piñera. Sur une immense estrade en forme d'étoile, symbole de sa campagne, il tenait par la main son épouse, Cécilia Morel. Cette quinquagénaire élégante, visiblement adepte de la chirurgie esthétique, a défrayé la chronique en expliquant comment la famille Piñera se serrait la ceinture pour affronter la crise : "Nous ne buvons plus de Coca-Cola, c'est trop cher !"


La fortune de M. Piñera est évaluée à 1,2 milliard de dollars. Surnommé "la locomotive", il est, à 60 ans, le symbole du succès pour beaucoup de Chiliens. Economiste formé à Harvard, aux Etats-Unis, il a introduit, en 1979, les cartes de crédit dans son pays. A l'époque, un des ses frères était ministre de l'emploi du général
Augusto Pinochet.



SCANDALES FINANCIERS



M. Piñera est le principal actionnaire de la compagnie d'aviation chilienne, Lan Chile, privatisée par la dictature militaire. Il est également le propriétaire du club de football Colo-Colo et de la chaîne de télévision Chile Vision. Il a été impliqué dans plusieurs scandales financiers, mais ces affaires ont pratiquement été passées sous silence lors de la campagne électorale. M. Piñera est le principal actionnaire de la compagnie d'aviation chilienne, Lan Chile, privatisée par la dictature militaire.

"Il saura gouverner le Chili avec le même succès qu'il gère ses entreprises", avançait dans la foule une femme venue d'un faubourg défavorisé. "Il est le seul qui puisse en finir avec les inégalités sociales", ajoutait son mari, vendeur dans un supermarché.
M. Piñera a cherché à conquérir la classe moyenne et les plus pauvres. Blouson rouge et casquette assortie, on l'a vu monter dans une modeste barque de pêcheurs,dans le sud du pays, avec la même aisance que s'il s'était agi d'un de ses yachts.
"Le Chili a besoin d'un pilote expérimenté même s'il a le même plan de route que les autres", résumait un jeune employé de banque, désillusionné par le candidat de centre-gauche, Eduardo Frei, qu'il juge "terne" à côté de M. Piñera, surnommé le "Berlusconi chilien".

Christine Legrand

Piñera remporte le premier tour de la présidentielle chilienne

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L'entrepreneur multimillionnaire de 60 ans, issu de la droite modérée, a accru son avance en cours de soirée à plus de 14 points sur Eduardo Frei, un ex-président du Chili entre 1994 et 2000. Le candidat indépendant, l'ex-socialiste Marco Enriquez-Ominami, obtient 20,12 % des voix, en troisième position devant le communiste Jorge Arrate avec 6,21 % des suffrages, selon ces résultats portant sur plus de 7,13 millions de bulletins dépouillés.

Quelque 8,3 millions de Chiliens étaient appelés à désigner un successeur à la présidente socialiste
Michelle Bachelet, Sebastian Piñera étant favori dans les sondages. Sa victoire le 17 janvier ramènerait la droite au pouvoir après vingt ans de gouvernement de centre gauche depuis la fin de la dictature en 1990. Les Chiliens votaient également pour renouveler leur Parlement bicaméral, où les projections dimanche soir suggéraient une absence de majorité absolue, avec des indépendants détenant la clé entre les blocs de droite et de gauche.

Chili: le petit-fils de Pinochet battu

Rodrigo Garcia Pinochet, 33 ans, n'a obtenu que 10% des voix dans la circonscription de Las Condes, Vitacura et Lo Barnechea, quartier aisé de Santiago et fief de la droite. Il a été battu par les députés de la droite modérée et conservatrice, réélus avec 35% et 27% voix respectivement."Je suis satisfait de ma campagne. Nous sommes une minorité, mais il est clair que les gens qui m'ont soutenu se sentent fiers du gouvernement de mon grand-père", a déclaré Garcia à l'AFP, en référence à la dictature de 1973 à 1990."Représenter aujourd'hui une minorité ne veut pas dire que le rêve ne peut se concrétiser demain", a-t-il dit, en n'excluant pas une future candidature.Les appels du pied de Garcia avait été boudé par les partis de droite, et le système électoral mis en place par Augusto Pinochet, justement, favorise les grands blocs, rendant la tâche très difficile aux indépendants. Il avait fait campagne en revendiquant l'héritage du général, qui selon lui a posé "les bases du système politique, économique et social du pays".Source : AFP -->
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dimanche 13 décembre 2009

