vendredi 31 octobre 2008

Torres del Paine, le Chili en cinémascope

Vous cherchiez le bout du monde ? Vous y voilà ! Pour arriver jusqu’à l’entrée du parc national Torres del Paine, il faut d’abord 3 heures de vol de Santiago à Punta Arenas, à la pointe Sud du Chili. Puis 4 heures de route dans un fascinant paysage de pampa. Pendant des kilomètres, la toundra s’étire à l’infini. Puis le paysage s’anime… Voici les premiers fjords de Puerto Natales et des montagnes abruptes. Les derniers kilomètres avant l’entrée du parc s’effectue sur une piste cahoteuse, entre lacs et montagnes. Respirez, Paris s’éloigne à plus de 13000 km ! .

Les cornes du Paine s’élèvent vers le ciel. Un majestueux massif dessiné par l’érosion et les tremblements de terre, il y a 12 millions d’années, domine le parc. Avec sa forme rectangulaire massive, le Paine Grande culmine à 3000 mètres d’altitude. A ses côtés, les cornes du Paine constituent une étrange curiosité géologique : ces pics acérées en granit ont poussé en créant une forme improbable. En arrière plan, les tours du Paine (« Torres del Paine » en espagnol) apparaissent comme de grand obélisques veillant sur le massif. Un ensemble harmonieux et prodigieux..

Circuito ou "W". Le parc national Torres del Paine aiguisera particulièrement l’appétit des amateurs de randonnées. Si vous êtes un sportif accompli, optez pour le "circuito", une boucle autour du massif qui s’effectue généralement en 5 à 9 jours. Si vous avez un peu moins de temps, suivez le "W", un parcours qui ne conserve que les plus belles étapes du "circuito". Prévoyez cette fois 3 à 4 jours de marche. Mais inutile d’être un randonneur aguerri pour profiter des lieux : différents chemins balisés vous emmèneront au cœur du parc, de la vallée du Français aux rives du lac Skottsberg. Attention, paysages à couper le souffle !.

A l’assaut du glacier Grey. Le parc national Torres del Paine touche la fin du champ de glace continental et abrite les 25 kilomètres de long du glacier Grey. Pour approcher cette masse imposante, empruntez un chemin de randonnée au départ du refuge Pehoé. Comptez 6 heures de marche aller-retour. La vue depuis la corniche s’avère de toute beauté mais prenez garde au vent, qui peut parfois souffler de façon très violente. Si la météo se montre clémente, vous pourrez également vous approcher du glacier en bateau. .

Un glacier dans le whisky. Facile d’accès et spectaculaire, la randonnée de la péninsule du lac Grey constitue l’un des parcours incontournables du parc. Après une petite heure de marche, vous arriverez sur la plage du lac Grey. Là, les morceaux de glace détachés du glacier viennent mourir sur le sable. Les icebergs, d’un bleu intense, fondent lentement. Si vous avez pensez à apporter un apéritif pour votre pique-nique, approchez-vous du bord de l’eau et piocher un petit morceau de glace. Cassez-le et mettez-le dans un verre : ce n’est pas tous les jours que l’on peut trinquer avec un glaçon centenaire ! .

vendredi 24 octobre 2008

Juan Somavia, la vigie sociale de l'ONU

L’homme affable, à la barbe blanche taillée en collier, qui vous reçoit dans son sobre bureau genevois, l’énonce d’emblée. Il ne supporte par les «cyniques».

Ces «idéologues», qui découragent les aspirants à un monde plus juste avec de sempiternels «ce n’est pas possible», sont à l’origine de cette «mondialisation débridée» et «borgne», dans laquelle «le capital l’a emporté sur le travail», faisant perdre au monde «ses objectifs et son sens».

Ces propos ne sortent pas de la bouche d’un leader syndical, mais d’un Chilien, à l’allure de grand sage, Juan Somavia.

La recherche d'un équilibre entre l'économie et le social

Depuis 1999, cet avocat de profession, aujourd’hui âgé de 67 ans, dirige le bureau permanent de l’Organisation internationale du travail (OIT), honorable institution onusienne, née du Traité de Versailles de 1919, pour pacifier les sociétés par la justice sociale.

«Toute l’évolution, depuis les deux guerres mondiales, était fondée sur la recherche d’un équilibre entre l’économie et le social.

Les Trente Glorieuses (NDLR années 1945 à 1975) incarnaient les valeurs de l’OIT, basées sur un partage équitable des richesses.

Puis, tout s’est effondré dans les années 1980 avec le consensus de Washington prônant le libéralisme tous azimuts. Il fallait casser les États, ne plus avoir de règles. Le droit social comme les syndicats étaient accusés de fausser la bonne marche de l’économie.

Résultat : la croissance n’a profité qu’à quelques-uns et la précarité s’est répandue», accuse Juan Somavia, avec un regard inhabituellement sévère derrière d’épaisses lunettes. «On a oublié que la justice sociale était un élément central de la stabilité des sociétés», ponctue-t-il, en retrouvant son sourire charmeur.

"Un nouveau cap pour le monde"

Cet «activiste du changement humaniste», tel qu’il se définit, veut croire que la «violente» crise financière actuelle sera salutaire. Et fera «émerger une conscience plus collective».

