jeudi 25 septembre 2008

Desierto Sur, terre de contraste

Shawn Garry
Pour faire un beau film, il suffit parfois d’avoir un beau décor. Celui-ci fait honneur aux paysages du Nord du Chili : une Espagnole vient se perdre pour revenir sur les traces de sa mère, le spectateur suit volontiers son errance dans des lieux magnifiques.

A la mort de sa mère, Sofia nageuse professionnelle à Barcelone, s’enferme dans son chagrin. Elle découvre une lettre qui lui révèle que sa mère, contrairement à ce qu’elle pensait, a vécu les meilleurs moments de sa vie dans un endroit, loin de l’Espagne, appelé Desierto Sur. Elle se met en tête d’y répandre ses cendres, et quitte tout pour partir à la recherche de ce lieu, au Chili. Au cours de son voyage, elle rencontre Nadia, une rebelle voleuse, et Gustavo, jeune homme aux liens obscurs.

Paysages

Pour son premier long métrage, Shawn Garry a choisi une actrice basque très connue en Espagne, Marta Etura (La vida de nadie, Azuloscurocasinegro) pour incarner la jeune et courageuse Sofia. A ses côtés, Carolina Varleta (de la série chilienne Tentacion) joue Nadia, la chipie qui tantôt nous insupporte, tantôt nous attendrit. Le dernier membre du trio vagabond est l’Argentin Alejandro Botto (de la série El Internado) qui incarne Gustavo, séduisant dealer sur le point de décrocher. On appréciera également la joyeuse apparition d’Hector Morales (Tony Manero) en travesti au grand cœur.

Entre plongeons en piscine et aridité du désert, entre l’Espagne et le Chili, entre la turbulente ville et le calme désert, entre Nadia et Sofia, le film ne manque pas de contrastes agréables àcommencer par les couleurs inattendues des paysages de l’Atacama. En outre, le public se laisse emporter par l’environnement onirique, enivré par le road-trip de Sofia : l’ambiance irréelle qu’offre le cadre atacamien aide à entrer dans le délire intérieur du personnage principal. De plus, la bande originale, interprétée par Galatea, colle parfaitement à l’atmosphère mystique du désert.

Si le scénario laisse parfois trop de place au doute, l’invitation au voyage que propose Shawn Garry vaut le coup, et on se laisse surprendre par une histoire intéressante, par moments prenante, et de toutes les manières, jolie. La critique ne s’y est pas trompée et a récompensé le film avec cinq prix au festival international de cinéma de Viña del Mar (prix Paoa, Aldo Francia de la meilleure réalisation, prix du public, prix du jeune jury, et prix spécial du jury pour Carolina Varleta) et le festival international de cinéma de Mannheim-Heidelberg, en Allemagne lui a également attribué le prix du public.

Pour les amoureux du désert d’Atacama, ou tout simplement ceux qui y sont allés et qui ont (forcément) aimé, pour revoir les incroyables paysages, apprécier la beauté et la fraîcheur de Marta Etura, pour se moquer des manières de parler des Chiliens au travers du personnage de Nadia, et tout simplement pour passer un bon moment, on peut aller voir Desierto Sur.
Marie Giffard

mercredi 24 septembre 2008

Sarkozy adoubé par Kissinger à New York

Nicolas Sarkozy ne sera pas reparti de New York, où il était en visite officielle lundi et mardi, les mains vides. Le 22 septembre, il a reçu le Prix humanitaire de la Fondation Elie Wiesel qui récompense « des êtres exceptionnels qui ont consacré leur vie à combattre l’indifférence, l’intolérance et l’injustice ». Et le lendemain, c’est la puissante fondation américaine Appeal of conscience (Appel de la conscience) qui, après la chancelière allemande Angela Merkel en 2007, a décerné au président français le « Prix mondial de l’homme d’Etat 2008 ». Cette Ong qui verse dans le dialogue inter-religieux est présidée par un survivant de la Shoah, le rabbin Arthur Schneier, aimable figure de l’establishment conservateur juif américain. Nicolas Sarkozy a reçu son prix lors d’un dîner présidé par Serge Dassault, le propriétaire du Figaro-sénateur UMP de l’Essonne, et a été présenté à l’assistance par Henry Kissinger. Ancien secrétaire d’Etat des présidents Richard Nixon et Gérald Ford et nouveau maître à penser du parti Républicain (il initie actuellement Sarah Palin, la co-listière de McCain à la politique étrangère), Kissinger se révèle un mentor au passé plutôt encombrant.

