dimanche 31 août 2008

CHILI : LE POÈTE EFRAÍN BARQUERO OBTIENT LE PRIX NATIONAL DE LITTÉRATURE 2008

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Sergio Efraín Barahona Jofré voit le jour le 3 mai 1931 à Curicó, petite ville au Sud du Chili. Très tôt, il adopte son pseudonyme Efraín Barquero. Il voyage à travers divers pays d'Amérique Latine, d'Europe et d'Extrême-Orient, et réside en France de 1975 à 1990. Son œuvre compte une vingtaine d'ouvrages publiés de 1954 à 2004 au Chili et à l'étranger.

Livres publiés au Chili et à l'étranger : Árbol marino (1950), La piedra del pueblo (1954), La compañera (1956), Enjambre (1959), El pan del hombre (1960), El regreso (1961 / traduction Française 1990), Maula (1962), Poemas infantiles (1965), El viento de los reinos (1967), La compañera y otros poemas (1969), Epifanías (1970), Arte de vida (1971), El poema negro de Chile (1974), Bandos marciales (1974), Mujeres de oscuro (1992), A deshora (1992), El viejo y el niño(1992), La mesa de la tierra (1998), Antología (2000), El poema en el poema (2004). Ses poèmes sont traduits dans plusieurs langues.

vendredi 29 août 2008

Le Chili expose les plus anciennes momies au monde

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Photo Rodrigo Villalon

Elles proviennent de la culture indigène Chinchorro, dont les vestiges ont été retrouvés à partir des années 20 dans la région d'Arica, à l'extrême nord du Chili, le long de la côte Pacifique, où résidait cette population primitive qui vivait de la chasse, de la pêche et de la cueillette des algues. "Cette exposition a pour but de montrer aux Chiliens que nous détenons les plus vielles momies au monde, ce qui est reconnu par la communauté archéologique internationale", a déclaré à l'AFP l'archéologue Hermann Mondaca.

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Photo Rodrigo Villalon

Ornés de masques et d'une chevelure noire et rouge, ces momies, qui ont conservé les proportions corporelles, ont révélé une technique très particulière de préservation, 2.000 ans avant l'apparition des exemplaires égyptiens. "Leurs corps étaient démembrés, leurs organes retirés, les os enlevés et la peau était mise à sécher. Puis leurs os étaient replacés avec des joncs pour être ensuite recouvert de boue et les visages portaient des masques", explique M. Moncada, qui compare ces momies à de "véritables oeuvres d'art".

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Photo Rodrigo Villalon

"On trouve des momies noires. Ce sont celles qui acquièrent cette couleur après avoir été recouvertes d'un mélange de magnésium et de boue, ce qui leur donne un aspect mortuaire impressionnant", poursuit l'archéologue. Plus récentes, puisqu'elles ne datent que de... 4.600 ans, les momies rouges ont été fabriquées en remplissant l'abdomen des défunts, vidé de leurs organes, avec des peaux d'oiseaux marins. L'Université de Tarapaca à Arica a sauvegardé plus d'un milliers de ces momies. Elles ont été découvertes dans un bon état de conservation grâce à l'air marin, "un phénomène unique au monde", selon M. Mondaca.

"Le nombre important de momies démontre que les Chinchorros ne faisaient pas de discrimination pour la momification, à la différence de la culture égyptienne ou seuls les pharaons et les prêtres étaient momifiés", souligne-t-il. Trois de ces momies, deux adultes et un enfant, ont été expédiées d'Arica vers la capitale chilienne pour cette exposition, baptisée "Arica, une culture millénaire". Les pièces sont exposées depuis mercredi dans le pavillon culturel du Palais de la Moneda, au terme d'un transport très méticuleux, toute hausse de température pouvant produire des dommages irréversibles.

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Photo Rodrigo Villalon

"Il a été nécessaire d'aménager une salle spéciale dans le bâtiment : la température oscille entre 20 et 25 degrés et le taux d'humidité est maintenu constamment à 30%", a précisé à l'AFP Catalina Guerrero, guide de l'exposition. Les autorités chiliennes ont annoncé leur intention de solliciter l'an prochain auprès de l'Unesco le classement de ces momies au patrimoine mondial de l'humanité.

samedi 23 août 2008

L'ESPION QUI RAMENA SA FRAISE

Portrait de Frézier, 18e siècle.
Qu'elles s'appellent alba, gariguette, mara-des-bois, ostara, cirafine, rappella, alpine blanche... (il en existe plus de 600 variétés), ces fraises qui envahissent nos tables en été-certaines parfumées, d'autres insipides-descendent toutes du métissage de deux belles américaines : l'obèse et blanche fraise du Chili (Fragaria chiloensis) et l'aromatique fraise de Virginie (Fragaria virginiana) . Quant à la minuscule et parfumée fraise des bois européenne, elle n'a joué qu'un petit rôle. Trop petite, trop fragile à transporter. Les Romains l'utilisaient, sans la cultiver, pour en faire des masques de beauté. Au Moyen Age, on se bornait à la cultiver dans les jardins royaux ou bourgeois, pour la manger ou pour ses supposées vertus curatives. En 1368, 12 000 pieds furent ainsi plantés dans les jardins du Louvre. A la Renaissance, les hommes dégustaient la fraise des bois au vin, et les femmes à la crème. Louis XIV en dévorait jusqu'à s'en faire péter la sous-ventrière.

Quoi qu'il en soit, ne l'oublions pas : la fraise n'est pas le fruit du fraisier ! Le véritable fruit, c'est la minuscule graine à la surface de la fraise qui croque sous la dent. Ce que nous appelons fraise n'est que le réceptacle hypertrophié de la fleur.

Dessin réalisé par Amédée Frézier,
Voyage de la mer du Sud, Editions Utz, 1995.


Des fraises blanches

En 1711, donc, le Roi-Soleil confie à Amédée François Frézier, officier du génie maritime, la délicate mission de se rendre au Pérou et au Chili pour, officiellement, servir de conseiller militaire aux colonies espagnoles. Le monarque vient, en effet, de placer son petit-fils sur le trône espagnol. Mais, secrètement, le roi de France charge Amédée François de rapporter le plan de toutes les places fortes et le maximum d'informations sur les colonies. Les alliances se renversent si vite ! Le 7 janvier 1712, l'espion royal embarque à bord du navire corsaire « Saint-Joseph », et, après cent soixante jours de traversée, débarque à Concepcion, au Chili. Accueilli à bras ouverts, Frézier sillonne la côte pacifique durant deux ans et demi. Or cet ingénieur de 29 ans à l'esprit digne du siècle des Lumières est un fondu de botanique. Entre deux forteresses, il visite l'arrière-pays, s'intéressant aux coutumes locales et aux plantes cultivées. C'est ainsi qu'il découvre dans les champs des fraises énormes et... blanches. Il n'avait jamais rien vu de tel en France. Bien après son retour, il écrira : « On y cultive des campagnes entières d'une espèce de fraisier différent du nôtre par les feuilles plus arrondies, plus charnues et fort velues. Ses fruits sont ordinairement gros comme une noix, et quelquefois comme un oeuf de poule. Ils sont d'un rouge blanchâtre et un peu moins délicats au goût que nos fraises des bois. » Frézier décide d'en rapporter quelques plants en France. Quand le navire regagne Marseille, le 17 août 1714, après six mois de navigation, cinq ont survécu. L'espion en remet deux à M. Roux de Valbonne, l'officier du bord chargé des réserves en eau, sans qui les plantes seraient mortes de soif. Il offre un pied à son ami Antoine Jussieu, directeur du Jardin royal (aujourd'hui le Jardin des Plantes), et un autre au jardinier de Versailles. Il garde le dernier pour lui, qu'il plantera près de Plougastel.