Sebastian Piñera, un «Berlusconi chilien» se profile à la présidence

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Sebastian Piñera tiens dans ses mains une tête de cochon.
Photo Journal La Segunda.
Arrivé en tête au premier tour de la présidentielle, hier, Sebastian Piñera, l’homme au sourire crispé battant la campagne sous le symbole de l’étoile colorée, n’avait pas même l’air fatigué devant la horde de caméras et de micros qui le suivaient.

Depuis plus d’un an, le leader conservateur mène campagne pour succéder à la présidente sortante Michelle Bachelet, le 11 mars prochain. Si la socialiste l’a battu il y a quatre ans, cette fois, cet ancien sénateur (1990-1998) a toutes ses chances, et c’est une première. Depuis la fin de la dictature (1973-1990), c’est en effet la coalition de centre gauche qui dirige le pays. 
Propriétaire du Colo-Colo

Il se présente comme un homme simple, un self-made-man de classe moyenne. A la différence près que ce requin des affaires, surnommé le «Berlusconi chilien» par la presse étrangère, se déplace aux commandes de son hélicoptère privé. A 60 ans, Piñera a amassé une fortune estimée à 1,2 milliard de dollars par la revue Forbes. Son premier million, il l’a gagné en introduisant les cartes de crédit au Chili. Depuis, c’est un brillant actionnaire en Bourse, qui a des parts dans tous les secteurs: immobilier, station-service, distribution, banque, vignobles, télécoms, fonds de pension… Autant d’investissements dont il a délégué la gestion pour se présenter à la présidentielle. Il a conservé toutefois l’équipe de football légendaire de Santiago, Colo-Colo, une des principales chaînes hertzienne du petit écran chilien, Chilevision, et la compagnie aérienne du Chili, Lan
Airlines. Comme l’explique le candidat du Parti communiste, Jorge Arrate, quand un journaliste lui demande pourquoi il ne croit pas en l’alternance: «La droite a déjà tout, même une équipe de football, maintenant il faut leur donner la Moneda?»
Ce bûcheur a mené toute sa campagne entouré de conseillers en image pour vaincre ses multiples tics, planifiant sa stratégie à partir de dizaines de sondages, répétant comme un automate discours et petites phrases drôles ou sympathiques apprises par cœur. Il s’est aussi constamment entouré de ses quatre enfants, petits-enfants et de sa souriante épouse Cécilia Morel, plus naturelle. Objectif? Tenter d’apparaître plus proche, spontané et sympathique pour démentir «son manque de cœur».
Une droite fréquentable
Il appartient à la branche la plus modérée de la droite, le parti Rénovation Nationale. Le visage fréquentable d’une droite encore liée à la figure embarrassante d’Augusto Pinochet, mort il y a tout juste trois ans. «Il a voté non lors du référendum de 1988, qui proposait le maintien de Pinochet au pouvoir, ce qui le classe parmi les démocrates», souligne la journaliste Monica Gonzalez. Seul bémol à son image lisse, il a publiquement soutenu les militaires à la retraite accusés de violations des droits de l’homme sous la dictature, leur promettant d’accélérer leurs procès.
Pour Mireya Garcia, vice-présidente de l’association des familles de disparus, «c’est afficher une position de soutien à ce que fut la dictature militaire». Il cherche pourtant à se présenter comme un centriste progressiste, invitant des hommes de gauche à rejoindre son gouvernement. Il promet d’éradiquer la délinquance, la pauvreté et le chômage. S’il est élu, il aura quatre ans pour tenir ses belles promesses, légèrement populistes.