Sa raison d’espérer ? En juin dernier, les représentants internationaux des employeurs et des salariés, ainsi que les 182 États membres de l’OIT ont adopté à l’unanimité une «déclaration sur la justice sociale pour une mondialisation équitable, se fixant pour objectif le développement durable.»

Une «standing ovation» (applaudissement du public debout) s’en est suivie. «Un nouveau cap pour le monde» a été fixé, assure-t-il.

«En pleine crise, États, employeurs et salariés proclament ainsi ensemble qu’ils croient que la justice sociale est un fondement de la paix. Que le travail n’est pas une marchandise. Et qu’une mondialisation injuste ne peut survivre.

Ce système, cette idéologie ne fonctionne plus bien. C’est pour cela que l’on se tourne vers l’OIT, seule organisation mondiale tripartite, pour retrouver un équilibre.»

Que les textes votés ne restent pas lettre morte

Encore faudrait-il que l’OIT, qui dispose certes d’un système de contrôle et de plainte, soit également pourvu d’un réel pouvoir de sanctions afin que les textes votés ne restent pas lettre morte ou presque dans certains pays signataires.

«Nous n’allons pas tout résoudre, relativise-t-il, mais nous pouvons définir la façon dont les choses doivent avancer.

Il y a aussi un appel fort à travailler avec les autres organisations internationales Mais cela suppose que les États nous donnent à chacune mandat pour trouver ensemble ce nouvel équilibre mondial autour du social et de l’environnement» insiste le Chilien.

Une affirmation qui provoque des réactions diverses. «Beaucoup d’États votent des textes contradictoires à l’OIT et à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), où tout continue de se jouer», déplore Joseph Thouvenel, en charge de l’international à la CFTC, qui juge l’actuel directeur du BIT animé de «réelles convictions».

«Pour Juan Somavia, l’OIT doit sauver le monde des méfaits de l’OMC. Mais il est difficile de travailler avec d’autres institutions si on leur envoie sans cesse des baffes», raille, dans le camp opposé, un représentant de BusinessEurope, le patronat européen, présidé par le Français Enest-Antoine Seillière.

Somavia fait l'unanimité

Charismatique et volontaire, Juan Somavia, premier directeur général du BIT issu de l’hémisphère sud, avait fait l’unanimité lors de son premier mandat.

Dès son arrivée en 1999, il faisait adopter la convention sur les «pires formes de travail des enfants» et lançait «l’agenda sur le travail décent».

L’année suivante, le Myanmar (ex Birmanie) était sanctionné pour son recours systématique au travail forcé.

En 2004, il fut réélu sans mal. Et, faute de successeur, il devrait rempiler pour cinq ans. «Je n’étais pas candidat à un troisième mandat. Je préparais ma nouvelle vie !», glisse-t-il, gêné que l’on puisse imaginer qu’il ait pu en faire la demande.

Ayant déjà obtenu le soutien des organisations syndicales et de la plupart des États, dont la France, il a toutes les chances d’être élu une troisième fois à la tête du BIT le 18 novembre prochain.

Plutôt populaire et accessible

En France, le Medef a toutefois bataillé, mais un peu tard, pour s’opposer à sa réélection, lui reprochant «un management très centralisé» et qualifiant l’institution de «nébuleuse», ne parvenant plus «plus à fournir des rapports en temps».

En interne, peu de collaborateurs ont cependant la langue assassine. «C’est un gros travailleur, qui travaille jusqu’au dernier moment ses interventions et réunions, confie l’un d’eux.

Il aime tout maîtriser, ne supporte pas d’être pris au dépourvu. Avec les gens, il est plutôt populaire et accessible.

La hiérarchie compte peu dans ses rapports avec autrui. Il travaille avec les mêmes personnes depuis longtemps et aime s’entourer de tous les âges et toutes les nationalités.»

Juan Somavia cultive volontiers l’empathie et l’art de la conversation. Son enfance de fils d’ambassadeur, baladé avec sa sœur aînée aux quatre coins du monde, y est pour beaucoup. «Je devais être curieux et adaptatif. Tous les deux ou trois ans, il fallait changer de contexte, apprendre, comprendre. Cela m’a fait très tôt prendre conscience que les autres peuvent être différents, penser différemment. Que cette différence est la richesse de nos sociétés».

Il grandit au Chili, en République dominicaine, en Belgique, aux Pays-Bas, en Équateur, aux États-Unis.

"J'étais une véritable éponge"

C’est dans une Amérique de la ségrégation raciale, qu’il assiste à une scène qui le marque au fer rouge. «Après l’école, je montais dans le bus avec un enfant âgé comme moi de 12 ou 13 ans. Tous les sièges réservés aux Blancs étaient occupés.

L’enfant a pris la barrière, qui séparait alors les Blancs des Noirs dans les transports publics, pour la déplacer derrière la banquette de deux femmes noires. Celles-ci se sont levées. Et le petit garçon a pris leur place. C’était une sensation atroce. Il y avait si peu de dignité, tant d’arrogance dans ce comportement. Dire que des normes avaient pu légitimer cette brutalité !», raconte-t-il avec, plus de cinquante ans après, des trémolos dans la voix.