Coïncidence extraordinaire : ce nom de Frézier qu'il porte est une déformation du mot fraise ! En effet, un de ses lointains ancêtres, Julius de Berry, l'avait reçu en 916 du roi de France Charles III le Simple en remerciement d'un plat de fraises des bois qu'il lui avait gracieusement servi à la fin d'un banquet à Anvers. Au fil des siècles, Fraise devint Frazer, puis Frézier. Après un passage en Ecosse, la famille reviendra faire souche en Savoie.




Pendant des années : rien.

Si donc le hasard a conduit Amédée François sur les traces de son lointain ancêtre, il lui a également joué un très mauvais tour. Croyant faire preuve de bons sens, Frézier sélectionna au Chili des fraisiers portant de gros fruits, sans se douter que ceux-ci étaient tous des pieds femelles. A l'époque, personne ne savait que les fraisiers du Chili faisaient sexe à part, et que les pieds mâles ne portaient pas de fruit. Bref, voilà donc notre espion de retour en France sans pied mâle, absolument nécessaire pour assurer la fécondation. Pendant de nombreuses années, lui et tous les jardiniers à qui il confiera des stolons n'obtiendront pas une seule fraise. Ils ont beau bêcher, biner, tailler : rien à faire. C'est rageant !

Et puis, un beau jour, c'est le miracle : des fruits blanchâtres apparaissent. D'où vient le pollen ? Certainement pas de fraisiers des bois, non compatibles. Plusieurs hypothèses circulent. La plus probable, c'est que la fécondation aurait été assurée par le pollen de fraisiers de Virginie, également à gros fruits, plantés à proximité. Cette espèce avait été introduite en Europe peut-être dès le XVIe siècle par Jacques Cartier ou par des navigateurs britanniques, tel sir Francis Drake, revenant de Virginie. Quoi qu'il en soit, le fraisier né de ce mariage chilio-virginien, le Fragaria ananassa, est considéré comme l'ancêtre de tous les fraisiers actuels non remontants.Cette fraise géante fera la fortune de Plougastel-Daoulas, dont le climat ressemble à celui de la côte chilienne. Des centaines de paysans se mettent à la cultiver, l'exportant par bateaux entiers vers Londres, qui en raffole. Paris ne découvrira cette fraise que plus tard. Mme Tallien, l'une des plus célèbres merveilleuses du Directoire, en remplissait sa baignoire pour illuminer sa carnation.

L'âge d'or de la fraise bretonne commence à se tasser vers 1875, quand plusieurs semenciers, dont Elisa de Vilmorin, créent des variétés plus parfumées, capables de s'adapter à d'autres climats. Le fraisier colonise toute l'Europe et retourne en Amérique. C'est le règne de la vicomtesse-héricart-de-thury, de la surprise-des-halles, de la cambridge-favourite, de l'elsana... Dans les années 70, la station Inra d'Avignon invente la gariguette, issue d'une hybridation avec une variété naine méditerranéenne. Plus récemment, l'établissement Marionnet fait un tabac avec la mara-des-bois. Dans leurs laboratoires, les agronomes actuels continuent à travailler sur de nouvelles variétés encore plus goûteuses issues d'hybridation avec des espèces asiatiques.

Aujourd'hui, le monde entier sucre les fraises. Il s'en cultive 3 600 000 tonnes par an. Malgré son rôle historique, la France n'arrive plus qu'en treizième position avec 1,5 % de la production mondiale. Très loin derrière les Etats-Unis, l'Espagne, la Russie, la Corée et le Japon ! Le bon Frézier s'en retournerait dans sa tombe.

A lire « Au nom de la fraise », de Marie-Joseph Quintin-Kervella, Editions APP. « La fraise », de Thierry Delahaye, Actes Sud.

A visiter Le musée de la Fraise à Plougastel  

mercredi 20 août 2008

L'absurde exclusion des chercheurs étrangers

Cela va de soi, mais une quatrième condition, tout à fait incongrue, requiert l'assurance que l'étudiant quittera la Suisse à la fin de ses études. En pratique, l'ordonnance réglant les détails prévoit que la durée maximale du séjour ne peut excéder huit ans. Cette durée est insuffisante pour former dans les EPF un chercheur, qui y passera près de dix ans. La même remarque vaut pour un médecin spécialiste.

Ainsi, la Suisse forme des étudiants étrangers au bénéfice des autres pays, tandis qu'elle se refuse à elle-même le droit de les recruter, hormis les nationaux de l'UE bien entendu. Cette règle étrange date de la loi précédente, édictée le 26 mars 1931, dans un contexte tout à fait différent. A l'époque, il fallait sans doute éviter que les étudiants allemands et autrichiens, fuyant la montée du nazisme, viennent se réfugier en masse dans les universités suisses. Par ailleurs en 1931, la recherche ne jouait pas le rôle décisif qu'elle remplit actuellement en technique, en médecine et en économie. Il ne fallait donc recruter qu'un petit nombre de diplômés universitaires, pour remplir surtout des fonctions de médecins, d'avocats, de notaires ou de fonctionnaires, et ces emplois exceptionnels devaient être réservés aux nationaux. La Suisse acceptait de former des universitaires étrangers, pourvu qu'ils ne concurrencent pas les Suisses et qu'ils s'en aillent une fois le diplôme obtenu. Comme le coût de la formation était dérisoire par rapport à ce qu'il est devenu, la Suisse pouvait se payer le luxe de consentir une dépense marginale pour soutenir sa réputation.

Aujourd'hui, la situation est très différente, mais la règle a été aveuglément prolongée. Pour se maintenir au sommet de l'économie, la Suisse doit développer une activité de pointe dans une série de domaines spécialisés, qui vont de la biotechnologie à la gestion de fortune. Cela implique le recrutement massif de techniciens, d'ingénieurs, de chercheurs, d'analystes financiers, bien au-delà des frontières nationales. En dehors du cas de l'UE avec laquelle la liberté de circulation est garantie, le reste du monde constitue un bassin de recrutement indispensable pour un petit pays, limité par une démographie déclinante. La Suisse a tout intérêt à attirer de jeunes talents, à les former selon ses normes et à tout faire pour les inciter à demeurer ensuite. Or, c'est exactement le contraire que prévoit la loi révisée en 2005. L'application scrupuleuse de cette loi par l'Office des migrations (ODM) s'inscrit dans cet esprit, comme le montrent deux exemples récents. Les faits sont authentiques et les prénoms fictifs.