Ernesto Ottone : « Au Chili, la gauche a réduit les inégalités »

Ernesto Ottone : Ce qui est faux. Le néo-libéralisme, ce n’est pas l’économie de marché, c’est une doctrine qui a été appliquée un temps sous la dictature, mais certainement pas depuis le retour de la démocratie. Bien sûr, nous n’avons pas voulu replonger dans des expériences révolutionnaires. Mais nous avons mené des réformes graduelles profondes.

Quelles en ont été les conséquences ? Quel bilan économique peut-on faire de ces deux décennies ?

D’abord, ces réformes nous ont permis d’obtenir une croissance forte et régulière, qui s’est traduite par une hausse très importante du produit intérieur brut par habitant : en 1990, le Chili avait un PIB par habitant de 4 000 dollars – contre 15 000 dollars aujourd’hui. Ce qui nous place tout en haut de la hiérarchie en Amérique latine. Ensuite, nous avons lutté contre la pauvreté, avec de très bons résultats : en 1990, le taux de pauvreté était de 38,7 %, contre 13,7 % aujourd’hui. La pauvreté extrême, l’indigence, est passée de 14 % à 4 %. Là aussi, il s’agit d’un record régional, obtenu grâce à une politique sociale destinée aux plus démunis.

Quand je travaillais au côté de Ricardo Lagos, nous avions identifié les 850 000 Chiliens les plus pauvres, et nous avions mis au point un contrat avec eux. Nous avons aidé ces familles, mais à condition qu’elles envoient leurs enfants à l’école, que leurs enfants soient suivis pour leur santé, etc. Non seulement ce programme existe encore, mais en plus, il s’est étoffé.

Pourtant, le Chili reste un pays très inégalitaire.

C’est exact. Mais il faut relever deux choses. D’abord, ces inégalités sont très marquées dans toute l’Amérique latine, et le Chili est dans la moyenne régionale. Nous faisons moins bien qu’un pays comme l’Uruguay, mais mieux, par exemple, que le Brésil.

Ensuite, ces inégalités ont diminué depuis le départ des militaires : l’indice qui mesure les écarts de revenus – le coefficient de Gini – est passé de 0,58 à 0,52 (NDLR : 0 est l’égalité parfaite, et la valeur en France de cet indice est à 0,36). Ce qui est à noter, car en général, quand un pays connaît une forte croissance, les inégalités augmentent. Néanmoins, on est encore loin de l’Europe.

Que manque-t-il au Chili pour franchir un nouveau cap ? Quels défis le prochain gouvernement devra-t-il relever ?

Notre économie s’est développée fortement, mais elle repose encore trop sur les matières premières – notamment le cuivre – et elle n’est pas encore assez bien armée pour s’épanouir dans les secteurs à haute valeur ajoutée. Notre productivité reste faible.

Il y a deux raisons à cela : d’abord, nos entreprises n’ont pas les épaules assez solides pour se lancer dans la recherche et dans les hautes technologies. C’est donc à l’État de jouer ce rôle que le privé n’est pas en mesure de tenir. Ensuite, l’éducation. C’est le grand défi du Chili.

Pendant ces vingt années de démocratie, nous avons accompli beaucoup de choses dans ce domaine. Nous avons mené des réformes importantes, qui ont permis d’améliorer l’accès général à l’éducation.

Aujourd’hui, tous les jeunes Chiliens vont à l’école primaire et l’accès au secondaire est presque universel également. Au niveau universitaire aussi, nous avons fait beaucoup de progrès. La preuve : 70 % des étudiants inscrits aujourd’hui à l’université sont la première génération de leur famille à accéder à ce niveau d’étude.

Mais il faut reconnaître que si la quantité est là, la qualité, elle, n’est pas toujours au rendez-vous. Il y a de tout, et les différences sont très importantes entre le privé et le public. L’université en particulier n’est pas au niveau d’un pays développé.

C’est une question d’argent, bien sûr, mais aussi de qualité des enseignants, ce qui suppose une réforme pour tenir compte du mérite. Si le Chili arrive à faire cet effort, nous pouvons espérer atteindre au cours des prochaines années un développement comparable à celui du Portugal ou de la Grèce.
Gilles BIASSETTE, à Santiago

Au Chili, une cinéaste accusée de terrorisme pour avoir filmé les Indiens Mapuches

Elle est accusée de "terrorisme" pour avoir réalisé des documentaires sur les Mapuches qui revendiquent la terre de leurs ancêtres. Une loi antiterroriste, datant de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990), est encore en vigueur.