Après les études secondaires, le jeune Somavia rentre «faire son droit» à l’université catholique du Chili. Diplômé en 1962, il entreprend des études supérieures en développement économique à Paris 1.

C’est à la Cité universitaire où il réside, qu’il fait, dit-il, sa «rencontre avec le tiers-monde». «Il y avait une centaine de nationalités. Beaucoup d’étudiants venaient des pays d’Afrique, du monde arabe, du sud asiatique. Ce furent des rencontres fantastiques, très riches. J’étais une véritable éponge !»

Il flaire aussi les prémices de Mai 68. «Les frustrations, la volonté de changement.» Son sujet de doctorat le mène à Genève, où il donne des cours sur les questions économiques et sociales dans le cadre des accords commerciaux du Gatt, qui mèneront à la création de l’OMC.

Salvador Allende, un «homme extraordinaire»

En 1968, il se rend souvent à Paris, où vit celle qui va devenir sa femme et la mère de ses enfants, Rafiera et Juan. Ils veulent se marier, mais se chamaillent sur leurs choix d’avenir. Dans un bus, en plein embouteillage, place de l’Étoile, la radio, annonçant l’occupation de la Sorbonne, les sort de leur huis clos.

Direction : le quartier latin, où ils sont de tous les débats. La même année, ils se marient, à Genève au civil, et à Paris devant l’Église. Le jeune couple retourne ensuite au Chili.

En 1970, la gauche arrive au pouvoir, avec à sa tête, Salvador Allende, un «homme extraordinaire», résume-il avec solennité, qui est aussi le parrain de sa femme.

Conseiller économique du ministre des affaires étrangères, le professeur Somavia devient l’ambassadeur du Chili auprès du Groupe andin. Le jeune couple reste au Chili jusqu’au coup d’État du général Pinochet en 1973.

Une longue période d’exil commence alors entre Genève et Paris. Dix-sept ans durant, Juan Somavia tisse depuis l’extérieur des liens entre les forces démocratiques chiliennes, qui tarderont à se fédérer. Un moment difficile sur lequel il n’aime guère s’étendre aujourd’hui.

Au retour de la démocratie en 1990, il retourne au Chili, pour y débuter une carrière au sein des plus grandes institutions onusiennes. «L’expérience de l’exil renforce l’épine dorsale», conclut-il, en signe de différence.

Aude CARASCO



McCain: L'accroc Pinochet

Et une tuile supplémentaire pour John McCain en cette fin de campagne présidentielle. Elle provient d'une information du Huffington Post, un site politique très prisé de la blogosphère, dirigé par Arianna Huffington, elle-même électron libre dans le paysage politique américain (elle fut conservatrice avant de verser dans une certaine forme de populisme, battue en 2003 par Arnold Schwarzenegger alors qu'elle convoitait le poste de gouverneur de Californie). A en croire le "Huff Post", le candidat républicain à la Maison blanche, déjà malmené par les sondages, aurait, à la fin de l'année 1985, en compagnie de son épouse Cindy, pris la direction du Chili, à la rencontre d'un certain Augusto Pinochet. Une épine dans le pied de celui qui annonçait ne jamais vouloir s'asseoir à la même table qu'un dictateur, si d'aventure les portes de la Maison blanche s'ouvrent à lui le 4 novembre prochain...

Selon le média, qui reproduit sur son site une enquête extrêmement bien renseignée, le vétéran du Vietnam, alors député de l'Arizona et membre de la commission des Affaires étrangères de la chambre des représentants, se serait entretenu avec le dictateur chilien, à l'époque maître incontesté de Santiago, le 30 décembre 1985 très exactement. Leurs échanges n'auraient pas excédé une demi-heure. Ils auraient été rendus possibles par les efforts de Hernan Felipe Errazuriz, qui était lui ambassadeur
du Chili aux Etats-Unis . Contacté par le site américain, ce dernier dément aujourd'hui toute rencontre entre les deux hommes, même s'il confirme la présence du couple McCain dans le pays à cette période. Le 27 décembre, John et Cindy McCain ont ainsi pris leurs quartiers dans le sud du Chili, invités par un certain Marco Cariola, proche de Pinochet, et qui devint par la suite sénateur. Selon Errazuriz, le couple américain se serait adonné à de paisibles occupations trois jours durant (pêche au saumon et balades à cheval), dans l'une des régions les plus remarquables du pays sud-américain.

Dissertation sur les dangers du communisme

Mais, à la parole de l'ancien ambassadeur s'oppose aujourd'hui des documents officiels américains déclassifiés, dont le Huffington Post a pu prendre connaissance. L'un d'entre eux, émanant de l'ambassade des Etats-Unis au Chili, et que Hernan Felipe Errazuriz, considère "fabriqué", relate brièvement la teneur des discussions entre McCain et Pinochet, qui était accompagné de certains membres de son cabinet et de son ministre des Affaires étrangères, Jaime Del Valle. Le dictateur, accusé en 2006, quelques mois avant sa mort, de meurtre, enlèvement et torture, et dont les dix-sept années de règne (de 1973 à 1990) ont provoqué la mort de 3000 opposants, aurait ainsi disserté sur les dangers du communisme. En pleines années Reagan, pourtant pas réputé pour sa mansuétude à l'égard de l'URSS, Pinochet se serait également plaint de la mollesse des pouvoirs publics américains contre "le péril rouge".