Après des études secondaires en Algérie, Moncef s'inscrit à l'EPFL en 2000 et reçoit en 2007 le master en physique de l'EFL, avec un mineur en management technologie. Il obtient un poste d'assistant doctorant dans un laboratoire de l'EPFL pour une durée de quatre ans. Le 25 juin 2008, l'ODM refuse le permis de séjour, car Moncef a séjourné en Suisse huit ans déjà. C'est cependant une durée tout à fait normale pour un étudiant étranger, obligé de suivre un cours de mathématiques préparatoire, plus cinq ans pour le master, et qui a passé deux ans en Allemagne dans le programme Erasmus. Le signataire de ces lignes intervient directement auprès de la conseillère fédérale Widmer-Schlumpf, grâce à qui cette décision malencontreuse est renversée. La Suisse gardera ce jeune chercheur algérien en nanotechnologie, déjà à l'origine d'une start-up. Mais on ne peut se satisfaire d'une procédure, qui implique dans chaque cas particulier le recours à un parlementaire et à une conseillère fédérale.

Adolfo est Chilien, arrivé en Suisse à l'âge de 10 ans, accompagnant ses parents réfugiés politiques en 1978. Il effectue des études primaires et secondaires à Lausanne. En 1990, il retourne au Chili et poursuit des études d'architecte. En 2003, il revient en Suisse pour terminer ses études et est diplômé de l'Université de Genève. Il dirige une entreprise familiale pour subvenir à ses besoins et entreprend les démarches en vue de sa naturalisation. La Ville de Lausanne et le Canton de Vaud l'acceptent, et sa prestation de serment est prévue en janvier 2009. Le 27 mai 2008, l'ODM annonce une décision négative pour le renouvellement de son permis étudiant, demandé en vue d'un doctorat. L'ODM engage une course de vitesse pour l'expulser avant qu'il soit naturalisé. Même démarche du signataire de cette lettre auprès de Département de justice et police à Berne. Pas de nouvelles.

Ces deux cas ne sont que la pointe de l'iceberg. On peut en citer des dizaines d'autres, rassemblés par l'Association des étudiants. On pourrait surtout songer à tous les chercheurs que nous avons formés et qui n'essaient même pas de rester, car ils retrouvent facilement un poste à l'étranger, dans la mesure où ils sont brillants. On peut aussi se demander combien de candidats au doctorat sont découragés de s'inscrire dans une haute école suisse, lorsqu'ils prennent connaissance des conditions qui leur sont imposées. Bien entendu, certains chercheurs s'accrochent et finissent par décrocher une dérogation au sens de l'article 23 de la même loi réservée aux personnalités hors du commun. Mais l'ODM doit alors juger de la qualité professionnelle du candidat, matière en laquelle cet office n'est pas compétent. Il devrait se contenter de répondre positivement aux demandes émanant du monde universitaire ou économique, ce qu'il ne fait pas pour l'instant.

Combien coûte ce petit jeu d'exclusion des chercheurs de nationalité étrangère? Cela vaudrait la peine de le calculer exactement, mais on ne saura jamais combien de carrières en Suisse ont été interrompues par cette règle absurde. Mentionnons simplement à titre d'exemple: sur 6541 étudiants à l'EPFL en 2007-2008, 2787 (41%) sont étrangers, soit un tiers d'étudiants étrangers en master et deux tiers en doctorat; en 2007, les doctorats décernés à des étrangers étaient au nombre de 172 contre 108 décernés à des Suisses; le coût de la formation d'un ingénieur, d'un médecin, d'un chercheur se situe entre un demi et un million de francs suisses. L'article 27 de la loi sur les étrangers nous coûte donc au bas mot quelques dizaines de millions par an. Cet argent public, perdu par la Suisse, ne l'est pas pour tout le monde: l'ODM fournit gratuitement une main-d'œuvre hautement qualifiée à nos concurrents de l'industrie, de la médecine, de la finance, des assurances. Plus grave encore: l'ODM place nos propres entreprises dans une situation de pénurie.

Une initiative parlementaire a été déposée au Conseil national pour abroger cette clause absurde. Elle sera discutée une première fois en commission le 22 août. L'ODM a déjà annoncé qu'il s'opposerait à cette modification. Il redoute un afflux d'étudiants étrangers, qui finiraient par s'installer en Suisse. Les milieux universitaires en seraient au contraire ravis, car la qualité d'une haute école se mesure au nombre d'étudiants brillants qui viennent de loin et les milieux économiques bénéficieraient d'un réservoir de main-d'œuvre sans limites. Pour l'ODM au contraire le nombre des emplois serait une constante, indépendante de la qualité des gens engagés. Tout nouveau permis de séjour risque de pousser un Suisse au chômage, surtout si l'étranger est qualifié. Il s'agit donc d'un individu à exclure en priorité.

En 1933, Albert Einstein, professeur à l'Université de Berlin, subissait des exactions, dues à sa confession juive. Il a demandé à notre ambassade de récupérer son passeport suisse, puisqu'il avait travaillé dans l'administration fédérale. On le lui a refusé. Il est parti aux Etats-Unis. Il était Prix Nobel de physique et, sans doute, le savant le plus éminent de son époque. Mais ce n'est pas le métier d'un fonctionnaire de le savoir.

Jacques Neirynck, Conseiller national (PDC/VD)

Une médaille au cou, à quel coût?

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Médailles de Pékin 2008 (recto)

Toutefois, les médailles n'ont rien coûté à Pékin, car c'est le commanditaire BHP Billiton qui a fourni tous les métaux nécessaires à la fabrication des 6000 médailles olympiques et paralympiques.

Un beau remerciement à la Chine dont l'essor économique a poussé le prix des matières premières à des sommets. Cela a permis au géant anglo-australien de dévoiler, lundi, des bénéfices nets de plus de 15 milliards US pour son dernier exercice financier. La septième année consécutive de record.

Pour la fabrication des médailles, le géant minier a d'abord dû extraire 15 278 livres de cuivre d'une mine du Chili. Il faut savoir que les 2000 médailles de bronze sont constituées de cuivre pratiquement pur, tout comme les 51 000 médailles commémoratives qui seront remises aux participants des Jeux.

Au cours actuel de 3,35$US la livre, cette cargaison vaut 51 257$US. Cela équivaut à 97 BHP Billiton a aussi puisé 2954 livres d'argent dans une mine du nord de l'Australie pour concevoir les 2000 médailles d'argent ainsi que les 2000 médailles d'or. Car, il faut bien le dire, les médailles d'or sont principalement en argent. Mince consolation pour Alexandre Despatie!

Comme l'argent se négocie à 13,09$US l'once (une livre = 16 onces), cette livraison a une valeur de 614 904$US. Cela représente un coût de 153,73$US par médaille.

Quant aux médailles d'or, elles sont recouvertes d'un peu plus de six grammes d'or chacune. Au total, il a fallu 13,04 kg d'or pur. Même si le prix de l'or a fondu de plus de 20% depuis son sommet, cela fait quand même une facture 364 663$US, avec un prix de l'or juste en bas des 800$US l'once. Cela fait 182,33$US par médaille.

Avec le coût du coeur en argent, la médaille d'or vaut donc 336,06$.

La valeur des médailles varie d'une olympiade à l'autre. D'abord, leur poids varie considérablement. Les plus massives de l'histoire olympique sont celles de Salt Lake City. Les médailles d'or et d'argent pesaient 567 grammes (20 onces), quatre fois plus que celles d'Athènes en 2004.