Son avocat est l'ancien juge Juan Guzman, célèbre pour avoir inculpé Augusto Pinochet et enquêté sur les crimes contre les droits de l'homme commis pendant les années de plomb. Il est convaincu qu'il s'agit d'un "montage politico-judiciaire contre une intellectuelle qui veut montrer la discrimination dont sont victimes les Mapuches". "Le gouvernement n'écoute pas les Mapuches et les traite comme des mouches qu'il faut chasser", lance l'ancien magistrat qui a réussi à faire repousser par deux fois le procès d'Elena Varela. Il devrait finalement s'ouvrir le 8 janvier 2010, à Villarrica (650 km au sud de Santiago). Militante de gauche, la cinéaste n'appartient pas à l'ethnie Mapuche. Arrêtée en mai 2008, elle a passé trois mois en prison. Elle est actuellement en liberté provisoire.

La cause des Mapuches - conflit récurrent pour la Concertation démocratique de centre gauche au pouvoir depuis vingt ans - a été évoquée pendant la campagne électorale en vue de la présidentielle du 13 décembre. Les quatre candidats se sont déclarés partisans d'une loi garantissant la reconnaissance constitutionnelle des droits des peuples indigènes qui est toujours en attente au Parlement.

Une frange des Mapuches s'est radicalisée au cours des derniers mois avec des occupations de terres et l'incendie de propriétés privées. Les images retransmises par la télévision d'un jeune Mapuche, menotté, violemment battu par des carabineros, la police militaire, alors qu'il n'opposait aucune résistance, ont attisé les rancoeurs. Le mouvement mapuche le plus extrémiste, la Coordination Arauco Malleco (CAM), a "déclaré la guerre au gouvernement". Les partisans de "l'autonomie de la nation Mapuche" ont dit "renoncer à la nationalité chilienne" dans un communiqué, le 20 octobre.

POPULATION DES BIDONVILLES

A Santiago, le quotidien conservateur El Mercurio a publié, à la "une", la photographie de grands propriétaires terriens munis de gilet pare-balles. Les journaux, majoritairement de droite, présentent les Mapuches comme de dangereux terroristes qui auraient des liens avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Pas un mot sur le procès. En 2008, quatre cinéastes, deux Français et deux Italiens, venus filmer la lutte Mapuche ont été expulsés, accusés d'appartenir au mouvement séparatiste basque ETA.

Les Mapuches - dont le nom signifie "hommes de la terre" - sont le principal groupe ethnique du Chili. Ils représentent plus de 6 % des 17 millions d'habitants. Ils réclament la restitution de terres annexées, selon eux, par l'Etat, à la fin du XIXe siècle. La plupart sont occupées par des multinationales - usines hydroélectriques, sociétés forestières - qu'ils accusent de détruire l'environnement. Ils réclament le respect de leurs coutumes et jugent insuffisante la dévolution de 650 000 hectares de terre faite par l'Etat. Plus du tiers de ces restitutions ont été faites depuis le début de la présidence, en 2005, de la socialiste Michelle Bachelet.

Ce sont des terres pour la plupart infertiles, dénoncent les indigènes, qui vivent pauvrement de l'agriculture. Ils sont souvent, privés de système de santé et d'éducation. Beaucoup émigrent vers les grandes villes où "ils viennent grossir la population des bidonvilles et souffrent de discrimination", souligne Matais Meza de l'Observateur Citoyen. Les Mapuches dénoncent "une militarisation de leur territoire par l'armée chilienne". Des dizaines de dirigeants mapuches sont en prison en vertu de la loi antiterroriste. Des centaines attendent d'être jugés.