La Convention 169 enfin ratifiée


Le Sénat chilien a voté en faveur de la ratification de la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) il y a plus de six mois, mais il manquait toujours l'approbation de la présidente, Michelle Bachelet. Au début du mois, les Indiens mapuche lui ont écrit pour lui demander expressément de donner son accord. Le 15 septembre, l'OIT a annoncé que la Convention avait été ratifiée.

"C'est un triomphe pour les militants des droits sociaux", ont déclaré les leaders indigènes. "Mais le travail ne fait que commencer. Si avant il s'agissait de faire pression sur le gouvernement pour qu'il ratifie la Convention, il faut maintenant s'assurer qu'il la respecte".

Il est à espérer que l’adhésion du Chili incitera d’autres gouvernements à ratifier cette Convention. Toutes les branches nationales de Survival mènent campagne auprès de leurs gouvernements respectifs pour l’adoption de cet instrument international. Les autres pays ayant récemment signé la Convention sont l'Espagne et le Népal.

lundi 22 septembre 2008

Pierre Kalfon, Chroniques chiliennes, éd. Demopolis


Pilar Armanet et Pierre Kalfon
Ces chroniques chiliennes commencent avant l’élection du socialiste Allende, traversent dix-sept ans de dictature du général Pinochet et se prolongent jusqu’à nos jours.

Correspondant à Santiago du journal Le Monde, Pierre Kalfon a vécu le meilleur et le pire, de sa rencontre avec Pablo Neruda au choc de son arrestation par les militaires. Il raconte de « petites histoires » qui éclairent la grande, restitue un climat, une géographie, les « choses vues » d’un pays passionnant vers lequel ont convergé les regards de la planète.

Écrites d’une plume alerte, illustrées de ses articles de l’époque et de dessins de presse, ces chroniques se lisent d’un trait.

«Ce livre, ponctué d’anecdotes subtiles, est une vraie réussite.»
Le Monde

mercredi 10 septembre 2008

Le 11 septembre de Marker, versant chilien

Et, puisque c'est terriblement la mode en cette année Waltz with Bashir, revenons sur un vrai-faux documentaire, mal connu, peu projeté, relégué en toute fin d'un DVD récent, sous les habits peu reluisants d'un énième bonus. Le film, que l'on qualifierait de culte si ça voulait encore dire quelque chose, a pour titre L'Ambassade (film retrouvé). Il est signé Chris Marker. Il fut tourné en 1975, deux ans après le coup d'Etat au Chili contre Salvador Allende, et la prise de pouvoir d'Augusto Pinochet. 22 minutes très serrées, pressées en toute fin du DVD événement du dernier printemps, l'édition chez Arte Vidéo du Fond de l'air est rouge, grande œuvre militante des années 60-70 [on en a déjà parlé ici].

Le court s'ouvre sur un mensonge. De vieilles pellicules ont été trouvées dans une ambassade. Voix off (l'expression n'est pas la bonne, tant le film est très écrit, tant Marker y est beaucoup plus écrivain que cinéaste) : «Ceci n'est pas un film, ce sont des notes prises au jour le jour. En fait de commentaires, d'autres notes, écrites quand je ne filmais pas. (...) Mercredi, deux jours après le coup d'Etat, le premier groupe est arrivé, des militants de gauche pour la plupart». S'ensuit un huis clos d'une semaine ou presque, sans son direct, dans les salons et cuisines d'une ambassade, peut-être au Chili, peut-être pas, à vrai dire on n'en sait rien. A l'écran, une galerie de portraits de réfugiés politiques angoissés, pris dans le flot de l'Histoire mais privés de voix, squattant les lieux.