En plus, les médailles ne sont pas toutes en métal. Ainsi, l'endos des médailles de Pékin est incrusté d'un anneau de jade, inspiré de la culture chinoise. Aux Jeux de Lillehammer, les médailles étaient en granit. Et à Albertville, elles étaient en cristal Lalique.

Les prix aux enchères

Mais quelle est la valeur marchande d'une médaille olympique? Très variable, comme l'ont réalisé les athlètes qui ont vendu la leur.

Par exemple, le nageur américain Anthony Ervin a mis sa médaille aux enchères, en 2005, pour venir en aide aux victimes du tsunami. Sur le site internet eBay, il a décroché 17 100$US pour cette médaille remportée aux Jeux de Sydney.

À la fin des années 90, la sprinteuse Raelene Boyle avait dû vendre une de ses médailles après s'être relevée d'un cancer. Elle avait obtenu 73 000$ pour une médaille d'argent gagnée aux Jeux de Munich en 1972. L'acheteur l'a remise à un musée australien.

Pour avoir une idée des prix actuels, il suffit de consulter les sites d'enchères en ligne. Par exemple, une médaille d'argent des Jeux de Sydney qui aurait appartenu à un joueur de l'équipe de baseball de Cuba, est présentement en vente sur eBay à un prix plancher de 7999$.

Sur l'internet, on trouve une panoplie de médailles, flambeaux olympiques, pièces de monnaie dont une pièce d'or de 10 kg commémorant les Jeux de Pékin. Avis aux intéressés, les enchères s'élèvent présentement à 275 100$, reflétant un peu plus que le prix de l'or.

Si les médailles ont une valeur sentimentale, les pièces commémoratives gagnent rarement une valeur historique, même avec le temps. «Le tirage est trop grand», dit Donnah Dumouchel, de Rousseau Collections. Tous les jours, elle rachète des pièces des olympiques de Montréal, comme des pièces de 100$ en or qui valent aujourd'hui quelque 300$. Pas un sou de plus que leur valeur au poids.


mardi 19 août 2008

Quelle image pour le Chili ?

Le 4 juillet dernier, 600 leaders politiques, culturels et entrepreneuriaux du pays, ont réfléchi une journée durant au Proyecto Chile-Imagen País.

Des experts étrangers avaient également été conviés pour présenter les expériences de l’Australie, de l’Espagne, de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud. Le Chili, en élève attentif, a écouté les conseils avisés de ces derniers sur le "développement des stratégies de l’image du pays".

Imaginé par Michelle Bachelet, et développé par Juan Gabriel Valdès, ancien ministre des Affaires étrangères et ex-ambassadeur, Proyecto Chile-Imagen País vise à développer "une plateforme stratégique pour la marque Chili, et à veiller à la maintenir dans le futur". Le budget consacré à l’image du pays devrait tripler d’ici 2009 et atteindre les 40 millions de dollars. Un site Internet a par ailleurs été créé pour l’occasion. L

e Chili souhaite ainsi s’auto-promouvoir dans le monde grâce à des "valeurs qui reflètent l’essence du pays et sont significatives pour parvenir à un positionnement unique et concurrentiel". Comment le Chili compte-t-il maîtriser - et si besoin, modifier - l’ensemble des codes, préjugés, et visions que le reste du monde a de lui ?

Quelle image pour le Chili ?

Derrière ce langage de marketing se cache des enjeux importants, en particulier commerciaux. Le contrôle de l’image pays permet de conquérir de nouveaux marchés d’exportation, de développer son tourisme, d’accueillir plus d’investissements étrangers. Cependant, l’image du pays se différencie de la marque pays, c’est-à-dire de "l’opinion publique qui catalogue un pays", selon Simon Anholt, expert en image pays. La marque pays réduit le pays "à des stéréotypes précaires, simplistes, déphasés et immérités. Les gouvernements doivent combattre ce phénomène et révéler la complexité, la réalité, la richesse des pays, des peuples, des paysages (…)".

Certaines suggestions ont été émises pour aider le Chili à mettre au jour son authentique réputation : David Lightle, expert mondial de branding(études des marques) propose dans El Mercurio daté du 22 juillet, d’intégrer la nature dans l’image du pays, et de la combiner à la croissance du pays. Le pays doit jouer avec son côté "fraîcheur juvénile et croissance de la nation, qui sont positifs".

Depuis le 4 juillet, on sait que, de même que la France est la patrie de la mode, du parfum et du vin, le Chili compte orienter son travail vers quatre axes caractéristiques du pays : sa géographie "stupéfiante, variée et pure", sa stabilité, c’est un "pays ouvert au monde", sa population "chaleureuse, efficace et entreprenante", et enfin son "pôle de connaissance et de créativité".

Les résultats du travail de la commission sur l’image pays se feront connaître d’ici quelques années, et le monde entier pourra juger de cette nouvelle image du Chili.

Le dollar, l’inflation et ses effets sur l’économie du Chili



C’est le résultat d’un double déséquilibre chronique qui frappe l’économie américaine : le déficit fiscal et le déficit du compte courant de la balance des paiements. Devant l’absence de solutions réelles pour y remédier, tout porte à croire que la monnaie américaine suivra sa pente descendante. Viennent s’ajouter à ceci la crise financière, la crise du crédit, l’affaiblissement de la demande des consommateurs et l’inflation interne, qui risquent d’entraîner les États-Unis dans une longue et coûteuse dépression économique aux répercussions internes et internationales sans précédent.

Toutefois, le dollar américain ne se dévalue pas exactement au même rythme dans tous les pays. Dans certains, il baisse davantage et dans d’autres, moins. Cela s’explique par la situation interne de chaque pays et par les politiques des gouvernements en place. Le pouvoir d’achat du peso chilien par rapport au dollar américain se définit, dans notre pays, comme un résultat du libre cours de l’offre et de la demande de devises qui entrent ou sortent du territoire chilien. Évidemment, il y a l’influence de la forte augmentation de l’offre en dollars et le surplus de la balance des paiements que génère l’augmentation spectaculaire du prix du cuivre, ainsi que celui d’autres matières premières, bien que la plupart des excédents en dollars générés par CODELCO (société d’État du cuivre du Chili) ne soient pas vendus par l’Etat dans marché intérieur, mais plutôt placés dans le marché financier international.

De plus, une grande partie du prix du cuivre obtenu par les entreprises minières privées n’est pas prise en compte puisqu’elle fait partie de leurs profits. Mais en plus du prix du cuivre, l’excès de dollars provient des spéculateurs internationaux qui, d’une part, obtiennent un faible taux de rendement aux États-Unis (à cause de la politique actuelle de faibles taux d’intérêt de la Réserve fédérale) et qui, d’autre part, peuvent doubler le rendement de leurs capitaux au Chili, la Banque Centrale du Chili ayant fixé le taux d’intérêt au double de celui des États-Unis. Ce deuxième facteur, soit le mouvement de « capitaux hirondelles », aussi bien lorsqu’ils entrent que lorsqu’ils sortent du pays, est si important qu’il dépasse largement le mouvement du commerce des marchandises et des services, et qu’il pourrait arriver, s’il n’est pas contrôlé, à déstabiliser l’économie entière d’un pays.