A l'issue de l'entretien, John McCain aurait alors rapporté que parler à Pinochet revenait à s'entretenir avec les dirigeants de la John Birch Society (*). Rien, dans ce texte, n'indique en revanche ce qu'a dit ce dernier à Pinochet. A-t-il au moins fait part des inquiétudes du monde occidental face à la situation critique des droits de l'Homme et de la démocratie au Chili? Rien ne permet de l'affirmer (ou de l'infirmer). Ce qui est sûr en revanche, c'est que douze jours après cet épisode, Ted Kennedy, l'emblématique sénateur démocrate du Massachussetts, s'est à son tour rendu à Santiago afin de plaider, aux côtés d'opposants à la junte militaire en place, la cause de la démocratie au Chili. Bloqué à l'aéroport et accueilli par des jets d'oeufs, le frère de JFK a eu toutes les peines du monde à rallier Santiago. "Si le sénateur McCain a pu rencontrer Pinochet et ne lui a pas fait part des inquiétudes sur l'état de la démocratie au Chili, ce serait vraiment désolant", raconte aujourd'hui Mark Schneider, qui avait à l'époque organisé le voyage de Ted Kennedy à Santiago. Invité par le "Hoff Post" à s'exprimer sur le sujet, le staff de campagne du candidat républicain à la présidence américaine s'est contenté d'un cinglant "no comment" sur cette dérangeante demi-heure.

(*) La John Birch Society (JBS) est une association anticommuniste et conservatrice américaine, fondée à Indianapolis en 1958. Son nom fait référence à John Birch, militaire et missionnaire protestant, tué par des communistes chinois en 1945, considéré ainsi comme la première victime de la Guerre froide.

mercredi 22 octobre 2008

Un scandale de santé publique défraie la chronique


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Madame la Ministre de la Santé du Chili Soledad Barría. Photo Patricio Ulloa

Une partie de la classe politique réclame la tête de la ministre de la Santé, Maria Soledad Barria. Ce qui n’arrange pas la présidente Michelle Bachelet, déjà en baisse dans les sondages. D’autant que cette ministre est une de ses proches.

La semaine dernière, le scandale éclate : plus de 100 personnes sont informées qu’elles sont porteuses du VIH. Ce qu’elles auraient du savoir il y a quatre ans, lorsqu’elles ont fait les tests. L’hôpital d’Iquique, au nord du Chili, se défend : les patients ne sont pas venus chercher leurs résultats.

Les failles du système

Dearnney Aguilar avait 34 ans lorsqu’elle est morte en juillet. Elle avait été testée positive en 2004. Mais l’hôpital n’a pas inscrit l’information dans son dossier. Malgré ses hospitalisations à répétition, personne ne s’est douté qu’elle avait le sida. Son mari est mort du virus il y a deux semaines.

Et l’histoire n’est pas isolée. 224 autres cas de personnes ignorant leur maladie ont été révélés dans d’autres hôpitaux. La ministre est accusée de n’avoir pas pris les mesures d’urgence nécessaires. Au-delà du conflit politique, ce scandale illustre les graves failles du système de santé publique chilien.

Correspondante de RFI à Santiago, Claire Martin

Concert évènement aux Folies bergères en hommage à Salvador Allende

Les Folies Bergères proposent ainsi un concert-évènement le lundi 10 novembre 2008 à 19h, en présence du Maire de Paris Bertrand Delanoë et de la Députée chilienne Isabel Allende.

Au programme :

- 1ère partie à 19h00 : « Chansons pour le Chili » - Compagnie Yorick
- A 20h30 : Trois grands noms de la musique Ibero/latino-américaine

INTI-ILLIMANI : Le chant de Inti-Illimani, groupe emblématique chilien, est un porte drapeau pour la liberté et la solidarité. Depuis leur création en 1967, en passant par quinze années d’exil en Europe après le coup d’état militaire au Chili de 1973, ils ont su créer un répertoire riche de musique populaire fusionnée à la musique classique en produisant plus de 40 disques.

QUILAPAYUN : Quilapayun, ensemble mythique de musiciens chiliens créé en 1965, qui a su mélanger les instruments traditionnels andins à des paroles poétiques ou politiquement engagées. Nommé en 1972 par Salvador Allende, président de la République du Chili, ambassadeur culturel, il s’est exilé et installé en France lors de l’assassinat de celui-ci en 1973.

PACO IBAÑEZ : Paco Ibañez est un symbole de la chanson espagnole. Sa voix profonde noue un contact unique avec le public. Chanteur engagé et libertaire, il continue à clamer la suprématie de l’homme sur le pouvoir.