"Au Chili, personne n'est en prison parce qu'il est mapuche, mais parce qu'un délit a été commis", affirme la présidente sortante. Mme Bachelet, qui terminera son mandat le 1er mars 2010, condamne la violence de "groupes extrémistes". Ouverte au dialogue, elle a présenté, en septembre, un projet de loi visant à la création d'un ministère des affaires indigènes. Depuis le retour de la démocratie, le Chili a été à plusieurs reprises rappelé à l'ordre à Genève par le Conseil des droits de l'homme de l'Organisation des Nations unies qui a effectué des missions dans les communautés indigènes.

Mme Varela est aussi accusée d'avoir appartenu à un gang qui a attaqué une banque, en décembre 2004, et un centre de paiement de retraites, en juin 2005. Ses proches évoquent un montage policier pour empêcher la cinéaste de poursuivre son travail. Elle-même dénonce "le manque de liberté d'expression au Chili dès que l'on remet en cause le modèle libéral, mis en place par Pinochet".

Christine Legrand

vendredi 11 décembre 2009

Le Chili s'apprête à virer à droite

Piñera l'emporterait confortablement au second tour devant Eduardo Frei (49% contre 32%), selon l'enquête menée fin novembre-début décembre auprès d'un échantillon de 1.200 personnes, avec une marge d'erreur d'environ 3 points.

Un autre sondage, réalisé uniquement dans les grandes villes (Santiago, Concepcion et Valparaiso) par l'institut Opina SA pour le quotidien El Mercurio, confirme cette tendance d'une avance accrue de Piñera.
Michelle Bachelet, première femme présidente du Chili, termine son mandat avec des taux d'approbation record autour de 75%, mais la Constitution ne l'autorise pas à briguer un deuxième mandat consécutif.

Michelle Bachelet, une présidente sortante très influente

« La socialiste Michelle Bachelet a réussi à joindre ses qualités intrinsèques, de sympathie et de proximité, à une politique de soutien des plus pauvres, en pleine crise économique », explique le sociologue Manuel Antonio Garreton. Alors que le pays affiche un an de récession et plus de 10 % de chômage, la présidente a offert une aide financière directe à 4 millions de Chiliens. Elle a également réformé les retraites, permettant aux pauvres et aux femmes au foyer d'en recevoir un minimum. Du coup, tous les candidats se réclament d'elle. Jusqu'à celui de l'opposition, l'homme d'affaires milliardaire Sebastian Piñera, qui hisse pour la première fois depuis vingt ans la droite en tête des sondages avec 36 %, et s'affiche à côté de la présidente dans son spot télévisé. Le sénateur se fait le champion du social dans un programme qui se décline en chiffres : un million de nouveaux emplois, 6 % de croissance, 53 euros par enfant pour la rentrée scolaire en mars, 10 nouveaux hôpitaux, 76 nouveaux centres de santé publics, 50 lycées publics d'excellence, 10 000 policiers en plus...
Pourtant, la présidente ne cache pas sa préférence. « Dans son coeur et sa tête », son successeur est Eduardo Frei, le candidat de la coalition au pouvoir, la « Concertacion » (composée de socialistes, démocrates-chrétiens et radicaux). Mais rien n'y fait. Les sondages le placent en deuxième position, avec 26 % d'intentions de vote. « Cet élu des partis ne représente en rien le changement que réclament les Chiliens après vingt ans d'une même coalition au pouvoir usé et divisé, qui vit sûrement ses derniers jours », explique le journaliste de la radio Bio-Bio Nibaldo Mosciatti. A 67 ans, il est fils de président, lui-même ancien président (1994-2000).
Derrière les têtes d'affiche, il y a le candidat du parti communiste, Jorge Arrate, et un trublion qui a sorti la campagne de sa torpeur par son style critique : l'indépendant Marco Enriquez-Ominami qui a claqué la porte du parti socialiste pour se présenter seul. Le député talonne Eduardo Frei avec 19 % d'intentions de vote. Si ce cinéaste très médiatique, qui a passé son enfance en France dans l'exil, assure qu'il passera au second tour, beaucoup jugent que son tour viendra dans quelques années.
De notre correspondante, Emilie Timin

jeudi 10 décembre 2009

A Santiago du Chili, les filles du bidonville de La Pintana sont mères dès 14 ans