En suivant de façon dogmatique la pensée néolibérale, la Banque Centrale du Chili a abandonné sa politique d’intervention dans le marché des devises, bien que les mesures de réglementation furent à une époque, et avec raison, louées et imitées par d’autres banques centrales (encaisses temporaires, vente et achat de devises). Depuis, de nombreux gouvernements d’Asie, en plus de la Chine, interviennent activement dans le marché du change afin d’éviter que les spéculateurs déstabilisent l’économie, comme durant la crise asiatique. L’Argentine aussi pratique maintenant une intervention active qui s’est révélée efficace pour éviter la chute de la valeur du dollar américain, chute qui entraînerait une surévaluation artificielle du peso argentin et de graves conséquences pour son économie.

On peut en conclure que la quantité excessive de dollars, telle qu’on la voit aujourd’hui, est de nature transitoire, parce que le prix des matières premières passe par des cycles plus prononcés que celui des biens manufacturés et devra donc redescendre un jour ou l’autre. Pendant ce temps, les petits et moyens agriculteurs et les entrepreneurs industriels qui exportent leurs produits du Chili commencent déjà à subir les dommages d’une devise américaine aussi faible et risquent donc la fermeture définitive, avec des conséquences désastreuses en perte de sources de travail, de connaissances, de contacts, etc. De plus, un bon nombre d’entreprises nationales finiront par être éliminées à cause des importations payées à rabais avec un dollar artificiellement bas. Ce fut le cas, par exemple, dans les années 80, dans les secteurs du textile, du vêtement, de la chaussure, de la métallurgie légère et aussi dans celui de l’agriculture, dont certaines céréales ou légumineuses, qui desservent le marché intérieur.

Ce sont ces raisons qui justifient l’intervention de la Banque Centrale du Chili qui a pour objet d’empêcher qu’un problème transitoire n’ait des conséquences permanentes qui pourraient affecter la faible diversification de nos exportations et leur valeur ajoutée, ainsi que de protéger les PME locales de la compétition étrangère. Cette intervention demanderait de revenir à un marché de devises contrôlé par la Banque Centrale du Chili, chaque fois que la valeur du peso dépasse une tranche prédéterminée ou tombe en dessous de celle-ci. Au Chili, les exportateurs privés de certaines ressources naturelles bénéficient de l’actuelle «maladie hollandaise», qui consiste en ce que le boom économique d’un secteur d’exportation en particulier étouffe le reste de l’économie.

Ce dernier secteur est dominé par les multinationales et les grandes entreprises nationales d’exportation qui, en adoptant cette voie, participent à l’accélération de la concentration de la richesse. Tandis que celles-ci profitent de prix record et de profits extraordinaires, et qu’elles ne souffrent que très peu de la valeur artificielle du dollar, les petites et moyennes entreprises manufacturières et agricoles, elles, doivent faire face à une diminution de leur rentabilité, non compensée par le prix de leurs biens exportés. La réévaluation artificielle du prix du peso est donc le résultat du boom économique d’un secteur d’exportation qui a largement profité d’une réglementation favorable en matière de fiscalité, de lois du travail et de protection de l’environnement, et qui, aujourd’hui, bénéficie de la hausse du prix de ses exportations. La surévaluation du peso est également gonflée par la participation incontrôlée et démesurée des spéculateurs internationaux.

En plus d’un contrôle du marché de devises, une nouvelle politique plus active et de réglementation accrue est nécessaire pour contrôler les grandes entreprises exportatrices de ressources naturelles du Chili, qui font des profits exorbitants dont la grande majorité de la population du pays ne bénéficie que très peu. Spécialement dans le cas du cuivre et d’autres minerais, le Chili pourrait, dans le contexte actuel, obtenir des bénéfices à long terme s’il savait profiter de sa situation privilégiée dans le marché mondial. Celle-ci lui donne l’occasion de s’assurer que le prix favorable du précieux métal rouge reste stable afin de garantir à l’État des revenus élevés et permanents pour éviter le genre de surproduction qui, à cause de son absence de contrôle des multinationales, a fait chuter le prix du cuivre entre 1997 et 2003, entraînant des effets des plus négatifs. Un réel système de redevances, qui dans certains pays peuvent s’élever jusqu’à15 % des exportations en brut des ressources naturelles, devrait être instauré pour financer un programme à long terme des exportations non traditionnelles.

L’un des arguments dont se servent les économistes néolibéraux pour permettre l’appréciation du peso chilien est le fait que cela pourrait freiner l’inflation. Il est vrai qu’en théorie un dollar d’importation à la baisse réduit le coût en pesos des intrants et des biens de consommation achetés à l’étranger, en neutralisant de façon partielle la hausse du coût de l’énergie. Toutefois, il arrive souvent que cette baisse du coût de l’énergie ne bénéficie pas au portefeuille du consommateur mais ne fait qu’augmenter la marge de profit de l’importateur. Il existe de meilleurs moyens pour contrôler le niveau des prix qui soient compatibles avec une intervention de l’État dans le marché de devises.

Pour se protéger des pressions inflationnistes, les moyens pris pour contrôler le dollar devraient être accompagnés d’une stérilisation monétaire de l’émission de monnaie, ce qui signifie réduire l’offre monétaire en pesos (grâce à l’achat de dollars par l’institution émettrice) par d’autres moyens, comme l’offre de bons du Trésor et d’autres titres. Il n’est en aucun cas recommandé de suivre la « solution » proposée par certains de promouvoir une sortie accrue de capitaux chiliens à l’étranger par la voie des AFP (institutions privées qui gèrent les fonds de pension au Chili) dans le but de « brûler » des dollars. Il est insensé de promouvoir l’exportation de l’épargne des travailleurs dans un pays où ces mêmes capitaux devraient être investis dans les programmes sociaux et créer de l’emploi pour la population à faible revenu. En outre, il existe déjà une exportation importante et croissante des profits des entreprises multinationales du secteur du cuivre, qui compensent leurs rentrées affaiblies par un dollar bon marché.

La forme la plus saine de combattre l’inflation est de répondre aux besoins de la majorité par l’expansion de la capacité productive nationale, spécialement dans les domaines qui tendent à stagner, comme l’énergie, l’eau potable, l’agriculture et les services sociaux. La création récente de la Banque du Sud par divers États d’Amérique latine, dans laquelle le Chili hésite toujours à participer, représente une nouvelle voie alternative et souveraine pour financer des projets de développement économique destinés au marché latino-américain (où se dirige déjà, et de plus en plus, la grande partie des exportations industrielles du Chili) et pour investir de façon productive l’excès de devises qui se gaspillent aujourd’hui en spéculation dans des placements boursiers de spéculation financière à l’étranger.

Il faut également une concertation latino-américaine pour faire pression afin de trouver des solutions pacifiques aux conflits au Moyen-Orient et dans d’autres régions. Ce facteur fondamental d’instabilité dans le monde, qui augmente la spéculation autour du prix du pétrole, touche toute la production et la consommation au Chili. Une rectification déjà annoncée de la politique intérieure, jumelée à une volonté internationale, est nécessaire pour freiner la trop grande expansion des biocarburants qui occupent aujourd’hui des terres autrefois destinées aux cultures alimentaires. Cet autre facteur, joint à la dangereuse hausse de prix des denrées de première nécessité, fait augmenter l’inflation dans le monde.