INFORMATIONS PRATIQUES :

- PRIX DES PLACES : Carré OR : 35,00 € / 1ère série : 35,00 € / 2ème série : 25,00 € : 3ème série : 18,00 €
- ACHAT DES BILLETS : par téléphone : 0892 68 16 50 du Lundi au vendredi de 11 h à 18 h / aux guichets : 32, rue Richer 75009 Paris / en ligne : www.foliesbergere.com / par télécopie : (+33-0) 1 44 79 98 90 (règlement par chèque et envoi des billets en recommandé : 5,50 € par envoi) / par courrier : Folies Bergère 32, rue Richer 75009 Paris (règlement par chèque et envoi des billets en recommandé : 5,50 € par envoi). Si vous n’avez pas réservé vos places : un guichet délivre les places disponibles, dans l’heure précédant le début de chaque représentation, y compris le dimanche.
- ADRESSE : 32 rue Richer 75009 Paris.
- ACCES : Métros : Cadet (ligne 7) ou Grands Boulevards (lignes 8 ou 9) / Bus : Cadet (N° 26 - 32 - 43 - 49 ou 42) ou Faubourg Montmartre (N° 67 et 74) / Stations Velib : 14 rue Geoffroy Marie 75009 - 1, Rue de Rochechouart , 75009

mardi 21 octobre 2008

Allende 100 chez les « cocos » à Paris


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Photo Henri Munoz-Horeau

C’est dans les magnifiques locaux imaginés et conçus par le célèbre architecte Oscar Niemeyer qu’a été reçu le public de la soirée. L’assistance était d’ailleurs très hétérogène, on y a vu autant de Chiliens que de sympathisants français de la cause chilienne, de jeunes étudiants, des personnalités politiques et associatives.

On a pu profiter des interventions de plusieurs invités lors de la Table Ronde « Allende et sa projection politique dans le contexte latino-américain actuel ». Madame Luzmila Carpio, Ambassadrice de Bolivie en France, a enchanté le public avec son témoignage. L’intervention de Monsieur Antoine Blanca, ancien Diplomate, historien, écrivain, dirigeant du Parti socialiste français, et grand connaisseur de l’Amérique latine et du Chili, a captivé et a su éveiller la complicité du public. Etaient également présents Monsieur Jaques Ralite, sénateur de la Seine-Saint-Denis, et Monsieur René Piquet, ancien député européen, ancien vice-président Gauche unitaire européenne - Gauche verte nordique. Monsieur Armando Uribe, Président du Parti socialiste chilien en France, Monsieur Leyde Rodrίguez, conseiller politique de l’ambassade de Cuba en France, et Monsieur Alexis Corbière, représentant de l’association Pour la République Sociale, sont aussi intervenus dans le débat.

La soirée culturelle a offert au public un spectacle de qualité avec des groupes de musique chilienne « Sin Fronteras » et « Libercanto », des lectures de textes par les comédiens Michael Batz, directeur artistique du Festival Allende, Quentin Bouissou et Adrien Le Ray.

La bonne humeur et le partage étaient au rendez-vous en dernière partie de soirée, où les organisateurs ont offert un vin d’honneur, accompagné de spécialités chiliennes, les « empanadas ». Les discussions sont allées bon train jusqu’à une heure avancée dans la nuit. Il y a long temps que nous n’avions pas passé une aussi bonne soirée !

Salomé Cohen–Pères

lundi 20 octobre 2008

Le roi de Jordanie exprime son inquiétude concernant les négociations de paix entre Palestiniens et Israéliens


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Des femmes avec photos de prisonniers palestiniens
Le manque de sérieux et de vision" d'Israël et la "division" des Palestiniens constituent les principaux obstacles empêchant une résolution pacifique du conflit opposant les deux parties, a expliqué le souverain jordanien au journal chilien.


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Reine Rania de Jordanie au Palais de la Moneda. Photo Héctor Aravena

"Nous sommes en train de perdre du temps," a-t-il poursuivi, ajoutant : "Si l'on ne fait pas des négociations destinées à aboutir à un Etat palestinien indépendant la priorité numéro un, nous aurons tous beaucoup de regrets".
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Des militants de Hamas participent à une démonstration dans le camp des réfugiés d'Al-Nusirat dans la Bande de Gaza.

Le roi Abdallah II est arrivé au Chili dimanche dans le cadre de la première tournée latino-américaine de son règne, laquelle le conduira par la suite en Argentine, au Brésil, au Costa Rica, au Honduras et à Cuba.

samedi 18 octobre 2008

Nouvelles salles sur l'Ile de Pâques au Musée du Cinquantenaire

L'Ile de Pâques forme l'essentiel de la collection. Des dizaines d'objets des collections du musée proviennent en effet de cette île de l'Océan Pacifique et ont été ramenés en Belgique par Henry Lavachery à bord du Mercator. Durant une expédition dans les années 1930, il a été autorisé à ramener une statue de pierre à Bruxelles, un cadeau du Chili. Ce colosse de pierre sera maintenant davantage mis en valeur par la nouvelle scénographie. De nombreux aspects de la vie des habitants de l'Ile de Pâques sont présentés dans ces salles: habitation, art funéraire, religion, vie quotidienne, etc. A la fin du parcours, un espace didactique a également été créé avec entre autres une grande maquette de l'Ile de Pâques et des écrans interactifs. (GFR)

mercredi 15 octobre 2008

GENÉRAL CHILIEN CONDAMNÉ DANS L'AFFAIRE DE LA « CARAVANE DE LA MORT » PENDANT LA DICTATURE


L'ancien général, âgé de 88 ans, avait été chargé par Augusto Pinochet de régler le sort des quelque milliers de prisonniers politiques arrêtés dans tout le pays après le coup d'Etat du 11 septembre 1973. Plus de 90 de ces prisonniers furent exécutés sur ordre d'Arellano, qui parcourut au cours du mois d'octobre le Chili du nord au sud à bord d'hélicoptères Puma à la tête d'une commission décidant des exécutions d'opposants de gauche, périple sanglant qui fut surnommé « Caravane de la mort ».

