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dimanche 15 novembre 2009

Piñera critiqué pour des propos sur les procès de la dictature

M. Piñera , l'homme le plus riche du pays, avait rencontré mardi plus de 500 militaires à la retraite au cours d'une réunion privée que son équipe de campagne a passé sous silence, a révélé hier la presse chilienne en citant des participants.

Selon eux, M. Piñera , chaleureusement applaudi, s'est engagé s'il était élu à ce que «la justice s'applique comme il convient, sans maintenir des procédures ad aeternam, qui n'en finissent jamais» contre des anciens militaires.

Près de 600 procédures sont en cours au Chili contre des agents, en majorité militaires, de la dictature qui a fait 3100 morts ou disparus.

La coalition de centre gauche au pouvoir a réagi, sommant M. Piñera de s'expliquer pour savoir s'il songeait à une loi spéciale sur une date limite pour les procédures ou à interférer dans le travail des tribunaux.

L'association de victimes de la dictature, Familles des détenus et disparus, a estimé que M. Piñera avait «tombé le masque et se montre tel qu'il est, une personne de droite, compromise avec la dictature et les violations des droits de la personne».

M. Piñera s'est défendu hier, assurant qu'il n'avait fait que garantir ce qu'il garantit «à tous les Chiliens», à savoir qu'il veillera à ce que l'État de droit «s'applique dans son intégralité» et à ce que les procédures se fassent «correctement». Le président du parti Rénovation nationale de M. Piñera a confirmé une réflexion au sein de ses instances sur les moyens d'«accélérer les procédures et procès en cours, prenant en compte les critères habituels du droit, parmi lesquels figure la prescription».

M. Piñera pourrait remporter le premier tour de l'élection, car un candidat indépendant de la gauche vient brouiller les cartes. Un sondage publié hier le donnait en tête du premier tour avec 36 % des voix contre 26 % à Eduardo Frei, candidat de la coalition au pouvoir. Au 2e tour en janvier, M. Piñera l'emporterait avec 43 % contre 37 % à M. Frei. Le dissident de gauche, Marco Enríquez-Ominami recueille 19 % des intentions de vote.