Il existe de nombreuses stratégies, qui concernent à la fois la macroéconomie et la politique, qui pourraient améliorer la protection de l’environnement, la paix dans le monde ainsi que le développement durable et équitable dans nos nations latino-américaines.

*Jan Cademartori D., PhD. en Développement économique de l’Université de Louvain.

*José Cademartori I., ancien ministre de l’Économie de Salvador Allende.

Traduction de l’espagnol : Xavier Alvarez


Selkirk, sombre Robinson

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Après plusieurs voyages et un accrochage avec des pirates, il devient le propriétaire d'une plantation au Brésil. A 27 ans, son bateau coule, le laissant seul sur une île à l'embouchure de l'Orénoque. Il exploite les décombres du navire, en quête du matériel qui lui permettra de chasser, de pêcher, de se construire un abri. Son désir de communication est si fort qu'il apprivoise un perroquet. Ses semblables lui manquent. Un jour, il aide un sauvage condamné à être mangé par une tribu anthropophage de passage sur l'île. Il le prénomme Vendredi, le convertit et en fait son serviteur dévoué. Des marins mutins débarquent enfin, 28 ans après son naufrage. Robinson sauve le capitaine qui risque d'être tué par son équipage et prend la fuite. Il rentre chez lui suivi de Vendredi qui ne le quitte plus.

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LE MODÈLE. Alexandre Selkirk naît en 1676 en Ecosse. Peu inspiré par le métier de son père qui est tanneur, il s'engage dans la marine en 1695 et devient corsaire pour le compte de la couronne britannique. Huit ans plus tard, il est second de Thomas Stradling, capitaine tyrannique du Cinq-Ports qui fait voile vers l'Amérique du Sud. Après une escale de ravitaillement sur l'île de Masatierra, il entre dans une colère noire contre son capitaine qui décide de reprendre la mer en dépit des nombreuses remarques de Selkirk sur l'état défectueux du navire. Qu'à cela ne tienne, il ne remontera pas à bord. Stradling l'abandonne donc, à 400 milles du Chili, armé de quelques outils, de vêtements et d'une bible. La végétation luxuriante de l'île et les chèvres qui l'habitent assurent sa survie. Plus de quatre ans plus tard, il est secouru par le capitaine Woodes Rogers et reprend ses activités de corsaire. Il rentre en Angleterre, fortune faite. Son histoire est contée par Richard Steele dans The Englishman. Selkirk ne sera plus jamais le même. Claustrophobe, solitaire, il vivra reclus dans une cahute qu'il a construite. Il prend une dernière fois la mer en 1721, quartier-maître d'un négrier, et meurt de fièvre au large des côtes africaines.

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LEURS DIFFÉRENCES. Même après vingt-huit ans de vie rudimentaire, Robinson reste un gentleman civilisé. Profondément imprégné de sa mission de christianisation des sauvages, il ne deviendra jamais l'un d'eux mais demeure plutôt le symbole de la colonisation britannique. Il conservera toujours l'usage de la parole. A contrario, Alexandre Selkirk, après quatre ans d'isolement, n'est plus capable de communiquer que par sons gutturaux et reste profondément marqué par son aventure.

Personnage conforme aux archétypes bourgeois et moralisateurs de son époque, Robinson se serait bien mal entendu avec Selkirk, son modèle, pirate rebelle et dissident.

mercredi 13 août 2008

Araucaria


Il pousse dans les Andes chiliennes où il atteint une hauteur de 45 m. Le tronc est droit et sans nœuds et fournit un bois dur blanc jaunâtre à belles veines et une résine abondante. Comme la plupart des pins, les jeunes arbres ont des branches descendant presque jusqu'au sol, mais les arbres plus âgés ont de grands troncs nus avec une couronne de branches. Le kauri de Nouvelle-Zélande atteint une hauteur de 60 m et produit un bois et de la résine de valeur.




Classification : les araucarias appartiennent à la famille des Araucariacées. Le pin du Chili ou désespoir-des-singes a reçu le nom d'Araucaria araucana et le kauri celui d'Agathis australis.

mardi 12 août 2008

JEUX OLYMPIQUES - 27 raisons d'y croire ?


Pessimisme. C'est le mot qui revient quand on évoque les chances de médailles chiliennes. Avec un effectif très réduit et des sportifs loin d'occuper les premiers rangs mondiaux, difficile d'espérer mieux que les places d'honneur. Sans compter que le premier Chilien éliminé des Jeux le fut avant même leur commencement. Le cavalier Ricardo Stangher s'est en effet vu obligé de se retirer puisque son cheval, Literal, n'a pas satisfait la visite médicale.
C'est ensuite l'épéiste Paris Inostroza qui s'est fait éliminé au deuxième tour. Ainsi, du côté des officiels des différentes fédérations représentées aux Jeux, on préfère miser sur le futur en emmenant de jeunes athlètes, qui seront "mûrs" dans quatre ans à Londres.
C'est le cas de la toute jeune lanceuse de poids, Natalia Ducó, championne du monde junior, mais dont la meilleure marque reste insuffisante pour viser un podium. Il y a donc des chances pour que l'athlète chilien que l'on verra le plus lors de ce tournoi olympique soit l'arbitre de football, Pablo Pozo. El Mercurio se félicitait ainsi, dans son édition de samedi, du carton rouge judicieusement infligé à un joueur hollandais.

Des surprises comme en 2004

Le président du COCh, Neven Ilic, n'écarte cependant pas l'hypothèse d'une surprise, comme il y a quatre ans, lorsque les joueurs de tennis, Nicolás Massú et Fernando González avaient ramené trois médailes, dont deux d'or. Et à Pékin, la surprise pourrait venir du tir au pistolet, avec Jorge Atalah, de la voile avec Matías del Solar ou encore du décathlon avec Gonzalo Barroilhet.
La nageuse Kristel Kobrich est pressentie pour parvenir jusqu'aux finales du 800 mètres nage libre, mais il paraît peu évident qu'elle parvienne à se glisser jusqu'au podium. Les principaux espoirs reposent donc encore une fois sur les épaules des tennismen. Fernando González, numéro 15 à l'ATP, bénéficie d'un tableau dégagé jusqu'aux demi-finales, même si pour l'or, il paraît loin du niveau de Nadal et Federer. Les Chiliens peuvent sans doute nourrir des regrets quant à la non homologation du lancer de pichet d'eau, puisque semble-t-il, ils possèdent quelques jeunes talents.

samedi 9 août 2008

Antofagasta, festival de cinéma du bout du monde

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Arnaldo Gómez ( Gouverneur Provincial d’Antofagasta), Elisabeth Ríos (Seremi de la Culture de la II ème Région), Pauline Urrutia (Ministre de Culture), Adriana Zuanic (Directrice du Festival International de Cinéma du Nord du Chili), Eliana Jara, Carlos Tenorio (Chargé de Transport). Pendant le déjeuner Officie du Festival, le samedi 5 août 2008 dans le Restaurant Arrecife.