Le Chili est un des derniers pays au monde où l'avortement, même thérapeutique, est interdit. On estime à 160 000 le nombre d'avortements clandestins par an. "15 % des enfants qui naissent au Chili ont des mères adolescentes et la grande majorité sont pauvres", dénonce Gloria Maira, de l'Association chilienne contre la violence domestique et sexuelle. Cette ONG a été fondée il y a vingt-cinq ans, en pleine dictature militaire du général Augusto Pinochet (1973-1990). La féministe pointe que "dans les milieux défavorisés, une jeune fille sur cinq de moins de 19 ans a déjà un enfant, contre une sur trente dans les classes aisées". Elle constate que "les plus riches ont recours à des IVG dans des cliniques privées, qui les déguisent en appendicite".

A quelques jours de l'élection présidentielle du 13 décembre, la cause des femmes a été absente du débat électoral. "Un grand pas a été franchi avec l'élection de Michelle Bachelet, première femme chef d'Etat du Chili", note Consuelo Cheyre. Cette journaliste rappelle que, au début du mandat de Mme Bachelet, en 2005, "tous les hommes politiques, même ceux de la Concertation de centre gauche au pouvoir, avaient mis en doute ses capacités à gouverner à cause de sa condition féminine". Aujourd'hui, la présidente sortante bénéficie de 76 % de popularité. Un chiffre record dans l'histoire politique chilienne qui s'explique, en partie, par l'aide financière apportée aux plus pauvres grâce aux excédents obtenus par les exportations du cuivre, principale richesse du pays.

Divorcée et agnostique, dans un pays conservateur où l'Eglise catholique est puissante - le divorce est légal depuis seulement 2004 -, la présidente socialiste s'est battue pour améliorer la condition féminine. Les femmes au foyer ont obtenu, à partir de 65 ans, une retraite de 81 euros par mois. Le nombre de crèches a été multiplié par cinq, contribuant à élever le taux d'emploi des femmes de 38,5 à 42 %.

Le Chili a promulgué, en juin, une loi garantissant l'égalité salariale hommes-femmes pour un même emploi, avec un possible recours à la justice en cas de discrimination. Pour l'instant, pour un même poste, les femmes gagnent 30 % de moins qu'un homme. Elles ne sont que quatre ou cinq dans les directoires d'entreprises publiques ou privées. Les lesbiennes et les gays se disent discriminés, le mariage homosexuel est interdit.

Mme Bachelet a perdu plusieurs batailles. La parité entre hommes et femmes, instaurée au sein de son gouvernement, n'a duré qu'un an. Dès les premières critiques, deux femmes ministres ont dû partir. Un plan ambitieux de planification familiale en faveur des défavorisés a échoué. La présidente, pédiatre de formation, avait décrété, en 2006, que la pilule du lendemain serait distribuée gratuitement aux adolescentes dès 14 ans, sans autorisation parentale.

Le tribunal constitutionnel a interdit cette mesure après une virulente campagne de l'Eglise catholique. "Alors que 4 % des jeunes filles de 14 ans sont actives sexuellement, il est du devoir de l'Etat de leur fournir une alternative d'urgence qui ne soit ni l'avortement ni la grossesse", avait plaidé Mme Bachelet, qui termine son mandat le 1er mars.

"Depuis vingt ans au pouvoir, la Concertation démocratique a manqué de volonté politique en matière d'éducation sexuelle", reproche Claudia Dides de la Faculté latino-américaine de sciences sociales. 60 % des jeunes Chiliens n'utilisent aucune méthode contraceptive.

"Le problème ne sera pas réglé par une loi", affirme Andrea Iniguez, avocate du groupe Pro Vida, pour qui la pilule du lendemain est résolument abortive. "Toutes les lois doivent se soumettre à la Constitution. Or, au Chili, elle protège la vie de celui qui va naître, prévient l'avocate, rappelant que, pour consacrer l'avortement, le gouvernement devra réaliser une réforme constitutionnelle." Peu probable : malgré une centaine de réformes, les piliers de la Constitution de 1980, dictée par le général Pinochet, sont toujours solidement en place pour garantir le modèle libéral chilien.

Christine Legrand