Pour l'exécution à Linares de ces cinq militants socialistes, un des premiers assassinats collectifs perpétrés par la "Caravane", quatre autres ex-responsables militaires ont été condamnés à quatre ans de prison, mais bénéficient de mesures de résidence surveillée.

C'est également la première condamnation du général Arellano pour son rôle dans la  « Caravane de la mort ». AP

mardi 14 octobre 2008

Françoise Hardy : la vie amoureuse de Françoise H.

Au printemps, à l'heure du déjeuner, il n'est pas rare d'apercevoir Françoise Hardy, qui n'habite pas très loin, contempler longuement ce conifère baptisé "Le désespoir des singes". "Je ne sais pas s'il m'attire parce que je suis un peu de sa famille ou parce qu'il m'évoque les hommes qui m'ont désespérée", note-t-elle dans l'autobiographie qu'elle publie, à 64 ans, Le Désespoir des singes... et autres bagatelles (Robert Laffont, 416 p., 21 euros).

Françoise Hardy y révèle une personnalité surprenante, à la fois star et femme d'intérieur, grande amoureuse et mère soucieuse, d'un humour ravageur, d'une intransigeance folle et d'une volonté de fer, prête à débattre pendant des heures avec son interlocuteur d'un sujet qui lui tient à coeur, de la guerre en Irak à l'euthanasie.

D'elle, on ne savait, en fait, que deux ou trois choses où remontent à la surface une image androgyne d'égérie des "sixties" en minijupe métallisée de Paco Rabanne, une brassée de chansons pleines de bleus à l'âme et ce couple rare, à la vie si peu commune, qu'elle forme depuis maintenant quarante ans avec Jacques Dutronc. Tant de belles choses, pour reprendre le titre d'un de ses récents albums, qui ne peuvent gommer une enfance compliquée auprès d'une mère possessive et d'un père absent, d'incroyables complexes physiques, une grande difficulté à rencontrer les autres et une absence de confiance en soi.

Du côté des hommes, ce ne fut guère plus aisé. Avec une tendance très nette à choisir des compagnons fragiles qui optent pour la fuite ou la blessent lorsqu'elle s'approche trop près d'eux. "C'est bien moi d'aimer/c'garçon qui m'aime pas", lui fait chanter Alain Souchon... Pourtant c'est dans ces multiples déchirures, fêlures et souffrances qu'elle va puiser l'essentiel de l'inspiration des chansons qui la mèneront au succès que l'on sait.

"Le sentiment amoureux est un moteur extraordinaire, même s'il faut le payer de tourments perpétuels, sans lesquels je n'aurais d'ailleurs écrit aucun texte de chanson", reconnaît-elle. Il faut dire que l'ami Jacques ne semble guère l'avoir épargnée. Perpétuellement aux abonnés absents. En goguette avec sa bande de copains. Ou fort proche de compagnes de tournage comme Romy Schneider...

En se comportant tantôt en maman dévouée, tantôt en petite fille obéissante - l'une et l'autre, par définition, acquises et intouchables - elle ne joue guère des atouts de la séduction. Thomas, leur fils, aujourd'hui âgé de 35 ans, explique : "Je crois que mes parents vivent en fait une histoire d'amour très particulière. J'ai ainsi le souvenir d'instants très tendres en Corse. Mais je pense que leurs dîners en tête à tête ont dû être rares."

En 1991, une nuit de pleine lune, Françoise annonce à Jacques, que, elle aussi, cède depuis trois ans à ce qu'elle nomme "le démon de midi", incarné en l'occurrence par un étranger inaccessible. L'effet est dévastateur sur un Dutronc, qui vient de renoncer à l'alcool... "Si la rupture entre nous a été patente, nous ne rompions pas les ponts pour autant, et ne l'avons d'ailleurs jamais fait", précise Françoise. Et de citer Aragon : "Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare, ce qu'il faut de souffrance pour la moindre chanson : il n'y a pas d'amour heureux." Ensuite, Jacques a continué à éluder les questions. Et Françoise, à oublier les réponses.

Aujourd'hui, l'un vit en Corse. De plus en plus solitaire et silencieux. L'autre, à Paris. Passionnée de musique classique et des romans de Michel Houellebecq. Un gentleman's agreement entre deux grands amis qui sont passés du "tu" au "vous". "J'ai un âge où les passions ne sont plus de saison. Je peux bien sûr trouver beaucoup de séduction à tel ou tel, mais me considérant désormais hors jeu, ça s'arrête là", avoue-t-elle.