Ici, un avocat endormi à même le parquet ciré, parce qu'il a passé, nous explique la voix off (l'expression n'est toujours pas la bonne), la nuit à brûler les dossiers de ses clients - pour empêcher qu'ils ne tombent dans les mains des militaires. Là, Maria lit l'avenir de ses collègues dans le marc de café, pour passer le temps et se concentrer sur l'après - scène silencieuse et bouleversante, où le contre-jour assombrit un peu plus les visages fermés. Au fil de ce journal de bord intérieur, on pense toujours au dehors - le véritable contrechamp du film, qui tourne à l'obsession. A peine une scène, tournée depuis l'une des fenêtres du bâtiment, en plongée, nous informe de la violence du monde extérieur. Un militant court vers l'ambassade pour s'y réfugier. Abattu par les forces de police avant d'y être entré.

Allers-retours dedans dehors, avant après. «Comme dans toutes les prisons, on s'imagine parler d'ailleurs en parlant d'avant», dit le cinéaste de La jetée. La caméra enregistre et témoigne, au nom de l'impératif mémoriel. Elle choisit son camp aussi - du côté des luttes révolutionnaires forcément. Pour preuve, vers la fin de L'Ambassade, la voix pleine de colère avec laquelle Marker égrène les mesures dictées par le «nouveau pouvoir», et que la télévision, nous apprend-on, vient d'annoncer : interdiction de tous les partis politiques sans exception, appel à la délation prime à l'appui, nouvelle constitution, etc. Long silence, comme un gouffre.

En apparence, L'Ambassade a tout du film mineur dans la dense filmo de Marker. Même pas signé pour de vrai. Pas un chat qui traîne, pas l'ombre d'un personnage fort, pas même le début d'une réflexion sur les techniques du cinéma. Pourtant, derrière la fausse simplicité du document brut retrouvé des années plus tard, Marker pose les bonnes questions - celles qui fâchent encore aujourd'hui. Comment raconter l'Histoire ? Comment reconstituer sans manipuler ? Peut-on échapper à des discours biaisés, faussés sur le passé ? A voir le dernier plan, magnifique, que l'on ne dévoilera surtout pas, Marker répond par un non catégorique et convaincant.


mardi 9 septembre 2008

Hommage à Roland Husson

Roland Husson est l’auteur de «Nous avons mal au Chili» où il raconte l’Unité Populaire, le coup d’Etat et deux années de luttes culturelles avec des artistes et des écrivains chiliens.

P
lus de trente ans après le coup d’Etat, le documentaire Un diplomate français à Santiago de Patricio Paniagua Giannini rend hommage à un homme, Roland Husson, conseiller culturel de l’ambassade de France entre 1973 et 1976, qui a aidé et protégé les artistes de l’époque contre le régime militaire. Mercredi dernier, au Musée d’Art Contemporain de Bellas Artes avait lieu l’avant première du documentaire franco-chilien qui devrait bientôt être disponible en DVD.

Après le couvre feu …

Roland Husson, qui était présent à la projection, est arrivé à Santiago pour prendre ses fonctions diplomatiques un peu avant le coup d’Etat, en 1973. Ses premières impressions ? "Dès le début des manifestations, un sentiment qui me rappelait la seconde guerre mondiale que j’ai vécu étant enfant et les Allemands", faisant allusion à la junte militaire qui venait de prendre le pouvoir. Surtout, il se rappelle d’un "sentiment de révolte et de tristesse face à la brutalité de l’information."

Très rapidement il décide avec l’accord, le soutien et l’aide des membres de sa hiérarchie, d’accueillir à l’ambassade même mais aussi à la chancellerie de France, des artistes menacés par la dictature. Le documentaire est d’ailleurs ponctué des interventions de tous ces artistes chiliens, amis depuis de Roland Husson, comme le réalisateur lui-même, exilé 20 ans en France et aujourd'hui à cheval sur les deux pays. Ils racontent comment il a été vital de maintenir une création artistique, manifeste de leur désaccord à la dictature, grâce à l’aide de cet homme "qui a aidé à maintenir une pression artistique". L’Institut Chileno Français a lui aussi été un lieu culturel de résistance devenant un théâtre officieux de la culture chilienne à partir de 1973.