Trois heures plus tard, le petit avion se pose dans un désert de terre, la moitié des passagers continuent de dormir, sans descendre à l'aéroport : dans un pays long de 5.000 kilomètres, l'avion est un moyen de locomotion aussi commun qu'une ligne de métro.

Un petit tour devant la monumentale arche de pierre, la Portada de Antofagasta : les vagues se brisent sans répit dans des grottes où chaque visiteur craint de voir ré-apparaître un desaparecido. Une vingtaine de kilomètres plus loin, Antofagasta croit en son avenir, à grands coups de pelleteuses et de rénovation des routes. Cette ville côtière connaît son Eldorado, avec le dynamisme économique lié à ses mines de cuivre dans la Sierra Montana. Traditionnellement marquée par une mixité de migrants, la ville rend hommage aujourd'hui à ses travailleurs boliviens, péruviens, yougoslaves et italiens qui ont contribué à son essor.

Le port refuse de laisser oublier, aidé en cela par des pélicans qui disputent aux mouettes le moindre morceau de poulpe qui tombent des petits bateaux, ou encore par ces phoques qui attirent tous les gamins du coin. La ville s'étale à n'en plus finir le long des coteaux de la Sierra, mais se déploie désormais entre les deux Maul (centre commerciaux) où le 3ème millénaire prend les couleurs des marques de téléphonie mobile ou de boutiques de marques que nous connaissons sur la quasi-totalité de la planète.

C'est ici qu'une équipe de professionnels de l'audiovisuel a décidé de revendiquer la possibilité d'organiser une compétition nationale et internationale de longs métrages, de documentaires et de courts métrages. Situé dans deux multiplexes Cinémundo arborant les affiches du nouveau Batman et Kung Fu Panda, les salles prêtées pour le Festival sont remplies à chaque programmation de chiliens de toute âge et de toutes catégories sociales. Ici, la culture cinématographique est un guerrier qui refuse de se coucher devant l'adversaire : deux jours avant cette 7ème édition, la municipalité a basculé et le nouveau maire a enfin décidé d'aider ce festival.

Première projection publique d'Une saison sans popcorn

On y côtoie une production audiovisuelle riche de jeunes talents venus de toute l'Amérique Latine et qui ont choisi de ne pas attendre de trouver un producteur pour réaliser leurs films : sorte de festival "social et antisocial", peu de films sont en 35 mm, mais beaucoup d'entre eux, tournés en vidéo HD, vous procurent le même effet qu'un coup de poing. Programmé ce vendredi à 20h (samedi 2h du matin au Pays Basque), Une saison sans popcorn représentera fièrement les couleurs d'un film qui, au milieu des autres, sait que le cinéma est avant tout une histoire de peuples qui s'y retrouvent sans passeports ni contrôles.

Le Nord du Chili a un passé riche, mais garde les yeux ouverts sur son avenir : le pari insensé d'organiser une exigence culturelle universelle, ici, en plein désert, connaît déjà de nombreux défenseurs.

Alexis Sanchez, El Niño Maravilla

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Photo Photosport

Alexis Alejandro Sanchez Sanchez est né le 19 décembre 1988 à Tocopilla, dans la région d’Antofagasta, à l’extrême nord du Chili. Talent précoce, il intègre l’école de football de Cobreloa, le grand club de la région, en 2003. Il y fait ses classes à une vitesse impressionnante, ce qui lui permet d’intégrer la sélection chilienne des moins de 16 ans, et de taper à la porte de l’équipe première en club...

Nelson Acosta, l’entraîneur de Cobreloa, ne s’y trompe pas. Le 12 février 2005, Alexis débute avec les pros, alors qu’il a à peine 16 ans. Il remplace Daniel Perez à la 77e minute du match gagné par son équipe contre le Deportes Temuco (5-4).

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Club sportif Cobreloa - Les renards du désert

Redoutable dribbleur, petit gabarit (1m71, 69 kg), polyvalent (il peut jouer meneur de jeu axial, sur les côtés, ainsi que "9 et demi"), fin technicien, bon passeur et doté d’une excellente vision du jeu, il ne tarde pas à se faire une place de choix au sein de l’effectif de Cobreola, faisant même ses débuts continentaux en Copa Libertadores le 22 mars 2005 contre les colombiens de Once Caldas.

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Photo Reuters

Les exploits d’Alexis ne passent pas inaperçus. En 18 mois, il participe à 50 matches et marque 12 buts pour son club. A l’été 2006, plusieurs clubs européens sont sur les rangs (Villarreal, Werder Brême). C’est finalement l’Udinese qui fini par recruter le joueur, pour la somme de 3 millions de $...somme coquète pour un jeune homme pas encore majeur!

Il devra cependant attendre pour débarquer sur le vieux continent. L’Udinese ne veut en aucun cas le voir se brûler les ailes et le prête dans la foulée au club de Colo Colo, le plus prestigieux du Chili, pour une saison.

Prêt fructueux pour Alexis; il remporte le championnat de clôture en 2006 puis le championnat d’ouverture en 2007, et atteint la finale (perdue) de la Copa Sudamericana (équivalent de notre Coupe de l’Uefa) contre les mexicains de Pachuca. Toutes compétitions confondues, il participe à 48 matches pour 9 buts marqués.

Il acquiert dès lors le surnom de "El Niño Maravilla", l’enfant merveilleux.

En juillet2007, il participe au championnat du monde des moins de 20 ans au Canada. Il sera l’un des grands protagonistes de cette compétition avec 1 but en 4 matches, et surtout par son activité incessante qui affole les défenses adverses. Les sud-américains termineront ce tournoi à une belle 3e place, parcours cependant entaché par une rixe avec la police canadienne juste après la demi-finale contre l’Argentine, durant laquelle plusieurs joueurs chiliens seront sévèrement molestés dans le couloir des vestiaires...Alexis aurait d’ailleurs subi des coups de pieds de la part des forces de l’ordre alors qu’il était à terre...

Depuis, "El Niño Maravilla" a rejoint la sélection A de son pays. A ce jour, il totalise 11 sélections pour 3 buts.

Le 15 août 2007, il est prêté pour une saison au grand club argentin de River Plate. Malgré une sérieuse blessure à la cheville à mi-saison, il parvient à s’imposer comme l’un des meilleurs joueur du club etdevientle chouchou des supporters des Millonarios. Il remporte un nouveau titre (le tournoi de clôture 2008), joue 23 matches et marque 4 buts.

Il semble désormais mature pour s’imposer dans un grand championnat européen. L’Udinese ne s’y est pas trompée et, malgré l’insistance de River, a refusé de renouveler le prêt du "El Niño Maravilla" qui a donc rejoint l’Italie cet été.

Il se murmure d’ailleurs que le grand Manchester United a pensé à lui pour pallier un éventuel départ de Cristiano Ronaldo. Connaissant l’œil de sir Alex Ferguson, cela en dit long sur le talent du jeune homme...

Il n’est cependant pas question que Alexis quitte le Frioul pour le moment. L’Udinese a toujours su valoriser de jeunes joueurs méconnus puis les revendre à prix d’or...Le président Pozzo compte bien voir son prodige à l’œuvre pendant quelques saisons. Et les tifosi du Stadio Friuli, après avoir vibré devant les exploits de Zico, Bierhoff, Amoroso, espèrent beaucoup du jeune chilien.