Ne craint-elle pas d'écorner son image romantique par un tel aveu ? "Je me présente telle que je suis, une femme sentimentale et émotive. Ma seule peur, c'est que certains journalistes dénaturent de façon triviale un livre où je me suis évertuée à restituer la vérité avec autant d'exactitude et de sensibilité que possible." Les récits des disparitions de ses parents et de sa soeur relèvent de la même démarche. Raconter une vie, sans rien cacher, puisque l'important n'est pas ce que l'on raconte, mais comment on le raconte et pourquoi.

Elle aborde ainsi l'euthanasie de sa mère, un sujet qui lui tient à coeur. Et, en révélant la schizophrénie de sa soeur, elle tenait à mettre le doigt sur le fait qu'un enfant non désiré part dans la vie avec des handicaps parfois insurmontables. Elle voulait aussi poser le problème insoluble que la maladie mentale pose non seulement à celui qui en est atteint, mais aussi à ses proches qui ne sont pas armés pour l'affronter et risquent d'y perdre à leur tour la raison. Quant à son père, homosexuel et radin, il a été retrouvé mort, seul, au milieu de son argent : "La façon dont on meurt est souvent un raccourci saisissant de la façon dont on a vécu."

Pour sa meilleure amie, Armande Altaï, la volcanique professeure de chant de la "Star Academy", Françoise est double. Pile, c'est une de ces "ophéliennes", ces grandes tiges un peu tristes qui ne chantent pas, mais pensent... Face, comme Cocteau, pour elle l'humour est la drogue des désespérés. "Françoise est une des personnes avec qui je ris le plus. Elle adore les quiproquos, l'humour noir et les situations surréalistes. Nous avons parfois des conversations entre filles qui feraient rougir les dialoguistes de "Sex and the City"." Armande se souvient ainsi d'un dîner où, avec Susi Wyss, l'autre grande amie d'Hardy, elles discoururent sur la façon de simuler des contractions vaginales lors de l'orgasme. Susi, affectueusement surnommée "la cochonne" par Françoise, est un personnage fellinien à souhait. Cette ancienne courtisane tarifée, toujours vêtue en panthère, peinte par Dali et photographiée par Helmut Newton, mit, au cours des années 1970, dans son lit Iggy Pop et la plupart des rock stars du moment. Truculente, le verbe haut et le décolleté généreux, elle tranche avec la réserve romantique de l'interprète de Tous les garçons et les filles. Pourtant ce sont les meilleures amies du monde. Un aveu surprenant de la part de quelqu'un qui contrôle soigneusement son image publique et impose les photos de son ancien compagnon, Jean-Marie Périer.

Tragédie. Comédie. Drôle de vie. Il existe sans doute une Françoise hardie que l'on n'imagine guère.

Yann Plougastel

vendredi 10 octobre 2008

Au Chili, des étudiants jouent du marteau pour éradiquer les bidonvilles


Sur les hauteurs, on aperçoit le plus grand bidonville de la région. Mille familles y vivent perchées sans eau courante, ni égouts, sans cuisinière, ni toilettes, dans des logements de fortune. Aux planches mal jointes qui laissent passer le vent et la pluie, aux fenêtres bouchées par du plastique, au plancher parfois inexistant, quelque 150 étudiants et lycéens tentent d'apporter une solution.

Armés de planches et d'outils, ces bénévoles mettent à profit leurs week-ends et leurs vacances scolaires pour construire des logements d'urgence. Ces «mediaguas» se résument à 18 m2 en bois avec deux fenêtres, une porte et un toit de tôle ondulée. pas du luxe, mais un logement plus digne.

Objectif? éradiquer les bidonvilles d'ici à 2010, année où le chili fêtera ses 200 ans d'indépendance. D'ici deux ans, pas moins de 28 000 logements d'urgence devront être construits dans 533 bidonvilles. Utopique? pas vraiment.

L'association un toit pour le Chili (un techo para chile) n'en est pas à ses premières armes. Depuis 1997, année de sa fondation par le père jésuite Felipe Berrios, l'organisation lutte contre la pauvreté et les stéréotypes qui lui collent à la peau, en motivant plus de 15 000 étudiants bénévoles par an à devenir menuisiers, ébénistes, contremaîtres, architectes. Et ils n'ont pas chômé: ils ont construit 33 000 «mediaguas» en plus d'établir des réseaux de soutien permanents dans les bidonvilles. Pour financer leur oeuvre, ils ramassent des fonds dans les rues du Chili, trois jours par an.

Le coût de la dignité

À Viña Del Mar, ce week-end-là, les élèves de 28 lycées, âgés de 17 et 18 ans, s'affairent à construire 15 logements. Cinq coups dessus, trois coups à côté, Camila Garay, 17 ans, plante un clou. Cette lycéenne a une excuse: elle ne s'était jamais approchée d'un marteau avant. Pas plus que d'un bidonville. «J'avais envie d'offrir un week-end pour aider les gens qui en ont le plus besoin», explique cette jeune fille de milieu aisé, dans un grand sourire. «Mes préjugés sur les gens des bidonvilles se sont envolés, ajoute-t-elle. en général, mon entourage a tendance à penser que ce sont des voleurs, des gens violents et vulgaires.»