Roland Husson commente avec humour dans le film que son bureau "était devenu un lieu pour se retrouver, lire les journaux, utiliser le téléphone et même, avoue t-il, conclure quelques romances sur le divan ! " Tous ces demandeurs d’asile politique ont logé pendant des semaines dans les couloirs de l’ambassade ou dans la chancellerie sur des lits de camps, avec matelas improvisés et draps faits avec des rideaux ou des nappes. Mais Roland Husson avait aussi ouvert sa maison pour des dîners qui permettaient de se retrouver, de discuter, "de se sentir moins seul". D’ailleurs, un de ces convives commente : "c’était aussi notre point de rencontre avec le ‘queso’ camembert et le whisky ! "

Un homme d’exception

C’est avec l’image d’un Roland Husson ému, tout comme le public, souhaitant un "nunca mas" à ce pays qui représente tant pour lui, que se conclut le documentaire.

Un bel hommage au parcours admirable de cet homme "qui ne se sent pas héroïque" et qui a été très applaudi à la fin de la projection.
Lola SORRENTI. (Santiago) lundi 14 avril 2008

lundi 1 septembre 2008

Le Chili est un pays des poètes.


L’œuvre d’Efraín Barquero marie avec bonheur la tradition lyrique et la poésie populaire. Comme l’écrit Neruda dans sa préface au livre de Barquero La piedra del pueblo (La pierre du peuple), « la poésie d'Efraín Barquero est une reconstruction selon les lois de la vie, avec des mots qui semblent inutiles et qui au rappel commencent à briller, telles des épées, et à reluire comme le vin, se transformant en pierre et élevant la dignité du chant.»

Dans la tradition républicaine d’avant la dictature, les gouvernements avaient l’habitude d’envoyer en mission diplomatique des hommes des lettres afin de les aider pécuniairement et stimuler leur vocation. Dans ce cadre, Efraín Barquero fut nommé par le Président Allende attaché culturel auprès du gouvernement Colombien. Après le coup d’État de 1973, il dut quitter son poste en Colombie et commencer sa pérégrination, d’abord le Mexique, puis Cuba et enfin en France où il s’est établi jusqu'à 1989. Après un retour stérile au Chili, il revient en France pour s’installer dans la région PACA.

Une longue polémique traverse le processus des nominations des prix littéraires, en particulier le Prix national de Littérature. Les détracteurs citent souvent les ratés du Prix tels que Vicente Huidobro, María Luisa Bombal, Enrique Lihn et Jorge Teillier. Mais le cas le plus scandaleux est celui de Gabriela Mistral qui a reçu le Prix National après le Prix Nobel !

Néanmoins le poète Efraín Barquero, a obtenu le Prix national de littérature à l’unanimité du jury.

Barquero est un poète réservé, pour lui annoncer l’obtention du prix, il a fallu le chercher. Il n’est pas sauvage ni asocial, il cultive plutôt le profil bas. Ses proches le définissent comme quelqu’un d’affable.

Avant son retour en France, dans un exil volontaire, il a publié au Chili La mesa de la tierra (La table de la terre), livre qui a reçu le Prix Municipal de Littérature en 1999 et place Efraín Barquero parmi les créateurs les plus importants de la poésie hispano-américaine.
Manu Riska

Marés González est décédé

Marés González Photo Viviana Morales

Elle se trouvait internée dans l'Unité de Soins Intensifs de l'Hôpital Barros Luco à Santiago du Chili depuis mercredi dernier.


UNE REMARQUABLE TRAJECTOIRE DANS LE THÉÂTRE ET LA TÉLÉVISION

Œuvres telles que Heda Gabler, l'Opéra de quat'sous de Bertolt Brecht, Le Voilier l'Écarlate et Sainte Jeanne des Abattoirs sont quelques créations théâtrales auxquelles Marés González a participé.

Après le coup militaire de 1973, elle a dû laisser sa charge de directrice de l'École de Théâtre de l'Université du Chili et s’exiler en Europe. Elle a réalisé une carrière remarquable en Grèce, en France et à Cuba.

María Inés González Castro est née en Argentine en 1925, à son arrivée au Chili elle à travaillé comme dessinatrice dans la éditorial Zig Zag, puis plus tard elle a acquis la nationalité chilienne.