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Photo José Alvújar

Dans un environnement exceptionnellement tranquille dans la péninsule, sans pression, Alexis Sanchez pourra donc continuer sa progression fulgurante. A charge pour lui de s’adapter au football européen...la présence dans le club de joueurs tels que Antonio Di Natale et Fabio Quagliarella, ainsi que de ses compatriotes Mauricio Isla et Nicolas Corvetto, devrait pouvoir y contribuer...

jeudi 7 août 2008

Voyage au fond de la bibliothèque de Pinochet

Cristóbal Peña

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n récit étonnant de la découverte, dans la résidence secondaire du dictateur, d'une bibliothèque de plus de 55 000 volumes, acquis pour la plupart avec les deniers publics. Parmi eux de nombreux ouvrages relatifs à Napoléon Bonaparte qu'il admirait beaucoup. Ce reportage, est le premier, chilien, à gagner le "Premio Nuevo Periodismo", décerné par la Fundación Nuevo Periodismo Iberoamericano (FNPI), présidée par l'écrivain Gabriel García Márquez .

LE SOL MARTIEN SEMBLABLE À CELUI D'UN DÉSERT CHILIEN


Lundi, ces scientifiques avaient annoncé que la sonde Phoenix avait découvert une substance chimique -le perchlorate- dans le sol martien qui pourrait nuire à une possibilité de vie sur la planète rouge.

Or, soulignent ces scientifiques, le perchlorate est une substance oxydante que l'on trouve à l'état naturel dans le désert d'Atacama. Sa présence sur Mars n'est ni mauvaise ni bonne pour une vie potentielle, ajoutent les experts de la NASA.

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"Nous savons que les microbes peuvent parfaitement vivre dans des contions d'oxydation (à Atacama)", a dit Richard Quinn l'un des scientifiques en charge de la mission Phoenix au centre de recherche Ames de la NASA. "Il se pourrait que ce soit la même chose sur Mars. Nous ne le savons pas encore".

Dans un premier temps, les scientifiques avaient déclaré que le sol sur lequel a atterri Phoenix en mai dernier était semblable à celui de la Terre, contenant notamment des sédiments tels que magnésium, sodium et chlorure.

Les derniers tests en laboratoire ont montré la présence de perchlorate oxydante. La NASA tente à présent de déterminer si cette substance pourrait s'être trouvée là par voie de contamination.

Jeudi, la NASA avait annoncé que la sonde Phoenix avait confirmé pour la première fois que le sol de Mars contenait de l'eau gelée. Jusqu'ici, les preuves de l'existence d'eau sur Mars n'étaient pas concluantes, même si ces conclusions-là étaient attendues. En 2002, Odyssey, qui elle était restée en orbite autour de Mars, avait décelé ce qui ressemblait à un réservoir d'eau gelée. A son arrivée, Phoenix a également découvert ce qui ressemblait à de la glace dans un morceau de sol dur juste à l'endroit de son atterrissage. Des indices dans une tranchée ont montré qu'une partie de cette glace se transformait en gaz une fois exposée au soleil. AP

lundi 4 août 2008

Les programmes d’ajustement du FMI l’ont imposé à la plupart des pays en voie de développement. Aujourd’hui, le mode de régulation de l’économie mondiale nous renvoie, dans une certaine mesure, à l’époque de la reine Victoria, et à ses politiques du «laisser-faire». Les marchés financiers sont grandement dérégulés et les capitaux circulent à peu près librement autour du globe. Ainsi, les propos que tenait, en 1909, le célèbre magazine britannique The Economist, sont à nouveau d’actualité : «Pour peu que le gouvernement n’essaie pas d’influencer le système dans une direction particulière, nous avons désormais la possibilité d’investir où bon nous semble, et chaque émetteur, quelle que soit sa nationalité, a toutes opportunités pour satisfaire ses besoins à Londres.» (1)

Cette ressemblance se retrouve aussi dans la fréquence des crises. Le XIXe siècle a été régulièrement secoué par les krachs boursiers et les récessions. Entre 1836 et 1839, plusieurs Etats américains, tels de vulgaires pays en développement, furent acculés à la faillite, incapables de rembourser leur dette. Tout au long du siècle, ils furent suivis sur le chemin de la banqueroute par de nombreux pays : Turquie, Egypte et Grèce en 1875-76, Australie et Canada en 1893, Brésil et Mexique en 1914. Durant cette époque, la révolution industrielle, avec son cortège de nouvelles technologies, donna naissance à de nombreuses bulles spéculatives qui, pour la plupart, s’achevèrent dans la panique et l’effondrement du système financier.

On peut citer, par exemple, la crise de 1857 aux Etats-Unis. Nourrie de la spéculation sur l’or en Californie, et renforcée par l’essor des chemins de fer, l’euphorie financière fut brutalement interrompue en août 1857 par la faillite d’un établissement financier new-yorkais. Il s’ensuivit une profonde récession, qui se propagea en Europe et en Amérique latine.

Depuis une trentaine d’années, on assiste au retour des crises financières : crise de la dette des pays en voie de développement dans les années 1980, effondrement du Chili en 1982, marasme japonais des années 1990, explosion du système monétaire européen en 1992, débâcle du peso mexicain en 1994, désastre asiatique de 1997, défaut russe et sauvetage en catastrophe du fonds LTCM à l’été 1998, effondrement de la bulle internet en 2000-2001, chaos argentin des années 2001-2002, crise des subprimes en 2007-2008.

Tout ceci démontre une volatilité accrue du système économique international. Les folies spéculatives et les crises brutales ayant accompagné le décollage économique de la révolution industrielle semblent à nouveau le lot d’une économie globalisée et dérégulée.

Est-ce à dire que, face aux aléas économiques, nous sommes aujourd’hui dans la même situation qu’à l’époque de l’étalon-or ? Probablement pas. La meilleure compréhension des mécanismes économiques et la création de banques centrales garantes de la stabilité et de la confiance dans le système financier laissent supposer que l’économie réelle est aujourd’hui mieux protégée des chocs conjoncturels. L’intervention, en mars, des autorités américaines pour sauver, à travers la banque Bear Stearns, l’ensemble du système financier en est une spectaculaire illustration.

Cependant, ce type de sauvetage pose le problème de la responsabilité des banques. Face : le banquier gagne ; pile : le contribuable perd. On peut penser que la nouvelle équipe, qui reprendra les commandes à Washington dans quelques mois, se penchera sérieusement sur la question. Le retour d’une réglementation encadrant plus strictement l’activité des banques et autres établissements financiers semble nécessaire si l’on veut éviter que l’argent public ne serve à cautionner les errements des spéculateurs. Sommes-nous à la fin du cycle de déréglementation ? Si ce n’est pas le cas, il est certain que d’autres crises se développeront.

(1) The Economist, 20 février 1909.

Références: John Kenneth Galbraith, Brève histoire de l’euphorie financière. Seuil, 1992. Charles Kindleberger, Histoire mondiale de la spéculation financière. 4e édition, Valor Éditions, 2005.