Manuel Frankovich la regarde planter ses clous, un peu sceptique. «Ils font de leur mieux, mais j'ai peur que ce ne soit pas solide», explique à voix basse le nouveau propriétaire de 28 ans, qui vit dans le bidonville depuis quatre ans. Avec sa compagne, Jeannette Delpilar, 38 ans, ils ont tout prévu: dans le nouveau logement, ils installeront le salon, la cuisine et la chambre d'enfants. Ce couple de vendeurs ambulants, qui vit avec moins de 9$ par jour, ne compte pas pour autant détruire le 6 m2 de bois et tôle dans lequel il loge depuis deux ans. Désormais, il leur servira seulement de chambre. «Je suis tellement contente, s'exclame Jeannette. J'ai enfin de la place pour accueillir mes enfants pour les vacances!»

Ils ont acheté la «mediagua» à l'association, 80$, soit 10% du prix réel. Pour Manuel, ce n'est pas cher. «Construire moi-même une pièce en plus, comme j'avais l'intention de le faire, m'aurait coûté le double et elle aurait été bien plus petite que la maison de l'association!» souligne-t-il.

Pour le fondateur du techo, le prix symbolique payé par les «clients» est sacré. «Donner, c'est détruire la dignité des gens. À partir du moment où ils paient une partie de leur maison, ils ont le droit d'exiger», note felipe berrios. Ce que manuel ne se gêne pas pour faire!

Quand on demande au prêtre pourquoi il appelle à participer des jeunes souvent novices dans la construction, tandis qu'il pourrait former un noyau d'experts capables de monter une «mediagua» en cinq heures plutôt que deux jours, il s'explique: «au-delà de redonner un peu de dignité aux gens, l'objectif de l'association, c'est que des Chiliens séparés socialement par le facteur argent se rencontrent. l'idée est de réunir autour d'une même construction ceux qui ont le plus de perspectives d'avenir dans la vie, les étudiants, et ceux qui en ont le moins, afin de générer une société moins segmentée.»

Le Chili est le second pays le plus inégalitaire d'amérique, après le brésil. et sûrement l'un où riches et pauvres se côtoient le moins.

Face au succès de son entreprise, l'association a dépassé les frontières. Elle prend son élan vers toute l'Amérique latine (Colombie, l'Uruguay, le Costa Rica, le Mexique, le Paraguay, le Salvador, l'Argentine, le Brésil, le Guatemala, le Pérou, l'équateur). les bidonvilles n'ont qu'à bien se tenir.

jeudi 2 octobre 2008

Le théorème de King Kong

«C'était la première fois que je mettais les pieds dans une salle obscure. J'étais rentré dans l'histoire corps et bien. J'y suis retourné depuis des centaines de fois. J'ai revu King Kong et j'ai même fini par tomber amoureux de ce gorille», glisse le facétieux romancier chilien.

King Kong est même devenu le symbole d'une certaine idée du combat d'un scénariste réputé désormais dans le monde entier. «Le facteur» (« Il postino») avec Philippe Noiret, tiré de son best-seller «Une ardente patience» a été un énorme succès. «En 1983 déjà, j'étais venu au festival de Biarritz présenter une première adaptation cinématographique. On l'avait tourné au Portugal, le Chili des exilés de l'époque. Une terre au bout du monde. Biarritz m'a porté chance », ajoute l'homme de lettres qui avait emporté un Makila d'or, devenu depuis El Abrazo, un trophée recherché.

Antonio Skármeta a les yeux rieurs d'un gamin. On oublie combien il a traversé d'épreuves, obligé de fuir le Chili de Pinochet en 1973. Un exil qui s'est révélé douloureux mais fécond. Il a enseigné à l'institut du cinéma de Berlin. À la libération de son pays, il est revenu en Allemagne, comme ambassadeur.

Lauréat du Médicis étranger en 2001 pour La noce du poète, c'est un des plus prestigieux membres du jury 2008, qui se régale des films présentés à Biarritz cette année mais ne dira rien jusqu'au palmarès, promis !

Rencontre littéraire avec Antonio Skármeta (Chili) au village, salon des ambassadeurs ce matin à 10 heures; à 11 h 45 au casino, projection d'un documentaire sur le romancier.

Auteur : Olivier Bonnefon

mercredi 1 octobre 2008

Chanson pour le Chili - Compagnie Yorick

Après Red Devils et Comédie sans titre, la compagnie Yorick revient, engagée plus que jamais. Chanson pour le Chili est un montage de textes, de chansons de Pablo Neruda, de Salvador Allende et de Victor Jara. Un spectacle en souvenir du Chili, de la grande créativité de son peuple, de la terreur et de la tragédie du coup d’État du 11 septembre 1973. Ce sont des mots forts et des musiques sublimes qui donnent la parole au plus grand poète du siècle, au Président qui incarnait tant d’espoir et au chanteur passionnant et militant. Une mémoire et en même temps un hommage pour le 100e anniversaire de la naissance d’Allende. Voir à Sevran Le Jeudi 11 Decembre 2008 de 20h30 à 21h45