Tryo revient bien changé

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Ils ont une petite mine. Les Tryo sortent de l’anniversaire d’un des leurs, Christophe Mali, 32 ans depuis la veille. Tout le monde tourne à l’eau et au café en ce mardi après-midi assis sur un banc du Cabaret Sauvage (Paris XIX e ), pour l’une des premières répétitions de la future tournée. Un Tryo à six. «C’est un SexTryo», ricane Mali au milieu de ses camarades.

Sur scène, la formation réunira effectivement six musiciens, les membres du groupe, plus un percussionniste et un violoncelliste, afin d’habiller les chansons de «Ce que l’on sème», quatrième nouvel album qui sort aujourd’hui. Le premier après cinq ans d’absence et un million de disques vendus.


Ils rodent pour l’instant «El Dulce de Leche». La première version live manque de rythme. «Il faudrait peut-être monter un peu. On gagnerait en dynamisme», lance Mali à la cantonade. Subtil exercice que d’insuffler de l’énergie à un des morceaux les plus émouvants du disque. «El Dulce de Leche», soit «la Confiture de lait», celle du Chili de Daniel, le percussionniste, parti de son pays à 9 ans, devenu français, enfin, en janvier 2007. « J’étais réfugié ici et je ne pouvais pas voyager. La nationalité française je la voulais notamment pour pouvoir retourner au Chili », explique le musicien. « Il faudra reprendre la route. Devenir français coûte que coûte. Réfugié dans un tiroir. On passe le temps, on garde espoir. C’est ça être français sans doute», dit le refrain et son angle d’attaque inédit, le retour d’exil, révélateur de nouveaux horizons pour le groupe.

Tournée presque complète

Oubliés le reggae acoustique réducteur, le supermarché de la contestation franco-française un rien agaçant. Treize ans après ses débuts à la MJC de Fresnes en 1995, Tryo regarde plus loin. «Les fans attendent peut-être un album anti-Sarkozy, avertit Mali. Mais nos préoccupations sont ailleurs.» Les membres du groupe ont beaucoup voyagé : Inde, Afrique, Amérique latine. Ils en ont rapporté de nouveaux sons, de nouvelles idées, ont grandi aussi. « Il y a certains vieux textes que je ne pourrais plus écrire, reconnaît Guizmo. Des choses où l’on crachait sur les politiques de manière assez adolescente.» Ils ont voté Ségolène Royal, «par peur de Le Pen». «On fait partie de l’opposition, mais on ne l’a pas encore vraiment trouvée, ajoute Guizmo. Besancenot, cela reste un extrémiste.» Le commentaire surprend dans la bouche d’un groupe tête brûlée à ses débuts. Désormais le discours est posé. Les personnalités également. A l’image de « Toi et moi », single qui a tourné en boucle cet été, une saison d’actualité vue par le petit bout de la lorgnette amoureuse. « Désormais je suis père de famille, analyse Guizmo, qui signe la chanson. J’ai deux enfants de 3 et 8 ans. Je m’interroge sur ce qui me sauve, sur mon rôle à jouer, sur ce qui me maintient dans le combat.» C’est le premier tube instantané de Tryo. Car la donne a changé pour le groupe depuis le succès phénoménal de «l’Hymne de nos campagnes», redécouvert par les radios en 2005, dix ans après son enregistrement.

Mais Tryo ne se laisse pas griser par une tournée déjà presque complète et un album très attendu. Il reste son propre producteur, son éditeur, et cofinance ses concerts. Indépendant à tout prix. Le groupe sort d’une longue pause qui lui a permis de mieux se retrouver. Tout est dans le titre et la chanson d’ouverture «Ce que l’on s’aime». «Comme l’amitié nous rattrape à chaque fois, Autant tenir quand ça dérape », avoue le couplet. «On s’est rendu compte que l’on n’était pas mariés, conclut Guizmo. En recommençant à travailler ensemble on s’est dit ouvertement des choses. Et aujourd’hui on est prêts à rebouffer du Tryo 24 heures sur 24.»

Tryo en tournée à partir du 30 septembre. En concert du 26 au 30 novembre au Casino de Paris (complet). Concert supplémentaire le 6 juin 2009 au Zénith de Paris.